Lundi 18 octobre 2010 1 18 /10 /Oct /2010 15:06

Au-delà des nuits incertaines,

          où l'ombre mange son repas

          de chair et de tristesse,

          comme un avant-goût du trépas

          qui nous est écrit en promesse,

          tout au bout de nos peines.

 

Au-delà des nuits où le temps

          murmure encore ses mensonges,

          où l'espoir n'est que vanité

          dont les failles nous rongent

          de fausse vérité

          en crimes hésitants.

 

Au-delà des nuits de tant d'âmes,

          dans l'asphyxie de leurs encens

          et de leurs amours sans mémoire,

          à l'ombre des grands jugements

          sans nulle sagesse ni gloire,

          que la passion des flammes.

 

Au-delà des nuits sans lueur,

          comment l'aurore insiste-t-elle ?

          Pour quel regard qui le vaudrait ?

 

Pour rien du tout... une étincelle...

          Un bout de ciel doré

          qu'on a gardé au fond du coeur...

 

 

Publié dans : Ceux qui espèrent des nuages
En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres
Lundi 4 octobre 2010 1 04 /10 /Oct /2010 09:27

Si ça compte,

          d'y être encore un peu,

          pour ce qu'il reste à faire,

          ces petits riens qui deviendront

          ce qu'ils pourront...

Si ça compte,

          et c'est bien chacun comme il peut,

          à sa petite affaire...

 

Tu m'y trouveras malgré tout,

          à tenir le reste debout...

 

Si ça compte,

          de traverser son temps,

          et, sans rien y comprendre,

          d'ajouter sa voix, son regard

          sur le buvard...

Si ça compte

          contre l'oubli qui nous reprend

          à ne plus nous attendre....

 

Tu m'y verras, tenir le coup,

          le coeur descendu à genoux...

 

Si ça compte,

          si tu comptes sur moi,

          si tu m'aimes, peut-être,

          je ne compterai pas les maux,

          le laid, le faux...

Si ça compte,

          je laisserai les croix de bois

          et de fer nous promettre...

 

Et puis je me foutrai de tout,

          de n'être rien... si je suis nous...

 

 

Publié dans : Ceux qui s'aiment...
En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres
Mardi 14 septembre 2010 2 14 /09 /Sep /2010 10:57

Sait-on jamais, quand on renonce,

          quelle force a manqué,

          en quel endroit de la cuirasse

          passe le trait ?

Et puis... qu'importe la réponse ?

          Dans l'animal traqué,

          c'est le goût de vivre qui passe

                    et son secret.

 

 

Publié dans : Ceux qui murmurent aux brumes
En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres
Lundi 13 septembre 2010 1 13 /09 /Sep /2010 11:38

Les flambeaux s'éteignaient

          de nos mémoires,

          à dérouter le temps,

          semé de sursis en bordure...

Des chimères saignaient

          en exutoire,

          à ton corps défendant

          son or de silhouette pure.

 

Nous laissions nous trahir

          d'entre nos veines

          ce sel brûlant

          à suer de nos épidermes...

Jusqu'aux larmes du jouir

          qui se retiennent

          en frisson haletant,

          quand nos morsures se referment.

 

Je coulais de tes doigts

          comme une langue

          à meurtrir d'abandon

          pour la dévouer de revanche.

Se nouer, toi et moi,

          les corps exsangues,

          épuisés d'unisson,

          noyés aux vagues de nos hanches.

 

 

Publié dans : Ceux qui s'aiment...
En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres
Jeudi 9 septembre 2010 4 09 /09 /Sep /2010 12:28

Comme aux nuits de nos réticences

          où l'ombre venue nous éteint

          d'un vestige de lune

          dans les fugues du soir,

          ce rien, ce vain,

          tout ce que tu en penses,

          au traître et sensuel espoir

          qu'une âme ne reste pas qu'une...

 

Mais le verbe échoue à nous dire,

          mangé dans son absurdité

          d'inutile tristesse,

          poussé plus loin qu'il faut

          à insister

          quand la mer se retire,

          ce sable nu comme une peau

          et haletante de caresse...

 

Ces lieux devenus cimetière

          aux passants envolés ailleurs,

          et l'écho qui reflue

          à danser le rappel

          des voyageurs,

          papillons éphémères,

          tout comme autant le goût de sel

          des larmes mélangées aux nues...

 

L'éclipse d'une silhouette

          désemparée dans le lointain,

          et si longtemps suivie

          dans son effacement,

          le bout, la fin,

          son attente muette

          à n'avoir plus rien au devant

          que le sort et son ironie...

 

Publié dans : Ceux qui voudraient tuer l'oubli
En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres

Présentation

L'écriture

Ce presque rien de l'écriture, ce souffle d'air dans les méandres brumeux de nos âmes. 

 

Rares sont les paroles qui ne puissent être infiniment mieux exprimées par la plume. Et il n'est pas une attention à l'autre plus entière que dans le moment de lui écrire, si ce n'est en celui de lui faire l'amour.

Nous avons encore perdu...

                    de Pablo Neruda

 

 

Nous avons encore perdu le crépuscule

Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies

pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.

 

J'ai vu de ma fenêtre

la fête du couchant sur les côteaux lointains

 

Parfois, ainsi qu'une médaille

s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.

 

Et je me souvenais de toi le coeur serré

triste de la tristesse à moi que tu connais.

 

Où étais-tu alors ?

Et parmi quelles gens ?

Quels mots prononçais-tu ?

Pourquoi peut me venir tout l'amour d'un seul coup,

lorsque je me sens triste et te connais lointaine ?

 

Le livre a chu qu'on prend toujours au crépuscule,

ma cape, chien blessé, à mes pieds a roulé.

 

Tu t'éloignes toujours et toujours dans le soir

vers où la nuit se hâte effaçant les statues.

 

Sagesse amérindienne

                    d' Oriah Mountain Dreamer (un vieil indien

 

 

Je ne m'intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,

Je veux savoir à quoi tu aspires,

Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton coeur.

 

Je ne m'intéresse pas à ton âge.

Je veux savoir si, pour la quête de l'amour et de tes rêves,

Pour l'aventure de te sentir vivre,

Tu prendras le risque d'être considéré comme fou.

 

Je ne m'intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.

Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,

Si les trahisons vécues t'ont ouvert,

Ou si tu t'es fané et renfermé par crainte de blessures ultérieures.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,

Sans t'agiter pour la cacher, l'amoindrir ou la fixer.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,

Si tu oses danser, envahi par l'extase jusqu'au bout des doigts et des orteils,

Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.

 

Je ne m'intéresse pas à la véracité de l'histoire que tu racontes.

Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même,

Si tu supportes l'accusation d'une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.

 

Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres,

Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien ou le mien,

Et malgré cela rester debout au bord du lac

Et crier : "Oui !" au disque argenté de la lune.

 

Je ne m'intéresse pas à l'endroit où tu vis, ni à la quantité d'argent que tu as.

Je veux savoir si, après une nuit de chagrin et de désespoir,

Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.

Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.

Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur, lorsque tout le reste s'écroule.

 

Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,

Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments vides.

 

Le poète...

                    de Tadeusz Rozewicz (Poète polonais)

 

 

Le poète est à la fois celui qui écrit des poèmes

et celui qui n'en écrit pas

 

Le poète est celui qui secoue les chaînes

et celui qui s'en charge

 

Le poète est celui qui croit

et celui qui ne peut croire

 

Le poète est celui qui a menti

et celui à qui on a menti

 

Le poète est celui qui mangeait dans la main

et celui qui a coupé les mains

 

Le poète est celui qui s'en va

et celui qui ne peut s'en aller

   

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