Lundi 6 septembre 2010 1 06 /09 /Sep /2010 08:00

Aurélia Montaner Juillet 2010 (2)

 

          Lentement, j'apprends à te lire,

                    à me lire au travers,

                    et c'est la vie

                    qu'il faut apprivoiser,

                    qui se retire

                    comme la mer,

                    jamais connue, jamais saisie,

                    toujours à se briser.

 

          J'ai cru qu'on en devenait maître,

                    il y a si longtemps...

                    Quelle folie !

          C'est un jeu singulier,

                    cruel peut-être,

                    insignifiant,

                    et nous n'avons qu'une partie,

                    le temps de perdre pied...

 

          J'imaginais tant de victoires,

                    comme toi aujourd'hui ;

                    comment te dire ?

          L'homme ne trouve rien

                    et c'est le bruit

                    du vent qu'il s'échine à traduire,

                    mais qu'est-ce qu'on devient ?

 

          On ne sait trop, on continue...

                    Je n'ai pas trouvé mieux

                    ni d'autre voie

                    qui mène quelque part,

                    et l'âme nue

                    dessous les cieux,

                    je nage autant que je me noie

                    et je mise au hasard.

 

          Mais toi, le chemin se dessine,

                    ton voyage au plaisir

                    commence à peine,

                    qui sait où tu iras ?

          Je te devine

                    toute en désir,

                    et ta volonté qui déchaîne

                    du rêve à tour de bras.

 

          Je voudrais qu'elle t'appartienne,

                    cette vie, s'il se peut

                    qu'elle soit belle

                    et qu'on puisse l'aimer.

          Que l'aube vienne

                    et le ciel bleu,

                    que le vent pousse sous ton aile

                    et t'envole à jamais.

 

 

                

Publié dans : Ceux qui s'aiment...
En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres
Dimanche 5 septembre 2010 7 05 /09 /Sep /2010 12:37

Que fait-on lorsqu'on s'aperçoit que des indélicats vous piquent vos textes et se les approprient ?

 

Une certaine silencedanielle publie sur son blog le poème "D'où l'on vient", écrit et publié ici même, signé d'un dénommé Rayjo dont je n'ai jamais entendu parler, qui réussit le tour de force de le dater d'avant sa publication.

 

Tout ça est réellement puant. Je me demande si je ne vais pas tout bonnement fermer ce blog ?  

 

 

Publié dans : Ceux qui parlent de maintenant
En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres
Mardi 31 août 2010 2 31 /08 /Août /2010 13:20

Il tombe entre les pluies

          des averses d'antan,

          des perspectives silencieuses

          où l'horizon

          n'est plus au devant de nos vies.

Ces cheveux blancs

          comme une rivière oublieuse

          de visages sans nom...

 

Les nuées nous appellent

          de leur étrange voix,

          mais que leur reste-t-il à dire

          depuis si loin ?

De quels échos reviennent-elles

          dans l'autrefois,

          qui n'en finit plus de relire

          ce vide après le point ?

 

C'est une pluie dolente

          d'un regret indistinct.

Parfois mes yeux s'y reconnaissent

          comme en reflet ;

          dans son empreinte ruisselante

          il me revient

          les vieilles et folles promesses

          d'un roman essoufflé...

 

Sous le ciel, je tends l'âme

          à poursuivre son chant

          parmi des légions de murmures,

          mais il est tard,

          les feux rendent la flamme,

          à peine temps

          qu'un oeil comme le ciel s'azure

          d'une larme en retard...

 

 

Publié dans : Ceux qui voudraient tuer l'oubli
En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres
Vendredi 27 août 2010 5 27 /08 /Août /2010 16:29

D'imprévisibles rêveries

          lèvent les voiles lourds

          de fenêtres brumeuses.

Dehors, l'hiver

          compte les vies

          où d'anciennes amours

          pleurent et creusent

          après l'enfer.

 

Une ombre veille à l'immobile

          que trahissent ses yeux

          dans un reflet de lune.

Il est si tard,

          la nuit s'effile

          comme à déchoir des cieux,

          d'un bleu de prune

          sur un buvard.

 

Jamais ne reviendra l'aurore,

          la nuit seule à présent,

          une nuit éternelle.

Et tout s'éteint,

          le ciel encore

          plus noir qu'un océan,

          où s'échevelle

          des doigts sans main.

 

L'ombre s'éplore dans le vide

          comme un vase brisé

          à immerger le monde.

Veilleur de nuit,

          d'un ciel sans ride

          au front noir, épuisé,

          du regard sonde

          un rêve enfui...

 

 

Publié dans : Ceux qui murmurent aux brumes
En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres
Mercredi 25 août 2010 3 25 /08 /Août /2010 08:24

Un semblant de justice

          se miracule à nos côtés,

          la belle gloire

          qu'on nous laisse à tenir...

Frôleur de précipices,

          on finasse à les éviter,

          près de se croire

          plus sage qu'un menhir.

 

Ah ! la triste sagesse,

          captive de tant de raison,

          et si pédante

          de morale et de lois !

Cette lâche vieillesse

          du pauvre, oui, du pauvre con,

          âme tremblante

          à pourrir aux abois.

 

Rien ne vaut qui ne puisse

          tutoyer les éternités

          de nos mémoires,

          esclave au souvenir.

Je veux du sacrifice

          où mettre à mort les vanités

          de notre histoire,

          l'essentiel pour finir !

 

A quoi bon les prouesses

          du cabot de salon ?

          la belle plante

          figée au même endroit ?

Et rien, des forteresses

          pour se garder le fion

          dans la mort lente :

          "Surtout, ne prends pas froid !"

 

 

Publié dans : Ceux qui voudraient tuer l'oubli
En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres

Présentation

L'écriture

Ce presque rien de l'écriture, ce souffle d'air dans les méandres brumeux de nos âmes. 

 

Rares sont les paroles qui ne puissent être infiniment mieux exprimées par la plume. Et il n'est pas une attention à l'autre plus entière que dans le moment de lui écrire, si ce n'est en celui de lui faire l'amour.

Nous avons encore perdu...

                    de Pablo Neruda

 

 

Nous avons encore perdu le crépuscule

Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies

pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.

 

J'ai vu de ma fenêtre

la fête du couchant sur les côteaux lointains

 

Parfois, ainsi qu'une médaille

s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.

 

Et je me souvenais de toi le coeur serré

triste de la tristesse à moi que tu connais.

 

Où étais-tu alors ?

Et parmi quelles gens ?

Quels mots prononçais-tu ?

Pourquoi peut me venir tout l'amour d'un seul coup,

lorsque je me sens triste et te connais lointaine ?

 

Le livre a chu qu'on prend toujours au crépuscule,

ma cape, chien blessé, à mes pieds a roulé.

 

Tu t'éloignes toujours et toujours dans le soir

vers où la nuit se hâte effaçant les statues.

 

Sagesse amérindienne

                    d' Oriah Mountain Dreamer (un vieil indien

 

 

Je ne m'intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,

Je veux savoir à quoi tu aspires,

Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton coeur.

 

Je ne m'intéresse pas à ton âge.

Je veux savoir si, pour la quête de l'amour et de tes rêves,

Pour l'aventure de te sentir vivre,

Tu prendras le risque d'être considéré comme fou.

 

Je ne m'intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.

Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,

Si les trahisons vécues t'ont ouvert,

Ou si tu t'es fané et renfermé par crainte de blessures ultérieures.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,

Sans t'agiter pour la cacher, l'amoindrir ou la fixer.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,

Si tu oses danser, envahi par l'extase jusqu'au bout des doigts et des orteils,

Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.

 

Je ne m'intéresse pas à la véracité de l'histoire que tu racontes.

Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même,

Si tu supportes l'accusation d'une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.

 

Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres,

Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien ou le mien,

Et malgré cela rester debout au bord du lac

Et crier : "Oui !" au disque argenté de la lune.

 

Je ne m'intéresse pas à l'endroit où tu vis, ni à la quantité d'argent que tu as.

Je veux savoir si, après une nuit de chagrin et de désespoir,

Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.

Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.

Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur, lorsque tout le reste s'écroule.

 

Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,

Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments vides.

 

Le poète...

                    de Tadeusz Rozewicz (Poète polonais)

 

 

Le poète est à la fois celui qui écrit des poèmes

et celui qui n'en écrit pas

 

Le poète est celui qui secoue les chaînes

et celui qui s'en charge

 

Le poète est celui qui croit

et celui qui ne peut croire

 

Le poète est celui qui a menti

et celui à qui on a menti

 

Le poète est celui qui mangeait dans la main

et celui qui a coupé les mains

 

Le poète est celui qui s'en va

et celui qui ne peut s'en aller

   

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