Lentement, j'apprends à te lire,
à me lire au travers,
et c'est la vie
qu'il faut apprivoiser,
qui se retire
comme la mer,
jamais connue, jamais saisie,
toujours à se briser.
J'ai cru qu'on en devenait maître,
il y a si longtemps...
Quelle folie !
C'est un jeu singulier,
cruel peut-être,
insignifiant,
et nous n'avons qu'une partie,
le temps de perdre pied...
J'imaginais tant de victoires,
comme toi aujourd'hui ;
comment te dire ?
L'homme ne trouve rien
et c'est le bruit
du vent qu'il s'échine à traduire,
mais qu'est-ce qu'on devient ?
On ne sait trop, on continue...
Je n'ai pas trouvé mieux
ni d'autre voie
qui mène quelque part,
et l'âme nue
dessous les cieux,
je nage autant que je me noie
et je mise au hasard.
Mais toi, le chemin se dessine,
ton voyage au plaisir
commence à peine,
qui sait où tu iras ?
Je te devine
toute en désir,
et ta volonté qui déchaîne
du rêve à tour de bras.
Je voudrais qu'elle t'appartienne,
cette vie, s'il se peut
qu'elle soit belle
et qu'on puisse l'aimer.
Que l'aube vienne
et le ciel bleu,
que le vent pousse sous ton aile
et t'envole à jamais.
