Vendredi 27 août 2010 5 27 /08 /Août /2010 16:29

D'imprévisibles rêveries

          lèvent les voiles lourds

          de fenêtres brumeuses.

Dehors, l'hiver

          compte les vies

          où d'anciennes amours

          pleurent et creusent

          après l'enfer.

 

Une ombre veille à l'immobile

          que trahissent ses yeux

          dans un reflet de lune.

Il est si tard,

          la nuit s'effile

          comme à déchoir des cieux,

          d'un bleu de prune

          sur un buvard.

 

Jamais ne reviendra l'aurore,

          la nuit seule à présent,

          une nuit éternelle.

Et tout s'éteint,

          le ciel encore

          plus noir qu'un océan,

          où s'échevelle

          des doigts sans main.

 

L'ombre s'éplore dans le vide

          comme un vase brisé

          à immerger le monde.

Veilleur de nuit,

          d'un ciel sans ride

          au front noir, épuisé,

          du regard sonde

          un rêve enfui...

 

 

Publié dans : Ceux qui murmurent aux brumes
En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres
Mercredi 25 août 2010 3 25 /08 /Août /2010 08:24

Un semblant de justice

          se miracule à nos côtés,

          la belle gloire

          qu'on nous laisse à tenir...

Frôleur de précipices,

          on finasse à les éviter,

          près de se croire

          plus sage qu'un menhir.

 

Ah ! la triste sagesse,

          captive de tant de raison,

          et si pédante

          de morale et de lois !

Cette lâche vieillesse

          du pauvre, oui, du pauvre con,

          âme tremblante

          à pourrir aux abois.

 

Rien ne vaut qui ne puisse

          tutoyer les éternités

          de nos mémoires,

          esclave au souvenir.

Je veux du sacrifice

          où mettre à mort les vanités

          de notre histoire,

          l'essentiel pour finir !

 

A quoi bon les prouesses

          du cabot de salon ?

          la belle plante

          figée au même endroit ?

Et rien, des forteresses

          pour se garder le fion

          dans la mort lente :

          "Surtout, ne prends pas froid !"

 

 

Publié dans : Ceux qui voudraient tuer l'oubli
En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres
Jeudi 19 août 2010 4 19 /08 /Août /2010 13:14

C'était comme un besoin,

          une envie fumerolle

          dans sa lumière en trompe-l'oeil,

          feuille dansante

          aux frondaisons d'avant le deuil,

          automne aux heures molles...

Et je coulais de loin

          la même pente

          dans l'humeur du matin,

          de frissons sur l'épaule,

          ceux qui s'attardent sur le seuil

          des peines lentes...

 

Il y avait longtemps,

          comme depuis l'abîme

          dans les errances de l'oubli,

          ce vieux mensonge

          de transparence enseveli

          et de soupirs intimes...

Les songes du levant,

          les traîtres songes...

          Ce vague sentiment

          de n'être que de frime,

          comme un vieux brigand anobli

          que l'âme ronge...

 

Dessous le vêtement,

          une onde vous pénètre

          comme d'un silence en chemin,

          de son voyage

          où n'est que l'absence à la main,

          son souvenir peut-être...

Et sombrer doucement

          dans son visage

          de lumière et de vent,

          les yeux par la fenêtre,

          à dessiner dans le lointain

          d'autres nuages...

 

 

Publié dans : Ceux qu'on devient...
En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres
Samedi 7 août 2010 6 07 /08 /Août /2010 13:49

J'ébauche de nouvelles cartes

          à des millièmes inconnus,

          des routes anonymes

          où franchir de vierges sommets,

          itinéraires sans pancartes,

          travers de monts perdus

          entre les cimes

          de firmaments inanimés.

 

A l'aiguille de ma boussole,

          le sud accroche des soleils

          d'étés caniculaires

          à nous éblouir les prunelles,

          où des fournaises nous immolent

          jusqu'aux nuits sans sommeil,

          aux vieilles terres

          qui bruissent sous l'étoile belle.

 

Et seuls les vents nous reconnaissent

          qui nous sentent venus d'ailleurs,

          perdus, heureux de l'être,

          brûlés des marches de cent jours,

          l'âme noyée dans son ivresse

          à boire les hauteurs,

          mourir peut-être,

          mais enfin tellement moins lourds !

 

Puis l'aube, l'aube, l'aube encore...

          et cet ailleurs qui nous attend,

          ce feu qui nous ranime,

          parmi les aigles, les rochers

          et milles ciels qui nous dévorent ;

          dans l'espace et le temps,

          nos fors intimes

          qui cherchent ce qu'il faut chercher.

 

 

Publié dans : Ceux qui s'évadent
En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres
Vendredi 6 août 2010 5 06 /08 /Août /2010 14:25

Ce sont des soirs où je m'oiselle

          à viser entre cieux

          les pistes nuageuses

          qui reviennent des océans,

          blanches dentelles

          d'apaisements brumeux,

          où mes regards se creusent

          dans l'hélice du temps.

 

L'esquiver, comme ces distances

          qui assiègent les jours

          en désolation d'être

          ou quelquefois de n'être plus...

Comme l'absence

          et le coeur un peu lourd

          à vouloir se promettre

          aux silences perdus...

 

Pourtant, ce n'est pas la tristesse,

          ce n'est que son reflet

          où l'âme encore humide

          laisse ruisseler sa douleur.

Et le jour baisse

          dans l'horizon brûlé ;

          est-il rien de solide

          au dehors de nos coeurs ?

 

Et l'ombre vient sur mon épaule

          en mémoire de loin,

          son tribut d'un sourire

          et d'une larme qui s'en va

          comme d'un saule.

Ce mal dont j'ai besoin,

          que la nuit me respire

          et que je n'oublie pas.

 

 

Publié dans : Ceux qui s'évadent
En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres

Présentation

L'écriture

Ce presque rien de l'écriture, ce souffle d'air dans les méandres brumeux de nos âmes. 

 

Rares sont les paroles qui ne puissent être infiniment mieux exprimées par la plume. Et il n'est pas une attention à l'autre plus entière que dans le moment de lui écrire, si ce n'est en celui de lui faire l'amour.

Nous avons encore perdu...

                    de Pablo Neruda

 

 

Nous avons encore perdu le crépuscule

Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies

pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.

 

J'ai vu de ma fenêtre

la fête du couchant sur les côteaux lointains

 

Parfois, ainsi qu'une médaille

s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.

 

Et je me souvenais de toi le coeur serré

triste de la tristesse à moi que tu connais.

 

Où étais-tu alors ?

Et parmi quelles gens ?

Quels mots prononçais-tu ?

Pourquoi peut me venir tout l'amour d'un seul coup,

lorsque je me sens triste et te connais lointaine ?

 

Le livre a chu qu'on prend toujours au crépuscule,

ma cape, chien blessé, à mes pieds a roulé.

 

Tu t'éloignes toujours et toujours dans le soir

vers où la nuit se hâte effaçant les statues.

 

Sagesse amérindienne

                    d' Oriah Mountain Dreamer (un vieil indien

 

 

Je ne m'intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,

Je veux savoir à quoi tu aspires,

Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton coeur.

 

Je ne m'intéresse pas à ton âge.

Je veux savoir si, pour la quête de l'amour et de tes rêves,

Pour l'aventure de te sentir vivre,

Tu prendras le risque d'être considéré comme fou.

 

Je ne m'intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.

Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,

Si les trahisons vécues t'ont ouvert,

Ou si tu t'es fané et renfermé par crainte de blessures ultérieures.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,

Sans t'agiter pour la cacher, l'amoindrir ou la fixer.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,

Si tu oses danser, envahi par l'extase jusqu'au bout des doigts et des orteils,

Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.

 

Je ne m'intéresse pas à la véracité de l'histoire que tu racontes.

Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même,

Si tu supportes l'accusation d'une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.

 

Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres,

Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien ou le mien,

Et malgré cela rester debout au bord du lac

Et crier : "Oui !" au disque argenté de la lune.

 

Je ne m'intéresse pas à l'endroit où tu vis, ni à la quantité d'argent que tu as.

Je veux savoir si, après une nuit de chagrin et de désespoir,

Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.

Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.

Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur, lorsque tout le reste s'écroule.

 

Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,

Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments vides.

 

Le poète...

                    de Tadeusz Rozewicz (Poète polonais)

 

 

Le poète est à la fois celui qui écrit des poèmes

et celui qui n'en écrit pas

 

Le poète est celui qui secoue les chaînes

et celui qui s'en charge

 

Le poète est celui qui croit

et celui qui ne peut croire

 

Le poète est celui qui a menti

et celui à qui on a menti

 

Le poète est celui qui mangeait dans la main

et celui qui a coupé les mains

 

Le poète est celui qui s'en va

et celui qui ne peut s'en aller

   

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés