Lundi 8 août 2011 1 08 /08 /Août /2011 13:27
Publié dans : Ceux qui viennent d'ailleurs
En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres
Vendredi 8 juillet 2011 5 08 /07 /Juil /2011 10:38

C'est à toi que je pense,

          au chemin sous nos pas,

          puisqu'il en est tant que j'oublie

          et pas le tien.

Mais le coeur est immense

          au secret de nos bras,

          où tout le souvenir nous lie

          et nous retient...

 

C'est cela, ma rivière

          sous le ciel indolent,

          l'eau lumineuse où je m'abreuve :

          c'est cet amour,

          son désir, sa prière,

          l'animal battement

          et de l'âme même la preuve

          mise au grand jour.

 

C'est là aussi qu'on brave

          les humeurs d'abandon,

          où revoir comme un jour se lève

          après la nuit ;

          cette chair où je grave

          ton visage et ton nom,

          où rien ne meurt ni ne s'achève,

          où rien ne fuit.

 

Et je ressens l'ivresse

          de me savoir vivant,

          et d'avoir encore une chance,

          ici, plus loin,

          n'importe à quelle adresse,

          quelle saison devant...

Un jour où la vie recommence

          dessous ton sein.

 

On peut vivre et revivre :

          il reste du chemin

          et des espoirs qui s'y promènent,

          d'autres regards...

L'horizon nous délivre

          qui sait le ciel sans fin,

          la beauté des vies incertaines

          comme un hasard.

 

 

Publié dans : Ceux qui espèrent des nuages
En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres
Vendredi 1 juillet 2011 5 01 /07 /Juil /2011 09:47

Je m'étais perdu sur les voies,

          locomotive sans charbon,

          où les rails se mélangent

          dans les brouillards,

          on avance au nez, on louvoie

          du rêve à la raison

          jusqu'aux vallées étranges

          de l'autre part...

 

Sans doute, on n'a pas l'innocence,

          le hasard des choses pour rien,

          sur les voies de garage

          des échoués.

Je laisse prendre ma défense

          aux tendres failles de l'humain,

          sa faiblesse en partage

          à avouer...

 

J'étais là, comme dans l'attente,

          et qui sait si ça doit venir

          de quelqu'un qui nous cherche

          ou bien de soi ?

On ne trouve plus dans la pente

          une branche où se retenir,

          une main, une perche,

          ou rien, ou quoi...

 

D'une lâcheté qui s'ignore,

          qui rechigne à se regarder

          et refuse d'entendre,

          ça dure un temps...

L'ennui, c'est qu'on en veut encore,

          les murs sont déjà lézardés

          et la carte du tendre

          qui nous attend...

 

Finalement, de la chaudière

          qu'on se rallume en grondements,

          ça siffle ses fumées

          de cauchemar.

Ce désir en nous, nécessaire,

          de jeter encore, autrement,

          notre âme ranimée

          sur le départ !

 

 

Publié dans : Ceux qui espèrent des nuages
En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres
Mercredi 29 juin 2011 3 29 /06 /Juin /2011 17:22

Je t'emprunte un baiser

          aux réserves de nos mémoires,

          un qu'on respire,

          qu'on abandonne avec des yeux

          de serments irrisés,

          ces tendres débuts de l'histoire

          où tout chavire

          au gré de rêves merveilleux...

 

Je te prendrai aussi

          un de ces sourires canailles,

          lourds de promesses

          et d'audacieux sous-entendus,

          à chercher des replis

          où l'on rêve qu'on nous assaille,

          quand on ne blesse

          que pour se guérir un peu plus...

 

Et puis il me faudra

          un long regard dans les silences

          des mots intimes

          bercés de fébriles langueurs,

          tous ceux qu'on ne dit pas,

          illuminés dans l'évidence

          qui nous anime

          et nous éternise le coeur.

 

Je te rendrai le tout

          longtemps avant que ne fleurissent

          les amertumes

          et les regrets de petits vieux :

          tout, le parfum, le goût,

          le jour de nos premiers délices,

          que quelques brumes

          dérobaient à nos yeux...

 

 

Publié dans : Ceux qui s'aiment...
En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres
Vendredi 24 juin 2011 5 24 /06 /Juin /2011 10:54

C'est pas facile,

          on articule ça

          dans le vertige des promesses

          des bornes à braver,

          où se mutile

          en crânerie, l'éclat

          perdu de la belle noblesse,

          ses défis relevés...

 

En lisière, interdit, le rêve éblouissant

          des ultimes peut-être...

Cette confiance alors, cet amour désarmant,

          le temps de disparaître...

 

Comment ça crève,

          un sentiment d'espoir ?

          Quelle armure qui ne s'y brise ?

La légende d'antan,

          tellement brève,

          morte sans au revoir,

          et puis le temps des aubes grises,

          et le froid, lentement...

 

Si j'attendais, ou rien, ou si j'aimais le vent,

          les vacarmes d'orage ?

Le ciel mangé de noir et craché d'océan,

          comme pleurant de rage...

 

La belle vie !

          le mensonge au secours

          des nuits creusées de plus personne,

          et rien à s'infliger

          que nostalgie

          des ailleurs sans retour,

          où plus une âme de résonne

          à affliger.

 

 

Publié dans : Ceux qui murmurent aux brumes
En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres

Présentation

L'écriture

Ce presque rien de l'écriture, ce souffle d'air dans les méandres brumeux de nos âmes. 

 

Rares sont les paroles qui ne puissent être infiniment mieux exprimées par la plume. Et il n'est pas une attention à l'autre plus entière que dans le moment de lui écrire, si ce n'est en celui de lui faire l'amour.

Nous avons encore perdu...

                    de Pablo Neruda

 

 

Nous avons encore perdu le crépuscule

Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies

pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.

 

J'ai vu de ma fenêtre

la fête du couchant sur les côteaux lointains

 

Parfois, ainsi qu'une médaille

s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.

 

Et je me souvenais de toi le coeur serré

triste de la tristesse à moi que tu connais.

 

Où étais-tu alors ?

Et parmi quelles gens ?

Quels mots prononçais-tu ?

Pourquoi peut me venir tout l'amour d'un seul coup,

lorsque je me sens triste et te connais lointaine ?

 

Le livre a chu qu'on prend toujours au crépuscule,

ma cape, chien blessé, à mes pieds a roulé.

 

Tu t'éloignes toujours et toujours dans le soir

vers où la nuit se hâte effaçant les statues.

 

Sagesse amérindienne

                    d' Oriah Mountain Dreamer (un vieil indien

 

 

Je ne m'intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,

Je veux savoir à quoi tu aspires,

Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton coeur.

 

Je ne m'intéresse pas à ton âge.

Je veux savoir si, pour la quête de l'amour et de tes rêves,

Pour l'aventure de te sentir vivre,

Tu prendras le risque d'être considéré comme fou.

 

Je ne m'intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.

Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,

Si les trahisons vécues t'ont ouvert,

Ou si tu t'es fané et renfermé par crainte de blessures ultérieures.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,

Sans t'agiter pour la cacher, l'amoindrir ou la fixer.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,

Si tu oses danser, envahi par l'extase jusqu'au bout des doigts et des orteils,

Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.

 

Je ne m'intéresse pas à la véracité de l'histoire que tu racontes.

Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même,

Si tu supportes l'accusation d'une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.

 

Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres,

Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien ou le mien,

Et malgré cela rester debout au bord du lac

Et crier : "Oui !" au disque argenté de la lune.

 

Je ne m'intéresse pas à l'endroit où tu vis, ni à la quantité d'argent que tu as.

Je veux savoir si, après une nuit de chagrin et de désespoir,

Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.

Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.

Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur, lorsque tout le reste s'écroule.

 

Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,

Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments vides.

 

Le poète...

                    de Tadeusz Rozewicz (Poète polonais)

 

 

Le poète est à la fois celui qui écrit des poèmes

et celui qui n'en écrit pas

 

Le poète est celui qui secoue les chaînes

et celui qui s'en charge

 

Le poète est celui qui croit

et celui qui ne peut croire

 

Le poète est celui qui a menti

et celui à qui on a menti

 

Le poète est celui qui mangeait dans la main

et celui qui a coupé les mains

 

Le poète est celui qui s'en va

et celui qui ne peut s'en aller

   

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