Sait-on jamais, quand on renonce,
quelle force a manqué,
en quel endroit de la cuirasse
passe le trait ?
Et puis... qu'importe la réponse ?
Dans l'animal traqué,
c'est le goût de vivre qui passe
et son secret.
Ce presque rien de l'écriture, ce souffle d'air dans les méandres brumeux de nos âmes.
Rares sont les paroles qui ne puissent être infiniment mieux exprimées par la plume. Et il n'est pas une attention à l'autre plus entière que dans le moment de lui écrire, si ce n'est en celui de lui faire l'amour.
de Pablo Neruda
Nous avons encore perdu le crépuscule
Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies
pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.
J'ai vu de ma fenêtre
la fête du couchant sur les côteaux lointains
Parfois, ainsi qu'une médaille
s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.
Et je me souvenais de toi le coeur serré
triste de la tristesse à moi que tu connais.
Où étais-tu alors ?
Et parmi quelles gens ?
Quels mots prononçais-tu ?
Pourquoi peut me venir tout l'amour d'un seul coup,
lorsque je me sens triste et te connais lointaine ?
Le livre a chu qu'on prend toujours au crépuscule,
ma cape, chien blessé, à mes pieds a roulé.
Tu t'éloignes toujours et toujours dans le soir
vers où la nuit se hâte effaçant les statues.
d' Oriah Mountain Dreamer (un vieil indien)
Je ne m'intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,
Je veux savoir à quoi tu aspires,
Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton coeur.
Je ne m'intéresse pas à ton âge.
Je veux savoir si, pour la quête de l'amour et de tes rêves,
Pour l'aventure de te sentir vivre,
Tu prendras le risque d'être considéré comme fou.
Je ne m'intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.
Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,
Si les trahisons vécues t'ont ouvert,
Ou si tu t'es fané et renfermé par crainte de blessures ultérieures.
Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,
Sans t'agiter pour la cacher, l'amoindrir ou la fixer.
Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,
Si tu oses danser, envahi par l'extase jusqu'au bout des doigts et des orteils,
Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.
Je ne m'intéresse pas à la véracité de l'histoire que tu racontes.
Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même,
Si tu supportes l'accusation d'une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.
Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres,
Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.
Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien ou le mien,
Et malgré cela rester debout au bord du lac
Et crier : "Oui !" au disque argenté de la lune.
Je ne m'intéresse pas à l'endroit où tu vis, ni à la quantité d'argent que tu as.
Je veux savoir si, après une nuit de chagrin et de désespoir,
Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.
Je ne m'intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.
Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.
Je ne m'intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.
Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur, lorsque tout le reste s'écroule.
Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,
Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments vides.
de Tadeusz Rozewicz (Poète polonais)
Le poète est à la fois celui qui écrit des poèmes
et celui qui n'en écrit pas
Le poète est celui qui secoue les chaînes
et celui qui s'en charge
Le poète est celui qui croit
et celui qui ne peut croire
Le poète est celui qui a menti
et celui à qui on a menti
Le poète est celui qui mangeait dans la main
et celui qui a coupé les mains
Le poète est celui qui s'en va
et celui qui ne peut s'en aller
Ce qu'on veut...
(voir le sel ci-dessous)
C'est une jolie façon de le voir, oui...
En poésie, paraît-il, on lit ce qu'on veut, et j'ajouterais qu'on s'entend souvent soi-même avant d'entendre le sentiment de l'auteur. Mais ce que je dis là ne doit peut-être pas faire une généralité ? C'est comme ça que je lis la poésie, voilà ce que je peux en dire...
Quant au sens de celui-ci... Tu vois des deux, et je ne saurais te donner tort.
Extrait d'un mail d'une amie disparue, en avril.
Où vont nos forces? je l'ignore et pourquoi à un moment tout nous quitte, quand un seul mot nous habille et nous réchauffe. Si l'autre savait quel soleil un seul mot peut faire briller dans notre poitrine.
J'ai passé une mauvaise nuit à chercher mes mouchoirs, à mal respirer, à faire des apnées à gogo, puis au matin un rêve, d'une tendresse exquise. Un rêve de bras et de chaleur, de douceur, d'humanité.Je me suis levée reposée. Comme quoi m'en faut peu! ^^
Mes bras autour de toi, et l'amicale tendresse pour passer le cap, des bises sonores
Dé
C'est tout juste ça, Désirée, on ne saurait mieux dire. L'absence d'échange, quand il n'y a plus rien à dire que "merci" et "bonne journée"... Autant dire rien.
C'est drôle, j'ai passé une très mauvaise nuit aussi, avec une migraine à m'en faire sauter le crâne... Au matin, rien de mieux, juste l'idée qui se pose de m'éloigner quelques temps, et d'en profiter peut-être pour autre chose. Ton exemple m'a inspiré à m'y remettre aussi, plus sérieusement. J'ai commencé à réunir ce qu'il faut pour attaquer.
Je passerai chez toi, Désirée, comme tu t'en doutes. Et ici, je laisse en stand-by. Comme dirait Cabrélou :
"Peut-être un jour les gens reviendront ?
On doit être hors-saison..."
Et merci pour tes mots, tout juste dans l'humeur de ce qu'on attend d'un échange, puisque tu as raison : on en attend, toi et moi, un peu la même chose.
A bientôt, et mes bises amicales du loup des montagnes.
Tu as raison : je crois bien que ça ne fait toujours pas une généralité... Mais quoi qu'il en soit, merci pour ce que tu dis de mes poèmes.
Les commentaires et mes réponses... Je me souviens d'un temps où c'était beaucoup plus riche, plus intéressant et vivant. J'appréciais vraiment. Je trouvais souvent plus intéressant ce qui se passait dans les commentaires et les réponses que le sujet de départ lui-même. Et puis ça s'est éteint. Sans doute de lassitude, d'ennui, d'une mode qui passait et que je n'ai pas suivie... bah... va savoir...
Je vais en profiter pour m'occuper des autres routes, justement, dont l'une que j'ai laissée en plan depuis des mois, et qui mériterait que je la suive jusqu'au bout, histoire de me prouver que je peux le faire. Je ne sais pas combien de temps ça me prendra, mais je me dis qu'en positivant à bloc, je dois regarder la léthargie de mon blog comme une excellente occasion pour ça.
Merci de tes mots, Vieux Marmot, amicalement à toi.
Bien bien contente pour vous que le travail se remette sur le métier :)
Bon cheminement à vous Bifane !
Merci Isabelle. Pour le travail remis sur le métier, j'ai deux bonnes amies qui m'ont aidé à l'y remettre, par l'exemple de leur propre coeur à l'ouvrage.
L'abandon, mettons que ce n'est que pour un temps. Après, on verra bien s'il reste l'envie d'y revenir... Je n'en continuerai pas moins de passer vous lire. A bientôt donc.
Mais pourquoi cela devrait-il forcément rimer avec l'abandon de ton blog ? Pourquoi renoncer à échanger avec les gens qui t'apprécient et aiment ta plume (ou l'inverse, hein, c'est pareil) ? C'est un peu, me semble-t-il, comme Désirée, ma somptueuse dame poète : j'ai l'impression que vous êtes tous deux, par intermittence, recouverts par des tentations d'abandon. Alors je vous dis, avec les mots du cœur et non ceux de la simple politesse : je vous aime tous deux, amis, ne partez pas au loin sans donner de nouvelles...
Ne t'en fais pas, Sophie, je donnerai des nouvelles : je n'ai pas l'intention de me priver des excellentes lectures que je fais chez toi. J'y viendrai donc, tu peux y compter, et je continuerai de te laisser mon sentiment et les réflexions que tes textes m'inspirent.
Comme je te le disais chez toi, hier je crois, je continuerai de venir sur ton blog, où il y a de si belles photos à voir, des photos vivantes comme j'aime en regarder, qui me racontent quelque chose, qui ont leur humeur, leur lumière, ta griffe à toi. Il y avait un moment qu'un blog photo ne m'avait tant plu : en général, ce serait plutôt pas mon truc, mais de temps en temps, on tombe sur des exceptions ! ;o)
Mais c'est en effet la grande force des blogs, ce partage.
Et puis, si la lecture est un acte solitaire, voire ici solidaire, l'écriture n'aime pas la solitude: les mots enfermés crient pour sortir de nous, de nos papiers, de nos PC!
Je suis tellement frustrée lorsque je veux faire lire mes mots à mon entourage ... et qu'ils n'ont... pas le temps.
Arf, Narcisse quand tu nous tiens ... ;)
Alors je les dépose par ici, parce que je sais qu'il y a des gens qui prennent le temps, de les lire, relire et parfois, de les comprendre, c'est à dire cum prendere, de les emporter avec eux.
Aussi Bifane, comme tu me l'as dit, il n'y a pas si longtemps: tu verras bien ce que tu fais de cet espace. On n'est jamais obligé de faire du remplissage.
Nous serons des guetteurs de loups.
Voilà : tu cernes le problème (enfin, s'il y a problème...), c'est tout juste ça. On n'écrit pas pour les murs.
Dans mon entourage, très-très peu de gens savent que j'écris. La plupart s'en foutent complètement de toute façon. Et dans ce peu de gens qui savent, il s'en trouve encore moins (infiniment moins) qui y accorde le moindre intérêt. En fait, à bien y réfléchir, dans mon entourage, il n'y a qu'une seule personne qui me lise à peu près régulièrement et qui sache quelque chose de mon projet de finir un recueil commencé il y a plusieurs mois déjà. Pour les autres, ceux qui en ont un jour entendu parler évitent le sujet, qui ne les intéresse pas du tout, et ceux qui l'ignorent me parlent de mon boulot, histoire de parler de quelque chose, et façon de me dire qu'à leurs yeux, je ne suis que ça : un con à sa table (un comptable). J'ai beau leur répondre que mon boulot ne représente rien qu'un gagne-pain, et que je n'aime pas en parler parce qu'il m'emmerde profondément, comme entre deux questions, ils oublient généralement la réponse, la fois suivante, ils me redemandent la même chose : et le boulot, ça va ?
C'est fou comme on a l'impression d'exister, des fois...
Alors ici, c'est l'endroit où je peux enfin parler d'un truc qui m'intéresse, faire quelque chose où je m'éclate, pour ainsi dire, où je peux exprimer ce que je suis, ce à quoi j'aspire, ce genre de conneries... Quand ça débouchait sur de longs échanges, c'était passionnant. Quand il n'en ressort plus rien, ou quelques vagues politesses en signe de passage, je m'attends des fois à lire un commentaire qui me dirait "et le boulot, ça va ?".
Bref, c'est le moment de faire autre chose. Et ça tombe bien : j'avais un truc qui m'attendait depuis un bail. Mettons que c'est un signe ! Je vais donc m'y remettre, à ce recueil, et cette fois le terminer enfin.
Merci de cette deuxième visite, chère Vieille Dame. Et à bientôt par chez toi, où je continuerai de passer te lire.
Il arrive parfois qu'une question puisse n'en avoir pas même le désir...
Avec la peinture, le silence est encore parfois plus lourd, et les heures de solitude à mettre ça au monde aussi.
En retour, je sais que certaines personnes éprouvent des sentiments. EPROUVENT. Voilà, c'est tout. Il faut apprendre cette humilité là, et comme je le disais à un ami il n'y a pas longtemps, ce n'est pas une humiliation.
Ce silence en retour est une habitude à prendre.
Ca ne signifie pas qu'il n'y a aucune estime de la part des passants, lecteurs ou regardeurs.
C'est l'apprentissage de notre vanité.
Troisième passage (philosophique un tantinet, là, hein ?!! )
;)
Un peu, oui, et même beaucoup ! C'est intéressant, ce parallèle involontaire que tu fais de l'humilité à l'humiliation. Rien qui en ressorte dans ce que tu dis, mais les deux mots si proches l'un de l'autre, je ne l'avais jamais observé.
L'humilité... Une grande qualité, ça... Je crois que je ne l'ai pas. C'est peut-être de là que me vient cette idée fixe de faire pour quelque chose. Le retour humain, l'échange, voilà ce qui m'intéresse dans les blogs. Le reste, le nombre de visites, les compliments, les politesses, ça n'a pas grand intérêt. Et le vide, encore moins. De fait, comme tu vois, je n'ai pas cette capacité à me détacher suffisamment de ce retour, et je pourrais même dire que je l'ai cherchée pour le savoir. Mais le dire sans le sentir, ça ne vaut pas. Je l'ai dit, et je n'ai pu aller plus loin.
Enfin, ce n'est pas dramatique non plus. Je saisis cette occasion pour me frotter à un autre défi, que j'ai failli abandonner, lui aussi. Je finis par me dire que ce doit être dans ma nature, ce manque de conviction, de volonté, qui entraîne l'abandon de l'effort et l'endormissement de la foi. Bon, mais tu vois, pour y chercher un peu de positif, ce coup-ci, je ne ferme pas : je laisse en l'état. J'y reviendrai peut-être dans quelques temps, et très certainement même si je parviens à finir mon livre (il faudra bien que j'en parle quelque part, je n'aurais pas l'humilité de n'en rien dire - ^^ j'rigole hein ^^).
Ah ! et puis l'estime... ouais... bon... t'as vu comme elle est versatile, l'estime ? Franchement, tu connais un sentiment qui le soit plus que celui-là ? Purée de nous... Surtout dans notre Babel Web (je pique l'appellation à Isabelle : Babel Web, c'est bien trouvé, hein ?), où ça va et vient tellement vite que t'as pas le temps de comprendre comment tu es passé du piédestal où on te hissait au fond de la fosse où on t'a rejeté. Alors l'estime... je crois que c'est bien un truc dont je m'applique à faire complètement abstraction, histoire de m'éviter les grands retours de bâton. Parce que là, tu trouves bien les pires : ceux qui t'auront le plus encensé seront précisément ceux qui te foutront leur godasse merdeuse sur la gueule avec le plus d'application et de plaisir sadique. Mais bon, allez... je ne vais pas en remettre encore une couche, je finirais par me laisser aller à en dire plus que je n'en pense...
En tout cas, c'est sympa de repasser encore un coup. Tu me fais causer chaque fois un peu plus, t'as remarqué ? Je t'envoie des bises et te souhaite un bon week-end, Digne Dame, en te remerciant de ces quelques mots qui me témoignent une amitié qui me fait bien plaisir.
Car le goût de vivre a très souvent le goût du sang.
Du sans.
"laisser ce qui a été pour faire place à son secret"
J'ai échoué à comprendre ce que tu voulais dire par là, Arthémisia... Mais pour le reste, des forces qu'il faut, je me suis souvent demandé s'il s'agissait de force ou d'une simple capacité instinctive, vaguement animale, qui pousse certains d'entre nous à encaisser quand d'autres n'y parviennent pas. Un peu comme la sensibilité à la douleur physique, plus ou moins développée selon les êtres. Quelque chose, en somme, dont nous ne serions pas responsables, et, partant, dont il n'y aurait pas à tirer orgueil, si peu que ce soit.
Quant au goût de vivre... oui, en effet, le goût du sans, souvent.
Merci de cette visite inattendue, Arthémisia, en te souhaitant un très bon dimanche !
Oui, Cagire : une autre, ailleurs, autrement... Mais les deux en viendront bien à se croiser, sans doute, si la seconde veut bien devenir quelque chose... Des bises à toi aussi !
"Qui cache son fou meurt sans voix.".
Ainsi à trop subir l'étouffement, la blessure des jugements, le regard d'anamour de l'Autre, l'enfermement derrière SES barrières, dans SA cage, ne crois tu pas que notre vérité (ce que j'appelai notre secret) risque de s'atrophier, de se scléroser, voir de mourir?
C'est dans ce sens que je parlais de la nécessité d'aller ailleurs, quitte à abandonner tout ce qui peut nous (r)accrocher à notre 1ère vie, pour trouver une fluidité, un sang actif et porteur d'énergie vitale.
Bon dimanche Bifane.
Je t'embrasse
Arthi
ps: pardonne moi d'être très irrégulière dans mes passages. La rentrée des classes + bcp de pbs personnels m'occupent ++++.
Ah ! Diable oui !!! C'est très juste, et je l'ai déjà expérimenté une fois, quand je "tenais" un forum (ici, le "tenir", c'est presque comme "tenir" un bar... quand tu penses que ça se voulait littéraire, c'est un peu bizarre...), cette sensation de n'y plus rien trouver et, tout au contraire, de s'y épuiser jusqu'à s'y vider. C'est très vrai, comme il est très vrai aussi que c'est le signe certain qu'il est temps de passer à autre chose.
Ici, c'est un peu différent, il y avait quelque chose que je n'y retrouve plus, qui s'est perdu avec le temps et les lassitudes. Ce serait un peu long de l'expliquer, et ça n'intéresse sans doute pas grand monde. Mais insister dans ce moment-là reviendrait sans doute à recréer la même impasse, le même étouffement vide de sens. Peut-être qu'instinctivement, je préviens la chose en passant à une autre aventure avant. Et j'espère, oui, y trouver un nouveau sang, même s'il s'agit d'un projet déjà assez usé et laissé longtemps en plan. Reste que je n'ai pas réussi à lui donner vie et sens, pas encore... et je compte bien y parvenir maintenant.
Pour le reste, ma surprise de te revoir était plutôt due à l'impression que nous étions en froid. Tu me vois bien heureux de m'être trompé, réellement. Ma petite parano continue de me jouer des tours de temps en temps : ne pas faire attention... ;o)
Mes bises, et à bientôt !
Ah non alors!!!
Et quand ça ne va pas avec quelqu'un je le lui dit...
Gros bisous tout chauds.
Arthi
Pourquoi ? Bin ça, pffft ! J'sais pas. Mes impressions, tu sais, c'est pas toujours d'ordre très réfléchi...
Grosses bises dominicales et ensoleillées, Arthi
Mille bises amicales
Peut-être alors n'est-ce que le besoin de faire une pause, partagé avec l'envie grandissante de mener à bien un autre projet, plus concret, plus difficile aussi, qui me permettrait, d'une certaine manière, de prouver quelque chose. Me prouver, en premier lieu, sans doute...
Les raisons, par ailleurs, seraient longues à expliquer. C'est vrai qu'il n'y a pas que des politesses dans les commentaires qu'on me laisse, mais l'échange en terme de rapports humains n'est en effet plus ce qu'il était. J'en attends toujours beaucoup, il faut dire, sans doute même trop. Quoi qu'il en soit, plutôt que de me lamenter sur quelque chose qui ne tient peut-être qu'à moi, j'ai choisi de le mettre à profit pour terminer un travail commencé depuis trop longtemps, et qui devrait, si je parviens à l'achever, me faire du bien.
C'est drôle, ton commentaire : pendant que tu me l'écrivais, j'étais en train d'en laisser un chez toi, sur ce nouveau texte encore très frappant, qui ne m'a pas laissé indifférent... Pour quelques temps au moins, nous nous retrouverons chez toi. Ici, je n'ai plus l'envie, il faut lui laisser le temps de revenir...
Mes bises très amicales aussi, Sophie.
J'ai aussi pris la résolution de ne rien attendre pour ne pas être déçue et ainsi je suis toujours agréablement surprise.
Nous avons eu à la maison un ami de blog venu de l'autre bout du monde avec sa petite famille et mon mari lui-même a été séduit. Nous avons beaucoup reçu en échange ce ce que nous avons offert : cette hospitalité. Cela s'appelle le partage.
Oui, c'est du beau, du très beau partage. Moi aussi, j'ai vécu ce petit bonheur de vie, de rencontre, et j'en reste toujours saisi d'un certain émerveillement. On n'est pas que des mots, que du virtuel : on peut devenir des êtres entiers, et se reconnaître encore sous nos visages, et mieux se connaître aussi... C'est un beau cadeau, je trouve...
Quant au courage et à la ténacité, tu en as peut-être infiniment plus que tu crois : ton principe de cheminement en témoigne : c'est de la pugnacité ou je n'y comprends rien. Je m'efforce d'acquérir un peu de ça. Je ne prétends pas me changer au point d'en devenir réellement détenteur, mais un peu, ce serait déjà bien...
Un livre que j'ai beaucoup est aimé est 'le mort qu'il fat' de Jorge Semprun. Une question que je me pose est de savoir comment certaines personens arrivent à survivre à des situations cruelles là où d'autres périssent. La déportation. L'exil.
Jorge Semprun dit qu'il était aisé de savoir qui allait mourir. On se laisse aller, rien n'est important on ne se lave plus. Il en est ainsi aussi des très vieilles personnes ou lorsqu'on est très malade. "A quoi bon". Juste survivre mais survivre est ce assez ? Oui parfois, si cela permet de revivre. De redémarrer...
Coïncidence : je suis en train de lire "L'origine de la violence" de Fabrice Humbert, qui traite de cette lourde période historique aussi. Il parle également de cette faculté à survivre, et je le rejoins sur bien des points... Mais il est conscient que, contrairement à Semprun, n'ayant pas vécu cette épreuve, ce qu'il en dit, ce qu'il en déduit, ne doit être pris qu'avec une extrême circonspection. Toutefois, ses réflexions sur le sujet sont intéressantes, et notamment sur la portée humaine du crime nazi, où j'ai été surpris de retrouver très exactement le ressenti que j'en avais eu moi-même, à savoir le partage inévitable de la culpabilité, en tant qu'humain, et puisque les criminels étaient humains...
Mais pour revenir à ce que tu disais, en effet, survivre n'est pas assez. Survivre ne convient qu'en des situations extrêmes et pour des durées limitées. Je ne crois pas que l'existence puisse être une survie de façon durable et vivable. Nous ne sommes pas là pour ça. Il faut passer à l'autre étape, de revivre, de renaître même devrait-on dire, pour que notre passage prenne sens, notre effort, notre résistance.
Au-delà de la souffrance de cette rupture avec soi-même, l'ouverture vers d'autres routes que l'on peut espérer plus positives.
Oui, je crois que c'est même presque toujours le cas. En d'autres temps, j'aurais effacé cet endroit, mais j'ai déjà commis ce genre d'excès, et je n'y ai puisé aucun réconfort ni aucun élan supplémentaire pour me pousser vers ailleurs. Au contraire même, j'ai regretté plus tard d'avoir été jusque là, parce que j'y avais perdu des mots d'autrui qui valaient qu'on s'en souviennent, qu'on y reviennent, et qu'on ne pouvait plus.
Je prends donc d'autres routes, une autre route en particulier, avec l'espoir d'y réussir quelque chose, et je laisse cet endroit en attente. Avec l'idée qu'il s'y passera peut-être encore quelque chose un de ces jours...
Merci de ta visite : tes quelques mots expriment une pensée que je partage.
Le renoncement : pour continuer ce que tu disais et ce que disait Cergie, il me semble que le renoncement peut être un bien à certains moments de sa vie, c'est à dire ceux de l'extrême vieillesse : on apprend peu à peu, sans révolte, à renoncer à la vie, à accepter sa fin avec le plus de sérénité possible; car quoi de plus affreux que s'en aller dans le plus grand effroi ?
Ou de s'en aller trop tôt quand on a si peu vécu : merci d'être passé chez moi. Tes propos m'ont profondément touchés par leur émotion et leur intelligence.
Je t'embrasse, ami.
Même sur ce fil, oui...
Mes bises matinales, Sophie. A bientôt !
En effet...
Bises amicales
Coucou Sophie !
J'avance, comme ci comme ça, disons qu'on a quitté le mode statique, c'est déjà bien, hein ? Le reste, bin faut que ça se mette en marche...
Bises non moins amicales, Sophie, et à bientôt !
Ne pas en vouloir à ceux qui nous cataloguent... Bin si on y réfléchit à deux fois, tu as sans doute raison : ça nous ferait tant de monde à agonir qu'on n'en finirait plus ! Je songeais, tout en pesant ce que tu en disais, que ce doit être la manie la plus universellement répandue, ça : ces petits jugements à l'emporte-pièce, vite fait, vite épinglé : pan ! t'es mort... Facile hein : t'étais même pas vivant... Je ne sais pas si ça nous maintient dans l'humilité (déjà, pour nous y maintenir, faudrait-il qu'on y ait été un jour...), mais dans l'ignorance les uns des autres, qui incline tout naturellement à l'indifférence totale, ça oui, ça nous y colle et nous y cloue... Tiens, t'as même des stages, des formations pour t'apprendre à juger de n'importe qui d'un coup d'oeil : il se gratte le nez, ça exprime ceci, il se touche les cheveux, ça veut dire cela... J'ai envie de leur demander : et quand il pose vivement sa main gauche dans le creux du bras droit, et que celui-ci se replie non moins vivement, c'est significatif de quoi, selon toi ? Hein ?
Bon, à part ça, pour la créativité de mon silence (tout relatif, tu remarqueras...), on peut le voir comme on veut : ça avance parce que ça s'organise, ça réunit du papier, ça y réfléchit, ça se met en place, mais ça avance que daller parce que le bouquin en lui-même, il en est encore au même point... Mais... heu... mettons que je fais ça façon vieux diesel : faut laisser chauffer le moulin avant de monter en régime ! ;o)
Merci de ton passage en tout cas, Vieux Marmot, et tiens ! si jamais tu manques un peu de lecture, tu peux toujours suivre un peu les liens, là, à droite de l'écran, tu verras, y'a des coins sympatoches, des coups de plume à découvrir... A bientôt !
Aussi pour te dire que j'ai essayé de t'entendre du moins en lisant tes poèmes et tes reflexion.
Te dire aussi que je ne sais pas si la souffrance est partageable et que c'est peut-être un mythe ou un beau rêve...
Mais Je te dis bon vent !!!
dans l'écriture et dans la vie!!!
"Se demander pourquoi nous n'entendons plus, pourquoi nous ne savons plus fermer nos grandes bouches pour recevoir les mots des autres, pourquoi nous sommes impuissants à donner à l'autre ce dont nous-mêmes, un jour, nous pourrions avoir besoin ? Il n'y a pas de réponse absolue, comme toujours, mais des pistes, je crois. Ce manque de fidélité à l'âme, en premier lieu, ce jeu que nous jouons d'être ce qu'il faut être, soumis aux jugements extérieurs, aux consignes d'une société qui n'a aucune humanité, aucune, cette division en nous, cette division en l'autre, et cette incapacité, toujours plus prononcée, de nous révéler pour ce que nous sommes... Si nous n'en étions pas là, nous saurions dire que nous avons mal, et nous saurions l'entendre..." (Bifane dans une réponse à Sophie)
Merci à toi, Estourelle. J'y reviendrai un de ces jours, quand l'envie sera revenue, et en attendant, il me reste bien des choses à faire encore, et bien du chemin à parcourir. Il m'étonnerait qu'il ne passe pas par chez toi...
Et elle semble n'être pas la moindre des tiennes, Sophie... Merci.
Justement, j'écrivais d'une humeur pas si lointaine, ce matin. Quelque chose qui n'irait pas dans mon recueil. L'occasion de laisser quelque chose ici, si ça compte...
Amicalement, Sophie.
Non : c'est une photo trouvée, que j'ai modifiée pour lui donner l'humeur et le format souhaités. Seules les photos publiées dans quelques articles sont de moi. Je n'ai pas réussi à faire une photo qui me convienne pour l'en-tête. J'en avais une dans la première version de ce blog, mais je m'en suis un peu lassé...
Ouch ! J'ai trouvé les nuances célestes terriblement compliquée à rendre, la seule fois où j'ai essayé. Mais je faisais ça en amateur, loin d'avoir ton talent, et puis le ciel que j'essayais de rendre était un ciel d'aube, et la myriade de couleurs qu'il fallait retrouver était un véritable casse-tête de mélanges de teintes. J'y ai complètement échoué : on aurait dit un ciel d'apocalypse...
Oui, j'y voyais aussi quelque chose dans ce goût-là. Un ciel d'espoir.
Bonjour Everafter. Je ne sais pas si l'on peut parler de décision... Certains abandons en découlent, d'autres s'imposent, et ces derniers laissent peu de latitude à ceux qui les subissent, je crois.