Mardi 14 septembre 2010 2 14 /09 /Sep /2010 10:57

Sait-on jamais, quand on renonce,

          quelle force a manqué,

          en quel endroit de la cuirasse

          passe le trait ?

Et puis... qu'importe la réponse ?

          Dans l'animal traqué,

          c'est le goût de vivre qui passe

                    et son secret.

 

 

Publié dans : Ceux qui murmurent aux brumes
En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres
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Commentaires

Renoncer ? Qu'est-ce que ça veut dire ????!!
Commentaire n°1 posté par la vieille dame le 14/09/2010 à 11h49

Ce qu'on veut...

Réponse de Bifane le 14/09/2010 à 12h19
renoncer ou abandonner? Abandonner c'est un peu s'offrir... si renoncer est s'abandonner, alors je trouve que c'est une force :)
(voir le sel ci-dessous)
Commentaire n°2 posté par aléna le 14/09/2010 à 15h42

C'est une jolie façon de le voir, oui...

Réponse de Bifane le 14/09/2010 à 16h02
Oh! je voudrais le lire comme une porte ouverte sur la liberté intime et vitale, pas comme une porte qui se ferme. Mais, je lis les deux et d'autres nostalgies.
Commentaire n°3 posté par Vieux marmot le 14/09/2010 à 23h04

En poésie, paraît-il, on lit ce qu'on veut, et j'ajouterais qu'on s'entend souvent soi-même avant d'entendre le sentiment de l'auteur. Mais ce que je dis là ne doit peut-être pas faire une généralité ? C'est comme ça que je lis la poésie, voilà ce que je peux en dire...

Quant au sens de celui-ci... Tu vois des deux, et je ne saurais te donner tort.

Réponse de Bifane le 15/09/2010 à 14h59
"le problème c'est la solitude (pas l'absence de commentaires), enfin surtout le non-dialogue-vrai, le manque de complicité. Car parfois même avec des commentaires, on se sent seul (incompris ? en rade ?), et y'a rien à répondre. Donc pas de dialogue possible. Les échanges de politesse ne m'intéressent pas. Toi non plus je sais."

Extrait d'un mail d'une amie disparue, en avril.

Où vont nos forces? je l'ignore et pourquoi à un moment tout nous quitte, quand un seul mot nous habille et nous réchauffe. Si l'autre savait quel soleil un seul mot peut faire briller dans notre poitrine.

J'ai passé une mauvaise nuit à chercher mes mouchoirs, à mal respirer, à faire des apnées à gogo, puis au matin un rêve, d'une tendresse exquise. Un rêve de bras et de chaleur, de douceur, d'humanité.Je me suis levée reposée. Comme quoi m'en faut peu! ^^

Mes bras autour de toi, et l'amicale tendresse pour passer le cap, des bises sonores

Commentaire n°4 posté par Dé le 15/09/2010 à 07h38

C'est tout juste ça, Désirée, on ne saurait mieux dire. L'absence d'échange, quand il n'y a plus rien à dire que "merci" et "bonne journée"... Autant dire rien.

C'est drôle, j'ai passé une très mauvaise nuit aussi, avec une migraine à m'en faire sauter le crâne... Au matin, rien de mieux, juste l'idée qui se pose de m'éloigner quelques temps, et d'en profiter peut-être pour autre chose. Ton exemple m'a inspiré à m'y remettre aussi, plus sérieusement. J'ai commencé à réunir ce qu'il faut pour attaquer.

Je passerai chez toi, Désirée, comme tu t'en doutes. Et ici, je laisse en stand-by. Comme dirait Cabrélou :

"Peut-être un jour les gens reviendront ?

On doit être hors-saison..."

Et merci pour tes mots, tout juste dans l'humeur de ce qu'on attend d'un échange, puisque tu as raison : on en attend, toi et moi, un peu la même chose.

A bientôt, et mes bises amicales du loup des montagnes.

Réponse de Bifane le 15/09/2010 à 15h05
Je lis comme ça aussi, mais ça ne doit toujours pas faire une généralité? (Je vois! Ce ? n'était sans doute pas une question. Tes poèmes sont beaux, certains me parlent au plus profond; ici ou ailleurs, je ne doute pas que ton chemin sera jalonné de merveilles. J'ai toujours apprécié le soin que tu apportais à tes réponses(à tout le monde)et, la pertinence profonde de tes commentaires. Un désaccord exceptionnel, partiel et exprimé de manière excessive(ma spécialité sans fierté, mais je ne renierai pas ce qui est écrit). Je te souhaite bon vent derrière tes nuages et sur tes autres routes et je retourne à une retraite que je n'aurais du quitter qu'à pas de loup(il était bien aussi celui-là). J'essaierai de jetter un oeil là où je pourrai le jetter, de temps à autre, avec un calme olympien(c'est pas gagné!).
Commentaire n°5 posté par Vieux marmot le 15/09/2010 à 22h35

Tu as raison : je crois bien que ça ne fait toujours pas une généralité... Mais quoi qu'il en soit, merci pour ce que tu dis de mes poèmes.

Les commentaires et mes réponses... Je me souviens d'un temps où c'était beaucoup plus riche, plus intéressant et vivant. J'appréciais vraiment. Je trouvais souvent plus intéressant ce qui se passait dans les commentaires et les réponses que le sujet de départ lui-même. Et puis ça s'est éteint. Sans doute de lassitude, d'ennui, d'une mode qui passait et que je n'ai pas suivie... bah... va savoir...

Je vais en profiter pour m'occuper des autres routes, justement, dont l'une que j'ai laissée en plan depuis des mois, et qui mériterait que je la suive jusqu'au bout, histoire de me prouver que je peux le faire. Je ne sais pas combien de temps ça me prendra, mais je me dis qu'en positivant à bloc, je dois regarder la léthargie de mon blog comme une excellente occasion pour ça.

Merci de tes mots, Vieux Marmot, amicalement à toi.  

Réponse de Bifane le 16/09/2010 à 06h47
Il y a dans l'abandon ... quelque chose à retenir et c'est curieusement dans ce temps qu'effleure le désir.
Bien bien contente pour vous que le travail se remette sur le métier :)
Bon cheminement à vous Bifane !
Commentaire n°6 posté par Isabelle C le 16/09/2010 à 09h09

Merci Isabelle. Pour le travail remis sur le métier, j'ai deux bonnes amies qui m'ont aidé à l'y remettre, par l'exemple de leur propre coeur à l'ouvrage.

L'abandon, mettons que ce n'est que pour un temps. Après, on verra bien s'il reste l'envie d'y revenir... Je n'en continuerai pas moins de passer vous lire. A bientôt donc.

Réponse de Bifane le 16/09/2010 à 09h34
L'abandon, on le forme à l'intérieur de soi, et les autres n'en perçoivent rien; mais on peut aussi, de manière tout aussi intime, renoncer à abandonner ! Une petite braise, tout au fond, continue de crépiter, elle nous réchauffe et nous tient. J'ai le sentiment que tu en as une à l'intérieur de toi, et la voilà qui s'active pour t'aider à composer ton recueil.
Mais pourquoi cela devrait-il forcément rimer avec l'abandon de ton blog ? Pourquoi renoncer à échanger avec les gens qui t'apprécient et aiment ta plume (ou l'inverse, hein, c'est pareil) ? C'est un peu, me semble-t-il, comme Désirée, ma somptueuse dame poète : j'ai l'impression que vous êtes tous deux, par intermittence, recouverts par des tentations d'abandon. Alors je vous dis, avec les mots du cœur et non ceux de la simple politesse : je vous aime tous deux, amis, ne partez pas au loin sans donner de nouvelles...
Commentaire n°7 posté par Sophie le 16/09/2010 à 10h34

Ne t'en fais pas, Sophie, je donnerai des nouvelles : je n'ai pas l'intention de me priver des excellentes lectures que je fais chez toi. J'y viendrai donc, tu peux y compter, et je continuerai de te laisser mon sentiment et les réflexions que tes textes m'inspirent.

Réponse de Bifane le 16/09/2010 à 12h23
Je te suis, Bifane, et je comprends fort bien. T'auras toujours à ce qu'il me semble cette petite flamme et l'ardeur qui se ranimera, entre réflexion, doutes et renaissance. A bientôt (quand je peux)... et poursuis !
Commentaire n°8 posté par Frederique le 16/09/2010 à 12h13

Comme je te le disais chez toi, hier je crois, je continuerai de venir sur ton blog, où il y a de si belles photos à voir, des photos vivantes comme j'aime en regarder, qui me racontent quelque chose, qui ont leur humeur, leur lumière, ta griffe à toi. Il y avait un moment qu'un blog photo ne m'avait tant plu : en général, ce serait plutôt pas mon truc, mais de temps en temps, on tombe sur des exceptions ! ;o)

Réponse de Bifane le 16/09/2010 à 12h26
Dans les commentaires, il y a ce qu'on trouve à dire et ce qu'on voudrait dire et parfois on n'y arrive pas. Mais la lecture est un acte ordinairement solitaire. C'est étrange même parfois d'annoter tous et toutes ensemble ce même livre.

Mais c'est en effet la grande force des blogs, ce partage.

Et puis, si la lecture est un acte solitaire, voire ici solidaire, l'écriture n'aime pas la solitude: les mots enfermés crient pour sortir de nous, de nos papiers, de nos PC!

Je suis tellement frustrée lorsque je veux faire lire mes mots à mon entourage ... et qu'ils n'ont... pas le temps.
Arf, Narcisse quand tu nous tiens ... ;)

Alors je les dépose par ici, parce que je sais qu'il y a des gens qui prennent le temps, de les lire, relire et parfois, de les comprendre, c'est à dire cum prendere, de les emporter avec eux.

Aussi Bifane, comme tu me l'as dit, il n'y a pas si longtemps: tu verras bien ce que tu fais de cet espace. On n'est jamais obligé de faire du remplissage.

Nous serons des guetteurs de loups.
Commentaire n°9 posté par La vieille dame le 17/09/2010 à 07h38

Voilà : tu cernes le problème (enfin, s'il y a problème...), c'est tout juste ça. On n'écrit pas pour les murs.

 

Dans mon entourage, très-très peu de gens savent que j'écris. La plupart s'en foutent complètement de toute façon. Et dans ce peu de gens qui savent, il s'en trouve encore moins (infiniment moins) qui y accorde le moindre intérêt. En fait, à bien y réfléchir, dans mon entourage, il n'y a qu'une seule personne qui me lise à peu près régulièrement et qui sache quelque chose de mon projet de finir un recueil commencé il y a plusieurs mois déjà. Pour les autres, ceux qui en ont un jour entendu parler évitent le sujet, qui ne les intéresse pas du tout, et ceux qui l'ignorent me parlent de mon boulot, histoire de parler de quelque chose, et façon de me dire qu'à leurs yeux, je ne suis que ça : un con à sa table (un comptable). J'ai beau leur répondre que mon boulot ne représente rien qu'un gagne-pain, et que je n'aime pas en parler parce qu'il m'emmerde profondément, comme entre deux questions, ils oublient généralement la réponse, la fois suivante, ils me redemandent la même chose : et le boulot, ça va ?

 

C'est fou comme on a l'impression d'exister, des fois...

 

Alors ici, c'est l'endroit où je peux enfin parler d'un truc qui m'intéresse, faire quelque chose où je m'éclate, pour ainsi dire, où je peux exprimer ce que je suis, ce à quoi j'aspire, ce genre de conneries... Quand ça débouchait sur de longs échanges, c'était passionnant. Quand il n'en ressort plus rien, ou quelques vagues politesses en signe de passage, je m'attends des fois à lire un commentaire qui me dirait "et le boulot, ça va ?".

 

Bref, c'est le moment de faire autre chose. Et ça tombe bien : j'avais un truc qui m'attendait depuis un bail. Mettons que c'est un signe ! Je vais donc m'y remettre, à ce recueil, et cette fois le terminer enfin.

 

Merci de cette deuxième visite, chère Vieille Dame. Et à bientôt par chez toi, où je continuerai de passer te lire.

Réponse de Bifane le 17/09/2010 à 10h14
"Qu'importe la réponse"... oui, la réponse est bien là...
Commentaire n°10 posté par Maria-D le 17/09/2010 à 14h24

Il arrive parfois qu'une question puisse n'en avoir pas même le désir...

Réponse de Bifane le 17/09/2010 à 15h01
Tu le sais, je peins aussi et ce sentiment d'être seul avec son bout de papier devant l'indifférence quasi générale, je l'éprouve souvent... :)

Avec la peinture, le silence est encore parfois plus lourd, et les heures de solitude à mettre ça au monde aussi.

En retour, je sais que certaines personnes éprouvent des sentiments. EPROUVENT. Voilà, c'est tout. Il faut apprendre cette humilité là, et comme je le disais à un ami il n'y a pas longtemps, ce n'est pas une humiliation.

Ce silence en retour est une habitude à prendre.
Ca ne signifie pas qu'il n'y a aucune estime de la part des passants, lecteurs ou regardeurs.

C'est l'apprentissage de notre vanité.

Troisième passage (philosophique un tantinet, là, hein ?!! )

;)
Commentaire n°11 posté par la vieille dame le 18/09/2010 à 14h54

Un peu, oui, et même beaucoup ! C'est intéressant, ce parallèle involontaire que tu fais de l'humilité à l'humiliation. Rien qui en ressorte dans ce que tu dis, mais les deux mots si proches l'un de l'autre, je ne l'avais jamais observé.

 

L'humilité... Une grande qualité, ça... Je crois que je ne l'ai pas. C'est peut-être de là que me vient cette idée fixe de faire pour quelque chose. Le retour humain, l'échange, voilà ce qui m'intéresse dans les blogs. Le reste, le nombre de visites, les compliments, les politesses, ça n'a pas grand intérêt. Et le vide, encore moins. De fait, comme tu vois, je n'ai pas cette capacité à me détacher suffisamment de ce retour, et je pourrais même dire que je l'ai cherchée pour le savoir. Mais le dire sans le sentir, ça ne vaut pas. Je l'ai dit, et je n'ai pu aller plus loin.

 

Enfin, ce n'est pas dramatique non plus. Je saisis cette occasion pour me frotter à un autre défi, que j'ai failli abandonner, lui aussi. Je finis par me dire que ce doit être dans ma nature, ce manque de conviction, de volonté, qui entraîne l'abandon de l'effort et l'endormissement de la foi. Bon, mais tu vois, pour y chercher un peu de positif, ce coup-ci, je ne ferme pas : je laisse en l'état. J'y reviendrai peut-être dans quelques temps, et très certainement même si je parviens à finir mon livre (il faudra bien que j'en parle quelque part, je n'aurais pas l'humilité de n'en rien dire - ^^ j'rigole hein ^^).

 

Ah ! et puis l'estime... ouais... bon... t'as vu comme elle est versatile, l'estime ? Franchement, tu connais un sentiment qui le soit plus que celui-là ? Purée de nous... Surtout dans notre Babel Web (je pique l'appellation à Isabelle : Babel Web, c'est bien trouvé, hein ?), où ça va et vient tellement vite que t'as pas le temps de comprendre comment tu es passé du piédestal où on te hissait au fond de la fosse où on t'a rejeté. Alors l'estime... je crois que c'est bien un truc dont je m'applique à faire complètement abstraction, histoire de m'éviter les grands retours de bâton. Parce que là, tu trouves bien les pires : ceux qui t'auront le plus encensé seront précisément ceux qui te foutront leur godasse merdeuse sur la gueule avec le plus d'application et de plaisir sadique. Mais bon, allez... je ne vais pas en remettre encore une couche, je finirais par me laisser aller à en dire plus que je n'en pense...

 

En tout cas, c'est sympa de repasser encore un coup. Tu me fais causer chaque fois un peu plus, t'as remarqué ? Je t'envoie des bises et te souhaite un bon week-end, Digne Dame, en te remerciant de ces quelques mots qui me témoignent une amitié qui me fait bien plaisir.

 

Réponse de Bifane le 18/09/2010 à 15h15
Et pourtant il en faut des forces pour arracher les traits, panser ses plaies et laisser ce qui a été pour faire place à son secret !
Car le goût de vivre a très souvent le goût du sang.
Du sans.
Commentaire n°12 posté par Arthémisia le 18/09/2010 à 22h40

"laisser ce qui a été pour faire place à son secret"

J'ai échoué à comprendre ce que tu voulais dire par là, Arthémisia... Mais pour le reste, des forces qu'il faut, je me suis souvent demandé s'il s'agissait de force ou d'une simple capacité instinctive, vaguement animale, qui pousse certains d'entre nous à encaisser quand d'autres n'y parviennent pas. Un peu comme la sensibilité à la douleur physique, plus ou moins développée selon les êtres. Quelque chose, en somme, dont nous ne serions pas responsables, et, partant, dont il n'y aurait pas à tirer orgueil, si peu que ce soit.

Quant au goût de vivre... oui, en effet, le goût du sans, souvent.

Merci de cette visite inattendue, Arthémisia, en te souhaitant un très bon dimanche !

Réponse de Bifane le 19/09/2010 à 09h35
Heureusement, je reviens et lis tous les commentaires et leurs réponses, cette fois, parce que j'avais pas compris ça, moi, de ma première lecture,j'étais restée dans mon point de vue très personnel... Bon,une page se tournerait, ou se figerait là, tandis qu'une autre, ailleurs, autrement ? Bonne continuation, Bifane, et à bientôt, ici où là, je n'en doute pas ! Des bises.
Commentaire n°13 posté par Cagire le 19/09/2010 à 09h55

Oui, Cagire : une autre, ailleurs, autrement... Mais les deux en viendront bien à se croiser, sans doute, si la seconde veut bien devenir quelque chose... Des bises à toi aussi !

Réponse de Bifane le 19/09/2010 à 12h28
Comme poursuite à ma réflexion je citerai Michaux qui disait :
"Qui cache son fou meurt sans voix.".
Ainsi à trop subir l'étouffement, la blessure des jugements, le regard d'anamour de l'Autre, l'enfermement derrière SES barrières, dans SA cage, ne crois tu pas que notre vérité (ce que j'appelai notre secret) risque de s'atrophier, de se scléroser, voir de mourir?
C'est dans ce sens que je parlais de la nécessité d'aller ailleurs, quitte à abandonner tout ce qui peut nous (r)accrocher à notre 1ère vie, pour trouver une fluidité, un sang actif et porteur d'énergie vitale.
Bon dimanche Bifane.
Je t'embrasse
Arthi
ps: pardonne moi d'être très irrégulière dans mes passages. La rentrée des classes + bcp de pbs personnels m'occupent ++++.
Commentaire n°14 posté par Arthémisia le 19/09/2010 à 11h38

Ah ! Diable oui !!! C'est très juste, et je l'ai déjà expérimenté une fois, quand je "tenais" un forum (ici, le "tenir", c'est presque comme "tenir" un bar... quand tu penses que ça se voulait littéraire, c'est un peu bizarre...), cette sensation de n'y plus rien trouver et, tout au contraire, de s'y épuiser jusqu'à s'y vider. C'est très vrai, comme il est très vrai aussi que c'est le signe certain qu'il est temps de passer à autre chose.

Ici, c'est un peu différent, il y avait quelque chose que je n'y retrouve plus, qui s'est perdu avec le temps et les lassitudes. Ce serait un peu long de l'expliquer, et ça n'intéresse sans doute pas grand monde. Mais insister dans ce moment-là reviendrait sans doute à recréer la même impasse, le même étouffement vide de sens. Peut-être qu'instinctivement, je préviens la chose en passant à une autre aventure avant. Et j'espère, oui, y trouver un nouveau sang, même s'il s'agit d'un projet déjà assez usé et laissé longtemps en plan. Reste que je n'ai pas réussi à lui donner vie et sens, pas encore... et je compte bien y parvenir maintenant.

 

Pour le reste, ma surprise de te revoir était plutôt due à l'impression que nous étions en froid. Tu me vois bien heureux de m'être trompé, réellement. Ma petite parano continue de me jouer des tours de temps en temps : ne pas faire attention... ;o) 

Mes bises, et à bientôt !

Réponse de Bifane le 19/09/2010 à 12h38
En froid? Mais pourquoi donc?
Ah non alors!!!
Et quand ça ne va pas avec quelqu'un je le lui dit...
Gros bisous tout chauds.
Arthi
Commentaire n°15 posté par Arthémisia le 19/09/2010 à 12h43

Pourquoi ? Bin ça, pffft ! J'sais pas. Mes impressions, tu sais, c'est pas toujours d'ordre très réfléchi...

Grosses bises dominicales et ensoleillées, Arthi

Réponse de Bifane le 19/09/2010 à 16h30
Je vois très bien ce que tu veux dire à propos de ton entourage qui ignore ta plume : je vis des circonstances très similaires. Mais les espaces que nous créons sur ce petit fil magique permettent justement de toucher autrui en priorité avec ce qui est ignoré ailleurs. Bien souvent, on ne connait pas le boulot des gens, ni leur état-civil, ni même leur apparence, mais on échange sur un tout autre mode, à partir de ce qu'ils laissent transparaître de l'intérieur de soi, créations ou pensées. Alors pourquoi cette lassitude, mon cher Pisteur ? Je ne fréquente pas chez toi depuis des années, certes, donc je ne sais pas comment c'était "avant", mais quant à moi je n'ai jamais vu de gens venant ici pour t'adresser seulement quelques vagues politesses...
Mille bises amicales
Commentaire n°16 posté par Sophie le 20/09/2010 à 10h04

Peut-être alors n'est-ce que le besoin de faire une pause, partagé avec l'envie grandissante de mener à bien un autre projet, plus concret, plus difficile aussi, qui me permettrait, d'une certaine manière, de prouver quelque chose. Me prouver, en premier lieu, sans doute...

Les raisons, par ailleurs, seraient longues à expliquer. C'est vrai qu'il n'y a pas que des politesses dans les commentaires qu'on me laisse, mais l'échange en terme de rapports humains n'est en effet plus ce qu'il était. J'en attends toujours beaucoup, il faut dire, sans doute même trop. Quoi qu'il en soit, plutôt que de me lamenter sur quelque chose qui ne tient peut-être qu'à moi, j'ai choisi de le mettre à profit pour terminer un travail commencé depuis trop longtemps, et qui devrait, si je parviens à l'achever, me faire du bien.

C'est drôle, ton commentaire : pendant que tu me l'écrivais, j'étais en train d'en laisser un chez toi, sur ce nouveau texte encore très frappant, qui ne m'a pas laissé indifférent... Pour quelques temps au moins, nous nous retrouverons chez toi. Ici, je n'ai plus l'envie, il faut lui laisser le temps de revenir...

Mes bises très amicales aussi, Sophie.

Réponse de Bifane le 20/09/2010 à 10h23
Bonjour Bifane, je ne crois pas avoir beaucouo de courage ni de ténacité mais parfois je m'étonne moi-même. J'ai remarqué qu'il me fallait aborder les montagnes à gravir pas à pas et ainsi j'arrive toujours au sommet.
J'ai aussi pris la résolution de ne rien attendre pour ne pas être déçue et ainsi je suis toujours agréablement surprise.
Nous avons eu à la maison un ami de blog venu de l'autre bout du monde avec sa petite famille et mon mari lui-même a été séduit. Nous avons beaucoup reçu en échange ce ce que nous avons offert : cette hospitalité. Cela s'appelle le partage.
Commentaire n°17 posté par Cergie le 20/09/2010 à 11h50

Oui, c'est du beau, du très beau partage. Moi aussi, j'ai vécu ce petit bonheur de vie, de rencontre, et j'en reste toujours saisi d'un certain émerveillement. On n'est pas que des mots, que du virtuel : on peut devenir des êtres entiers, et se reconnaître encore sous nos visages, et mieux se connaître aussi... C'est un beau cadeau, je trouve...

 

Quant au courage et à la ténacité, tu en as peut-être infiniment plus que tu crois : ton principe de cheminement en témoigne : c'est de la pugnacité ou je n'y comprends rien. Je m'efforce d'acquérir un peu de ça. Je ne prétends pas me changer au point d'en devenir réellement détenteur, mais un peu, ce serait déjà bien...

Réponse de Bifane le 20/09/2010 à 13h37
Tu parles de cuirasse et de trait...
Un livre que j'ai beaucoup est aimé est 'le mort qu'il fat' de Jorge Semprun. Une question que je me pose est de savoir comment certaines personens arrivent à survivre à des situations cruelles là où d'autres périssent. La déportation. L'exil.
Jorge Semprun dit qu'il était aisé de savoir qui allait mourir. On se laisse aller, rien n'est important on ne se lave plus. Il en est ainsi aussi des très vieilles personnes ou lorsqu'on est très malade. "A quoi bon". Juste survivre mais survivre est ce assez ? Oui parfois, si cela permet de revivre. De redémarrer...
Commentaire n°18 posté par Cergie le 20/09/2010 à 11h57

Coïncidence : je suis en train de lire "L'origine de la violence" de Fabrice Humbert, qui traite de cette lourde période historique aussi. Il parle également de cette faculté à survivre, et je le rejoins sur bien des points... Mais il est conscient que, contrairement à Semprun, n'ayant pas vécu cette épreuve, ce qu'il en dit, ce qu'il en déduit, ne doit être pris qu'avec une extrême circonspection. Toutefois, ses réflexions sur le sujet sont intéressantes, et notamment sur la portée humaine du crime nazi, où j'ai été surpris de retrouver très exactement le ressenti que j'en avais eu moi-même, à savoir le partage inévitable de la culpabilité, en tant qu'humain, et puisque les criminels étaient humains...

 

Mais pour revenir à ce que tu disais, en effet, survivre n'est pas assez. Survivre ne convient qu'en des situations extrêmes et pour des durées limitées. Je ne crois pas que l'existence puisse être une survie de façon durable et vivable. Nous ne sommes pas là pour ça. Il faut passer à l'autre étape, de revivre, de renaître même devrait-on dire, pour que notre passage prenne sens, notre effort, notre résistance.

Réponse de Bifane le 20/09/2010 à 13h44
Il est des renoncements qui sont des délivrances.
Au-delà de la souffrance de cette rupture avec soi-même, l'ouverture vers d'autres routes que l'on peut espérer plus positives.
Commentaire n°19 posté par saravati le 20/09/2010 à 12h31

Oui, je crois que c'est même presque toujours le cas. En d'autres temps, j'aurais effacé cet endroit, mais j'ai déjà commis ce genre d'excès, et je n'y ai puisé aucun réconfort ni aucun élan supplémentaire pour me pousser vers ailleurs. Au contraire même, j'ai regretté plus tard d'avoir été jusque là, parce que j'y avais perdu des mots d'autrui qui valaient qu'on s'en souviennent, qu'on y reviennent, et qu'on ne pouvait plus.

Je prends donc d'autres routes, une autre route en particulier, avec l'espoir d'y réussir quelque chose, et je laisse cet endroit en attente. Avec l'idée qu'il s'y passera peut-être encore quelque chose un de ces jours...

 

Merci de ta visite : tes quelques mots expriment une pensée que je partage.

Réponse de Bifane le 20/09/2010 à 13h48
Alors l'envie, un jour, te reviendra. C'est bien qu'entre temps tu laisses la porte du Pisteur entrouverte... car tu sais, chacun de nous, même sur ce fil, craint de se sentir abandonné.
Le renoncement : pour continuer ce que tu disais et ce que disait Cergie, il me semble que le renoncement peut être un bien à certains moments de sa vie, c'est à dire ceux de l'extrême vieillesse : on apprend peu à peu, sans révolte, à renoncer à la vie, à accepter sa fin avec le plus de sérénité possible; car quoi de plus affreux que s'en aller dans le plus grand effroi ?
Ou de s'en aller trop tôt quand on a si peu vécu : merci d'être passé chez moi. Tes propos m'ont profondément touchés par leur émotion et leur intelligence.
Je t'embrasse, ami.
Commentaire n°20 posté par Sophie le 20/09/2010 à 17h26

Même sur ce fil, oui...

Mes bises matinales, Sophie. A bientôt !

Réponse de Bifane le 21/09/2010 à 06h53
Qu'importe la réponse
Commentaire n°21 posté par Estourelle le 21/09/2010 à 11h03

En effet...

Réponse de Bifane le 21/09/2010 à 12h19
Un petit coucou, Bifane. J'espère que tu vas bien et que tu avances tout aussi bien dans ton projet.
Bises amicales
Commentaire n°22 posté par Sophie le 24/09/2010 à 10h12

Coucou Sophie !

J'avance, comme ci comme ça, disons qu'on a quitté le mode statique, c'est déjà bien, hein ? Le reste, bin faut que ça se mette en marche...

Bises non moins amicales, Sophie, et à bientôt !

Réponse de Bifane le 27/09/2010 à 11h04
Plus tu te tais et mieux je me porte... C'est évidemment une boutade, c'est à dire j'espère simplement que ton silence est créatif hors blog, loin des impératifs immédiats(c'est relatif car choisi mais ressenti), et que tu préserves pour l'instant ce seul recul du silence sur des écrits qui peuvent attendre le regard du lecteur. C'est peut-être la seule façon de les concevoir vraiment, même sans forcément les retoucher, mais les vivre intimement avant de les donner à vivre... Quant au "con à sa table", mon dieu, il ne faut pas en vouloir à ceux qui nous cataloguent sur des apparences fussent-elles professionnelles, car ils nous maintiennent inconsciemment dans un état d'humilité schizophrénique qui je le concède est parfois exaspérant mais nous oblige à creuser plus profond dans l'authentique(je sais de quoi je parle, tout au moins pour le "con table"). Ouh la la j'ai l'impression d'avoir la langue pateuse. Que celà ne t'empêche pas de rester concentré sur tes projets (Hi! Hi! Je me prête soudain beaucoup d'importance pertubatrice). Non mais t'as vu l'heure! Et la famille dans tout ca!
Commentaire n°23 posté par Vieux marmot le 26/09/2010 à 00h18

Ne pas en vouloir à ceux qui nous cataloguent... Bin si on y réfléchit à deux fois, tu as sans doute raison : ça nous ferait tant de monde à agonir qu'on n'en finirait plus ! Je songeais, tout en pesant ce que tu en disais, que ce doit être la manie la plus universellement répandue, ça : ces petits jugements à l'emporte-pièce, vite fait, vite épinglé : pan ! t'es mort... Facile hein : t'étais même pas vivant... Je ne sais pas si ça nous maintient dans l'humilité (déjà, pour nous y maintenir, faudrait-il qu'on y ait été un jour...), mais dans l'ignorance les uns des autres, qui incline tout naturellement à l'indifférence totale, ça oui, ça nous y colle et nous y cloue... Tiens, t'as même des stages, des formations pour t'apprendre à juger de n'importe qui d'un coup d'oeil : il se gratte le nez, ça exprime ceci, il se touche les cheveux, ça veut dire cela... J'ai envie de leur demander : et quand il pose vivement sa main gauche dans le creux du bras droit, et que celui-ci se replie non moins vivement, c'est significatif de quoi, selon toi ? Hein ?

 

Bon, à part ça, pour la créativité de mon silence (tout relatif, tu remarqueras...), on peut le voir comme on veut : ça avance parce que ça s'organise, ça réunit du papier, ça y réfléchit, ça se met en place, mais ça avance que daller parce que le bouquin en lui-même, il en est encore au même point... Mais... heu... mettons que je fais ça façon vieux diesel : faut laisser chauffer le moulin avant de monter en régime ! ;o)

 

Merci de ton passage en tout cas, Vieux Marmot, et tiens ! si jamais tu manques un peu de lecture, tu peux toujours suivre un peu les liens, là, à droite de l'écran, tu verras, y'a des coins sympatoches, des coups de plume à découvrir... A bientôt !

Réponse de Bifane le 27/09/2010 à 11h03
Je me suis permise de te citer dans ta réflexion que tu fais à Sophie parce que je trouve que ce que tu dis est très juste et que je te souhaite de trouver ces pistes en tâtonnant sans cesse...
Aussi pour te dire que j'ai essayé de t'entendre du moins en lisant tes poèmes et tes reflexion.
Te dire aussi que je ne sais pas si la souffrance est partageable et que c'est peut-être un mythe ou un beau rêve...
Mais Je te dis bon vent !!!
dans l'écriture et dans la vie!!!


"Se demander pourquoi nous n'entendons plus, pourquoi nous ne savons plus fermer nos grandes bouches pour recevoir les mots des autres, pourquoi nous sommes impuissants à donner à l'autre ce dont nous-mêmes, un jour, nous pourrions avoir besoin ? Il n'y a pas de réponse absolue, comme toujours, mais des pistes, je crois. Ce manque de fidélité à l'âme, en premier lieu, ce jeu que nous jouons d'être ce qu'il faut être, soumis aux jugements extérieurs, aux consignes d'une société qui n'a aucune humanité, aucune, cette division en nous, cette division en l'autre, et cette incapacité, toujours plus prononcée, de nous révéler pour ce que nous sommes... Si nous n'en étions pas là, nous saurions dire que nous avons mal, et nous saurions l'entendre..." (Bifane dans une réponse à Sophie)
Commentaire n°24 posté par Estourelle le 30/09/2010 à 13h50

Merci à toi, Estourelle. J'y reviendrai un de ces jours, quand l'envie sera revenue, et en attendant, il me reste bien des choses à faire encore, et bien du chemin à parcourir. Il m'étonnerait qu'il ne passe pas par chez toi...

Réponse de Bifane le 01/10/2010 à 07h25
La fidélité étant vertu, je t'envoie sur ce fil d'amicales pensées, Bifane. Porte toi bien en poésie...
Commentaire n°25 posté par Sophie le 04/10/2010 à 09h19

Et elle semble n'être pas la moindre des tiennes, Sophie... Merci.

Justement, j'écrivais d'une humeur pas si lointaine, ce matin. Quelque chose qui n'irait pas dans mon recueil. L'occasion de laisser quelque chose ici, si ça compte...

Amicalement, Sophie.

Réponse de Bifane le 04/10/2010 à 09h27
je peux demander - c'est sans rapport avec le poème - si la somptueuse photo d'entête est de vous? Très très belle photo. A la limité du fantastique!
Commentaire n°26 posté par aléna le 08/10/2010 à 11h30

Non : c'est une photo trouvée, que j'ai modifiée pour lui donner l'humeur et le format souhaités. Seules les photos publiées dans quelques articles sont de moi. Je n'ai pas réussi à faire une photo qui me convienne pour l'en-tête. J'en avais une dans la première version de ce blog, mais je m'en suis un peu lassé...

Réponse de Bifane le 08/10/2010 à 13h01
C'est vrai que cette photo me donne envie de la mettre en peinture
Commentaire n°27 posté par lutin le 12/10/2010 à 17h21

Ouch ! J'ai trouvé les nuances célestes terriblement compliquée à rendre, la seule fois où j'ai essayé. Mais je faisais ça en amateur, loin d'avoir ton talent, et puis le ciel que j'essayais de rendre était un ciel d'aube, et la myriade de couleurs qu'il fallait retrouver était un véritable casse-tête de mélanges de teintes. J'y ai complètement échoué : on aurait dit un ciel d'apocalypse...

Réponse de Bifane le 13/10/2010 à 11h51
oui mais là c'est l'inverse c'est la naissance du monde aprés l'apocalypse
Commentaire n°28 posté par lutin le 13/10/2010 à 11h56

Oui, j'y voyais aussi quelque chose dans ce goût-là. Un ciel d'espoir.

Réponse de Bifane le 13/10/2010 à 12h11
On ne peut vraiment le savoir ou avoir une reponse sure, mais il est sur que quelque chose est juste casse... c pas une decision facile... (j'aime bien ce blog :)
Commentaire n°29 posté par everafter le 13/10/2010 à 16h48

Bonjour Everafter. Je ne sais pas si l'on peut parler de décision... Certains abandons en découlent, d'autres s'imposent, et ces derniers laissent peu de latitude à ceux qui les subissent, je crois.

Réponse de Bifane le 14/10/2010 à 13h56

Présentation

L'écriture

Ce presque rien de l'écriture, ce souffle d'air dans les méandres brumeux de nos âmes. 

 

Rares sont les paroles qui ne puissent être infiniment mieux exprimées par la plume. Et il n'est pas une attention à l'autre plus entière que dans le moment de lui écrire, si ce n'est en celui de lui faire l'amour.

Nous avons encore perdu...

                    de Pablo Neruda

 

 

Nous avons encore perdu le crépuscule

Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies

pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.

 

J'ai vu de ma fenêtre

la fête du couchant sur les côteaux lointains

 

Parfois, ainsi qu'une médaille

s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.

 

Et je me souvenais de toi le coeur serré

triste de la tristesse à moi que tu connais.

 

Où étais-tu alors ?

Et parmi quelles gens ?

Quels mots prononçais-tu ?

Pourquoi peut me venir tout l'amour d'un seul coup,

lorsque je me sens triste et te connais lointaine ?

 

Le livre a chu qu'on prend toujours au crépuscule,

ma cape, chien blessé, à mes pieds a roulé.

 

Tu t'éloignes toujours et toujours dans le soir

vers où la nuit se hâte effaçant les statues.

 

Sagesse amérindienne

                    d' Oriah Mountain Dreamer (un vieil indien

 

 

Je ne m'intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,

Je veux savoir à quoi tu aspires,

Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton coeur.

 

Je ne m'intéresse pas à ton âge.

Je veux savoir si, pour la quête de l'amour et de tes rêves,

Pour l'aventure de te sentir vivre,

Tu prendras le risque d'être considéré comme fou.

 

Je ne m'intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.

Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,

Si les trahisons vécues t'ont ouvert,

Ou si tu t'es fané et renfermé par crainte de blessures ultérieures.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,

Sans t'agiter pour la cacher, l'amoindrir ou la fixer.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,

Si tu oses danser, envahi par l'extase jusqu'au bout des doigts et des orteils,

Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.

 

Je ne m'intéresse pas à la véracité de l'histoire que tu racontes.

Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même,

Si tu supportes l'accusation d'une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.

 

Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres,

Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien ou le mien,

Et malgré cela rester debout au bord du lac

Et crier : "Oui !" au disque argenté de la lune.

 

Je ne m'intéresse pas à l'endroit où tu vis, ni à la quantité d'argent que tu as.

Je veux savoir si, après une nuit de chagrin et de désespoir,

Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.

Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.

Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur, lorsque tout le reste s'écroule.

 

Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,

Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments vides.

 

Le poète...

                    de Tadeusz Rozewicz (Poète polonais)

 

 

Le poète est à la fois celui qui écrit des poèmes

et celui qui n'en écrit pas

 

Le poète est celui qui secoue les chaînes

et celui qui s'en charge

 

Le poète est celui qui croit

et celui qui ne peut croire

 

Le poète est celui qui a menti

et celui à qui on a menti

 

Le poète est celui qui mangeait dans la main

et celui qui a coupé les mains

 

Le poète est celui qui s'en va

et celui qui ne peut s'en aller

   

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