Bonjour,
Je rebondis (et bondis d'ailleurs tout court) sur un texte de mon amie Sophie, la bien nommée, que je vous recommande chaudement (comme tout ce qu'elle écrit, du reste...), pour publier ici les résultats d'une petite enquête à laquelle je me suis livré. Je n'en demande ni n'en mérite aucune louange, attendu qu'elle ne m'a pris que très peu de temps. Autant dire que c'est à la portée de n'importe qui, pour peu qu'on veuille en savoir plus, et pour peu que les arguties de nos requins gouvernementaux vous sortent par les oreilles, comme à moi, et vous inspirent des humeurs de massacre.
Le dernier en date, Laurent Wauquiez, le veau quiet, pour reprendre un excellent jeu de mots de Thierry, s'en prenait à l'un de ces boucs émissaires commodes, sur lesquels ce sale type et toute sa clique aiment à reporter la haine populaire, qu'ils sont bien les seuls à mériter en toute justice, mais qu'ils ont l'art de détourner habilement. La recette, toute éculée qu'elle soit, n'en recueille pas moins de succès. Il n'est qu'à voir ces diaporamas crétins et bilieux qui continuent de circuler, s'acharnant sur les fonctionnaires, sur les immigrés ou sur les chômeurs, dans un tissu de mensonges éhontés et d'idioties haineuses, qui trouvent toujours quelques dupes pour y accorder foi...
En l'occurence, le veau quiet avait choisi de s'attaquer aux chômeurs, l'une des victimes les plus faciles et les moins risquées, puisqu'elle n'a ni le pouvoir ni le droit de réponse, dans notre beau pays où les médias ne sont plus que des plateformes complaisantes pour ces bonimenteurs, lesquels en usent et en abusent d'autant plus excessivement et sans vergogne que personne ne trouve à y redire, et surtout que personne ne songe une seconde à leur coller le nez dans leur merde.
Je me permets donc de vous proposer ici les résultats de cette modeste enquête, en chiffres intéressants, quoique de nature à vous dégoûter. Mais c'est un peu le but...
Question : Combien coûte le gouvernement ?
Ne parlons ici qu'en terme de salaire, sans tenir compte de la multitude d'avantages annexes plus ou moins inavouables dont se repaissent les sangsues du pouvoir. En nous en tenant donc au strict minimum du salaire, voici ce que coûte à la République française son gouvernement, censé la défendre et la protéger.
Pour le Président de la République, chaque mois lui vaut un traitement brut de 27 287,95 €. Pour quelqu'un qui vous parle de la France qui se lève tôt, il se fout quand même pas mal de sa gueule en l'occurrence...
Pour le Premier Ministre, la douille se monte à 40 931,95 €, en comptant ce que lui rapporte le cumul autorisé des mandats (pour le Président, je n'ai pas fouillé par là, mea culpa, mais on pourrait ajouter par exemple ce que la présidence de l'Europe lui a rapporté, et que le contribuable français à financé en partie...).
Pour les autres ministres, ils doivent se contenter, les pauvres choux, de 27 289,44 € par mois, toujours en comptant le cumul autorisé des mandats (qu'ils cumulent, vous pouvez y compter !). On comprend qu'ils veuillent tant être calife à la place du calife... Sachant qu'ils ne sont pas moins de 22 gugusses dans le gouvernement actuel, cela nous monte la facture à 600 637,68 € par mois.
Ajoutez-y enfin les Secrétaires d'Etat, qui eux ne sont que huit (bin alors ? Qu'est-ce qu'y foutent ?) et dont les émoluments s'élèvent à 25 923,57 par tête de pipe (toujours gna-gna-gna cumul de mandats...), soit un modeste et risible total de 207 388,56 € par mois pour cette bande de bras-cassés.
En cumulant tout cela sur votre petite calculette, vous arrivez à la somme de 875 976,14 € mensuels, lesquels ne représentent en réalité que le coût salarial, auquel il faudrait en fait ajouter le coût patronal, réduit pour les élus mais qui existe néanmoins.
A l'année, tout ça se monte à la bagatelle de 10 511 713,68 € (dix millions cinq cent onze mille sept cent treize euros et soixante-huit cents).
Heu... ça va chatouille un peu, là ?
Encore ne parlons-nous ici que des ministres en activité ! Eh oui : c'est faire l'impasse sur ce que coûtent aussi tous leurs prédécesseurs réunis, lesquels, comme bien vous savez, se sont arrangés entre eux (droite, gauche, centre, tous sans exception et sans faire de vague...) pour percevoir un genre d'allocations de chômage pour lesquelles vous imaginez bien que personne ne leur demande d'aller pointer au Pôle Emploi, ni d'accepter le troisième boulot de merde qui leur sera imposé.
Je pourrais aussi vous parler du Sénat et de l'Assemblée, ce n'est pas triste non plus, croyez-le ! En gros, vous prenez les chiffres ci-dessus, et vous les multipliez par dix ou par quinze (si si...)... Mais qu'importe... Ce qui me fait enrager, c'est d'entendre continuellement l'un ou l'autre de ces petits fumiers de merde ramener sa gueule pour nous donner une leçon de morale et rappeler au pauvre con qui ne réussit même pas à se pogner le smic dans le mois, qu'il a l'obligation d'accepter un emploi, ne serait-ce qu'en raison de ce qu'il coûte à l'Etat dans sa situation précaire.
La prochaine fois qu'un triste connard vous envoie un de ces diaporamas facho-débiles sur ce que coûtent les fonctionnaires, ou les immigrés, ou les chômeurs (cités sans ordre d'importance ou de préférence), parlez-lui donc des enflures qu'il a l'insondable bêtise d'écouter et de croire, donnez-lui quelques chiffres à la clé (que vous ne mettrez pas longtemps à trouver ni à vérifier, vous pouvez essayer...), vous ferez peut-être une oeuvre utile. Mais il est permis d'en douter...
Bien à vous !
Ce presque rien de l'écriture, ce souffle d'air dans les méandres brumeux de nos âmes.
Rares sont les paroles qui ne puissent être infiniment mieux exprimées par la plume. Et il n'est pas une attention à l'autre plus entière que dans le moment de lui écrire, si ce n'est en celui de lui faire l'amour.
de Pablo Neruda
Nous avons encore perdu le crépuscule
Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies
pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.
J'ai vu de ma fenêtre
la fête du couchant sur les côteaux lointains
Parfois, ainsi qu'une médaille
s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.
Et je me souvenais de toi le coeur serré
triste de la tristesse à moi que tu connais.
Où étais-tu alors ?
Et parmi quelles gens ?
Quels mots prononçais-tu ?
Pourquoi peut me venir tout l'amour d'un seul coup,
lorsque je me sens triste et te connais lointaine ?
Le livre a chu qu'on prend toujours au crépuscule,
ma cape, chien blessé, à mes pieds a roulé.
Tu t'éloignes toujours et toujours dans le soir
vers où la nuit se hâte effaçant les statues.
d' Oriah Mountain Dreamer (un vieil indien)
Je ne m'intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,
Je veux savoir à quoi tu aspires,
Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton coeur.
Je ne m'intéresse pas à ton âge.
Je veux savoir si, pour la quête de l'amour et de tes rêves,
Pour l'aventure de te sentir vivre,
Tu prendras le risque d'être considéré comme fou.
Je ne m'intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.
Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,
Si les trahisons vécues t'ont ouvert,
Ou si tu t'es fané et renfermé par crainte de blessures ultérieures.
Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,
Sans t'agiter pour la cacher, l'amoindrir ou la fixer.
Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,
Si tu oses danser, envahi par l'extase jusqu'au bout des doigts et des orteils,
Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.
Je ne m'intéresse pas à la véracité de l'histoire que tu racontes.
Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même,
Si tu supportes l'accusation d'une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.
Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres,
Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.
Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien ou le mien,
Et malgré cela rester debout au bord du lac
Et crier : "Oui !" au disque argenté de la lune.
Je ne m'intéresse pas à l'endroit où tu vis, ni à la quantité d'argent que tu as.
Je veux savoir si, après une nuit de chagrin et de désespoir,
Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.
Je ne m'intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.
Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.
Je ne m'intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.
Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur, lorsque tout le reste s'écroule.
Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,
Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments vides.
de Tadeusz Rozewicz (Poète polonais)
Le poète est à la fois celui qui écrit des poèmes
et celui qui n'en écrit pas
Le poète est celui qui secoue les chaînes
et celui qui s'en charge
Le poète est celui qui croit
et celui qui ne peut croire
Le poète est celui qui a menti
et celui à qui on a menti
Le poète est celui qui mangeait dans la main
et celui qui a coupé les mains
Le poète est celui qui s'en va
et celui qui ne peut s'en aller