Un semblant de justice
se miracule à nos côtés,
la belle gloire
qu'on nous laisse à tenir...
Frôleur de précipices,
on finasse à les éviter,
près de se croire
plus sage qu'un menhir.
Ah ! la triste sagesse,
captive de tant de raison,
et si pédante
de morale et de lois !
Cette lâche vieillesse
du pauvre, oui, du pauvre con,
âme tremblante
à pourrir aux abois.
Rien ne vaut qui ne puisse
tutoyer les éternités
de nos mémoires,
esclave au souvenir.
Je veux du sacrifice
où mettre à mort les vanités
de notre histoire,
l'essentiel pour finir !
A quoi bon les prouesses
du cabot de salon ?
la belle plante
figée au même endroit ?
Et rien, des forteresses
pour se garder le fion
dans la mort lente :
"Surtout, ne prends pas froid !"
Ce presque rien de l'écriture, ce souffle d'air dans les méandres brumeux de nos âmes.
Rares sont les paroles qui ne puissent être infiniment mieux exprimées par la plume. Et il n'est pas une attention à l'autre plus entière que dans le moment de lui écrire, si ce n'est en celui de lui faire l'amour.
de Pablo Neruda
Nous avons encore perdu le crépuscule
Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies
pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.
J'ai vu de ma fenêtre
la fête du couchant sur les côteaux lointains
Parfois, ainsi qu'une médaille
s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.
Et je me souvenais de toi le coeur serré
triste de la tristesse à moi que tu connais.
Où étais-tu alors ?
Et parmi quelles gens ?
Quels mots prononçais-tu ?
Pourquoi peut me venir tout l'amour d'un seul coup,
lorsque je me sens triste et te connais lointaine ?
Le livre a chu qu'on prend toujours au crépuscule,
ma cape, chien blessé, à mes pieds a roulé.
Tu t'éloignes toujours et toujours dans le soir
vers où la nuit se hâte effaçant les statues.
d' Oriah Mountain Dreamer (un vieil indien)
Je ne m'intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,
Je veux savoir à quoi tu aspires,
Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton coeur.
Je ne m'intéresse pas à ton âge.
Je veux savoir si, pour la quête de l'amour et de tes rêves,
Pour l'aventure de te sentir vivre,
Tu prendras le risque d'être considéré comme fou.
Je ne m'intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.
Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,
Si les trahisons vécues t'ont ouvert,
Ou si tu t'es fané et renfermé par crainte de blessures ultérieures.
Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,
Sans t'agiter pour la cacher, l'amoindrir ou la fixer.
Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,
Si tu oses danser, envahi par l'extase jusqu'au bout des doigts et des orteils,
Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.
Je ne m'intéresse pas à la véracité de l'histoire que tu racontes.
Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même,
Si tu supportes l'accusation d'une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.
Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres,
Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.
Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien ou le mien,
Et malgré cela rester debout au bord du lac
Et crier : "Oui !" au disque argenté de la lune.
Je ne m'intéresse pas à l'endroit où tu vis, ni à la quantité d'argent que tu as.
Je veux savoir si, après une nuit de chagrin et de désespoir,
Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.
Je ne m'intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.
Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.
Je ne m'intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.
Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur, lorsque tout le reste s'écroule.
Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,
Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments vides.
de Tadeusz Rozewicz (Poète polonais)
Le poète est à la fois celui qui écrit des poèmes
et celui qui n'en écrit pas
Le poète est celui qui secoue les chaînes
et celui qui s'en charge
Le poète est celui qui croit
et celui qui ne peut croire
Le poète est celui qui a menti
et celui à qui on a menti
Le poète est celui qui mangeait dans la main
et celui qui a coupé les mains
Le poète est celui qui s'en va
et celui qui ne peut s'en aller
captive de tant de raison,
et si pédante
de morale et de lois !
Pas forcément. Elle peut être aussi mâtinée d'amour. C'est la seule sagesse que j'aime d'ailleurs. La compassion n'est-elle pas une forme de sagesse élevée?
Celle dont tu parles m'évoque la fausse modestie, et comme tout ce qui est "faux" ça sonne creux. Un oeil averti la repère tout de suite.
Il n'y a pas une sagesse, comme il n'y a pas une seule forme d'intelligence. On peut apprendre par coeur des citations fumeuses dans des bouquins, puis les réciter avec un air docte et entendu de "celui qui sait" à l'âne qui a besoin de leçons. J'en connais des tas comme ça qui jouent "au maître", ça me fait doucement marrer. Toutes ces sagesses exotiques très à la mode, ils s'en font comme une carte de visite, un masque supplémentaire. Mais quoi? tout glisse sur leur coeur. La vraie sagesse ne vient pas de la raison, c'est pas de l'auto-promotion: elle vient du coeur. Voire même de l'âme. Et surtout pas des morales et des lois. Parce qu'alors elle ne doit rencontrer que moqueries et dédain.
Tu as raison, Désirée : il n'y a pas qu'une sagesse.
Celle que j'évoquais ici relevait plutôt du sacro-saint principe de précaution, de cette prudence mâtinée de lâcheté, selon laquelle on doit renoncer à tout ce qui comporte le moindre risque, quel qu'il soit. Une sagesse qui ressemble fort à un renoncement à vivre, du moins en dehors d'un monde parfaitement aseptisé, sécurisé, tout bardé de prévention et de précautions. Bref, un monde emmerdant autant que possible...
La sagesse inspirée d'amour ne peut être pontifiante ni boursouflée de principes éculés : elle cherche le vrai, le bon, et plutôt que de le transmettre tel qu'elle le trouve, invite l'autre à chercher sa propre voie. Tu sais, cette bonne vieille idée selon laquelle la plus belle richesse qu'on puisse donner à autrui, c'est de lui faire voir la sienne propre. A partir de quoi, les petits maîtres peuvent s'asseoir sur leur pédanterie...
Belle journée à toi, Désirée !
Alors d'un côté j'lis "y'a pas qu'une seule sagesse" et après : "la vraie sagesse vient ..." ça se tamponne non ? faudrait savoir. Et du coup bifurquer vers la notion de "vrai" ce qui n'est pas gagné d'avance.
Et y'a aussi "la sagesse du coeur". Bon à savoir que le coeur peut être sage. Mais ça sort d'où en fait ce cliché là ? Là aussi faudrait s'pencher sur "coeur" et pareil, y'a du travail.
Z'êtes en train de chercher la sagesse vous deux ou quoi ? ;) Mais c'est bien c'que vous dites, je pinaille parce que j'trouve que quand même c'est le genre d'approche (ou d'interprétation ?) qui conduit direct dans l'puits dans fond. Mais pourquoi pas ? après tout les puits ça doit bien servir à quelque chose.
Pour revenir au poème, ce que je trouve parlant dans ton texte bif, c'est aussi, comme a repéré Dez, "la triste sagesse ..." que t'abordes par le côté obscur de la force vu ce qui suit dans la strophe. Mais si on le prend au pied de la lettre (juste "triste sagesse" pas le reste), ça fait d'abord penser (bien sûr, mais bon les associations hein, on y peut rien) à tristes tropiques, enfin disons à quelque chose de désolant parce que détourné, transformé, rabaissé par manque de jugeotte.
Moi j'vois dans tes deux mots, plutôt une sorte de sagesse qui est "triste" en soi, pour elle-même en quelque sorte parce qu'elle ne peut pas se mettre au diapason des hommes pour faire alliance avec. Que ça la désole quoi, de pas pouvoir faire autrement et de constater que ces hommes la manipulent jusqu'à lui faire perdre toute son essence intrinsèque.
J'sais pas si tu vois la différence, vu que ça part un poil fumeux. Disons qu'en dénigrant quelque part de façon indirecte la sagesse, mais quasi uniquement dans ses effets, qui sont eux-mêmes mal interprétés ou déformés, tu la rends humaine. Euh ...
Pfiou, j'vais chercher du café, ce qui me semble être une sage décision pour me sortir de là.
Ouais... J'aurais jamais dû parler de "vraie" sagesse... D'autant que c'est pas vraiment ce que je recherche, en l'occurrence. Mais bon, puisqu'on en était à lui échaffauder du piédestal, tu me prends la main dans le sac, à chercher mon p'tit clou à planter dans l'édifice... Connerie...
Le plus souvent, quand on en cause, de cette sagesse, on la tamponne de tous les poncifs possibles. Le fruit ultime de la vertueuse raison. Et en même temps, la porte la plus solidement refermée au pied des tours d'ivoire. Elle a des airs de fin d'histoire, la sagesse, le dernier mot au bout de la langue, souvent. Sous ces aspects-là, elle m'insupporte : c'est là que viennent se poser tous les bons conseils des grandes prudences, où même le cul posé sur une chaise, tu pourrais envisager des chutes fâcheuses.
La sagesse, ce n'est peut-être qu'une idée, tellement vague qu'on peut bien lui mettre sur le dos toutes nos plus foireuses élucubrations. Au bout du compte, il nous reste à poser la question de son utilité, qui fait peut-être sa valeur ? Et comme elle découle aussi de l'intention, on n'oubliera pas de fouiller de ce côté-là non plus. Me semble qu'à se lancer dans ces quêtes-là, on va devoir y aller à tout petits pas, et qu'on n'arrivera au final qu'à adopter la pose contrite toute cernée d'interdits, des fois que, de peur que...
Tu noteras que dans les grandes envolées humaines, la sagesse n'est jamais de la partie. Les sages ramassent les miettes et jugent sans doute qu'elles sont bonnes, puisqu'ils sont sages, mais s'il avait fallu compter sur eux, on se serait contenté de se compter les doigts de pied, de peur qu'il n'en manque un...
D'où cette idée, pas si paradoxale, de "triste sagesse". Parce que c'est triste, je trouve, de ne plus rien oser de peur de déroger à la sagesse. C'est triste de tout mettre dans sa frileuse balance, et de renoncer à toute découverte, toute aventure, sous prétexte qu'il ne serait pas bien sage de s'aventurer en eaux troubles, de se risquer à quelques pas inconnus, de s'autoriser quelques sautillements autour des orties... Reste que l'intention, au départ, n'en est pas moins bonne et défendable... Au diable l'intention quand elle empêche de vivre ! Au diable la prudence, quand elle vient semer sa bloblotte à tout bout de champ ! Au diable la sagesse, quand elle nous interdit de vivre.
Sont bien ceux-là, des pratiques avé les pieds bien plantés dans la terre, que les trucs fumeux ça les fait marrer. D'ailleurs p't'être que y'en a un qui pourrait te la présenter dans toute sa splendeur la sagesse, que p't'ête tout de suite tu verrais que c'est pas du tout une idée.
Ils iraient plutôt direct vers un machin genre la sagesse ? un mode d'emploi, une notice pour monter les meubles, façon Ikéa mais mieux : du prosaïque pour l'auto défense, qui autorise le libre arbitre dès qu’on est dans l'hésitation ou dans la nouveauté qui déboussole. Disons une façon d'faire pas toujours bien consciente pour entasser des expériences, des arguments, des idées, des résultats plus ou moins brillants et qu'après, grâce à ça, on a davantage de choix pour se casser la gueule tout seul ou se tirer d'affaire.
Plus concrètement un placard où y'a tout le bazar en vrac et non pas bien rangé. Pas de préséance ou de hiérarchie là-dedans, que du brut de décoffrage qu’attend son heure.
C'est quand on en ouvre la porte et qu'on se prend tout sur la tronche que ça peut pousser à l'auto protection. On s’retrouve souvent limite dans l’confus parce que c'est trop facile (ou sécurisant ?) de pas s'mouiller à chercher plus loin que c'qu'on se prend dans l'nez, facile aussi de se prendre ou de passer pour un sage dès qu’on y va au forcing pour tout cataloguer et ranger dans des cassettes en fer bien propres, facile encore pour les autres de le penser en nous voyant faire. D’la sagesse ? Mouais, des prétextes souvent ou des alibis. Mais ça ressemble drôlement à la vie des moutons (que j'te raconterai pas), surtout quand y'a un loup dans l'coin. Dans ces cas là, c'est vite fait vers l'agriculture et l'élevage, tu vois, qu'il faudrait s'tourner, les deux mamelles de qui tu sais. Question d'sagesse...
Faut voir... Au fond, j'avais pas non plus l'intention d'en donner une définition, de cette foutue sagesse : plutôt exprimer ce qu'elle m'inspire, en tant que vivant désireux de vivre et peu enclin à s'enterrer par prudence... De fait, toutes les bonnes raisons de la sagesse, dans l'état d'esprit qui m'a poussé, peuvent bien rester dans leur placard, dans les boites en fer ou en bordel, du moment qu'elles ne viennent pas me casser les pieds.
Sans doute ai-je bien des torts, comme autant de travers, mais précisément, pour aller au bout de l'inspiration du moment, ce sont des torts que j'aime mieux cultiver, pour ce qu'ils m'apporteront de bon à vivre, quitte à prendre des risques que d'aucuns jugeraient irresponsables. Il est parfois très agréable de paraître peu sage aux yeux de certains, agréable et rassurant...
Le placard de la sagesse, j'irai l'ouvrir un de ces jours, quand m'auront poussé assez de cheveux blancs pour avoir avec eux la peur de me casser les os à faire l'imbécile. Tu penses bien que ça ne m'empêchera pas d'en causer avec ma philosophe préférée, qui a en effet les pieds mieux enracinés que les miens, en y mettant de ces emportements peu sages et si mal mesurés, agrémentés d'une certaine dose de mauvaise foi quand l'humeur s'y prêtera. Tout ça n'empêchera pas les idées de faire leur chemin !
Je ne peux vraiment qu'approuver ta désobéissance, Frédérique, qui me semble n'être qu'une obéissance à sa propre nature, au besoin qu'on peut ressentir de s'affranchir d'un carcan décidément trop étroit, règles de bienséance et morale à deux balles... Peut-être de l'orgueil, oui, mais bizarrement cet orgueil-là me semble échapper à la vanité, quand ils sont pourtant le plus souvent quasiment synonymes. N'y a-t-il pas exception, en l'occurrence ? Est-ce une vanité que d'avancer en accord avec ses profondes aspirations, pour autant qu'elles ne nuisent à personne et ne représentent aucune perversion ? La vanité s'attache davantage à ceux qui prétendent tout régler et tout maîtriser, je trouve...
Mes bises, Voyageuse !
Oh mais vlà que le mouton nous la joue coupeur de chveux en dix. ^^ Bon j'aurais dû écrire "A mon avis la vraie sagesse". Quoique ça ne reflèterait pas mon sentiment non plus que je n'ai pas su ou pu exprimer dans mon premier com. En fait "vraie sagesse" ça veut rien dire. Ce ne peut-être qu'un point de vue personnel. C'est comme l'orgueil, faut en avoir un petit peu quand même qu'elle dit Fred, mais ne le confond t'on pas un peu souvent avec la bonne vieille (gaie) pride? Fière oui, on peut l'être mais l'excès nuit de ce côté-là aussi. En fait c'est l'excès le truc qui est mauvais en tout (sauf en amour). Comme je l'ai souvent dit sur Epi j'ai la sensation plutôt désagréable que mon humilité maladive se mue parfois en orgueil caché. L'orgueil la plupart du temps c'est ce sentiment qui te pousse à te mettre en avant, à pavaner niaisement, à vantardiser à gogo. Mais pas toujours, ça peut aussi te pousser à te trouver mieux que les autres parce que JUSTEMENT tu es plus discrète, moins ambitieuse, que tu bombes pas le torse bien que tu fasses du 95 de tour de poitrine.Tu es le contraire de certain(e)s dont tu as pu remarquer sur la toile qu'ils ont des égos maousses et que tu te dis que tu as quand même bien de la chance d'en avoir un tout rabougris, d'égo. Sauf que non. Non, non, non. Il est seulement plus discret le bougre, mais plus retors, plus malin que ceux qui vont comme des ballons rouges, gonflés à bloc et redondants.Je crois qu'il faudrait se surveiller tout le temps et se donner des tapettes sur les doigts quand on dérape du côté obscur de la force. Encore faut-il en avoir, de la force.
Bon kesske j'disais moua? chais plus tiens. Oui, bon, bref, la sagesse, l'orgueil, tout ça, c'est sans doute pas mauvais d'en avoir un peu mais je crois (c'est mon avis jeune skywasheep) qu'il faut que ça reste modéré autant que faire se peut.Ce qui j'en conviens n'est pas évident, tout le monde sait que le côté obscur c'est plus rapide et plus facile. ^^
Dé, padawan à deux balles
Ah non, désolé, t'es pas une Padawan à deux balles : Yoda se ferait du bigoudi dans les cheveux qu'il a plus s'il t'écoutait ! Sans rire, je crois qu'elle a raison, Kodama, de nous prendre au défaut sur nos grandes définitions. Une sagesse, vraie sagesse, tu parles si ça se tamponne : comme tous les trucs qui n'ont pas de sens. Notre sagesse, du reste, on n'a même pas parlé de la sagesse d'ailleurs, qui se foutrait drôlement de la nôtre si elle devait la commenter !
Bah ! moi, je lui taillais des croupières pour me défouler, comme quand j'ai un truc en travers qui me court sur le haricot, ce qui était un peu le cas. Après, sage, pas sage, ça m'a déjà fait toujours plus ou moins rigoler : t'en connais un seul, toi, un vrai sage qui se présente comme tel ? Rien que d'afficher sa sagesse la dénie, c'est net. Les plus sages te diront toujours qu'ils en sont plus loin à chaque pas qu'ils font vers elle : ça s'échappe à mesure que ça s'acquiert. Dans un sens, je la recherche à ma mesure, pour ce qu'elle a à m'apporter. Mais je me vois davantage comme un récepteur : en tant que vecteur, à ce niveau-là, je crois bien que je ne vaudrais pas un radis. J'ai pas l'envergure qu'il faut. Pas le caractère non plus.
Mais c'est plutôt marrant, finalement, d'aller gratter la gadoue de ce côté-là, de lui chercher une définition. C'est une manie, ça, je me demande si elle n'est pas occidentale ? Non ? Vouloir à toute force mettre une définition à tout. Me semble qu'en certaines cultures, on se prend moins le chou : à considérer peut-être (avec sagesse ! waarf !) que certaines choses échappent à nos petites compréhensions et ne doivent être appréhendées qu'avec une arrière-pensée d'interminable : on peut aller dans ce sens, mais on ne peut pas en trouver le bout. La sagesse, m'est avis qu'elle tient de ce genre-là...
Quant à l'orgueil, on pourrait entrer dans un autre genre de définition impossible... C'est quand même un des sentiments humains les plus intéressants, je trouve : qui peut être à la fois un défaut (d'ailleurs, il est très en vogue, de nos jours, de ne le considérer qu'ainsi) et une qualité. Une grande qualité, même : cette suffisante assurance d'une idée pour la défendre, cette suffisante certitude d'une chose pour la faire. Sans l'orgueil, tu fais ce qu'on te dit et tu ne bouges plus de ta place. Et pour l'humilité, bien souvent, elle n'en est qu'un raffinement, de l'orgueil. Comme celui qui se présente dans le genre "moi, misérable petit moustique", et qui veut juste qu'on lui réponde que c'est tout le contraire ! L'humilité aussi, on pourrait s'en écrire des lignes...
D'ailleurs, pour un poème coup-de-sang, je lui trouve des airs de riche terreau, finalement, à voir toutes les pistes qu'il nous ouvre !
Bon, je ne vais pas faire plus long, ça va bien déjà... Puis d'un Padawan à l'autre, on doit continuer de s'écrire des trucs à peu près compréhensibles, sinon, les aut' Padawan vont nous snober, et même Yoda pourrait nous prendre en grippe...
Mes bises padawanesques !
J'aime bien les réponses de certains moines zen à leur disciples qui les déstabilisent avec des réponses énigmatiques où l'absurde et l'humour évitent de prendre la vie comme une sagesse établie mais plus un "chemin vers"
et toujours plus s'aérer la pensée qui reste bien étriquée dans des peurs comme tu le dis ou des vérités moralisantes
Dépoussiérons la sagesse allègrement donc!!!!! :)))
Et un bon Jour à toi!!!
Ah ! J'aime bien ton regard sur la sagesse, Estourelle : il rejoint plutôt l'idée de n'en avoir justement aucune idée arrêtée. D'ailleurs, l'idée arrêtée n'est-elle pas une idée morte ?
Pour ma part, je ne dois pas être très versé dans la recherche de cette grande sagesse : ce n'est pas une voie qui m'intéresse vraiment. Non que je veuille absolument la dénigrer, mais je ne sais pas, il y a peut-être une question de temps venu, et celui de se vouloir sage ne semble pas encore arrivé pour moi. Il m'est plus essentiel de me sentir vivant que sage, de me retrouver à oser certains excès, tenter certains inconnus, qu'à me sentir des sérénités jouissives de juste milieu. Ou bien n'est-ce pas une question de temps, mais de tempérament ? J'avoue que ça m'échappe...
Ce qu'il y a, c'est que sous prétexte de sagesse, ou de prudence, on fait certains choix, des renoncements, qui me révoltent. Parce que c'est plus sage, soit, et puis ? Mais rien d'autre, justement : c'est juste plus sage, plus prudent. Et c'est une raison suffisante. C'est bien dans l'air du temps, bien dans ce trip obsessionnel d'avoir la main sur tout, le contrôle total, la maîtrise absolue. Foutaises, en plus ! Mais foutaises précieuses, auxquelles on voudrait croire. Certains y arrivent peut-être ? Ce sont des notions qui, non seulement ne m'intéressent pas, mais m'agacent prodigieusement. Que je puisse me casser le cou à faire ceci ou cela ? Eh bien tant pis, c'est un risque, je veux bien le prendre : le plaisir en vaut la peine, le sentiment de vivre aussi, la joie de faire, et la beauté du souvenir qu'on s'y fera. Si ce n'est pas sage ni prudent, je m'en contrefiche, et plus on me fera remarquer que ça ne l'est pas, plus j'aurai justement tendance à prendre le contrepier et de m'en moquer plus encore. A la limite, ce serait le genre de prétexte à provoquer tout l'inverse de ce qu'il espérait...
Bref... Dépoussiérons, oui, et allègrement autant que possible !
Bien le bonjour chez toi aussi, Estourelle !
ps : ici radio Londres, la tsf des messages personnels
Hello Fred la désobéissante, fais gaffe tu t'dévoiles grave ! si tu continues comme ça, le loup y va te manger ;)
Et toi padawan, qu'est-ce tu faisais pendant les leçons d'sabre ? J'suis coiffeur, t'as oublié ou quoi ? C'est pourtant pas faute d'avoir essayé de te les refiler les rudiments du métier. Pfiou ! reste du boulot avec toi ! Tiens j'change de vie, et d'planète.
Sayyadina Koko
'jour Estourelle, heureusement que t'es là ! mais t'as pas dit combien ça coûte le plumeau pour virer la poussière à sagesse et comment qu'on fait pour un trouver un qui oublie pas de faire dans les coins. Zen c'est pas une mauvaise piste mais l'chemin de la vérité que ça laisse entrevoir, ça nous conduirait pas dans le fameux puits qu'après faudrait encore essayer d'en sortir ?
Ouais, mais l'important, c'est jamais l'endroit où ça mène, et moins encore si ça finit au fond d'un puits. Remarque, y'a des tas de vies qui ont l'air de ça, quand on y pense... L'important, c'est le chemin que tu prends. J'ai même dans l'idée que c'est encore mieux quand tu prends le chemin sans te demander où il t'emmène : ça c'est du voyage, du beau !
Quant aux quatre derniers vers, bin c'est tout juste le puits, l'impasse, l'endroit où il ne se passe rien, où tu ne prends aucun autre risque que celui de mourir d'ennui, où tu réponds au diapason de tous les bons conseils encroûtés, avec peut-être le sentiment (la consolation ?) d'aller vers une certaine sagesse, qui ne ressemble à rien en l'occurrence, mais qui justifie tout le reste, les interdits et les précautions, tout le reste...
Enfermé dans ce carcan, je me dis qu'il vaut mieux éviter de se réveiller, ce serait tellement terrible que tu te pendrais en suivant...
En tout cas, y'a un endroit où t'as pas tort, c'est que j'étais loin d'imaginer qu'on irait tant causer sur les grandes orientations de l'existence. Quoique, en même temps, il reste tellement à dire et à couper de cheveux dans le sens de la longueur qu'on pourrait s'en remettre des couches inimaginables pour un bout de temps, si on voulait !
Le sage padawan qui surprend la vérité à poil dans le puits d'l'orgueil et lui coupe les tifs en quatre dans le long, marche sur le précipice de la vaniteuse mort lente aux pieds froids. Quel cabot !
C'est qu'à se l'imager comme ça, on s'en foutrait presque la trouille !
Qu'elle y vienne, 'tain, qu'elle y vienne ! T'vas voir le pied au derche que j'm'en va y mett' !
Tiens j'm'en vais lui coller une tête de plus à l'hydre! Avec un pti bout de Bobin qui écrit:
"Même les saintes, surtout elles, quand on entend ce qu'elles disent clairement, même les saintes se jugent, et à juste titre, les dernières des dernières, et cela en raison d'une loi spirituelle élémentaire: plus on s'approche de la lumière, plus on se connait plein d'ombres. Il n'y a pas de saintes, même les saintes le disent. "
Et toc! Pas de saintes pas de sages qui se présentent comme tels. Bien vu Bif'!
Je crois que l'orgueil c'est mauvais quand c'est attaché à la personne. Moins quand c'est à une idée, un projet. Enfin, me semble. Z'avez noté que quand on épluche les idées au bout d'un moment elles deviennent tellement floues qu'on les perd de vue? J'avais un copain sur la toile qui disait tout le temps à ce sujet: les mots se tirent la langue.
En tout cas à relire tout le monde, je vois pas mal de sagesse écrite quand même! Mais chut faut pas le dire, sinon ça devient de l'orgueil. C'est fou comme ça se transforme vite vous trouvez pas?
Quand même, ça se discute, que l'orgueil soit mauvais quand il s'attache à l'être. D'abord, une idée, ce n'est jamais que le produit d'un être. Et puis l'orgueil de l'être, c'est aussi ce qui peut l'empêcher d'être une victime consentante, comme il y en a tant. C'est d'être orgueilleux qui nous pousse à réagir et refuser de jouer un jeu pourri, celui qui n'a pas d'orgueil n'en est pas blessé, partant, pourquoi s'y refuserait-il.
J'ai l'impression qu'il est de bon ton, dans notre joli système, de n'avoir pas un cheveu qui dépasse (c'est Kodama que ça emmerde le plus, elle sait plus quoi faire de son ciseau...), et l'orgueil, ce n'est plus un cheveu, c'est un épi ! C'est ce sentiment qui va pousser quelqu'un à remuer les autres, à secouer les choses bien établies, à aller voir la merde qu'on a planqué sous le tapis. Sans orgueil, pas d'individualité, et rien non plus qui en découle.
La plupart du temps, on dézingue l'orgueil sous prétexte de son égoïsme. Et je n'y vois qu'un prétexte, précisément, qui autorise à ranger parmi les sentiments répréhensibles une réaction à la base pas si malsaine, et pas nécessairement égoïste ni égocentrique. Pas qu'elle ne puisse pas l'être, mais elle ne l'est pas par définition. C'est un faux procès, dont le dessein est d'éradiquer toute velléité d'aspiration à quelque chose de mieux, ou simplement à autre chose. Comment ? Tu envisages un autre monde ? Mais quel orgueil, mon pauvre ami ! Dans un monde où il faut s'efforcer de formater le plus possible le petit peuple, l'orgueil est un grain de sable dans la grosse machine, un caillou qui peut lui péter les rouages !
De même quand tu t'efforces de t'extirper de la médiocrité majoritaire. Ce n'est évidemment que de l'orgueil ! En fait, dès que tu t'efforces à faire mieux, ne serait-ce même que mieux que toi-même, que toi seule, te dépasser, on va automatiquement te taxer d'orgueil. Je réponds tant mieux : le type qui éclate un record, le zinzin qui va conquérir un sommet, l'espèce de barge qui un jour s'est dit qu'on pourrait voler, et l'autre, totalement déjanté qui s'est imaginé qu'on pourrait marcher sur la lune... Des orgueilleux, rien que des orgueilleux. Et sans doute les révolutionnaires en furent-ils aussi, et ceux qui arrêtèrent les machines pour les premières grandes grèves, décidés à obtenir ce qu'ils voulaient, pour une vie moins dure, ceux-là aussi, tous des orgueilleux.
Ils font bouger le monde, les orgueilleux. Eux seuls même !
Mais j'en reviens là: on confond pas orgueil et fierté?
Tiens vlà ce que j'ai trouvé comme définition de l'orgueil:
Attitude irritante due à un moi hypertrophié. L'individu orgueilleux tend à surestimer ses mérites et sa valeur personnelle, ce qui est par ailleurs la preuve d'une perception biaisée de la réalité et d'une certaine étroitesse d'esprit.
Toutefois et contrairement à ce que l'on rencontre dans la vanité, les mérites que s'attribue l'orgueilleux sont des mérites reposants sur des acquis réels, à défaut d'être justement évalués.
L'orgueil est un terreau fertile pour les troubles psychologiques : Attitude de rejet de l'entourage et sentiment de prédominance au sein de celui-ci risquent de propulser le sujet en dehors de la réalité.
Bon puis les synonymes djà ils sont pas particulièrement flatteurs:arrogance, fatuité,mégalomanie, morgue, présomption, prétention, suffisance, vanité, outrecuidance...pouuuuark!
Cependant dans le Littron...pardon...Littré:
"En bonne part, sentiment noble, élevé, qui inspire une juste confiance en son propre mérite. "J'ai l'orgueil de croire que je ne suis pas indigne de votre amitié". [Dictionnaire de l'Académie Française]"
"En bonne part" donc.
Ah ah! mais gardons-nous d'opposer dozado l'orgueil et la fierté car comme le souligne Monsieur Littré, si la fierté évoque noblesse et courage, elle peut aussi être négative! Souvenons-nous mes chers padawans que Vador était fier comme Artaban et qu'ainsi il tomba du côté obscur!
Fierté sens 1: qualité d'une personne digne et noble.
En 2:sentiment élevé de sa propre valeur, prétention.
Pchiiii! On est bien avancés!!
L'individu orgueilleux n'est jugé tel que par un tiers convaincu qu'il vaut moins que ce qu'il prétend. D'ailleurs, le plus souvent, ce n'est pas l'orgueilleux qui se déclare tel, c'est un tiers qui lui reproche de l'être. Où j'en viens à me demander si ce tiers-là n'a pas l'orgueil lui-même hypertrophié, suffisamment au moins pour ne pas accepter que l'autre se sente capable de quelque chose qui, apparemment, le dépasse ?
Pour en revenir aux inventeurs, aux explorateurs, aux champions de quelque domaine que ce soit, leur entourage devait les juger bien orgueilleux ! On leur reconnaît des acquis réels, mais on souhaite qu'ils ne soient pas si développés qu'ils puissent amener la personne à réaliser quelque chose d'extraordinaire, ou même à avoir des capacités au-delà du commun. "A défaut d'être justement évalués"... Evalués par qui ? Qui décide qu'à partir de telle limite, forcément arbitraire, ce quidam passe du constat censé à un excès d'orgueil ?
La définition du Littré convient beaucoup mieux à l'idée que je me fais de ce sentiment, que je placerais même au-dessus de la simple fierté. Je regarderais même la fierté comme moins capable que l'orgueil de faire une qualité : la fierté est d'abord un sentiment d'avoir droit à certains égards, sentiment naturel et juste, qui peut verser dans l'excès et rendre "puant". C'est l'attitude de celui qui est trop fier pour "s'abaisser" à... Il y a davantage de rapport à autrui, et un rapport en affrontement, dans ce sentiment, et davantage aussi de façade, d'apparence. L'orgueil me semble plus profond, plus intime, plus naturel à celui qui en a : il ne s'acquiert pas, il est inné. La fierté ne l'est pas, je pense : elle peut par exemple procéder d'une élévation dans une hiérarchie. Untel qui discutait naturellement avec chacun, plaisantait et recevait les taquineries avec humour, semble avoir perdu ces qualités de rapports humains depuis qu'il est passé chef, et qu'est-ce qui lui donne cette nouvelle attitude si ce n'est la fierté de son état ?
Celui qui se perd par orgueil ne peut se perdre que d'avoir tenté l'impossible. Mais au moins a-t-il eu ce courage, que n'auront pas tous les autres, d'essayer. C'est Icare, orgueilleux, mais héroïque ! Celui qui se perd par fierté n'est qu'un âne qui s'est pris d'une estime démentielle pour lui-même. Il n'a pas l'envergure de l'orgueilleux, il se croit juste arrivé au-dessus des autres, il pense mériter un trône, il exige qu'on le regarde avec déférence. Le parfait portrait du gros con... L'orgueilleux se juge capable de réussir un pari, il vise haut, il espère énormément, mais il ne s'en tient pas à viser ou espérer : généralement, il va jusqu'au bout de son idée, quitte à se ramasser. J'applaudis à son échec comme s'il avait réussi. Au moins a-t-il voulu, a-t-il eu ce grand désir.
L'orgueil enfin donne certainement une certaine fierté, mais elle a quelque chose de noble, cette fierté-là, c'est le reflet au dehors de quelque chose qui fulmine au-dedans. La fierté seule n'a qu'un erzats d'orgueil, elle ne fait que croire, que s'inventer, et que prouve-t-elle ?
En réalité, le sentiment de fierté ne vaut, ne se justifie que par l'accomplissement de quelque chose qu'il était difficile d'accomplir. Au-delà, elle n'est qu'une vantardise et rien de plus.
Je commence à me demander s'ils n'embaucheraient pas, chez les faiseurs de dico ? Waarf ! Quel orgueil quand même...
Moi je dirais que la fierté n'est qu'un vernis qui se voudrait de l'orgueil et qui n'en a pas les épaules.
ayiiiie!! ça y est: on y est! On se mord tous la queue. Enfin moi j'm'en fous: j'en ai pas.^^
Bon je dirai que par expérience les orgueilleux c'est particulièrement chiant. J'en ai bien connu un moi, le genre qui se débrouille toujours pour glisser sa petite personne en avant. Même quand tu lui cause de ses mômes il faut qu'il se vante: c'est moi que j'ai les plus beaux, les plus forts, avec le plus gros QI, patacouffin. Ce qui est harassant chez les orgueilleux c'est que ça ne s'arrête jamais. Que jamais tu peux avoir un bout de la couverture parce qu'il l'a toute tirée avant que t'en ai le moindre petit bout. L'orgueilleux est un ogre! Il bouffe les autres, il avale tout l'air disponible. Mais là je te cause de l'orgueilleux pathologique.Parce que j'ai bien cherché à le comprendre ce pauv'type, et je me suis dit que quand même il devait vachement avoir une sale image de lui pour tout le temps vouloir se la redorer!
C'est de là que j'ai cherché le pourquoi il était puant.
Mais j'ai pas vraiment trouvé.
Après avoir tenté une définition de la nuance à observer entre l'orgueil et la fierté, il faudrait qu'on essaye de saisir celle qu'il y a entre l'orgueil et l'égocentrisme. Mais à y réfléchir un peu, j'ai l'impression qu'elle n'est pas si compliquée : à mon avis, l'égocentrisme n'est à regarder que comme une variété pathologique de l'orgueil, qui en amoindrit les qualités et se concentre sur ce que l'orgueil peut avoir de moins intéressant et de moins noble.
Là-dessus, je te rejoins : ce type de personnage est particulièrement gonflant. D'autant plus qu'il en a rarement autant sous le pied qu'il se l'imagine. Il est très fier de lui, ce qui est déjà moyen, mais en plus, il y ajoute la connerie d'être fier des autres, quand il n'a strictement rien à voir avec les qualités qu'il peut leur reconnaître et dont il croit pouvoir prendre la lumière. Mais je vois plutôt ce caractère comme vaguement dégénéré, en particulier dans l'incapacité qu'il a de prendre le moindre recul sur le contenu de son babil, et même la quasi-certitude qu'il caresse de passionner l'entourage dès qu'il ouvre le bec. Il me fait penser à ces palombes qui roucoulent des heures durant au sommet d'un arbre, à croire qu'elles s'imaginent posséder le plus beau chant de la création, quand la réalité, c'est qu'à les entendre, au bout d'une heure et même à aimer les oiseaux et n'avoir jamais la moindre envie de leur faire du mal, tu lui collerais quand même bien un coup de carabine pour qu'elle la boucle !
Waarf ! Cette signature-là est géniale ! J'suis jaloux !!!
Bel orgueil qui logez au sein des âmes hautes
Et qui soufflez ainsi que le vent dans les tours,
Afin qu'aujourd'hui soit sans détresse et sans fautes,
Bandez mon coeur penchant contre l'ombre et l'amour.
Faites que mon coeur soit héroïque et vivace
Et porte sans plier le poids des yeux humains,
Mettez votre clarté paisible sur ma face
Et votre force rude et chaude dans mes mains.
Demeurez, bel orgueil, afin que je connaisse,
En ce jour où je sens défaillir mes genoux
Et mon âme mourir de rêve et de faiblesse,
L'auguste isolement de me mêler à vous..
De Anna de Noailles
Eh non, je ne le connaissais pas. J'en connais assez peu, je dois dire : ma culture est d'une pauvreté qui confine à la misère, je crois... C'est donc avec d'autant plus de plaisir que je te remercie pour cette découverte !
Mouaahah! Je ne connais pas le chant des palombes mais je connais bien celui d'un couple de tourterelles et son "croucrouuuuu" qui agace bien aussi dans son côté répétitif. Comme si elles ne savaient que poser tout le temps la même question: "Croucrouuuu?"
Puis te bile pas pour la misère culturelle: j'ai la même...
Bin voilà, des tourterelles. C'est la même chose, le même piaf. Un genre de pigeon quoi... Son crroucroooou qui n'en finit plus. Insupportable...
Vlà pour la dame qu'a jamais entendu l'chant des palombes
http://www.palombe.com/a/a_vie11a.php
Ouais... je me demande quand même comment on en est arrivé à appeler ça un chant ? Si ça se trouve, le zoziologue responsable venait d'écouter un truc à la radio, du genre "Comme un ouragan qui passait sur moi... l'amour a tout emportéééé". Alors forcément, après, le croucroutage de la palombe-tourterelle-pigeon, ça lui a paru tellement mélodieux et inspiré qu'il a pas pu résister. Tu vois, j'étais sur le point de lui en vouloir, et voilà, je peux même plus... Je le plains, le pauvre homme... C'est comme si on nous avait collé un disque d'Obispo en boucle, ou un Pagny, des trucs pas buvables, à se passer et repasser jusqu'à devenir assez débiles pour leur acheter des alboums... Forcément, on en serait au même point, on s'émouvrait du chant du pigeon-palombe-tourterelle, le museau tout guimauve de bonheur...
Tout ça me dit pas pourquoi on a inventé les p'tits pois... Qu'est-ce qu'y viennent faire là, les p'tits pois ? C'est pour que la tourterelle-pigeon-palombe fasse de la gonflette ? han ! le p'tit pois, han ! Z'y va, mets-m'en un deuxième, c'est pas assez lourd...
Et sinon, la sagesse, l'orgueil, l'égocentrisme et la fierté ? Où qu'y sont passés ???
Bin tu sais, moi, le rapport aux vieux, c'est pas tellement ma tasse de thé, d'autant que je tourne plutôt au café, en général...
Mais j'ai eu l'occasion, une fois, d'en manger, du pigeon. C'est fin comme bidoche hein ? Paraît que si t'en manges trop, ça t'empoisonne. Enfin, ce que j'ai entendu dire... On entend pas mal de niaiseries aussi, et je me suis bien gardé d'aller vérifier, tellement ça m'intéressait follement...
Et encore, le pigeon, il revient pas à la charge : une fois que t'as vidé l'assiette, c'est bon, plus de crou-crou, plus rien à becqueter non plus, mais bon, on en cause plus. Le vieux, c'est des fois coton pour s'en défaire !
Alors là, je te répondrai que t'as pas relu la leçon en douze chapitres de ci-dessus ! Où que tu vois qu'ils pourraient être orgueilleux, m'enfin ? Egocentriques, ça, je te le laisse, on peut pas mieux trouver : son p'tit bobo, son p'tit cachet, son p'tit bonnet... Le truc à éviter, c'est de leur demander comment ça va. Depuis le temps que ça va plus, tu risques d'y passer la journée. Encore qu'il n'y ait pas que les vieux pour ça, ou alors c'est que la vieillesse touche tous les âges sans distinction, et c'est pas faux qu'on puisse être vieux à l'âge de pas l'être ('ttention, ça chauffe...). Mais moi, ce que j'en dis... D'ailleurs, j'en dis rien du tout, c'est encore mieux. Puis de toute façon, je dis un truc, et je fais des fois tout le contraire, va-t-en comprendre...
C'est du côté de Dax, quand j'habitais là-bas, qu'ils ont commencé à me taper sur les nerfs. Je t'ai déjà dit, non ? Dingue comme l'âge leur confère tous les droits, en particulier celui de n'avoir aucune politesse, aucun égard pour les autres, rien. C'est l'antiquité en marche, faut respecter ! Bin mince... Enfin, je vais pas te refaire l'historique, ce serait long, et comme d'habitude, j'en dirais trop. C'est une constante, j'ai remarqué : dès que ça m'agace, j'en remets des couches à plus savoir combien...
Si j'l'ai relue la leçon en 12 du d'ssus et j'vois pas où que l'fil il serait coupé. Les vieux ? z'ont juste accumulé la quintescence de toutes les qualités et des défauts qu'ils ont chopé qd ils étaient moins vieux. On se change pas sur ce point là, c'qu'on a, on l'garde. Et comme ça commence par la fierté et l'orgueil à peine qu'on est né, qd on croule, bin c'est resté.
Pis pour que ça crame bien : l'égocentrique, ce serait pas celui qui supporte mal d'voir passer sous son nez l'vieux fierot qui lui pique son air à respirer, avec son maigre alibi d'l'âge qu'a tous les droits ? hin hin hin
Bin dis donc, tu prends du mou là, c'est tout ce que t'as trouvé ? Enfin bon, moi je veux bien passer pour égocentrique, surtout que c'est pas exclu que je le sois réellement, mais pour si peu, faudrait voir à trouver du prétexte plus convaincant.
D'abord, non Madame, il me dérange pas tant que ça, le vieux, du moment qu'il lui reste un tant soit peu de savoir-vivre. L'ennui, c'est que ça lui manque souvent, et pas qu'un peu. On pourrait en faire des listes interminables, de leur capacité à emmerder le monde, à vouloir faire la leçon sur des qualités dont ils n'ont plus l'ombre, à radoter sur les valeurs de son temps dont il a oublié toute la mouise et les bassesses... C'est pas compliqué : on en ferait un recueil que ça tournerait vite à l'encyclopédie, et j'ai pas tant que ça de frigos ou d'armoires à caler...
J'm'doutais pas le loup que t'avais des références musicales de c't'qualité...^^^ t'sais même les paroles, mazette!
hinhin.
Elle s'moque l'aut' tiens...pfff...avec sa Lara Fabian! ;)
J'm'demande quels genres de vieux on va faire nous trois...des biens chiants j'espère: faudrait pas déroger à la règle! hihi.
Moi perso le truc de vieux qui m'exaspère c'est qu'ils font leurs courses le samedi. Z'ont toute la semaine pour les faire mé non: faut qu'ils encombrent les caisses avec leur vichy st yorre et leur arthrite! Et vas-y que la jeunesse pressée poireaute avec le surgelé qui commence à prendre du mou dans le caddy! pchiii! Mais le truc à propos de la politesse j'ai remarqué ça moi aussi, savent bien nous la rappeler mais eux on dirait que sur le sujet ils ont tous alzheimer...
raaalala. ^^
La question qui fait peur : quel genre de vieux... Bin au fond, j'en ai connu quelques uns d'adorables, des vieux qui conservaient un certain panache, et l'envie de causer, d'échanger, où ça devenait plutôt intéressant, voire passionnant. C'est du vieux comme ça que j'aimerais devenir, du vieux sourire, du vieux curieux, pas intrusif, mais qui s'intéresse, qu'aime bien qu'on lui trouve encore assez d'intérêt pour tailler une bavette avec lui. Du vieux qui sort la boutanche avec des airs d'écolier dans le regard, qui te fait le clin d'oeil du lascar, qu'on s'en reprenne une liche. Du vieux qui commande plus au bistrot, vu qu'on lui connaît les préférences au point de le servir avant qu'il ait dit bonjour, du vieux qu'a encore l'oeil qui frise sur les gambettes des demoiselles, du vieux bon vivant, qui oublie les recommandations empesées du toubib sitôt qu'il a passé la lourde.
J'ai l'image d'un vieux en tête, qu'était peut-être pas aussi feu follet, mais qui m'a laissé de la tendresse au coeur. C'était le papy de ma douce et tendre, l'ancien de la tribu, le vieux roc dessous son chêne. Je l'ai connu trop tard et je le regrette : le peu que je l'ai croisé, j'ai eu envie de le prendre dans mes bras. Il avait ce sourire comme un pied-de-nez à la faucheuse, l'étoile à l'oeil, il avait fait du chemin, mais c'était pas l'emmerdeur à ressasser des heures. Seulement, si tu lui causais, il mettait pas longtemps à te sortir des merveilles du chapeau de ses souvenirs, entre deux gnôles et deux caresses dans les tignasses des marmots qui couraient autour.
La toute dernière fois que je l'ai vu, il était un peu triste : la maladie le rattrapait, il avait plus beaucoup de tours dans son sac pour lui faire la nique, et tu sentais que ça lui pesait de pas pouvoir donner le change. Mais il poussait toujours le sourire et il lui restait de même ces luisances dans le regard. On n'a pas pu causer trop, il était fatigué, mais je me disais : regarde-le, ce vieux-là, tu vas plus tant le revoir, c'est un brave type, un bon gars. Je me souvenais encore comme il m'avait accueilli, moi, la pièce rapportée, comme pour faire taire tous ceux qui auraient trouvé à y redire. C'était un geste de grand homme, ça. Il aurait pu me faire la gueule, il aurait eu des raisons, mais ça lui disait rien qu'on juge à sa place, il était assez grand pour se faire son idée tout seul... C'est parti de là, cette tendresse, je crois, du grand sourire et de sa main sur mon épaule, et des mots que j'ai oubliés, dont je n'ai gardé que l'humeur, le coeur...
Si je deviens vieux, j'aimerais bien faire un vieux comme lui. Mais c'est du sacré défi, quand j'y pense...
ou alors les 3 mousquetons : moi j'choisis tartarin de tarascon, con'
C'était un mousquetaire, ça, Tartarin ? Je croyais qu'ils finissaient tous en "os", à part D'Artagnan... Athos, Portos... J'sais plus le nom du troisième... Mosquitos ?
Heu... t'es sûre que c'était pas Aramits ?
Aramits ou Aramis, me semble, un truc comme ça. J'crois qu'il a pas d'os au c.. en l'occurence, au contraire des autres... Mais j'peux m'tromper, c'est pôs exclu...
Quatorze ou quinze secondes plus tard...
Je viens d'aller voir : c'est Aramis, sans le T. Je l'ai mis à cause d'un village dans mes parages qui s'écrit comme ça...
Bises !
Athos c'est le chichiteux précieux du groupe, celui qui se lave. Porthos c'est le gros joyeux qui picole, le costaud amical. Pi d'Artagnan il avait pas de fille. Et s'il en avait une elle devait pas ressembler à cette truffe de Fofie Marteau...
Et Aramiche ? T'as pas de renseignements à nous fournir sur Aramiche ?
Sinon, pour les noms, c'est pas le pire encore : jette un oeil sur les pièces de Molière, c'est plutôt marrant, les noms qu'il donne à ses personnages. Une mode d'alors ? Et ce serait pareil pour Dumas ? Va savoir... Faudrait un spécialiste pour nous dire.
Bien le bonjour, Mi Lady !