Lundi 27 décembre 2010 1 27 /12 /Déc /2010 13:10

Je n'ai plus à y revenir,

          tant est vrai que l'histoire

          de nos chemins,

          petite histoire, et si modeste,

          passe en l'espace d'un soupir,

          qu'on n'ose plus y croire

          au lendemain,

          puisque déjà plus rien n'en reste.

 

Ainsi vais-je aussi m'effacer,

          sans qu'il reste grand' chose

          ni de mes vers,

          ni de mes tourments et mes craintes.

C'est aussi bien et c'est assez,

          comme au chant de la rose

          que l'univers

          sur une seule aube avait peinte.

 

Et puis que demander de plus,

          de gloire sans mérite,

          pour quelques pas

          qui suffisaient bien à mon âme ?

Ainsi que d'autres, j'aurai bu

          mon calice trop vite

          et sans éclat,

          comme au diapason de ma flamme.

 

Puis les tristesses passeront

          aux coupes d'autres vies,

          d'autres chagrins

          bien suffisants à y répondre.

Et moi, comme l'eau sous les ponts,

          comme ce qu'on oublie,

          j'irai au loin,

          à d'autres choses me confondre...

 

 

 

Publié dans : Ceux qu'on devient...
En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres
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Commentaires

s'effacer comme s'efface la neige, s'effacer devant la porte qui s'ouvre, devant l'autorité, dans la nuit, mais on ne s'efface pas on est noir ou blanc mais on est la couleur selon son humeur et le temps
Commentaire n°1 posté par lutin le 27/12/2010 à 14h35

On est surtout quelque chose d'assez ridicule, dans le commun des mortels, en même temps que d'assez orgueilleux pour se croire de quelque importance, quoique la fin du grand nombre nous fasse tomber dans un pareil oubli. C'est assez amusant à observer, au fond, malgré les tristesses qui s'y peuvent insinuer, et qui passent et s'effacent aussi, avec ceux qui les éprouvent...

 

Je songeais, au cours de cette petite réflexion, que tout autant que nous sommes, chaque fois que nous acceptons de suivre docilement le grand nombre, de nous plier à une volonté qui nous est extérieure mais imposée, ou de renoncer à nos choix pour suivre ceux d'une quelconque majorité, nous admettons en même temps que nous ne sommes rien.

 

Au moins cela n'empêche-t-il pas la vie d'avoir ses charmes, quand bien même nous nous y faisons tant illusion.

 

Réponse de Bifane le 27/12/2010 à 14h52
quelquefois on se sent important, quelquefois on se sent tout petit, il faut juste un équilibre de soi, sinon c'est imbuvable pour soi mais aussi pour les autres.
Commentaire n°2 posté par lutin le 27/12/2010 à 15h14

Je crois que c'est un constat dont le for intime suffit à faire le témoin, et qu'il n'a d'autre intérêt que de relativiser ce que nous tenons pour irrémédiable aujourd'hui, et qui ne fait plus qu'une bonne histoire à raconter demain. S'en faire un principe de vie serait assez vain, mais n'en avoir aucune conscience ne l'est peut-être pas moins. Quant à l'écho qu'on doit en faire aux autres, hors les quelques occasions qui font le larron, comme ici entre nous, je n'en vois pas non plus l'intérêt, si ce n'est un certain raffinement d'orgueil qui confine au ridicule, certainement, comme tu dis, assez imbuvable en effet.

Réponse de Bifane le 27/12/2010 à 15h52
C'est vrai, les instants passent, même les plus beaux doucement s'effacent, prennent leur place dans le rang au milieu des échecs et des peines, des joies et des délires...
Un enfant sur 440 sera touché par un cancer avant l'âge de cinq ans...De quoi balayer nos plaintes, nos questions existentielles de vieux gratteurs de cuirs chevelus...
La vie n'est même pas une leçon, juste une absurdité naturelle, comme un brin d'herbe qui se dresse pour finir gelé.
Commentaire n°3 posté par la vieille dame indigne le 28/12/2010 à 09h10

Ta conclusion me laisse en bouche le goût amer des vérités crues. Mais je ne trouve rien à t'y répondre à rebours, tant elle constate l'évidence. Nous reste juste à savoir goûter aussi bien que nous pouvons ce qui peut l'être, et nous garder aussi proches que possible de ce qui nous semble juste et bon. C'est peu de choses, sans retour ni récompense, et c'est peut-être une raison de plus de s'y accrocher : à croire et défendre quelque chose qui ne nous rapportera rien, si ce n'est une certaine paix de l'âme.

Réponse de Bifane le 28/12/2010 à 10h05
De qui donc est-ce la faute, de ces rencontres avortées, de ces incompatibilités auxquelles on ne veut pas croire et qui pourtant nous assaillent et finissent par avoir le dernier mot ?
Comme l’eau des rivières qui jamais ne s’arrête, il faut pourtant suivre son chemin à défaut de suivre le même chemin.
Il reste des mots pleins de nostalgie, pleins d’une tendresse qui ne demandait qu’à revivre.
Je te souhaite de belles rencontres, Bifane, et des mots magiques pour les escorter …
Commentaire n°4 posté par saravati le 28/12/2010 à 14h55

Au lieu de "qui", je demanderais plutôt de "quoi", et plutôt que d'y chercher une "faute", je tendrais à en trouver une "raison". Mais même en reformulant de la sorte la question, je crains qu'on ne puisse y répondre que très relativement, et que les réponses, par là, n'en soient toutes que très peu satisfaisantes. Il nous reste le rechange de rencontres que n'entâche aucun regret, aucune rancoeur, et dont la seule amertume qui nous reste est de les avoir vécues trop peu de temps. On n'en garde pas moins la lumière, la chaleur, et ce mélange inoubliables de sentiments extrêmement positifs, quand bien même ils n'ont duré que le temps de passer la croisée des chemins.

 

Je te remercie de ton souhait, Saravati, et je le fais pour toi en retour, tant il me semble qu'en une vie, le plus beau reste ce qu'on a échangé d'un être humain à l'autre, et ce qu'on en a retiré ou laissé de noblesse humaine.

 

Réponse de Bifane le 28/12/2010 à 15h43
Tu as tout dit. Que rajouter de plus? La Vie est belle. Ce sont les enfants malades justement qui me l'ont appris. Cruelle, oui certes, mais infiniment précieuse. En tout cas pas bonne à jeter.Et puis elle peut être si belle si on le veut. N'aurions-nous pas un peu trop tendance à manger du gris? La cendre a son utilité, mais elle ne doit pas nous étouffer.

Je te retrouve dans ce texte, je t'avais un peu perdu il est vrai. J'ai pu te suivre pas à pas, j'étais juste derrière toi à écouter tes pensées. Je n'y ai pas lu de tristesse, juste un beau brin de lucidité. Simple mais efficace. On ne laissera ni traces, ni empreintes..et alors? Est-ce si grave?...
Commentaire n°5 posté par Dé le 28/12/2010 à 18h29

Voilà justement la question à laquelle la réponse évolue dans le temps. Elle suit la tournure de l'âme, qui du grand et impérieux souci de soi, peu à peu, passe au souci de l'autre. De même qu'une fleur, en bouton d'abord, toute repliée sur elle, puis s'ouvrant et s'offrant à la fois. Et ce désir de laisser une trace, dont je me souviens fort bien que je l'avais, et qu'il me travaillait, fut un temps, m'est si bien tombé de l'âme que je n'en ressens plus rien à présent. Il n'est qu'une trace que j'aimerais laisser, infiniment éphémère par nature, mais importante à mes yeux, c'est d'avoir été pour mes filles un père passable, au moins, dont elles puissent se souvenir avec un sourire en coin de mémoire.

Le reste, les autres, le monde, mais ils nous oublient au fur et à mesure que nous allons notre chemin ! Et cela n'empêche pas le chemin d'être ce qu'il est, beau ici, laid là-bas, vivant et changeant, absurde et passionnant, peuplé d'êtres si divers, détestables et adorables, vains et vides, pleins et inoubliables... De quoi faire encore des poèmes, hein ?

Réponse de Bifane le 29/12/2010 à 10h03
...et là, comme souvent, je te rejoins. Oui moi aussi j'ai connu ce désir accompagné de crainte d'être passée complètement inaperçue dans ce monde où je n'ai même pas été accueillie. Et puis, comme tu le dis si joliment: c'est un de ces nombreux désirs futiles qui m'est tombé de l'âme.

Oui, de quoi écrire encore plein de poèmes, en continuant doucement notre chemin en se dévidant l'âme que je trouve soudain que l'on a pas si laide. ;)

Mes bises du jour!
Commentaire n°6 posté par Désirée le 29/12/2010 à 11h20

Oui, quelquefois, quelque chose nous dit, apaisant, rassurant, qu'on n'est peut-être pas si moche que ça. Je m'y accroche peu, mais je n'irais pas nier le bien que ça fait... C'est sans beaucoup d'importance, comme un baiser qu'on accepterait de laisser à l'ennemi que nous sommes pour nous-mêmes.

 

Mes bises d'entre-fêtes, Désirée, en te souhaitant la prochaine joyeuse !

Réponse de Bifane le 30/12/2010 à 11h27
Comme on finit, oui, mais pas tout de suite, ni demain, ni après demain. L'acceptation du temps qui passe et de l'ineluctable ne doit pas empêcher de gouter à la vie, de la savourer, c'est un cadeau qui nous est fait, quel qu'en soit le gout que nous y trouvions.
Commentaire n°7 posté par Balladine le 29/12/2010 à 17h05

Un cadeau ? Sans le nier tout à plein, j'avoue que j'ai du mal avec cette notion... Je parlerais plutôt d'un hasard, heureux et malheureux à la fois, auquel on s'épuise vainement à chercher un sens profond, caché, qui nous dépasserait, jusqu'à renoncer à cette illusion, renoncement sans amertume, qui permet juste d'en mesurer toute l'inutilité.

 

Du reste, je m'applique à goûter ce qu'il y a à goûter, ce qui n'est pas un lot quotidien, loin s'en faut, le quotidien ne présentant que rarement de quoi savourer la joie de vivre. Puis il y a l'ensemble, plus ou moins satisfaisant, où j'avoue être plutôt gâté par la bonne fortune. Mais l'humain n'a-t-il pas vocation première à l'insatisfaction perpétuelle ? D'aucuns y voient quelque signe d'au-delà, j'y vois un étrange défaut, dont je me demande si d'autres animaux le partagent...

Réponse de Bifane le 30/12/2010 à 11h41
C'est ... rafraîchissant tout ça : c'est une riche idée d'être une goutte d'eau qui part vers on ne sait pas trop quoi plutôt qu'une poussière qui retourne à la poussière.
D'ailleurs en lisant ton texte (et avant d'arriver au bout of course !) j'me disais que ça rappelait un lac ou un truc du genre, avec ses ronds concentriques qui ondulent sur la surface qd on jette un caillou puis qui redevient lisse et impénétrable dès que tout se calme, comme s'il ne s'était jamais rien passé. Mort et vivant à la fois, né et à naitre, vibrant et statique, un paradoxe quelque part où la fourmi devient la montagne et la montagne un reflet qui se dissipe dans l'eau.

Bon. T'as dit eau qui coule. T'aurais dit sable, là j'aurais pu penser aux dunes qui flirtent avec le vent mais t'as dit eau qui coule, alors à chacun son ruisseau et son océan.
Commentaire n°8 posté par kodama le 29/12/2010 à 18h08

Une idée, Kodama. Riche, je n'irais pas jusque là. D'autres en ont d'infiniment plus riches, je suppose, mais qui ne m'intéressent pas, et que je leur laisse sans jalousie. En attendant, je continue de me sentir moins mort que vif, et quant à naître et renaître, j'y préfère une idée d'évolution à très long terme, la renaissance m'évoquant l'oubli de ce qui précède, et ne voulant, tant que faire se peut, rien oublier en chemin.

Réponse de Bifane le 30/12/2010 à 11h45
Je reviens aujourd'hui m'attarder sur ton dernier poème... Ce que j'y vois, c'est un savant mélange de nostalgie, de désillusion, de lucidité ? La vie qui avance, une page blanche de plus ou moins bonne qualité dont nous essayons de faire quelque chose, au fond peu importe, l'important n'étant sans doute pas de laisser de trace mais (c'est ce que je crois)de partager, se retrouver à certains moments sur la même longueur d'onde que quelques autres humains, et se sentir ainsi partie d'une grande chaine humaine...
Commentaire n°9 posté par Cagire le 30/12/2010 à 23h00

Dans cette idée de partage, tu te doutes bien que je te rejoins sans hésitation. Au reste, nos essentiels, et jusqu'aux plus inébranlables, sont rarement tous en réunion dans nos instants quotidiens, encore qu'ils nous donnent la raison de les subir, voire de les aborder de bon gré.

 

Mais c'est bien le moment de les rappeler à nos mémoires, à l'heure des voeux que nous appelons toujours les meilleurs. Aussi bien, je me joins à ton idée pour nous souhaiter à tous et à chacun de nous en souvenir plus souvent, s'il se peut, et d'y trouver l'aliment de notre courage pour ne pas trop nous plaindre.

 

Belle année à toi, Cagire !

Réponse de Bifane le 02/01/2011 à 18h24
On sent de la sérénité, Bifane, dans ce poème, et pas vraiment de noir. Nous finirons, mais des choses qui nous ont réjoui ne finiront pas. Un hasard que notre présence au monde, en effet, et le sens, c'est nous qui le posons sans qu'il nous soit donné. Alors un jour lointain, lorsque nous nous retournerons sur le chemin accompli, ce serait bon de pouvoir de se dire "au moins, j'ai peu nui"...
Je te souhaite une soirée tranquille et joyeuse, et puis une année féconde en amour et en poésie...
Commentaire n°10 posté par Sophie le 31/12/2010 à 16h27

Nous finirons, oui, et les choses qui nous auront réjoui aussi, à l'évidence. Je songe qu'il y a peut-être à chercher ailleurs qu'en éternité le poids et la valeur de nos vies, puisqu'il est certain qu'au bout du compte, tout rejoint le néant dont nous sommes issus. Peut-être notre échelle de valeur s'attache-t-elle trop à cette ambition rêveuse d'éternité, inclinés que nous y sommes par notre culture, dont un Eternel fut longtemps l'élément central, avant que de tomber dans la désuétude qui, selon moi, lui sied le mieux. C'est une bonne chose. Une autre, peut-être, serait de n'accorder aucun crédit supplémentaire à ce qui dure. Je connais des sentiments très éphémères qui n'en furent pas moins absolument lumineux, des êtres aussi qui ne firent que passer et qui n'en laissent pas moins une empreinte infiniment plus précieuse que d'autres que nous croisons tous les jours et des années durant. Nous pourrions multiplier les exemples de la beauté de l'éphémère, qui iraient tous à l'encontre de ce qui prétend n'être jamais corrompu par le temps. Je tiens qu'il suffit d'y penser un peu pour nous apercevoir que l'éternité, vain mot, non plus que la longueur du temps, ne signifient grand' chose par eux-mêmes.

 

Je te souhaite moi aussi une très heureuse et surprenante année, Sophie, et m'excuse de n'avoir encore rien dit de ton nouvel écrit. Je n'ai eu le temps que de le lire une fois, et j'aime toujours à te lire au moins deux fois, pour mieux me pénétrer de ton inspiration, avant de me permettre d'en dire quelque chose. A très bientôt donc !

Réponse de Bifane le 02/01/2011 à 18h35
BONNE ANnéE Bifane!! et que vive la poésie !!!!! :)
Commentaire n°11 posté par Isabelle C. le 01/01/2011 à 15h10

Mes meilleurs voeux en retour, Isabelle ! Et que vivent les arts, tous les arts, et tout ce qui tend à rendre l'humanité meilleure.

Réponse de Bifane le 02/01/2011 à 18h36
Comme on finit on recommence, mon ami loup! Viens-t'en que je te serre dans mes bras: Que l'année qui s'avance te soit bonne, et douce, et lumineuse comme il se doit. Santé, santé, santé, quelques sous puisqu'il en faut, et puis amour sous toutes ses formes, bienveillance, tendresse, amitié. Même si je sais que tu n'en manques pas!

Mes plus jolis souhaits pour toi mon ami et ta gentille petite famille et pour tous celles et ceux d'ici :)
Commentaire n°12 posté par Désirée le 01/01/2011 à 20h33

Merci beaucoup, ma chère amie ! J'espère que 2011 te sera une grande et bonne année, où retrouver le sourire sur tous les sourcillements et les inquiétudes des années précédentes. Et que ta petite famille profite d'une meilleure fortune, dans la santé, oui, puisqu'elle est d'une importance si évidente, et pour le reste aussi, qui, quoique venant après, nous est toujours assez utile à vivre plus joyeusement.

 

Mes bises, et à très bientôt !

Réponse de Bifane le 02/01/2011 à 18h39
Belle année à vous en écriture et poésie
Commentaire n°13 posté par Maria-D le 01/01/2011 à 23h10

Oh tiens ! Je ne me souvenais plus que nous en étions au voussoiement avec vous aussi ? Mais ne vous en remercie pas moins de vos voeux, Maria-D, pour cette nouvelle année que je vous souhaite très belle aussi, et grande en inspiration !

Réponse de Bifane le 02/01/2011 à 18h41
Certes tout finit par.......finir mais si nous sommes éphémères nous sommes uniques et ton texte magnifique et
émouvant a été créé par toi et ne l'aurait pas été par quelqu'un d'autre.Tu es une goutte qui, ajoutée aux autres,
constitue, à un moment donné, le fleuve de la vie. Tu es donc indispensable ne serait ce que par tes écrits tu nous obliges à nous interroger sur nous mêmes et sur le monde.
Je te souhaite une belle année 2011.
Commentaire n°14 posté par renaud le 02/01/2011 à 21h12

Je doute qu'on puisse m'accorder tant d'importance que tu dis, mais c'est bien aimable, et je te souhaite moi aussi une belle année 2011, Renaud.

Réponse de Bifane le 04/01/2011 à 12h20
Pour suivre la métaphore de Dé, oui, on mange du gris, du gris du ciel, du gris de la terre, du gris des yeux mauvais et du gris des crachats.
Mais on sait très bien aussi le gris perlé des chants matinaux, celui qui, à peine teinté de rose, fait écrire les premiers mots du jour, pour nous, pour l'autre et pour sa peau.
Rien que pour cela il faudra écrire "Comme on commence".

Belle année MMXI, mon ami.
Arthémisia
Commentaire n°15 posté par Arthémisia le 03/01/2011 à 00h25

Je me demande si l'on ne commence pas un peu là où, justement, on prend conscience de finir ? Mais tu as raison, il faudrait l'écrire aussi, ce commencement, puisqu'il paraît nous ouvrir sur autre chose, même dans la façon que je dis...

 

Je te souhaite une année heureuse et riche en inspirations, Arthi, et te remercie de ta visite

Réponse de Bifane le 04/01/2011 à 12h23
Bel et bien nous finissons tous par partir, plus ou moins vite, plus ou moins volontairement.
Mais je crois que certains parmi la foule, poètes justement, artistes en tous genres... ne partent jamais vraiment.
Une partie d'eux s'en va vivre d'autres expérience, s'émouvoir d'autres horizons, partager d'autres âmes...
Mais ce qu'ils ont laissé là, comme autant de partages, restera, quoi qu'ils en pensent.
Je suis venu te souhaiter tous mes vœux de bonheur mon ami. De la sérénité, de la beauté, de la tendresse... Rien qui ne soit inaccessible ! Juste ce qui permet à la vie d'avancer sans trop de heurts.
Commentaire n°16 posté par pakita le 03/01/2011 à 17h53

Oui, avancer sans trop de heurts, et sans trop de précipitations non plus. Me semble que c'est à vouloir aller trop vite que nous viennent les regrets de n'avoir pas vécu assez ce que nous traversons... Je te souhaite une année qui puisse t'apporter autant de joies que de paix et de sérénité, avec aussi quelques pointes de justice, enfin, et qu'elles puissent résoudre et achever ce qui s'est si longtemps noué et emmêlé pour toi et les tiens, ces dernières années.

 

Avec de grosses bises !

Réponse de Bifane le 04/01/2011 à 12h27
Merci de ta lecture et de ta future relecture, ami Bifane. Je prends ton très aimable propos pour ce qu'il est : une fidélité. C'est bon de pouvoir établir, sur ce fil où l'on peut croiser tant de personnes, des relations d'écoute et d'amitié qui durent.
Bises attentives
Commentaire n°17 posté par Sophie le 04/01/2011 à 10h53

Oui, c'est bon, et c'est rassurant. Mais je songe, pour revenir à mon idée précédente, que certaines amitiés éphémères, quoique passées et laissées en arrière, ne m'en laissent pas moins de bons souvenirs, et certainement quelques chaleurs au coeur qui continuent de l'incliner vers de bons penchants.

 

Bises souriantes

Réponse de Bifane le 04/01/2011 à 12h30
Je ne peux m'empêcher de ressentir de l'amertume dans tes propos et j'espère que c'est un mauvais ressenti...
Je ne te voudrais pas amère mais qu'est ce qu'on est pour comprendre ou souhaiter quelque chose des autres dans ce monde virtuel...
je suis moi même peut être pas amer du moins sceptique
Merci d'être venu dans mon désert!
Un jour quelque part sur la route de la fraternité!
Commentaire n°18 posté par Estourelle le 05/01/2011 à 09h40

L'amertume n'est, ou ne doit être, qu'un sentiment passager. Il n'est jamais bon de la laisser s'installer comme chez soi : elle n'amène rien et elle dévore tout.

Le monde virtuel ne m'a jamais paru très différent du monde réel. Tout ce qu'on y reproche aux gens ne se retrouve-t-il pas aussi bien dans nos quotidiens palpables ? De même ce qu'on aime chez eux. Le grand avantage du Net étant de nous permettre de croiser des personnes qui ne gravitent pas, ordinairement, dans notre cercle restreint de relations. D'où j'en arrive à la conclusion que le virtuel offre ses propres avantages, inaccessibles dans le réel, quand bien même l'inverse n'est pas moins vrai.

Je repasserai encore chez toi, Estourelle. Je ne suis plus assidu nulle part, ces derniers temps, consacrant le peu de loisirs que j'ai à la grande et longue lecture d'une passionnante saga historique, dont je ne suis pas encore près de sortir le nez. Mais je n'oublie pas pour autant ceux que j'ai croisés ici ou découvert chez eux, tant j'y ai pris de plaisir aussi.

A bientôt donc, en te souhaitant une bonne année 2011.

Réponse de Bifane le 05/01/2011 à 12h55
Des souvenirs précieux et qui laissent une trace profonde en nous, nous en devons en effet à des personnes que nous avons croisé et puis hélas décroisé. J'ai beaucoup bougé dans ma vie, certains amis aussi, et alors, comme on dit "on s'est perdus de vue"... Mais j'ai le sentiment que les amitiés véritables survivent au temps. J'ai retrouvé ces amies il y a quelque temps, et je ne les laisserai plus s'évaporer dans la nature. Et quant aux personnes avec qui j'ai noué plus récemment des relations, j'y tiens aussi comme mes yeux. Quand on prend un peu de bouteille, on réalise que l'amitié et l'amour filial/parental sont les liens les plus précieux qui soient, plus durables que l'amour conjugal...
Bises de mercredi, ami poète.
Commentaire n°19 posté par Sophie le 05/01/2011 à 10h46

Nous partageons donc ces inconvénients propres aux déracinés, ma chère Sophie ! Beaucoup de monde en arrière, oui, et tant de chemins tracés aux quatre vents... Il n'empêche, chacun de ces compagnons de voyage m'a laissé quelque chose au coeur, que je m'applique à ne pas oublier. C'est souvent un bon revers aux humeurs sombres, quand on est tenté de rejeter le monde en bloc. Dans ce grand sac où l'on jeterait bien le tout, il ne se peut qu'il n'y ait encore, chaque fois, quelques babioles précieuses mélangées au reste.

Mes bises du même jour, amie philosophe !

Réponse de Bifane le 05/01/2011 à 12h59
ah mais ça me file un blues terrible!! c'est émouvant! mais pas réel, hein? je veux dire : vous restez, vous?
Commentaire n°20 posté par aléna le 07/01/2011 à 15h54

Du moins y en a-t-il apparence, du moins.

Je vous souhaite une bonne année, Aléna !

Réponse de Bifane le 08/01/2011 à 15h25
Heu...et c'est quoi cette saga passionnante?? Tu m'allèches-là...vas-y raconte. :)

Bise bissée
Commentaire n°21 posté par Dé le 07/01/2011 à 20h02

Fortune de France, un grand roman historique de Robert Merle, en 13 volumes, auxquels son fils, Olivier Merle, en a ajouté un quatorzième. Elle s'étend sur plusieurs générations, je crois, mais je n'en suis qu'à la première, qui va jusqu'au sixième volume. Je crois que le suivant repart avec le fils du héros dont on a suivi les péripéties dans les volumes précédents. Celui qu'a ajouté Olivier Merle, le fils, revient d'ailleurs sur cette période-là, vue d'un autre regard, par un personnage créé par son père, Robert Merle, et qui ne quitte pas le héros d'une semelle, dès avant le début du deuxième volume.

Au début, on en est à la mort de François I°, et le dernier volume, d'après le quatrième de couverture, aborde le temps de Louis XIV. Tout le génie de Robert Merle a été de greffer à l'Histoire de France un personnage de sa création, lequel, par ses relations étroites avec les princes de son temps, nous les fait découvrir. En ce moment, je suis avec Henri IV, au début de son règne, juste après le siège de Laon et la reddition de Reims. C'est tout à fait captivant, au point que le soir, je ne regarde plus le programme télé que pour m'assurer qu'il n'y a vraiment rien à voir d'extraordinaire, pour pouvoir me replonger le coeur content dans les aventures de Pierre de Siorac, le héros, et son compagnon Miroul.

Au fil des pages, on retrouve toute une brassée de personnages, tous créés par Robert Merle, qui croisent de vraies figures historiques, comme Ambroise Parée, Montaigne, et puis les grands du siècle, la Médicis, les frères de la maison de Guise, les rois, bien sûr, ceux de France, mais aussi les têtes couronnées d'Angleterre et d'Espagne, les papes de Rome... Je survole grossièrement, juste pour t'en donner une idée.

De l'auteur, j'avais déjà lu tous les romans. J'aime bien son style, à la fois captivant et simple. Je me gardais ce gros morceau pour plus tard. Et m'y voilà. J'ai attaqué la grande saga vers la fin novembre, et j'en lis les volumes les uns derrière les autres. Celui qu'a ajouté Olivier Merle doit logiquement s'intercaler entre le sixième et septième. Le sixième devait être le dernier, comme l'auteur l'annonce au début du roman. Mais il en a eu encore sept autres après. Ceux-là, je suppose qu'ils mettent en scène les ou l'un des fils de Pierre de Siorac. Olivier Merle, lui, a voulu donner la parole à Miroul, fidèle compagnon de Pierre de Siorac, à la fois son valet et son ami, partant de l'un pour devenir l'autre, et finalement plus qu'un ami même, au fil du temps.

Avec ça, outre le roman lui-même, je me prends de passion pour l'Histoire, en cherchant à en savoir davantage sur certains passages, certains personnages. Je me suis d'abord un peu cassé le nez sur Wikipédia, qui déblatère vraiment un grand tissu d'âneries incroyable, et puis j'ai trouvé un autre site beaucoup mieux documenté, et de plus beaucoup mieux écrit, Wikipédia étant là aussi parfaitement imbuvable. Le site qui vaut le détour, c'est Mémo : tu y trouves des informations fiables, et tu peux t'amuser à sauter de liens en liens, d'un personnage à un autre, en passant par tel événement auquel un article a été consacré...

Bref, de quoi s'amuser...

 

Mes bises !

Réponse de Bifane le 08/01/2011 à 15h48
Cela veut dire que le blog ferme??? Se serait bien dommage! Bises amicales et bonne année 2011
Commentaire n°22 posté par Renée le 08/01/2011 à 12h22

Ah bon ? Le blog ferme ? Mince alors...

 

Bonne année à toi aussi, Renée, avec mes bises !

Réponse de Bifane le 08/01/2011 à 15h49
Arf! tu vas rire: Sophie m'a dit il y a quelques temps qu'elle adorait et avait lu et relu les "fortune de France"!!! Je suppose que ce sont les mêmes!! :) Et tu vas rire bis, je me suis souvenue avoir lu il y a très longtemps "En nos vertes années" en ignorant qu'il fait partie d'une immense saga! Et ça me donne envie de voir si je le retrouve chez mes parents pour m'y replonger. Moi aussi j'aime beaucoup les romans historiques! :)
Commentaire n°23 posté par Désirée le 08/01/2011 à 19h22

Si tu aimes ça, tu devrais adorer Fortune de France. C'était le titre du premier de la série, lequel a donné son nom à l'ensemble. "En nos vertes années" est le deuxième, quand il quitte le château de Mespech pour aller étudier à Montpellier, avec son frère Samson et leur valet Miroul, ce dernier prenant là son rôle dans l'histoire, lequel ne cessera de gagner en importance. D'autres personnages apparaissent dans le deuxième volume que Pierre va retrouver tout au long des volumes suivants. Ah ! c'est une grande aventure que ces romans. Je m'en vais justement retrouver celui que je lis en ce moment.

Bonne nuit, Désirée, et bonne lecture !

Réponse de Bifane le 08/01/2011 à 22h40
Cher Bifane
Tout commence et tout finit...un jour
qualité de regard et mots choisis
tant a été dit
je souhaite juste que tu continues d'écrire
et te souhaite une veine créatrice qui saigne abondamment en 2011, nous nous nourrisons de plein de choses de nos vies mais pas indifférents à celles des autres.
Commentaire n°24 posté par Thierry le 09/01/2011 à 10h30

Belle image, Thierry, que cette saignée à la veine créatrice ! Je te remercie de ce bon voeu, et te souhaite en retour une belle année 2011, ce qui est moins joliment trouvé, mais non moins sincère.

Réponse de Bifane le 09/01/2011 à 20h35
Oui Merle n'est pas de mauvaise augure, mais c'est la période aussi qui est riche et nous intrigue, tant de modernité s'y développe malgré tout, tant d'aspirations diversent se croisent qui annoncent pour plus tard des concepts comme la Laïcité, fondateur est ce siècle riche en penseurs et en rois, on n'y est pas à l'étroit mais tout s'enchaîne si vite.
Commentaire n°25 posté par Thierry le 09/01/2011 à 10h33

Le siècle suivant n'est pas mal non plus, ni celui qui vient après. En fait, sur quelque époque qu'on se penche dans l'Histoire, se trouvent toujours quelques personnages dignes d'intérêt, d'autres calculateurs et rusés, d'autres cruels et malades d'humanité. Mais la manière qu'avait Robert Merle de l'aborder est un pur régal. J'espère que son fils aura repris le flambeau avec autant de talent, ce que je ne vais pas tarder à savoir, arrivant justement au bout du sixième volume, où celui d'Olivier Merle doit s'intercaler. J'ai failli le lire plus tôt même, mais j'ai bien vu, dès les premières lignes, qu'il me dévoilait des choses qui n'étaient pas encore arrivées, les personnages étant arrivés à un âge déjà bien mûr.

Pour l'heure, Amiens vient d'être reprise par les Ligueux, et je m'en vais voir comment le roi Henri IV va organiser la riposte ! En te souhaitant une bien bonne soirée !

Réponse de Bifane le 09/01/2011 à 20h40
ça me va bien de passer sans laisser de trace...
ne pas déranger pour ne pas se faire remarquer...
être rien c'est peut-être la condition pour être libre ?
bises poète
Commentaire n°26 posté par saadou le 06/03/2011 à 18h27

Il y a des silences dont il faut se méfier : ils ressemblent tant à l'indifférence...

Mes bises en retour, Saadou !

Réponse de Bifane le 07/03/2011 à 12h44
Comme on fait son lit on se couche et comme on fibnit on se douche.
Non il faut se toucher, se découvrir dans les deux sens et sanscrit ou pas s'inscrire dans une lignée, dans une descendance qui sans être toujours transcendante peut nous faire approcher non des sommets mais des extrémités de nous même.
Quel plus beau voyage que de faire le tour de soi même, même si pour cela il y faut une vie !
J'aimerai t'envoyer mon opus "Impression de parcours"
un singulier pour un pluriel, des rencontres et des quêtes, pas de conquêtes car à quoi bon !
bientôt sur books on demand mais free of charge en version électronique, dès que j'aurais rajouté des illustrations originales de 1917-1922 sous forme de dessins aquarellés.
158 pages et 85 textes plus loin tu sauras un peu mieux mon chemin, d'où je viens, où je vais je ne sais, ce n'est pas la question, c'est avec toi que j'ai envie de partager.
Sinon rendez vous sur "cimes det délires" mais envoies moi ton mail direct à mon adresse à laquelle tu peux accéder, car de mon côté j'arrive pas à me connecter.

bien à toi
Commentaire n°27 posté par Thierry le 06/03/2011 à 18h39

Je te remercie, Thierry, et je ne voudrais pas que tu prennes ombrage de ma réponse, qui ne sera peut-être pas celle que tu attends. 

Ce n'est pas que je répugne à découvrir de nouveaux auteurs, mais le plus souvent, c'est quelque chose dans ce que j'ai pu en lire, ici sur le Net, qui m'incline à en vouloir davantage. Ce quelque chose de personnel, cette création pure des quelques amateurs dont je suis les nouveautés, avec plus ou moins de bonheur, sur les blogs qu'ils cultivent comme leur petit jardin. C'est leur style, leur griffe, qui me séduit et que j'aime lire, au point d'avoir le désir de les lire comme de vrais auteurs, ce qu'ils sont à mes yeux, quoique les éditeurs ne veuillent pas les reconnaître.

Il est rare que des commentaires m'inspirent autant. Souvent, ils m'entraînent à découvrir l'univers de leur auteur, mais quand ils n'en ont pas, le seul écho de ce qu'ils m'écrivent est insuffisant à me donner cette envie de les lire.

De plus, je dois t'avouer que mes goûts littéraires me portent très peu à l'appréciation des jeux de mots, que tu affectionnes particulièrement, et qui sont, certes, un exercice remarquable pour celui qui s'y livre, mais qui me laissent assez indifférent et parfois me lassent, à force d'emmêler le sens et l'apparence. Je leur reproche de sacrifier le fond pour la forme, et que cette forme même produise une suite de distractions trop semblables. C'est un peu comme ces petites séries comiques, qui durent à peine quelque minutes et nous font rire aux éclats. Dès qu'on tente de les réunir pour une diffusion plus longue, l'effet comique s'y perd, et la lassitude prend la place de l'amusement. L'art des jeux de mots me fait le même effet.

Je ne voudrais pas te blesser par cette réponse, mais parmi les raisons que j'ai de tenir ce blog, il y a le privilège d'y trouver un lieu où je puis être tout à fait moi, sans affectation. Un espace à la fois public et intime, où je n'ai pas à jouer un rôle ou livrer des grimaces de circonstances, et je tiens beaucoup à cette liberté, où l'hypocrisie n'a pas sa place. Je n'ai donc pas voulu répondre par simple politesse, en affectant un intérêt que je n'éprouve pas, si aimable et généreuse soit ton offre, dont je te remercie sincèrement.

 

Réponse de Bifane le 07/03/2011 à 13h17
Je n'attends rien et je ne donne pas que dans les jeux de mots mais sans curiosité tu en seras pour tes frais, c'est ton droit et loin de moi de t'imposer quoi que ce soit, puriste je suis aussi et de style et de fond, en matière de fond je le touche en ce moment et je compte surtout sur mes qualités de nageurs, je ne me jette aucun laurier ni n'ai à vendre quoi que ce soit; bien à toi
Commentaire n°28 posté par Thierry le 07/03/2011 à 21h05

Présentation

L'écriture

Ce presque rien de l'écriture, ce souffle d'air dans les méandres brumeux de nos âmes. 

 

Rares sont les paroles qui ne puissent être infiniment mieux exprimées par la plume. Et il n'est pas une attention à l'autre plus entière que dans le moment de lui écrire, si ce n'est en celui de lui faire l'amour.

Nous avons encore perdu...

                    de Pablo Neruda

 

 

Nous avons encore perdu le crépuscule

Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies

pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.

 

J'ai vu de ma fenêtre

la fête du couchant sur les côteaux lointains

 

Parfois, ainsi qu'une médaille

s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.

 

Et je me souvenais de toi le coeur serré

triste de la tristesse à moi que tu connais.

 

Où étais-tu alors ?

Et parmi quelles gens ?

Quels mots prononçais-tu ?

Pourquoi peut me venir tout l'amour d'un seul coup,

lorsque je me sens triste et te connais lointaine ?

 

Le livre a chu qu'on prend toujours au crépuscule,

ma cape, chien blessé, à mes pieds a roulé.

 

Tu t'éloignes toujours et toujours dans le soir

vers où la nuit se hâte effaçant les statues.

 

Sagesse amérindienne

                    d' Oriah Mountain Dreamer (un vieil indien

 

 

Je ne m'intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,

Je veux savoir à quoi tu aspires,

Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton coeur.

 

Je ne m'intéresse pas à ton âge.

Je veux savoir si, pour la quête de l'amour et de tes rêves,

Pour l'aventure de te sentir vivre,

Tu prendras le risque d'être considéré comme fou.

 

Je ne m'intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.

Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,

Si les trahisons vécues t'ont ouvert,

Ou si tu t'es fané et renfermé par crainte de blessures ultérieures.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,

Sans t'agiter pour la cacher, l'amoindrir ou la fixer.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,

Si tu oses danser, envahi par l'extase jusqu'au bout des doigts et des orteils,

Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.

 

Je ne m'intéresse pas à la véracité de l'histoire que tu racontes.

Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même,

Si tu supportes l'accusation d'une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.

 

Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres,

Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien ou le mien,

Et malgré cela rester debout au bord du lac

Et crier : "Oui !" au disque argenté de la lune.

 

Je ne m'intéresse pas à l'endroit où tu vis, ni à la quantité d'argent que tu as.

Je veux savoir si, après une nuit de chagrin et de désespoir,

Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.

Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.

Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur, lorsque tout le reste s'écroule.

 

Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,

Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments vides.

 

Le poète...

                    de Tadeusz Rozewicz (Poète polonais)

 

 

Le poète est à la fois celui qui écrit des poèmes

et celui qui n'en écrit pas

 

Le poète est celui qui secoue les chaînes

et celui qui s'en charge

 

Le poète est celui qui croit

et celui qui ne peut croire

 

Le poète est celui qui a menti

et celui à qui on a menti

 

Le poète est celui qui mangeait dans la main

et celui qui a coupé les mains

 

Le poète est celui qui s'en va

et celui qui ne peut s'en aller

   

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