Je n'ai plus à y revenir,
tant est vrai que l'histoire
de nos chemins,
petite histoire, et si modeste,
passe en l'espace d'un soupir,
qu'on n'ose plus y croire
au lendemain,
puisque déjà plus rien n'en reste.
Ainsi vais-je aussi m'effacer,
sans qu'il reste grand' chose
ni de mes vers,
ni de mes tourments et mes craintes.
C'est aussi bien et c'est assez,
comme au chant de la rose
que l'univers
sur une seule aube avait peinte.
Et puis que demander de plus,
de gloire sans mérite,
pour quelques pas
qui suffisaient bien à mon âme ?
Ainsi que d'autres, j'aurai bu
mon calice trop vite
et sans éclat,
comme au diapason de ma flamme.
Puis les tristesses passeront
aux coupes d'autres vies,
d'autres chagrins
bien suffisants à y répondre.
Et moi, comme l'eau sous les ponts,
comme ce qu'on oublie,
j'irai au loin,
à d'autres choses me confondre...
Ce presque rien de l'écriture, ce souffle d'air dans les méandres brumeux de nos âmes.
Rares sont les paroles qui ne puissent être infiniment mieux exprimées par la plume. Et il n'est pas une attention à l'autre plus entière que dans le moment de lui écrire, si ce n'est en celui de lui faire l'amour.
de Pablo Neruda
Nous avons encore perdu le crépuscule
Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies
pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.
J'ai vu de ma fenêtre
la fête du couchant sur les côteaux lointains
Parfois, ainsi qu'une médaille
s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.
Et je me souvenais de toi le coeur serré
triste de la tristesse à moi que tu connais.
Où étais-tu alors ?
Et parmi quelles gens ?
Quels mots prononçais-tu ?
Pourquoi peut me venir tout l'amour d'un seul coup,
lorsque je me sens triste et te connais lointaine ?
Le livre a chu qu'on prend toujours au crépuscule,
ma cape, chien blessé, à mes pieds a roulé.
Tu t'éloignes toujours et toujours dans le soir
vers où la nuit se hâte effaçant les statues.
d' Oriah Mountain Dreamer (un vieil indien)
Je ne m'intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,
Je veux savoir à quoi tu aspires,
Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton coeur.
Je ne m'intéresse pas à ton âge.
Je veux savoir si, pour la quête de l'amour et de tes rêves,
Pour l'aventure de te sentir vivre,
Tu prendras le risque d'être considéré comme fou.
Je ne m'intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.
Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,
Si les trahisons vécues t'ont ouvert,
Ou si tu t'es fané et renfermé par crainte de blessures ultérieures.
Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,
Sans t'agiter pour la cacher, l'amoindrir ou la fixer.
Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,
Si tu oses danser, envahi par l'extase jusqu'au bout des doigts et des orteils,
Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.
Je ne m'intéresse pas à la véracité de l'histoire que tu racontes.
Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même,
Si tu supportes l'accusation d'une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.
Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres,
Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.
Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien ou le mien,
Et malgré cela rester debout au bord du lac
Et crier : "Oui !" au disque argenté de la lune.
Je ne m'intéresse pas à l'endroit où tu vis, ni à la quantité d'argent que tu as.
Je veux savoir si, après une nuit de chagrin et de désespoir,
Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.
Je ne m'intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.
Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.
Je ne m'intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.
Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur, lorsque tout le reste s'écroule.
Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,
Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments vides.
de Tadeusz Rozewicz (Poète polonais)
Le poète est à la fois celui qui écrit des poèmes
et celui qui n'en écrit pas
Le poète est celui qui secoue les chaînes
et celui qui s'en charge
Le poète est celui qui croit
et celui qui ne peut croire
Le poète est celui qui a menti
et celui à qui on a menti
Le poète est celui qui mangeait dans la main
et celui qui a coupé les mains
Le poète est celui qui s'en va
et celui qui ne peut s'en aller
On est surtout quelque chose d'assez ridicule, dans le commun des mortels, en même temps que d'assez orgueilleux pour se croire de quelque importance, quoique la fin du grand nombre nous fasse tomber dans un pareil oubli. C'est assez amusant à observer, au fond, malgré les tristesses qui s'y peuvent insinuer, et qui passent et s'effacent aussi, avec ceux qui les éprouvent...
Je songeais, au cours de cette petite réflexion, que tout autant que nous sommes, chaque fois que nous acceptons de suivre docilement le grand nombre, de nous plier à une volonté qui nous est extérieure mais imposée, ou de renoncer à nos choix pour suivre ceux d'une quelconque majorité, nous admettons en même temps que nous ne sommes rien.
Au moins cela n'empêche-t-il pas la vie d'avoir ses charmes, quand bien même nous nous y faisons tant illusion.
Je crois que c'est un constat dont le for intime suffit à faire le témoin, et qu'il n'a d'autre intérêt que de relativiser ce que nous tenons pour irrémédiable aujourd'hui, et qui ne fait plus qu'une bonne histoire à raconter demain. S'en faire un principe de vie serait assez vain, mais n'en avoir aucune conscience ne l'est peut-être pas moins. Quant à l'écho qu'on doit en faire aux autres, hors les quelques occasions qui font le larron, comme ici entre nous, je n'en vois pas non plus l'intérêt, si ce n'est un certain raffinement d'orgueil qui confine au ridicule, certainement, comme tu dis, assez imbuvable en effet.
Un enfant sur 440 sera touché par un cancer avant l'âge de cinq ans...De quoi balayer nos plaintes, nos questions existentielles de vieux gratteurs de cuirs chevelus...
La vie n'est même pas une leçon, juste une absurdité naturelle, comme un brin d'herbe qui se dresse pour finir gelé.
Ta conclusion me laisse en bouche le goût amer des vérités crues. Mais je ne trouve rien à t'y répondre à rebours, tant elle constate l'évidence. Nous reste juste à savoir goûter aussi bien que nous pouvons ce qui peut l'être, et nous garder aussi proches que possible de ce qui nous semble juste et bon. C'est peu de choses, sans retour ni récompense, et c'est peut-être une raison de plus de s'y accrocher : à croire et défendre quelque chose qui ne nous rapportera rien, si ce n'est une certaine paix de l'âme.
Comme l’eau des rivières qui jamais ne s’arrête, il faut pourtant suivre son chemin à défaut de suivre le même chemin.
Il reste des mots pleins de nostalgie, pleins d’une tendresse qui ne demandait qu’à revivre.
Je te souhaite de belles rencontres, Bifane, et des mots magiques pour les escorter …
Au lieu de "qui", je demanderais plutôt de "quoi", et plutôt que d'y chercher une "faute", je tendrais à en trouver une "raison". Mais même en reformulant de la sorte la question, je crains qu'on ne puisse y répondre que très relativement, et que les réponses, par là, n'en soient toutes que très peu satisfaisantes. Il nous reste le rechange de rencontres que n'entâche aucun regret, aucune rancoeur, et dont la seule amertume qui nous reste est de les avoir vécues trop peu de temps. On n'en garde pas moins la lumière, la chaleur, et ce mélange inoubliables de sentiments extrêmement positifs, quand bien même ils n'ont duré que le temps de passer la croisée des chemins.
Je te remercie de ton souhait, Saravati, et je le fais pour toi en retour, tant il me semble qu'en une vie, le plus beau reste ce qu'on a échangé d'un être humain à l'autre, et ce qu'on en a retiré ou laissé de noblesse humaine.
Je te retrouve dans ce texte, je t'avais un peu perdu il est vrai. J'ai pu te suivre pas à pas, j'étais juste derrière toi à écouter tes pensées. Je n'y ai pas lu de tristesse, juste un beau brin de lucidité. Simple mais efficace. On ne laissera ni traces, ni empreintes..et alors? Est-ce si grave?...
Voilà justement la question à laquelle la réponse évolue dans le temps. Elle suit la tournure de l'âme, qui du grand et impérieux souci de soi, peu à peu, passe au souci de l'autre. De même qu'une fleur, en bouton d'abord, toute repliée sur elle, puis s'ouvrant et s'offrant à la fois. Et ce désir de laisser une trace, dont je me souviens fort bien que je l'avais, et qu'il me travaillait, fut un temps, m'est si bien tombé de l'âme que je n'en ressens plus rien à présent. Il n'est qu'une trace que j'aimerais laisser, infiniment éphémère par nature, mais importante à mes yeux, c'est d'avoir été pour mes filles un père passable, au moins, dont elles puissent se souvenir avec un sourire en coin de mémoire.
Le reste, les autres, le monde, mais ils nous oublient au fur et à mesure que nous allons notre chemin ! Et cela n'empêche pas le chemin d'être ce qu'il est, beau ici, laid là-bas, vivant et changeant, absurde et passionnant, peuplé d'êtres si divers, détestables et adorables, vains et vides, pleins et inoubliables... De quoi faire encore des poèmes, hein ?
Oui, de quoi écrire encore plein de poèmes, en continuant doucement notre chemin en se dévidant l'âme que je trouve soudain que l'on a pas si laide. ;)
Mes bises du jour!
Oui, quelquefois, quelque chose nous dit, apaisant, rassurant, qu'on n'est peut-être pas si moche que ça. Je m'y accroche peu, mais je n'irais pas nier le bien que ça fait... C'est sans beaucoup d'importance, comme un baiser qu'on accepterait de laisser à l'ennemi que nous sommes pour nous-mêmes.
Mes bises d'entre-fêtes, Désirée, en te souhaitant la prochaine joyeuse !
Un cadeau ? Sans le nier tout à plein, j'avoue que j'ai du mal avec cette notion... Je parlerais plutôt d'un hasard, heureux et malheureux à la fois, auquel on s'épuise vainement à chercher un sens profond, caché, qui nous dépasserait, jusqu'à renoncer à cette illusion, renoncement sans amertume, qui permet juste d'en mesurer toute l'inutilité.
Du reste, je m'applique à goûter ce qu'il y a à goûter, ce qui n'est pas un lot quotidien, loin s'en faut, le quotidien ne présentant que rarement de quoi savourer la joie de vivre. Puis il y a l'ensemble, plus ou moins satisfaisant, où j'avoue être plutôt gâté par la bonne fortune. Mais l'humain n'a-t-il pas vocation première à l'insatisfaction perpétuelle ? D'aucuns y voient quelque signe d'au-delà, j'y vois un étrange défaut, dont je me demande si d'autres animaux le partagent...
D'ailleurs en lisant ton texte (et avant d'arriver au bout of course !) j'me disais que ça rappelait un lac ou un truc du genre, avec ses ronds concentriques qui ondulent sur la surface qd on jette un caillou puis qui redevient lisse et impénétrable dès que tout se calme, comme s'il ne s'était jamais rien passé. Mort et vivant à la fois, né et à naitre, vibrant et statique, un paradoxe quelque part où la fourmi devient la montagne et la montagne un reflet qui se dissipe dans l'eau.
Bon. T'as dit eau qui coule. T'aurais dit sable, là j'aurais pu penser aux dunes qui flirtent avec le vent mais t'as dit eau qui coule, alors à chacun son ruisseau et son océan.
Une idée, Kodama. Riche, je n'irais pas jusque là. D'autres en ont d'infiniment plus riches, je suppose, mais qui ne m'intéressent pas, et que je leur laisse sans jalousie. En attendant, je continue de me sentir moins mort que vif, et quant à naître et renaître, j'y préfère une idée d'évolution à très long terme, la renaissance m'évoquant l'oubli de ce qui précède, et ne voulant, tant que faire se peut, rien oublier en chemin.
Dans cette idée de partage, tu te doutes bien que je te rejoins sans hésitation. Au reste, nos essentiels, et jusqu'aux plus inébranlables, sont rarement tous en réunion dans nos instants quotidiens, encore qu'ils nous donnent la raison de les subir, voire de les aborder de bon gré.
Mais c'est bien le moment de les rappeler à nos mémoires, à l'heure des voeux que nous appelons toujours les meilleurs. Aussi bien, je me joins à ton idée pour nous souhaiter à tous et à chacun de nous en souvenir plus souvent, s'il se peut, et d'y trouver l'aliment de notre courage pour ne pas trop nous plaindre.
Belle année à toi, Cagire !
Je te souhaite une soirée tranquille et joyeuse, et puis une année féconde en amour et en poésie...
Nous finirons, oui, et les choses qui nous auront réjoui aussi, à l'évidence. Je songe qu'il y a peut-être à chercher ailleurs qu'en éternité le poids et la valeur de nos vies, puisqu'il est certain qu'au bout du compte, tout rejoint le néant dont nous sommes issus. Peut-être notre échelle de valeur s'attache-t-elle trop à cette ambition rêveuse d'éternité, inclinés que nous y sommes par notre culture, dont un Eternel fut longtemps l'élément central, avant que de tomber dans la désuétude qui, selon moi, lui sied le mieux. C'est une bonne chose. Une autre, peut-être, serait de n'accorder aucun crédit supplémentaire à ce qui dure. Je connais des sentiments très éphémères qui n'en furent pas moins absolument lumineux, des êtres aussi qui ne firent que passer et qui n'en laissent pas moins une empreinte infiniment plus précieuse que d'autres que nous croisons tous les jours et des années durant. Nous pourrions multiplier les exemples de la beauté de l'éphémère, qui iraient tous à l'encontre de ce qui prétend n'être jamais corrompu par le temps. Je tiens qu'il suffit d'y penser un peu pour nous apercevoir que l'éternité, vain mot, non plus que la longueur du temps, ne signifient grand' chose par eux-mêmes.
Je te souhaite moi aussi une très heureuse et surprenante année, Sophie, et m'excuse de n'avoir encore rien dit de ton nouvel écrit. Je n'ai eu le temps que de le lire une fois, et j'aime toujours à te lire au moins deux fois, pour mieux me pénétrer de ton inspiration, avant de me permettre d'en dire quelque chose. A très bientôt donc !
Mes meilleurs voeux en retour, Isabelle ! Et que vivent les arts, tous les arts, et tout ce qui tend à rendre l'humanité meilleure.
Mes plus jolis souhaits pour toi mon ami et ta gentille petite famille et pour tous celles et ceux d'ici :)
Merci beaucoup, ma chère amie ! J'espère que 2011 te sera une grande et bonne année, où retrouver le sourire sur tous les sourcillements et les inquiétudes des années précédentes. Et que ta petite famille profite d'une meilleure fortune, dans la santé, oui, puisqu'elle est d'une importance si évidente, et pour le reste aussi, qui, quoique venant après, nous est toujours assez utile à vivre plus joyeusement.
Mes bises, et à très bientôt !
Oh tiens ! Je ne me souvenais plus que nous en étions au voussoiement avec vous aussi ? Mais ne vous en remercie pas moins de vos voeux, Maria-D, pour cette nouvelle année que je vous souhaite très belle aussi, et grande en inspiration !
émouvant a été créé par toi et ne l'aurait pas été par quelqu'un d'autre.Tu es une goutte qui, ajoutée aux autres,
constitue, à un moment donné, le fleuve de la vie. Tu es donc indispensable ne serait ce que par tes écrits tu nous obliges à nous interroger sur nous mêmes et sur le monde.
Je te souhaite une belle année 2011.
Je doute qu'on puisse m'accorder tant d'importance que tu dis, mais c'est bien aimable, et je te souhaite moi aussi une belle année 2011, Renaud.
Mais on sait très bien aussi le gris perlé des chants matinaux, celui qui, à peine teinté de rose, fait écrire les premiers mots du jour, pour nous, pour l'autre et pour sa peau.
Rien que pour cela il faudra écrire "Comme on commence".
Belle année MMXI, mon ami.
Arthémisia
Je me demande si l'on ne commence pas un peu là où, justement, on prend conscience de finir ? Mais tu as raison, il faudrait l'écrire aussi, ce commencement, puisqu'il paraît nous ouvrir sur autre chose, même dans la façon que je dis...
Je te souhaite une année heureuse et riche en inspirations, Arthi, et te remercie de ta visite
Mais je crois que certains parmi la foule, poètes justement, artistes en tous genres... ne partent jamais vraiment.
Une partie d'eux s'en va vivre d'autres expérience, s'émouvoir d'autres horizons, partager d'autres âmes...
Mais ce qu'ils ont laissé là, comme autant de partages, restera, quoi qu'ils en pensent.
Je suis venu te souhaiter tous mes vœux de bonheur mon ami. De la sérénité, de la beauté, de la tendresse... Rien qui ne soit inaccessible ! Juste ce qui permet à la vie d'avancer sans trop de heurts.
Oui, avancer sans trop de heurts, et sans trop de précipitations non plus. Me semble que c'est à vouloir aller trop vite que nous viennent les regrets de n'avoir pas vécu assez ce que nous traversons... Je te souhaite une année qui puisse t'apporter autant de joies que de paix et de sérénité, avec aussi quelques pointes de justice, enfin, et qu'elles puissent résoudre et achever ce qui s'est si longtemps noué et emmêlé pour toi et les tiens, ces dernières années.
Avec de grosses bises !
Bises attentives
Oui, c'est bon, et c'est rassurant. Mais je songe, pour revenir à mon idée précédente, que certaines amitiés éphémères, quoique passées et laissées en arrière, ne m'en laissent pas moins de bons souvenirs, et certainement quelques chaleurs au coeur qui continuent de l'incliner vers de bons penchants.
Bises souriantes
Je ne te voudrais pas amère mais qu'est ce qu'on est pour comprendre ou souhaiter quelque chose des autres dans ce monde virtuel...
je suis moi même peut être pas amer du moins sceptique
Merci d'être venu dans mon désert!
Un jour quelque part sur la route de la fraternité!
L'amertume n'est, ou ne doit être, qu'un sentiment passager. Il n'est jamais bon de la laisser s'installer comme chez soi : elle n'amène rien et elle dévore tout.
Le monde virtuel ne m'a jamais paru très différent du monde réel. Tout ce qu'on y reproche aux gens ne se retrouve-t-il pas aussi bien dans nos quotidiens palpables ? De même ce qu'on aime chez eux. Le grand avantage du Net étant de nous permettre de croiser des personnes qui ne gravitent pas, ordinairement, dans notre cercle restreint de relations. D'où j'en arrive à la conclusion que le virtuel offre ses propres avantages, inaccessibles dans le réel, quand bien même l'inverse n'est pas moins vrai.
Je repasserai encore chez toi, Estourelle. Je ne suis plus assidu nulle part, ces derniers temps, consacrant le peu de loisirs que j'ai à la grande et longue lecture d'une passionnante saga historique, dont je ne suis pas encore près de sortir le nez. Mais je n'oublie pas pour autant ceux que j'ai croisés ici ou découvert chez eux, tant j'y ai pris de plaisir aussi.
A bientôt donc, en te souhaitant une bonne année 2011.
Bises de mercredi, ami poète.
Nous partageons donc ces inconvénients propres aux déracinés, ma chère Sophie ! Beaucoup de monde en arrière, oui, et tant de chemins tracés aux quatre vents... Il n'empêche, chacun de ces compagnons de voyage m'a laissé quelque chose au coeur, que je m'applique à ne pas oublier. C'est souvent un bon revers aux humeurs sombres, quand on est tenté de rejeter le monde en bloc. Dans ce grand sac où l'on jeterait bien le tout, il ne se peut qu'il n'y ait encore, chaque fois, quelques babioles précieuses mélangées au reste.
Mes bises du même jour, amie philosophe !
Du moins y en a-t-il apparence, du moins.
Je vous souhaite une bonne année, Aléna !
Bise bissée
Fortune de France, un grand roman historique de Robert Merle, en 13 volumes, auxquels son fils, Olivier Merle, en a ajouté un quatorzième. Elle s'étend sur plusieurs générations, je crois, mais je n'en suis qu'à la première, qui va jusqu'au sixième volume. Je crois que le suivant repart avec le fils du héros dont on a suivi les péripéties dans les volumes précédents. Celui qu'a ajouté Olivier Merle, le fils, revient d'ailleurs sur cette période-là, vue d'un autre regard, par un personnage créé par son père, Robert Merle, et qui ne quitte pas le héros d'une semelle, dès avant le début du deuxième volume.
Au début, on en est à la mort de François I°, et le dernier volume, d'après le quatrième de couverture, aborde le temps de Louis XIV. Tout le génie de Robert Merle a été de greffer à l'Histoire de France un personnage de sa création, lequel, par ses relations étroites avec les princes de son temps, nous les fait découvrir. En ce moment, je suis avec Henri IV, au début de son règne, juste après le siège de Laon et la reddition de Reims. C'est tout à fait captivant, au point que le soir, je ne regarde plus le programme télé que pour m'assurer qu'il n'y a vraiment rien à voir d'extraordinaire, pour pouvoir me replonger le coeur content dans les aventures de Pierre de Siorac, le héros, et son compagnon Miroul.
Au fil des pages, on retrouve toute une brassée de personnages, tous créés par Robert Merle, qui croisent de vraies figures historiques, comme Ambroise Parée, Montaigne, et puis les grands du siècle, la Médicis, les frères de la maison de Guise, les rois, bien sûr, ceux de France, mais aussi les têtes couronnées d'Angleterre et d'Espagne, les papes de Rome... Je survole grossièrement, juste pour t'en donner une idée.
De l'auteur, j'avais déjà lu tous les romans. J'aime bien son style, à la fois captivant et simple. Je me gardais ce gros morceau pour plus tard. Et m'y voilà. J'ai attaqué la grande saga vers la fin novembre, et j'en lis les volumes les uns derrière les autres. Celui qu'a ajouté Olivier Merle doit logiquement s'intercaler entre le sixième et septième. Le sixième devait être le dernier, comme l'auteur l'annonce au début du roman. Mais il en a eu encore sept autres après. Ceux-là, je suppose qu'ils mettent en scène les ou l'un des fils de Pierre de Siorac. Olivier Merle, lui, a voulu donner la parole à Miroul, fidèle compagnon de Pierre de Siorac, à la fois son valet et son ami, partant de l'un pour devenir l'autre, et finalement plus qu'un ami même, au fil du temps.
Avec ça, outre le roman lui-même, je me prends de passion pour l'Histoire, en cherchant à en savoir davantage sur certains passages, certains personnages. Je me suis d'abord un peu cassé le nez sur Wikipédia, qui déblatère vraiment un grand tissu d'âneries incroyable, et puis j'ai trouvé un autre site beaucoup mieux documenté, et de plus beaucoup mieux écrit, Wikipédia étant là aussi parfaitement imbuvable. Le site qui vaut le détour, c'est Mémo : tu y trouves des informations fiables, et tu peux t'amuser à sauter de liens en liens, d'un personnage à un autre, en passant par tel événement auquel un article a été consacré...
Bref, de quoi s'amuser...
Mes bises !
Ah bon ? Le blog ferme ? Mince alors...
Bonne année à toi aussi, Renée, avec mes bises !
Si tu aimes ça, tu devrais adorer Fortune de France. C'était le titre du premier de la série, lequel a donné son nom à l'ensemble. "En nos vertes années" est le deuxième, quand il quitte le château de Mespech pour aller étudier à Montpellier, avec son frère Samson et leur valet Miroul, ce dernier prenant là son rôle dans l'histoire, lequel ne cessera de gagner en importance. D'autres personnages apparaissent dans le deuxième volume que Pierre va retrouver tout au long des volumes suivants. Ah ! c'est une grande aventure que ces romans. Je m'en vais justement retrouver celui que je lis en ce moment.
Bonne nuit, Désirée, et bonne lecture !
Tout commence et tout finit...un jour
qualité de regard et mots choisis
tant a été dit
je souhaite juste que tu continues d'écrire
et te souhaite une veine créatrice qui saigne abondamment en 2011, nous nous nourrisons de plein de choses de nos vies mais pas indifférents à celles des autres.
Belle image, Thierry, que cette saignée à la veine créatrice ! Je te remercie de ce bon voeu, et te souhaite en retour une belle année 2011, ce qui est moins joliment trouvé, mais non moins sincère.
Le siècle suivant n'est pas mal non plus, ni celui qui vient après. En fait, sur quelque époque qu'on se penche dans l'Histoire, se trouvent toujours quelques personnages dignes d'intérêt, d'autres calculateurs et rusés, d'autres cruels et malades d'humanité. Mais la manière qu'avait Robert Merle de l'aborder est un pur régal. J'espère que son fils aura repris le flambeau avec autant de talent, ce que je ne vais pas tarder à savoir, arrivant justement au bout du sixième volume, où celui d'Olivier Merle doit s'intercaler. J'ai failli le lire plus tôt même, mais j'ai bien vu, dès les premières lignes, qu'il me dévoilait des choses qui n'étaient pas encore arrivées, les personnages étant arrivés à un âge déjà bien mûr.
Pour l'heure, Amiens vient d'être reprise par les Ligueux, et je m'en vais voir comment le roi Henri IV va organiser la riposte ! En te souhaitant une bien bonne soirée !
ne pas déranger pour ne pas se faire remarquer...
être rien c'est peut-être la condition pour être libre ?
bises poète
Il y a des silences dont il faut se méfier : ils ressemblent tant à l'indifférence...
Mes bises en retour, Saadou !
Non il faut se toucher, se découvrir dans les deux sens et sanscrit ou pas s'inscrire dans une lignée, dans une descendance qui sans être toujours transcendante peut nous faire approcher non des sommets mais des extrémités de nous même.
Quel plus beau voyage que de faire le tour de soi même, même si pour cela il y faut une vie !
J'aimerai t'envoyer mon opus "Impression de parcours"
un singulier pour un pluriel, des rencontres et des quêtes, pas de conquêtes car à quoi bon !
bientôt sur books on demand mais free of charge en version électronique, dès que j'aurais rajouté des illustrations originales de 1917-1922 sous forme de dessins aquarellés.
158 pages et 85 textes plus loin tu sauras un peu mieux mon chemin, d'où je viens, où je vais je ne sais, ce n'est pas la question, c'est avec toi que j'ai envie de partager.
Sinon rendez vous sur "cimes det délires" mais envoies moi ton mail direct à mon adresse à laquelle tu peux accéder, car de mon côté j'arrive pas à me connecter.
bien à toi
Je te remercie, Thierry, et je ne voudrais pas que tu prennes ombrage de ma réponse, qui ne sera peut-être pas celle que tu attends.
Ce n'est pas que je répugne à découvrir de nouveaux auteurs, mais le plus souvent, c'est quelque chose dans ce que j'ai pu en lire, ici sur le Net, qui m'incline à en vouloir davantage. Ce quelque chose de personnel, cette création pure des quelques amateurs dont je suis les nouveautés, avec plus ou moins de bonheur, sur les blogs qu'ils cultivent comme leur petit jardin. C'est leur style, leur griffe, qui me séduit et que j'aime lire, au point d'avoir le désir de les lire comme de vrais auteurs, ce qu'ils sont à mes yeux, quoique les éditeurs ne veuillent pas les reconnaître.
Il est rare que des commentaires m'inspirent autant. Souvent, ils m'entraînent à découvrir l'univers de leur auteur, mais quand ils n'en ont pas, le seul écho de ce qu'ils m'écrivent est insuffisant à me donner cette envie de les lire.
De plus, je dois t'avouer que mes goûts littéraires me portent très peu à l'appréciation des jeux de mots, que tu affectionnes particulièrement, et qui sont, certes, un exercice remarquable pour celui qui s'y livre, mais qui me laissent assez indifférent et parfois me lassent, à force d'emmêler le sens et l'apparence. Je leur reproche de sacrifier le fond pour la forme, et que cette forme même produise une suite de distractions trop semblables. C'est un peu comme ces petites séries comiques, qui durent à peine quelque minutes et nous font rire aux éclats. Dès qu'on tente de les réunir pour une diffusion plus longue, l'effet comique s'y perd, et la lassitude prend la place de l'amusement. L'art des jeux de mots me fait le même effet.
Je ne voudrais pas te blesser par cette réponse, mais parmi les raisons que j'ai de tenir ce blog, il y a le privilège d'y trouver un lieu où je puis être tout à fait moi, sans affectation. Un espace à la fois public et intime, où je n'ai pas à jouer un rôle ou livrer des grimaces de circonstances, et je tiens beaucoup à cette liberté, où l'hypocrisie n'a pas sa place. Je n'ai donc pas voulu répondre par simple politesse, en affectant un intérêt que je n'éprouve pas, si aimable et généreuse soit ton offre, dont je te remercie sincèrement.