Lundi 13 septembre 2010 1 13 /09 /Sep /2010 11:38

Les flambeaux s'éteignaient

          de nos mémoires,

          à dérouter le temps,

          semé de sursis en bordure...

Des chimères saignaient

          en exutoire,

          à ton corps défendant

          son or de silhouette pure.

 

Nous laissions nous trahir

          d'entre nos veines

          ce sel brûlant

          à suer de nos épidermes...

Jusqu'aux larmes du jouir

          qui se retiennent

          en frisson haletant,

          quand nos morsures se referment.

 

Je coulais de tes doigts

          comme une langue

          à meurtrir d'abandon

          pour la dévouer de revanche.

Se nouer, toi et moi,

          les corps exsangues,

          épuisés d'unisson,

          noyés aux vagues de nos hanches.

 

 

Publié dans : Ceux qui s'aiment...
En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres
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Commentaires

Que dire, dire quelquechose, ou ressentir, oui je ressens

"Je coulais de tes doigts
comme une langue
à meurtrir d'abandon "

c'est magnifique, j'aurais voulu le dire, j'ai du le ressentir et ne pas savoirle dire.

Une poésie qui me touche
Commentaire n°1 posté par lutin le 13/09/2010 à 13h01

Merci Lutin. Je suis un peu comme toi : sur ce genre de poésie, je ne sais jamais trop quoi dire. Juste qu'on la ressent ou pas, qu'elle nous parle ou non, qu'elle répond à quelque chose en nous. Si c'est le cas, et ça semble l'être, c'est réussi !

Réponse de Bifane le 13/09/2010 à 13h12
La première strophe mmmmh ... "sursis en bordure" ... "or de silhouette pure".
Pour la suite, me suis heurtée aux mots "épiderme" et "hanche", tout à coup.
Et puis maintenant à le relire et relire, je les aime, j'y vois une écriture masculine peut-être, je ne sais pas ... ça me fais penser en tout cas :)
Commentaire n°2 posté par Isabelle C le 14/09/2010 à 01h24

Pourtant, l'épiderme, les hanches... ce sont là des choses bien agréables à mon sens... Un sens peut-être masculin alors ? Merci de votre lecture, Isabelle ! 

Réponse de Bifane le 14/09/2010 à 07h35
Les chimères saignent trop souvent
Et les corps se défendent trop bien...
Commentaire n°3 posté par La vieille dame le 14/09/2010 à 11h55

Pas que les corps...

Et d'ailleurs, pas que les chimères non plus...

 

Réponse de Bifane le 14/09/2010 à 12h20
Amusant, parce que j'ai écrit un truc qui ressemble à ça... je ne sais plus quand, ni le titre, mais du sel aussi!... :)
Commentaire n°4 posté par aléna le 14/09/2010 à 15h43

Celui du goût de la peau est particulièrement marquant, je trouve.

Réponse de Bifane le 14/09/2010 à 16h04
toujopurs toujours de beaux mots merci et bonne semaine
Commentaire n°5 posté par Renée le 19/09/2010 à 17h20

Merci Renée, et bonne semaine à toi aussi.

Réponse de Bifane le 20/09/2010 à 10h23

Présentation

L'écriture

Ce presque rien de l'écriture, ce souffle d'air dans les méandres brumeux de nos âmes. 

 

Rares sont les paroles qui ne puissent être infiniment mieux exprimées par la plume. Et il n'est pas une attention à l'autre plus entière que dans le moment de lui écrire, si ce n'est en celui de lui faire l'amour.

Nous avons encore perdu...

                    de Pablo Neruda

 

 

Nous avons encore perdu le crépuscule

Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies

pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.

 

J'ai vu de ma fenêtre

la fête du couchant sur les côteaux lointains

 

Parfois, ainsi qu'une médaille

s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.

 

Et je me souvenais de toi le coeur serré

triste de la tristesse à moi que tu connais.

 

Où étais-tu alors ?

Et parmi quelles gens ?

Quels mots prononçais-tu ?

Pourquoi peut me venir tout l'amour d'un seul coup,

lorsque je me sens triste et te connais lointaine ?

 

Le livre a chu qu'on prend toujours au crépuscule,

ma cape, chien blessé, à mes pieds a roulé.

 

Tu t'éloignes toujours et toujours dans le soir

vers où la nuit se hâte effaçant les statues.

 

Sagesse amérindienne

                    d' Oriah Mountain Dreamer (un vieil indien

 

 

Je ne m'intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,

Je veux savoir à quoi tu aspires,

Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton coeur.

 

Je ne m'intéresse pas à ton âge.

Je veux savoir si, pour la quête de l'amour et de tes rêves,

Pour l'aventure de te sentir vivre,

Tu prendras le risque d'être considéré comme fou.

 

Je ne m'intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.

Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,

Si les trahisons vécues t'ont ouvert,

Ou si tu t'es fané et renfermé par crainte de blessures ultérieures.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,

Sans t'agiter pour la cacher, l'amoindrir ou la fixer.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,

Si tu oses danser, envahi par l'extase jusqu'au bout des doigts et des orteils,

Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.

 

Je ne m'intéresse pas à la véracité de l'histoire que tu racontes.

Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même,

Si tu supportes l'accusation d'une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.

 

Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres,

Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien ou le mien,

Et malgré cela rester debout au bord du lac

Et crier : "Oui !" au disque argenté de la lune.

 

Je ne m'intéresse pas à l'endroit où tu vis, ni à la quantité d'argent que tu as.

Je veux savoir si, après une nuit de chagrin et de désespoir,

Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.

Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.

Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur, lorsque tout le reste s'écroule.

 

Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,

Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments vides.

 

Le poète...

                    de Tadeusz Rozewicz (Poète polonais)

 

 

Le poète est à la fois celui qui écrit des poèmes

et celui qui n'en écrit pas

 

Le poète est celui qui secoue les chaînes

et celui qui s'en charge

 

Le poète est celui qui croit

et celui qui ne peut croire

 

Le poète est celui qui a menti

et celui à qui on a menti

 

Le poète est celui qui mangeait dans la main

et celui qui a coupé les mains

 

Le poète est celui qui s'en va

et celui qui ne peut s'en aller

   

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