C'est du liquide en mouvement
que d'autres voient sans regarder,
comme on fait dans les rues
des trous-du-cul du monde...
Comme on se ment,
comme on croit retarder
l'heure venue
de sortir de la ronde...
Et puis ça bouge lentement,
sable des oublis attardés
qui de même nous tue
en amnésie profonde...
Quelques instants,
je me suis lézardé,
à ma peau nue,
la tienne comme l'onde...
Cette vieille ruse toujours
pour mieux tromper nos vieilles peurs,
mensonge de survie
ou miracle peut-être ?
Un autre jour,
je croirai en mon coeur,
une infinie
tendresse à me promettre...
On prétend qu'on a fait le tour
de tous les possibles ailleurs,
qu'il n'y a plus d'envie,
plus rien à reconnaître
d'un monde sourd
et perclus de douleurs...
Et puis la vie...
La passion de renaître...
Ce presque rien de l'écriture, ce souffle d'air dans les méandres brumeux de nos âmes.
Rares sont les paroles qui ne puissent être infiniment mieux exprimées par la plume. Et il n'est pas une attention à l'autre plus entière que dans le moment de lui écrire, si ce n'est en celui de lui faire l'amour.
de Pablo Neruda
Nous avons encore perdu le crépuscule
Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies
pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.
J'ai vu de ma fenêtre
la fête du couchant sur les côteaux lointains
Parfois, ainsi qu'une médaille
s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.
Et je me souvenais de toi le coeur serré
triste de la tristesse à moi que tu connais.
Où étais-tu alors ?
Et parmi quelles gens ?
Quels mots prononçais-tu ?
Pourquoi peut me venir tout l'amour d'un seul coup,
lorsque je me sens triste et te connais lointaine ?
Le livre a chu qu'on prend toujours au crépuscule,
ma cape, chien blessé, à mes pieds a roulé.
Tu t'éloignes toujours et toujours dans le soir
vers où la nuit se hâte effaçant les statues.
d' Oriah Mountain Dreamer (un vieil indien)
Je ne m'intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,
Je veux savoir à quoi tu aspires,
Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton coeur.
Je ne m'intéresse pas à ton âge.
Je veux savoir si, pour la quête de l'amour et de tes rêves,
Pour l'aventure de te sentir vivre,
Tu prendras le risque d'être considéré comme fou.
Je ne m'intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.
Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,
Si les trahisons vécues t'ont ouvert,
Ou si tu t'es fané et renfermé par crainte de blessures ultérieures.
Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,
Sans t'agiter pour la cacher, l'amoindrir ou la fixer.
Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,
Si tu oses danser, envahi par l'extase jusqu'au bout des doigts et des orteils,
Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.
Je ne m'intéresse pas à la véracité de l'histoire que tu racontes.
Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même,
Si tu supportes l'accusation d'une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.
Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres,
Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.
Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien ou le mien,
Et malgré cela rester debout au bord du lac
Et crier : "Oui !" au disque argenté de la lune.
Je ne m'intéresse pas à l'endroit où tu vis, ni à la quantité d'argent que tu as.
Je veux savoir si, après une nuit de chagrin et de désespoir,
Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.
Je ne m'intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.
Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.
Je ne m'intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.
Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur, lorsque tout le reste s'écroule.
Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,
Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments vides.
de Tadeusz Rozewicz (Poète polonais)
Le poète est à la fois celui qui écrit des poèmes
et celui qui n'en écrit pas
Le poète est celui qui secoue les chaînes
et celui qui s'en charge
Le poète est celui qui croit
et celui qui ne peut croire
Le poète est celui qui a menti
et celui à qui on a menti
Le poète est celui qui mangeait dans la main
et celui qui a coupé les mains
Le poète est celui qui s'en va
et celui qui ne peut s'en aller
Celle -là quand elle nous tient ;)
Ce qui nous tient... Je me demandais, en songeant à ça, si c'était plus un reste de naïveté d'enfance ou quelque soupçon indéfinissable de sagesse surhumaine ?
En tout cas aimerais-je l'avoir, mais je me demande si ce n'est pas encore un de ces sales trucs qui se commandent difficilement... Le truc alors serait de se convaincre qu'on l'a, comme d'autres se persuadent d'être brillants, qui t'assommeraient un boeuf d'ennui... Heu... ça va, ça, comme image ?
Et bon, pour le plein soleil, on va attendre vendredi après-midi, où qu'il va se passer un truc, ou pas, selon mon talent à vendre ma bidoche, selon ce que les autres en face attendront, quelle sera leur ouverture, quelles sont mes chances... En l'occurrence, elles sont déjà passées à un niveau supérieur à celui que je m'accordais au début de l'aventure, puisqu'on m'a rappelé et qu'on me convoque. Aha ! Si, si si, c'est un premier pas : on ne convoque que ceux qui présentent un intérêt, qui pourraient faire l'affaire, bref, qui ont... une chance.
Faut se caler sérieusement pour pas la perdre, encore faut-il savoir en quel sens... Il faudra improviser sur le terrain, sur le moment. Tu vois si ça me travaille... c'est pas vieux : ça date de ce matin... Mince alors, si seulement... hein... si seulement...
La suite au prochain épisode, donc !
Je serai là pour te donner une petite poussette amicale si tu en as besoin ;) en attendant je vais croiser mes petits doigts en pensant à toi!
Bises
Est-ce pour ça que l'homme libre est censé la chérir ?
En tout cas, elle inspire, c'est certain.
Heureuse de te retrouver.
Je ne sais... Il m'arrive aussi de songer au ridicule qu'il y a dans ces vaines résistances, mais c'est un point de vue plus sombre qu'il faut peut-être se garder de trop entendre...
Merci de ta visite, Maria-D.
Je t'embrasse, ami Bifane.
Alors, s'ils sont bien là, si la réponse, tentante il est vrai, est bien celle-là, peut-être en viendrons-nous à nous demander où trouver le courage de retourner en soi, de s'y retrouver soi-même et d'agir en conscience... Tout ça me donne des humeurs de Sisyphe, quand j'y pense...
Mes bises, Cagire !
Oui même pour ceux qui ne viennent pas souvent
on a besoin de poésie de rêve
du berceau des mots
Merci de venir les chercher ici de temps à autre, Adeline.