Lundi 12 septembre 2011 1 12 /09 /Sep /2011 13:07

C'est du liquide en mouvement

          que d'autres voient sans regarder,

          comme on fait dans les rues

          des trous-du-cul du monde...

Comme on se ment,

          comme on croit retarder

          l'heure venue

          de sortir de la ronde...

 

Et puis ça bouge lentement,

          sable des oublis attardés

          qui de même nous tue

          en amnésie profonde...

Quelques instants,

          je me suis lézardé,

          à ma peau nue,

          la tienne comme l'onde...

 

Cette vieille ruse toujours

          pour mieux tromper nos vieilles peurs,

          mensonge de survie

          ou miracle peut-être ?

Un autre jour,

          je croirai en mon coeur,

          une infinie

          tendresse à me promettre...

 

On prétend qu'on a fait le tour

          de tous les possibles ailleurs,

          qu'il n'y a plus d'envie,

          plus rien à reconnaître

          d'un monde sourd

          et perclus de douleurs...

Et puis la vie...

                    La passion de renaître...

 

 

Publié dans : Ceux qui espèrent des nuages
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Commentaires

"Et puis la vie"...

Celle -là quand elle nous tient ;)
Commentaire n°1 posté par La vieille dame le 12/09/2011 à 14h44

Ce qui nous tient... Je me demandais, en songeant à ça, si c'était plus un reste de naïveté d'enfance ou quelque soupçon indéfinissable de sagesse surhumaine ?

Réponse de Bifane le 12/09/2011 à 15h58
J'espère que tu l'as farouchement, âprement, la passion de renaître. Me revient toujours l'envie d'écarter le rideau gris et de revenir en plein soleil...
Commentaire n°2 posté par Désirée le 12/09/2011 à 14h44

En tout cas aimerais-je l'avoir, mais je me demande si ce n'est pas encore un de ces sales trucs qui se commandent difficilement... Le truc alors serait de se convaincre qu'on l'a, comme d'autres se persuadent d'être brillants, qui t'assommeraient un boeuf d'ennui... Heu... ça va, ça, comme image ?

Et bon, pour le plein soleil, on va attendre vendredi après-midi, où qu'il va se passer un truc, ou pas, selon mon talent à vendre ma bidoche, selon ce que les autres en face attendront, quelle sera leur ouverture, quelles sont mes chances... En l'occurrence, elles sont déjà passées à un niveau supérieur à celui que je m'accordais au début de l'aventure, puisqu'on m'a rappelé et qu'on me convoque. Aha ! Si, si si, c'est un premier pas : on ne convoque que ceux qui présentent un intérêt, qui pourraient faire l'affaire, bref, qui ont... une chance.

Faut se caler sérieusement pour pas la perdre, encore faut-il savoir en quel sens... Il faudra improviser sur le terrain, sur le moment. Tu vois si ça me travaille... c'est pas vieux : ça date de ce matin... Mince alors, si seulement... hein... si seulement...

La suite au prochain épisode, donc !

Réponse de Bifane le 12/09/2011 à 16h28
Mais même si cette chance là foirait, ce ne serait que partie remise parce que rappelle-toi et accroches-toi à cette image: sur le métier cent fois remets ton ouvrage. Un jour, ça finit par payer l'opiniâtreté.

Je serai là pour te donner une petite poussette amicale si tu en as besoin ;) en attendant je vais croiser mes petits doigts en pensant à toi!

Bises
Commentaire n°3 posté par Désirée le 12/09/2011 à 18h13
cela me fait penser à la mer quoiqu'il arrive elle reprend son calme et toujours présente, nul ne pourra la déloger, elle bouge comme nous le faisons, nous sommes liquide autant qu'elle
Commentaire n°4 posté par lutin le 13/09/2011 à 14h37

Est-ce pour ça que l'homme libre est censé la chérir ?

En tout cas, elle inspire, c'est certain.

Réponse de Bifane le 13/09/2011 à 16h12
"La passion de renaître... " là est l'essentiel...

Heureuse de te retrouver.
Commentaire n°5 posté par Maria-D le 21/09/2011 à 22h21

Je ne sais... Il m'arrive aussi de songer au ridicule qu'il y a dans ces vaines résistances, mais c'est un point de vue plus sombre qu'il faut peut-être se garder de trop entendre...

Merci de ta visite, Maria-D.

Réponse de Bifane le 23/09/2011 à 12h20
Poème étrange, et fort, et qui me parle plus à chaque nouvelle lecture... Des mensonges et des miracles, croire et ne pas croire, en soi, en la vie... Des possibles ailleurs dont on croit avoir fait le tour, et puis non... on oscille entre espoir et désespoir, je suis comme ça moi aussi, et puis, si tous les possibles... étaient avant tout en soi et pas ailleurs ?
Je t'embrasse, ami Bifane.
Commentaire n°6 posté par Cagire le 22/09/2011 à 10h54

Alors, s'ils sont bien là, si la réponse, tentante il est vrai, est bien celle-là, peut-être en viendrons-nous à nous demander où trouver le courage de retourner en soi, de s'y retrouver soi-même et d'agir en conscience... Tout ça me donne des humeurs de Sisyphe, quand j'y pense...

Mes bises, Cagire !

Réponse de Bifane le 23/09/2011 à 12h23
encore ...
Oui même pour ceux qui ne viennent pas souvent
on a besoin de poésie de rêve
du berceau des mots
Commentaire n°7 posté par adeline le 29/10/2011 à 17h33

Merci de venir les chercher ici de temps à autre, Adeline.

Réponse de Bifane le 30/10/2011 à 08h54

Présentation

L'écriture

Ce presque rien de l'écriture, ce souffle d'air dans les méandres brumeux de nos âmes. 

 

Rares sont les paroles qui ne puissent être infiniment mieux exprimées par la plume. Et il n'est pas une attention à l'autre plus entière que dans le moment de lui écrire, si ce n'est en celui de lui faire l'amour.

Nous avons encore perdu...

                    de Pablo Neruda

 

 

Nous avons encore perdu le crépuscule

Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies

pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.

 

J'ai vu de ma fenêtre

la fête du couchant sur les côteaux lointains

 

Parfois, ainsi qu'une médaille

s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.

 

Et je me souvenais de toi le coeur serré

triste de la tristesse à moi que tu connais.

 

Où étais-tu alors ?

Et parmi quelles gens ?

Quels mots prononçais-tu ?

Pourquoi peut me venir tout l'amour d'un seul coup,

lorsque je me sens triste et te connais lointaine ?

 

Le livre a chu qu'on prend toujours au crépuscule,

ma cape, chien blessé, à mes pieds a roulé.

 

Tu t'éloignes toujours et toujours dans le soir

vers où la nuit se hâte effaçant les statues.

 

Sagesse amérindienne

                    d' Oriah Mountain Dreamer (un vieil indien

 

 

Je ne m'intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,

Je veux savoir à quoi tu aspires,

Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton coeur.

 

Je ne m'intéresse pas à ton âge.

Je veux savoir si, pour la quête de l'amour et de tes rêves,

Pour l'aventure de te sentir vivre,

Tu prendras le risque d'être considéré comme fou.

 

Je ne m'intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.

Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,

Si les trahisons vécues t'ont ouvert,

Ou si tu t'es fané et renfermé par crainte de blessures ultérieures.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,

Sans t'agiter pour la cacher, l'amoindrir ou la fixer.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,

Si tu oses danser, envahi par l'extase jusqu'au bout des doigts et des orteils,

Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.

 

Je ne m'intéresse pas à la véracité de l'histoire que tu racontes.

Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même,

Si tu supportes l'accusation d'une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.

 

Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres,

Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien ou le mien,

Et malgré cela rester debout au bord du lac

Et crier : "Oui !" au disque argenté de la lune.

 

Je ne m'intéresse pas à l'endroit où tu vis, ni à la quantité d'argent que tu as.

Je veux savoir si, après une nuit de chagrin et de désespoir,

Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.

Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.

Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur, lorsque tout le reste s'écroule.

 

Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,

Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments vides.

 

Le poète...

                    de Tadeusz Rozewicz (Poète polonais)

 

 

Le poète est à la fois celui qui écrit des poèmes

et celui qui n'en écrit pas

 

Le poète est celui qui secoue les chaînes

et celui qui s'en charge

 

Le poète est celui qui croit

et celui qui ne peut croire

 

Le poète est celui qui a menti

et celui à qui on a menti

 

Le poète est celui qui mangeait dans la main

et celui qui a coupé les mains

 

Le poète est celui qui s'en va

et celui qui ne peut s'en aller

   

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