C'est pas facile,
on articule ça
dans le vertige des promesses
des bornes à braver,
où se mutile
en crânerie, l'éclat
perdu de la belle noblesse,
ses défis relevés...
En lisière, interdit, le rêve éblouissant
des ultimes peut-être...
Cette confiance alors, cet amour désarmant,
le temps de disparaître...
Comment ça crève,
un sentiment d'espoir ?
Quelle armure qui ne s'y brise ?
La légende d'antan,
tellement brève,
morte sans au revoir,
et puis le temps des aubes grises,
et le froid, lentement...
Si j'attendais, ou rien, ou si j'aimais le vent,
les vacarmes d'orage ?
Le ciel mangé de noir et craché d'océan,
comme pleurant de rage...
La belle vie !
le mensonge au secours
des nuits creusées de plus personne,
et rien à s'infliger
que nostalgie
des ailleurs sans retour,
où plus une âme de résonne
à affliger.
Ce presque rien de l'écriture, ce souffle d'air dans les méandres brumeux de nos âmes.
Rares sont les paroles qui ne puissent être infiniment mieux exprimées par la plume. Et il n'est pas une attention à l'autre plus entière que dans le moment de lui écrire, si ce n'est en celui de lui faire l'amour.
de Pablo Neruda
Nous avons encore perdu le crépuscule
Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies
pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.
J'ai vu de ma fenêtre
la fête du couchant sur les côteaux lointains
Parfois, ainsi qu'une médaille
s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.
Et je me souvenais de toi le coeur serré
triste de la tristesse à moi que tu connais.
Où étais-tu alors ?
Et parmi quelles gens ?
Quels mots prononçais-tu ?
Pourquoi peut me venir tout l'amour d'un seul coup,
lorsque je me sens triste et te connais lointaine ?
Le livre a chu qu'on prend toujours au crépuscule,
ma cape, chien blessé, à mes pieds a roulé.
Tu t'éloignes toujours et toujours dans le soir
vers où la nuit se hâte effaçant les statues.
d' Oriah Mountain Dreamer (un vieil indien)
Je ne m'intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,
Je veux savoir à quoi tu aspires,
Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton coeur.
Je ne m'intéresse pas à ton âge.
Je veux savoir si, pour la quête de l'amour et de tes rêves,
Pour l'aventure de te sentir vivre,
Tu prendras le risque d'être considéré comme fou.
Je ne m'intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.
Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,
Si les trahisons vécues t'ont ouvert,
Ou si tu t'es fané et renfermé par crainte de blessures ultérieures.
Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,
Sans t'agiter pour la cacher, l'amoindrir ou la fixer.
Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,
Si tu oses danser, envahi par l'extase jusqu'au bout des doigts et des orteils,
Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.
Je ne m'intéresse pas à la véracité de l'histoire que tu racontes.
Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même,
Si tu supportes l'accusation d'une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.
Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres,
Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.
Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien ou le mien,
Et malgré cela rester debout au bord du lac
Et crier : "Oui !" au disque argenté de la lune.
Je ne m'intéresse pas à l'endroit où tu vis, ni à la quantité d'argent que tu as.
Je veux savoir si, après une nuit de chagrin et de désespoir,
Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.
Je ne m'intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.
Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.
Je ne m'intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.
Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur, lorsque tout le reste s'écroule.
Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,
Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments vides.
de Tadeusz Rozewicz (Poète polonais)
Le poète est à la fois celui qui écrit des poèmes
et celui qui n'en écrit pas
Le poète est celui qui secoue les chaînes
et celui qui s'en charge
Le poète est celui qui croit
et celui qui ne peut croire
Le poète est celui qui a menti
et celui à qui on a menti
Le poète est celui qui mangeait dans la main
et celui qui a coupé les mains
Le poète est celui qui s'en va
et celui qui ne peut s'en aller
Eh oui... tous ces sages principes, et parfois si peu de volonté pour les appliquer...
Le temps gémit l'écho des voies perdues
Et le froid mordant vient givrer le soir...
Le vent souffle sur les branches crochues
Mon âme glisse au crépuscule noir...
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Des bises pour toi :)
Des bises à toi aussi, Faëlivrin ! Merci de ta visite
quand le grain défolie
la plante dépolie
on ramène au noyau
adieu le péricarpe diem
bougez épis épars presque pillés
gaspillés sans doute
le moi son est réflexif
la paille n'est pas encore dans l’œil
mais je ne chôme pas
Le moi son... la moi song aussi, j'aime bien : c'est un grand rendez-vous chez les poètes !
Les nuages "crèvent" beaucoup en ce moment. Je suis de ceux qui prennent la pluie (le grain!) comme bienfaisante pour la graine (d'âme!), alors mes voeux t'accompagnent dans le sillon vers la sérennité
Faut que je reçoive tes commentaires, Vieux Marmot, pour me dire que je suis en marche, et décidé, le tempérament presque guerrier ! Mais sans rire, on dirait qu'il se profile de bonnes choses à mes horizons. Rien de sûr encore, aucun grand chamboulement immédiat, mais des espoirs, et de ceux qui galvanisent !
Alors, le sillon vers la sérénité, oui, à creuser un de ces jours, sans doute. Pour l'heure, je vais creuser celui vers les grandes aspirations, les rêves éveillés encore, où ça déborde de temps en temps sur le réel, pour le rendre meilleur !
Pardon très doux, j'attendais quelque chose comme ça pour dire un petit quelque chose (merci à la marmotte). Que tu reprennes pieds en sorte. Que tu remontes prendre une goulée d'air. Attrape solidement la branche des possibles, et tires-toi des flots noirs. Nous, de loin, ne pouvons que t'encourager et le Ciel pareil qui dit "Aide-toi et je t'aiderai".
J'ai plus trop la pêche pour aller à celle des âmes ^^ Je creuse pour retrouver des pépites, ou des truffes, en omelette c'est fameux.
Je voulais juste te dire que j'ai plaisir à te voir sourire. Et qu'un peu lâchement j'attendais que ça te revienne au mitan de la figure ;)
Des bises pti coeur de violette (comme dit une topine commune ;) )
Là, ces jours-ci, ces tout derniers temps, je dirai que je suis quelque part dans les degrés, à épier un peu, comme quand on attend quelque chose dans l'horizon : qu'une silhouette s'en détache en approche. Dans les dégrés pas tellement prononcés encore, mais où ça monte, et si des fois j'en serais bien encore à planter debout et me contenter de regarder, il s'est passé quelque chose qui me fait le coup de la mouche qui pique.
Je n'en parle pas encore, parce que je sens bien que rien n'est moins sûr encore. Il y a des demandes en face auxquelles je n'ai rien à répondre, mais ces conneries de niveau scolaire, de qualifications ou d'expériences, souvent, le demandeur en met des couches et des épaisseurs, le genre qui vise très haut et, finalement, ne refusera pas de tirer plus bas. Surtout quand il deviendra évident que la place à prendre n'est pas à la hauteur des exigences qu'elle étale. C'est un petit atout sur lequel je compte beaucoup. Mais quand bien même ça ne marcherait pas, ce n'est même pas si grave : ça m'aura quand même servi à remettre le pied à l'étrier. Ne serait-ce que pour la lettre de motivation, dans laquelle je ne savais vraiment pas quoi écrire, quand il s'agissait de faire une candidature spontanée : dire quoi, que je me les brise, mais alors menues, menues, depuis déjà trop longtemps dans ce taf dont je n'ose dire de quelle nature je le sens ? Mais là, remonté par l'idée de ce que ça serait de bosser là-dedans, la lettre s'est écrite toute seule en moins d'un quart d'heure. Et j'ai mis là-dedans tout ce que j'avais à vendre, j'ai brossé joliment ça, blindé le contenu, sans en mettre trop, c'est-à-dire autant que j'en aurais mis si je n'avais pas cherché à rester dans le simple.
On verra ce que ça donne... Je t'en causerai si ça se matérialise, mais si ça pouvait marcher, là oui, je crois que ça me changerait radicalement l'existence. Mais bon, stop ! J'en dis trop et ça m'emballe, faut pas que je focalise trop là-dessus non plus, ça peut foirer. L'important, c'est que j'ai mis tout ce que je pouvais dans l'essai. On dit que des fois, la chance sourit aux audacieux. Bin tiens ! faut lui dire qu'elle nous fasse voir ça, justement, y'a une belle occasion à saisir !
Bises encore, Désirée. Je me sauve, y'a la grande à déposer à l'école !
"Comment ça crève,
un sentiment d'espoir ?"
oui plus que le noir ou le blanc, l'entre-deux s'épuise dans l'attente.
C'est un commentaire qui me fait vraiment plaisir, Lutin, comme toujours quand on me laisse le sentiment d'une lecture. Venant de toi, dont la discrétion se fait toute en concision, je l'apprécie d'autant plus. Merci !