Vendredi 24 juin 2011 5 24 /06 /Juin /2011 10:54

C'est pas facile,

          on articule ça

          dans le vertige des promesses

          des bornes à braver,

          où se mutile

          en crânerie, l'éclat

          perdu de la belle noblesse,

          ses défis relevés...

 

En lisière, interdit, le rêve éblouissant

          des ultimes peut-être...

Cette confiance alors, cet amour désarmant,

          le temps de disparaître...

 

Comment ça crève,

          un sentiment d'espoir ?

          Quelle armure qui ne s'y brise ?

La légende d'antan,

          tellement brève,

          morte sans au revoir,

          et puis le temps des aubes grises,

          et le froid, lentement...

 

Si j'attendais, ou rien, ou si j'aimais le vent,

          les vacarmes d'orage ?

Le ciel mangé de noir et craché d'océan,

          comme pleurant de rage...

 

La belle vie !

          le mensonge au secours

          des nuits creusées de plus personne,

          et rien à s'infliger

          que nostalgie

          des ailleurs sans retour,

          où plus une âme de résonne

          à affliger.

 

 

Publié dans : Ceux qui murmurent aux brumes
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Commentaires

Le froid qui tombe lentement, les bornes à braver, la nostalgie des ailleurs sans retour... Alors pour trouver du courage, pourquoi pas simplement avoir en ligne de mire la prochaine borne puis la suivante puis la suivante, sans se retourner sur la précédente où il faisait un peu plus chaud ?
Commentaire n°1 posté par Cergie le 24/06/2011 à 17h12

Eh oui... tous ces sages principes, et parfois si peu de volonté pour les appliquer...

Réponse de Bifane le 27/06/2011 à 11h35
Comment se brise une lueur d'espoir ?
Le temps gémit l'écho des voies perdues
Et le froid mordant vient givrer le soir...
Le vent souffle sur les branches crochues

Mon âme glisse au crépuscule noir...
--------
Des bises pour toi :)
Commentaire n°2 posté par Faëlivrin le 25/06/2011 à 01h30

Des bises à toi aussi, Faëlivrin ! Merci de ta visite

Réponse de Bifane le 27/06/2011 à 11h36
Orage sans désespoir
quand le grain défolie
la plante dépolie
on ramène au noyau
adieu le péricarpe diem
bougez épis épars presque pillés
gaspillés sans doute
le moi son est réflexif
la paille n'est pas encore dans l’œil
mais je ne chôme pas
Commentaire n°3 posté par Thierry le 25/06/2011 à 10h19

Le moi son... la moi song aussi, j'aime bien : c'est un grand rendez-vous chez les poètes !

Réponse de Bifane le 27/06/2011 à 11h39
Le pisteur a repris son chemin d'un pas sûr (je m'aperçois de l'ambiguïté de ces derniers termes en les écrivant. Peut-être que ça traduit le beau verbe affirmé d'une âme qui surfe sur le doute).
Les nuages "crèvent" beaucoup en ce moment. Je suis de ceux qui prennent la pluie (le grain!) comme bienfaisante pour la graine (d'âme!), alors mes voeux t'accompagnent dans le sillon vers la sérennité
Commentaire n°4 posté par Vieux marmot le 26/06/2011 à 11h38

Faut que je reçoive tes commentaires, Vieux Marmot, pour me dire que je suis en marche, et décidé, le tempérament presque guerrier ! Mais sans rire, on dirait qu'il se profile de bonnes choses à mes horizons. Rien de sûr encore, aucun grand chamboulement immédiat, mais des espoirs, et de ceux qui galvanisent !

Alors, le sillon vers la sérénité, oui, à creuser un de ces jours, sans doute. Pour l'heure, je vais creuser celui vers les grandes aspirations, les rêves éveillés encore, où ça déborde de temps en temps sur le réel, pour le rendre meilleur !

Réponse de Bifane le 27/06/2011 à 11h42
"Faut que je reçoive tes commentaires, Vieux Marmot, pour me dire que je suis en marche, et décidé, le tempérament presque guerrier ! Mais sans rire, on dirait qu'il se profile de bonnes choses à mes horizons. Rien de sûr encore, aucun grand chamboulement immédiat, mais des espoirs, et de ceux qui galvanisent !"


Pardon très doux, j'attendais quelque chose comme ça pour dire un petit quelque chose (merci à la marmotte). Que tu reprennes pieds en sorte. Que tu remontes prendre une goulée d'air. Attrape solidement la branche des possibles, et tires-toi des flots noirs. Nous, de loin, ne pouvons que t'encourager et le Ciel pareil qui dit "Aide-toi et je t'aiderai".

J'ai plus trop la pêche pour aller à celle des âmes ^^ Je creuse pour retrouver des pépites, ou des truffes, en omelette c'est fameux.

Je voulais juste te dire que j'ai plaisir à te voir sourire. Et qu'un peu lâchement j'attendais que ça te revienne au mitan de la figure ;)

Des bises pti coeur de violette (comme dit une topine commune ;) )
Commentaire n°5 posté par le 29/06/2011 à 09h04

Là, ces jours-ci, ces tout derniers temps, je dirai que je suis quelque part dans les degrés, à épier un peu, comme quand on attend quelque chose dans l'horizon : qu'une silhouette s'en détache en approche. Dans les dégrés pas tellement prononcés encore, mais où ça monte, et si des fois j'en serais bien encore à planter debout et me contenter de regarder, il s'est passé quelque chose qui me fait le coup de la mouche qui pique.

Je n'en parle pas encore, parce que je sens bien que rien n'est moins sûr encore. Il y a des demandes en face auxquelles je n'ai rien à répondre, mais ces conneries de niveau scolaire, de qualifications ou d'expériences, souvent, le demandeur en met des couches et des épaisseurs, le genre qui vise très haut et, finalement, ne refusera pas de tirer plus bas. Surtout quand il deviendra évident que la place à prendre n'est pas à la hauteur des exigences qu'elle étale. C'est un petit atout sur lequel je compte beaucoup. Mais quand bien même ça ne marcherait pas, ce n'est même pas si grave : ça m'aura quand même servi à remettre le pied à l'étrier. Ne serait-ce que pour la lettre de motivation, dans laquelle je ne savais vraiment pas quoi écrire, quand il s'agissait de faire une candidature spontanée : dire quoi, que je me les brise, mais alors menues, menues, depuis déjà trop longtemps dans ce taf dont je n'ose dire de quelle nature je le sens ? Mais là, remonté par l'idée de ce que ça serait de bosser là-dedans, la lettre s'est écrite toute seule en moins d'un quart d'heure. Et j'ai mis là-dedans tout ce que j'avais à vendre, j'ai brossé joliment ça, blindé le contenu, sans en mettre trop, c'est-à-dire autant que j'en aurais mis si je n'avais pas cherché à rester dans le simple.

On verra ce que ça donne... Je t'en causerai si ça se matérialise, mais si ça pouvait marcher, là oui, je crois que ça me changerait radicalement l'existence. Mais bon, stop ! J'en dis trop et ça m'emballe, faut pas que je focalise trop là-dessus non plus, ça peut foirer. L'important, c'est que j'ai mis tout ce que je pouvais dans l'essai. On dit que des fois, la chance sourit aux audacieux. Bin tiens ! faut lui dire qu'elle nous fasse voir ça, justement, y'a une belle occasion à saisir !

Bises encore, Désirée. Je me sauve, y'a la grande à déposer à l'école !

Réponse de Bifane le 30/06/2011 à 07h42
Comme j'ai aimé "l'encrève" j'ai aussi celui-ci, c'est une veine qui me plait
"Comment ça crève,

un sentiment d'espoir ?"

oui plus que le noir ou le blanc, l'entre-deux s'épuise dans l'attente.
Commentaire n°6 posté par lutin le 29/06/2011 à 18h26

C'est un commentaire qui me fait vraiment plaisir, Lutin, comme toujours quand on me laisse le sentiment d'une lecture. Venant de toi, dont la discrétion se fait toute en concision, je l'apprécie d'autant plus. Merci !

Réponse de Bifane le 30/06/2011 à 09h55

Présentation

L'écriture

Ce presque rien de l'écriture, ce souffle d'air dans les méandres brumeux de nos âmes. 

 

Rares sont les paroles qui ne puissent être infiniment mieux exprimées par la plume. Et il n'est pas une attention à l'autre plus entière que dans le moment de lui écrire, si ce n'est en celui de lui faire l'amour.

Nous avons encore perdu...

                    de Pablo Neruda

 

 

Nous avons encore perdu le crépuscule

Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies

pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.

 

J'ai vu de ma fenêtre

la fête du couchant sur les côteaux lointains

 

Parfois, ainsi qu'une médaille

s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.

 

Et je me souvenais de toi le coeur serré

triste de la tristesse à moi que tu connais.

 

Où étais-tu alors ?

Et parmi quelles gens ?

Quels mots prononçais-tu ?

Pourquoi peut me venir tout l'amour d'un seul coup,

lorsque je me sens triste et te connais lointaine ?

 

Le livre a chu qu'on prend toujours au crépuscule,

ma cape, chien blessé, à mes pieds a roulé.

 

Tu t'éloignes toujours et toujours dans le soir

vers où la nuit se hâte effaçant les statues.

 

Sagesse amérindienne

                    d' Oriah Mountain Dreamer (un vieil indien

 

 

Je ne m'intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,

Je veux savoir à quoi tu aspires,

Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton coeur.

 

Je ne m'intéresse pas à ton âge.

Je veux savoir si, pour la quête de l'amour et de tes rêves,

Pour l'aventure de te sentir vivre,

Tu prendras le risque d'être considéré comme fou.

 

Je ne m'intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.

Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,

Si les trahisons vécues t'ont ouvert,

Ou si tu t'es fané et renfermé par crainte de blessures ultérieures.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,

Sans t'agiter pour la cacher, l'amoindrir ou la fixer.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,

Si tu oses danser, envahi par l'extase jusqu'au bout des doigts et des orteils,

Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.

 

Je ne m'intéresse pas à la véracité de l'histoire que tu racontes.

Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même,

Si tu supportes l'accusation d'une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.

 

Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres,

Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien ou le mien,

Et malgré cela rester debout au bord du lac

Et crier : "Oui !" au disque argenté de la lune.

 

Je ne m'intéresse pas à l'endroit où tu vis, ni à la quantité d'argent que tu as.

Je veux savoir si, après une nuit de chagrin et de désespoir,

Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.

Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.

Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur, lorsque tout le reste s'écroule.

 

Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,

Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments vides.

 

Le poète...

                    de Tadeusz Rozewicz (Poète polonais)

 

 

Le poète est à la fois celui qui écrit des poèmes

et celui qui n'en écrit pas

 

Le poète est celui qui secoue les chaînes

et celui qui s'en charge

 

Le poète est celui qui croit

et celui qui ne peut croire

 

Le poète est celui qui a menti

et celui à qui on a menti

 

Le poète est celui qui mangeait dans la main

et celui qui a coupé les mains

 

Le poète est celui qui s'en va

et celui qui ne peut s'en aller

   

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