Dimanche 12 décembre 2010 7 12 /12 /Déc /2010 14:06

Je vais,

          et ce n'est pas d'aller, au fond,

          qui rend l'âme plus belle

          ou plus légère.

Je vais,

          à rêver de grands soleils blonds

          et d'empreintes nouvelles

          à l'éphémère.

 

Demain,

          nos pas peut-être iront là-bas,

          où vivre et se connaître ;

          dans nos caresses,

          nos mains,

          toute la chaleur de nos bras,

          tout cet amour dans l'être

          et sa noblesse...

 

Ou bien

          il fera froid comme d'hiver,

          un froid d'indifférence

          sans queue ni tête,

          les chiens

          viendront se disputer nos chairs,

          aux noires décadences

          de la défaite.

 

Demain,

          où il n'est plus que le passé,

          quand la vieillesse glisse

          dans son naufrage.

Plus loin,

          au soir des temps, où nul ne sait

          comment les jours finissent,

          ni le voyage.

 

Je vais,

          mon errance cherche son nom,

          et mon âme ses ailes

          et sa lumière.

Je vais,

          comme tous les hommes s'en vont

          de mémoire éternelle

          sur cette terre.

 

 

 

Publié dans : Ceux qui espèrent des nuages
En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres
Retour à l'accueil

Commentaires

Il n'est pas triste, il n'est pas gai, il est vrai, ni plus ni moins, ton poème. Je crois que c'est le grand Victor Hugo qui a écrit quelque chose dans le style "Lorsque je dis Je, c'est de vous tous que je parle", c'est ce qui me vient à l'esprit en te lisant, tant chacun peut se reconnaitre en ce cheminement si humain.
Commentaire n°1 posté par Cagire le 13/12/2010 à 17h54

Merci Cagire. Bon, bin du coup, je le laisse. Je me connectais justement pour le retirer, ce pauvre poème... C'est beaucoup, sans doute trop, que de le hisser à de si prestigieuses comparaisons. Je n'en avais pas l'ambition, comme bien tu penses... Mais en effet, nulle humeur bien déclarée, pas un sens bien affirmé non plus, quelque chose comme un regard passé au hasard des évidences, survolant son sujet sans vouloir s'y attarder, et peut-être paresseux un peu...

 

A bientôt, Cagire, en bonne semaine chez toi !

 

Réponse de Bifane le 13/12/2010 à 19h52
Tu vas comme tous les humains avec les mêmes ressentis, tu vas comme tous les humains à la recherche de ce que tu n'as pas, et si tu l'avais, tu irais quand même à la recherche d'autre chose, l'humain est ainsi il cherche toujours et ne s'arrête jamais de chercher éternel insatisfait.
Commentaire n°2 posté par lutin le 13/12/2010 à 22h14

L'insatisfaction pour moteur, oui, sans doute. La question que je me pose parfois est d'où elle nous vient ?

Réponse de Bifane le 15/12/2010 à 12h51
Oui, c'est ainsi que nous allons sans complément de lieu ou de but, dans cette errance où nous tentons d'être debout.
Commentaire n°3 posté par Laura le 14/12/2010 à 08h47

Et peut-être parfois y réussissons-nous... ;o)

Réponse de Bifane le 15/12/2010 à 12h50
"les chiens viendront se disputer nos chairs, aux noires décadences de la défaite"

Comment oublier cet article lu dans la presse internationale, où des chiens venaient disputer les chairs d'une jeune fille que des soldats avaient sauvagement assassiné, son cadavre était resté de l'autre côté des barbelés, sous les yeux de ses parents, prisonniers dans un camp...
Il y a quelques années de cela, en Europe, non loin de chez nous.
Commentaire n°4 posté par Balladine le 14/12/2010 à 16h46

Souvenir sombre, à nous laisser à l'esprit ce qu'est la nature humaine, poussée dans certains de ses retranchements. Elle s'est souvent illustrée de la sorte, dans le pire, avec trop peu dans la part du meilleur pour contrebalancer les horreurs dont elle est coupable...

Réponse de Bifane le 15/12/2010 à 12h52
"Allez va, va petit bateau chahuté par les vagues, va délivrer ta cargaison de lumières".

Christian Bobin.
Commentaire n°5 posté par Isabelle C le 14/12/2010 à 23h21

Il faudra qu'il arrive à bon port, mais nous y travaillerons !

Réponse de Bifane le 15/12/2010 à 12h53
Tu sais quoi, Bifane, j'en ai marre de tes brumes ! Tu vas, je vais et cherche les couleurs même dans le noir et quand ça tourne au gris, je m'évade, en cherchant bien, y'a toujours un trait de couleur, une nuance, un arc-en-ciel. Personne ne sait, mais bon dieu, vaut mieux s'exclamer, quitte à se tromper de registre, de coloris. J'avais des brumes pour toi, des profondes, enveloppantes, aveuglantes. Alors je préfère t'électriser de couleurs, ne vaut-il pas mieux tomber raide mort de bonheur, un instant, une seconde, plutôt que s'assoupir dans le gris ?
Commentaire n°6 posté par Frederique le 15/12/2010 à 20h43

Sans doute, ma chère Frédérique, mais je tiens qu'il vaut mieux exprimer ce qu'on ressent, quitte à ne présenter d'autre intérêt que pour soi seul, que de singer hypocritement ce qu'on ne ressent pas. Or, chaque sentiment, comme chaque chose, en son temps. Et si j'en suis à celui de la grisaille, il n'est dit nulle part qu'elle soit définitive.

 

Un de ces quatre, il y aura quelques couleurs encore, et tu seras contente ! ;o)

Réponse de Bifane le 16/12/2010 à 12h22
Mes propos que je formulais au 2ème, voire au 3ème degré ont été maladroits, profondément maladroits... Je regrette de t'avoir blessé et je te prie de bien vouloir m'excuser. Une pointe d'ironie certaine mais que j'exerçais à mon endroit (référence aux couleurs) - tu sais bien que les couleurs ne reflètent pas nécessairement la joie de vivre et que les masques n'en sont pas dépourvus, de couleurs - J'apprécie l'authenticité de ton écriture et dans ton blog et ailleurs. Accepte mes excuses Bifane.
Commentaire n°7 posté par Frederique le 16/12/2010 à 16h07

Tout ça ne valait pas des excuses, Frédérique : je ne l'avais pas mal pris, je te répondais peut-être moi-même brusquement, mais le fait est : j'écris dans l'humeur du moment, et il se peut qu'elle manque de couleurs ces temps-ci, la saison ne s'y prêtant guère. Comme il se peut aussi que l'humeur trop uniforme de mes derniers écrits finisse par lasser, ce qui semble d'ailleurs être le cas (et je ne parle pas de toi, puisque tu te donnes encore la peine de me laisser un mot !), mais tant pis. J'écris pour me défouler l'âme, pour en évacuer les trop-pleins et poser quelque part les petits fardeaux que nous nous trainons sur l'épaule, et qui finiraient par peser si on n'y prenait garde. Ce nombrilisme a sans doute ses limites, quant à l'intérêt qu'il peut susciter, mais tant qu'il me sert encore bien d'éxutoire, je continue d'en user, quitte à en abuser peut-être.

 

Passe une bonne soirée, Frédérique, et ne t'excuse de rien : il n'y a pas de quoi !

Réponse de Bifane le 16/12/2010 à 18h05
Ca vaut la peine, Bifane. Se faire comprendre, reformuler sa pensée quand celle-ci a été exprimée à l'emporte-pièce, dans la vie, comme dans un commentaire, c'est essentiel. Je ne dis pas qu'il faut être consensuel, encore moins artificiel. Mais par égard pour toi, pour tout ce que tu y mets, y livres, cela m'est apparu indispensable. Quant au "nombrilisme", chacun ses états d'âme, ses "obsessions", sa dégaine. Chacun est libre d'entrer, de sortir, de poster, de se taire. Rien n'est imposé. Je te remercie.
Commentaire n°8 posté par Frederique le 16/12/2010 à 21h17
Pas gris foncé, ton poème, Bifane : tu parles aussi de chaleur et d'amour, qui n'existent que parce qu'il y a de la mort au bout. L'être et le non-être, n'est-ce pas, sont forcément couplés... Je trouve que tu explores bien le verbe aller. Lorsque nous allons, nous nous apprêtons aussi à faire quelque chose, comme si tout acte était un départ; dans les mots, tout ce sens...
Bises de matin très frais !
Commentaire n°9 posté par Sophie le 17/12/2010 à 10h03

C'est assez frais chez nous aussi : ce matin, la campagne est couverte de neige, les gamines ont même pu sortir la luge !

A part ça, le verbe aller est de ceux qui me plaisent le plus, pour ce qu'il suppose de vie, d'espoir et de volonté. Quoiqu'on n'aille pas toujours comme on voudrait...

 

Mes bises à toi aussi, Sophie !

Réponse de Bifane le 18/12/2010 à 13h07
"Je vais,
Je vais,
Demain,
Ou bien
Demain,
Plus loin,
Je vais,
Je vais..."

Mais aujourd'hui, ici, tu es, intensément, Bifane...
:)
Commentaire n°10 posté par Cergie le 17/12/2010 à 14h41

C'est un résumé qui lui donne un air bien optimiste, finalement !

Réponse de Bifane le 18/12/2010 à 13h07
il a un côté tranquille et apaisant, ce regard élancé vers demain, quand bien même il envisage de possibles défaites de l'humain,car il pose la perspective d'un chemin et du temps à le parcourir.
c'est précieux pour moi qui suis encore bien trop crispée sur des instants qui semblent au bord du chavirement (et hélas, ils y plongent parfois).
J'ai enfin retrouvé une voie d'accès à Babelweb, et je viens te donner la bise, en amie :).
Commentaire n°11 posté par Karedig le 17/12/2010 à 23h04

Content de te voir de retour, Karedig ! J'espère que tu nous redonneras des choses à lire bientôt. Je passerai te rendre visite, mais je n'ai pas beaucoup de temps pour Internet en ce moment.

 

Merci de ta visite, et mes bises en retour !

Réponse de Bifane le 18/12/2010 à 13h09
Ca se chante ça, nan ?

"Va, petit mousse,
Où le vent te pousse,
Où te portent les flots
Sur ton navire,
Vogue ou chavire
Dans le fond des eaux.
Peut-être qu'une reine
Te donnera sa main
Peut-être une baleine
Te mangera demain
Va, va, petit mousse
Vole où le vent te pousse ..." :O)
Commentaire n°12 posté par kodama le 18/12/2010 à 12h28

Le mien, je ne sais pas. Mais le tien, à coup sûr !

Réponse de Bifane le 18/12/2010 à 13h09
Yes sir, les cloches de Corneville. Que j'ai choisi à cause de ton poème, léger comme une opérette, car contrairement aux autres, j'le sens pas pesant ou triste ou je sais pas quoi de gris et de sombre. Une errance voltigeante, qui se pose ça et là, au fil de l'âme. (J'te jure, j'ai bu que du café, et encore léger le kawa !)

Sinon tu savais que le petit Mousse c'était aussi un bateau bordelais, vieux de 100 ans, en train de rouiller dans un jardin public ? Moi nan.
Commentaire n°13 posté par kodama le 18/12/2010 à 13h22

Tiens, j'suis allé voir la tête qu'il avait (une tête d'oiseau d'ailleurs...), vu que, encore qu'ayant habité Bordeaux quelques temps, je ne l'ai jamais vu. Je ne devais pas me promener dans le bon jardin, ou bien peut-être n'y était-il déjà plus. Mais c'était il y a déjà vingt ans, si je compte bien... Pffff... Des fois, on se sent comme le p'tit mousse, on se laisserait bien mettre en cale sèche, tiens !

 

L'errance voltigeante... yep ! Je l'ai vu de suite, qu'il était pas du genre à aller au fond des choses, à chercher midi à quatorze heures. Plutôt à regarder le chemin comme il va, prendre note, vaguement, de notre façon d'y aller, et passer à autre chose, plus loin. Il me va bien comme ça. Je me vois pas chercher plus loin non plus en ce moment. D'autant que, comme ça, à vue de nez, j'aurais plutôt l'impression qu'en gros, y'a rien de si exceptionnel à trouver, au bout du compte, que de bons souvenirs à se tailler au bout d'bois, tant qu'on peut, ce qui est déjà fort bien.

 

Bon, avec ça, ça va, j'ai pas cent ans, mais n'empêche, j'suis bien content quand même...

Réponse de Bifane le 18/12/2010 à 14h20
Très beau texte.Sans solitude et sans errance il n'y a pas de
vie, de liberté et d'infini.
Commentaire n°14 posté par renaud le 19/12/2010 à 16h34

Je n'aurais pas été si radical, Renaud, mais j'opine pourtant que ces notions de prennent réellement de prix qu'à l'épreuve des solitudes et errements de nos cheminements...

Réponse de Bifane le 20/12/2010 à 12h23
C'est moi, juste une impression, ou bien tes poèmes sont de plus en plus rythmés au fil du temps ? Les derniers résonnent comme des chansons dans la tête.
Et j'aime beaucoup celui-ci. Il laisse une drôle d'impression douce-amère. Comme si le poète était vieux... et immortel à la fois. Vivant, écrasé d'espoir... et indifférent en même temps. Enfin bref drôle d'impression vraiment. Tiens, je vais le relire !
Commentaire n°15 posté par Spyrall le 20/12/2010 à 21h24

Je te remercie du compliment, Spyrall. Le rythme est une recherche constante, chez moi, et je n'écris rien sans en poursuivre un en particulier. L'ennui étant que celui qui me résonne à l'oreille ne ressort pas toujours si évidemment à la lecture. Peut-être que je m'améliore donc de ce côté-là, et c'est une bonne nouvelle !

 

Réponse de Bifane le 21/12/2010 à 17h02
Il me semble que même fatigué ou lourd le pas est toujours positif. Il passe, se jette dans plus loin, quand bien même ce futur paraît sombre ou inquiétant.
Il est courage, et vie.
La stagnation est cent fois plus tragique : elle "va" mal. Tellement qu'elle s'enkyste, se putréfie, et noircit le tableau en y prenant tout l'espace.
Celui qui va est en rencontre. Celui qui reste est en replis. Plus rien ne brille. Sauf sa douleur.
Commentaire n°16 posté par Arthémisia le 21/12/2010 à 21h46

La vie du mouvement, oui, un élan par définition positif, quoiqu'il traverse, puisqu'il accepte de le traverser...

Réponse de Bifane le 22/12/2010 à 11h00
J'espère que tu es bien, ami Bifane. Je te souhaite de bons moments de chaleur et de joie auprès de tes belles, et je t'embrasse affectueusement.
Commentaire n°17 posté par Sophie le 24/12/2010 à 11h47

Merci Sophie. L'une des fêtes est déjà passée, et fort bien passée, je dois dire, où l'on s'est amusé beaucoup, dans une bonne humeur comme je n'en avais plus vu la Noël inspirée depuis des années. Avec quoi le Père Noël fut assez généreux, à réjouir tout le monde sans simple politesse d'usage.

 

Je t'envoie mes bises enguirlandées et neigeuses, bien dorées au coin du feu, qui reste, ces jours-ci, le seul endroit bien fréquentable, tant le froid s'est durablement installé (-11° ce matin). En espérant que tu passes toi aussi de bonnes fêtes, avec quelque chose d'assez sympathique en perspective pour faire un doux souvenir de la soirée du Nouvel An. A bientôt !

Réponse de Bifane le 26/12/2010 à 08h50

Présentation

L'écriture

Ce presque rien de l'écriture, ce souffle d'air dans les méandres brumeux de nos âmes. 

 

Rares sont les paroles qui ne puissent être infiniment mieux exprimées par la plume. Et il n'est pas une attention à l'autre plus entière que dans le moment de lui écrire, si ce n'est en celui de lui faire l'amour.

Nous avons encore perdu...

                    de Pablo Neruda

 

 

Nous avons encore perdu le crépuscule

Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies

pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.

 

J'ai vu de ma fenêtre

la fête du couchant sur les côteaux lointains

 

Parfois, ainsi qu'une médaille

s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.

 

Et je me souvenais de toi le coeur serré

triste de la tristesse à moi que tu connais.

 

Où étais-tu alors ?

Et parmi quelles gens ?

Quels mots prononçais-tu ?

Pourquoi peut me venir tout l'amour d'un seul coup,

lorsque je me sens triste et te connais lointaine ?

 

Le livre a chu qu'on prend toujours au crépuscule,

ma cape, chien blessé, à mes pieds a roulé.

 

Tu t'éloignes toujours et toujours dans le soir

vers où la nuit se hâte effaçant les statues.

 

Sagesse amérindienne

                    d' Oriah Mountain Dreamer (un vieil indien

 

 

Je ne m'intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,

Je veux savoir à quoi tu aspires,

Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton coeur.

 

Je ne m'intéresse pas à ton âge.

Je veux savoir si, pour la quête de l'amour et de tes rêves,

Pour l'aventure de te sentir vivre,

Tu prendras le risque d'être considéré comme fou.

 

Je ne m'intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.

Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,

Si les trahisons vécues t'ont ouvert,

Ou si tu t'es fané et renfermé par crainte de blessures ultérieures.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,

Sans t'agiter pour la cacher, l'amoindrir ou la fixer.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,

Si tu oses danser, envahi par l'extase jusqu'au bout des doigts et des orteils,

Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.

 

Je ne m'intéresse pas à la véracité de l'histoire que tu racontes.

Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même,

Si tu supportes l'accusation d'une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.

 

Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres,

Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien ou le mien,

Et malgré cela rester debout au bord du lac

Et crier : "Oui !" au disque argenté de la lune.

 

Je ne m'intéresse pas à l'endroit où tu vis, ni à la quantité d'argent que tu as.

Je veux savoir si, après une nuit de chagrin et de désespoir,

Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.

Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.

Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur, lorsque tout le reste s'écroule.

 

Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,

Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments vides.

 

Le poète...

                    de Tadeusz Rozewicz (Poète polonais)

 

 

Le poète est à la fois celui qui écrit des poèmes

et celui qui n'en écrit pas

 

Le poète est celui qui secoue les chaînes

et celui qui s'en charge

 

Le poète est celui qui croit

et celui qui ne peut croire

 

Le poète est celui qui a menti

et celui à qui on a menti

 

Le poète est celui qui mangeait dans la main

et celui qui a coupé les mains

 

Le poète est celui qui s'en va

et celui qui ne peut s'en aller

   

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés