Samedi 23 octobre 2010 6 23 /10 /Oct /2010 12:12

Nous irons voir, quelque matin,

          aux premiers feux de l'aube,

          nos chers enfants mûris

          de soleil et de rêve ;

          j'aurai gardé cet oeil mutin

          qui rêve sous ta robe

          et tendrement rougit

          du vent qui la soulève...

 

Ni d'amertume ni de peur

          à nos années lointaines :

          nous verrons les chemins

          s'éloigner en sourires,

          printaniers, telles nos humeurs

          d'une belle joie pleine

          qui rouvrira nos mains

          d'avenirs à écrire.

 

Nous aurons laissé les tourments

          d'un âge de misère

          aux livres achevés

          de notre vieille Histoire,

          ce règne d'hommes décadents

          aux valeurs usurières,

          ambitieux dépravés 

          sans loyauté ni gloire.

 

Tout ! Nous aurons tout balayé !

          chacun depuis sa porte

          à celle du voisin :

          nos richesses obscènes

          de propriétaires inquiets,

          et toute la cohorte

          de jalousies sans fin

          et d'immortelles haines.

 

Aux temps venus des bâtisseurs

          d'une terre plus belle,

          de l'humain pour l'humain,

          de la vie pour la vie,

          sans plus ni maîtres querelleurs

          ni frontières cruelles,

          sans clivage divin

          ni antiques phobies...

 

Nous mélangerons nos couleurs,

          nos langues, nos cultures,

          nos pensées et nos arts,

          alliance universelle

          sans textes ni lois, ni meneurs,

          dans la liberté pure

          dressée en étendard

          pour une ère nouvelle !

 

Nous les tresserons, les lauriers,

          et tu m'entendras rire,

          heureux d'être vivant,

          d'avoir cru en l'étoile

          qui continuait de briller :

          contre l'ordre du pire,

          nos espoirs incessants

          comme vent dans les voiles.

 

Et déjà, ce n'est plus si loin : 

          je perçois dans les ombres

          les premières lueurs,

          j'entends notre murmure

          s'élever haut comme nos poings,

          et marteler, sans nombre,

          au désir de nos coeurs

          qui battent la mesure !    

 

Viens, allons voir : c'est le matin,

          les premiers feux de l'aube,

          pour nos enfants mûris

          de soleil et de rêve,

          devines-tu mon oeil mutin

          qui rêve sous ta robe

          et tendrement rougit

          du vent qui la soulève ?

 

 

Et parce qu'il y avait dans mon esprit cette chanson de Ferré, qui m'a inspiré dès le début, cette chanson qui raconte la même histoire et le même espoir, qui enrichit nos âmes d'avoir encore le courage de concevoir un idéal et de s'y attacher, je l'ajoute en suivant, quoiqu'elle devrait être première de cordée. Mais nous sommes sur la même pente, et dans cette ascension, il n'y a ni premier ni dernier, il y a un élan, un seul, pour une humanité, une seule aussi.

 

 

L'Âge d'Or

          de Léo Ferré

 

Nous aurons du pain

          doré comme les filles

          sous les soleils d'or.

Nous aurons du vin,

          de celui qui pétille

          même quand il dort.

Nous aurons du sang

          dedans nos veines blanches

          et, le plus souvent,

          lundi sera dimanche,

          mais notre âge alors

          sera l'Âge d'or.

 

Nous aurons des lits

          creusés comme des filles

          dans le sable fin.

Nous aurons des fruits,

          les mêmes qu'on grappille

          dans le champ voisin.

Nous aurons, bien sûr,

          dedans nos maisons blêmes,

          tous les becs d'azur

          qui là-haut se promènent,

          mais notre âge alors,

          sera l'Âge d'or.

 

Nous aurons la mer

          à deux pas de l'étoile,

          les jours de grand vent.

Nous aurons l'hiver

          avec une cigale

          dans ses cheveux blancs.

Nous aurons l'amour

          dedans tous nos problèmes

          et tous les discours

          finiront par "je t'aime"

Vienne, vienne alors,

          vienne l'Âge d'or !

 

Publié dans : Ceux qui espèrent des nuages
En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres
Retour à l'accueil

Commentaires

Ferré est pour moi à découvrir. Mon père l'a si souvent moqué, singé, que j'avais à son encontre des préjugés puants du fin fond de l'enfance. Je le découvre, ce grand poète, j'ai beaucoup aimé "Cette blessure" il y a peu.

J'aime particulièrement ta première strophe, qui est de toute beauté. Je ne veux pas dire que le reste est moindre, sauf que cette première strophe est si lumineuse qu'elle m'éclipse les suivantes porteuses d'espoir, de rêves, d'idéal. J'ai bien envie de crier qu'il faut y croire et s'y accrocher: nos vies ne sont-elles pas ce que nous en faisons? Ne nous laissons pas déposséder!

Je t'embrasse et te souhaite un bon week end, en bleu par-dessus le gris.

Commentaire n°1 posté par Désirée le 23/10/2010 à 13h40

Bon, bin mettons qu'une sur neuf, c'est déjà un début alors... Et comme je l'ai remise à la fin, bin tiens, ça en fait même deux, du coup, ou alors une et demie ? Peut mieux faire quoi... Ô rage, ô désespoir ! J'vais aller retrouver mon copain Assurantourix, on devrait bien s'entendre ! ^^

Ferré, je l'ai découvert sur le tard moi-même, mais il y a déjà un bail. Mon père aussi l'aurait dénigré, je suppose, mais on n'en a jamais parlé. Enfin, comme il était tellement à droite que ça s'appelle carrément de la connerie épaisse, tout ce qui tendait un tant soit peu à gauche lui était odieux... Déjà, il supportait mal que j'écoute Renaud, c'est dire... Ferré, je crois qu'il aurait eu un malaise. Ou bien moi p'têt' bien ?

Mes bises à toi aussi, Désirée !

 

Réponse de Bifane le 23/10/2010 à 13h58
Ben il est pas près de venir l'âge d'or!(mais je suis d'un pessimisme crasse!!!)
moi j'ai aimé férré plutôt tôt à l'age de 18 ans et je l'ai eu tout de suite dans la peau, pour sa poésie pour sa rage de contestataire pour sa colère de résistant libertaire

Je lai vu parfois dans des petites salles
je pouvais écouter ses chansons sans fin comme une drogue même ses chants où il slamait, et il savait pas qu'il slamait!!!Bon c'est comme ça qu'on dit aujourd'hui!

Pour moi il est un frère d'Apollinaire de Baudelaire de Rimbaud il gueulait des mots comme on vomit la colère!!!

Mais la poésie ne changera pas le monde mon frère!!!!!!
sinon ça se saurait!!
!!
Commentaire n°2 posté par Estourelle le 23/10/2010 à 14h25

Ma chère Estourelle, le meilleur moyen d'empêcher le meilleur d'arriver, n'est-ce pas précisément de se répéter qu'il n'arrivera pas ?

Peu de chances ? Impossible ? Bah ! la gueule des collègues de bureau me dit ça à longueur de journées, leur paralysie, leur lâcheté, leur démission de tout, leurs discussions en boucle... Tout ! Mais tant pis : j'aime mieux arriver à l'heure de ma mort en me disant que tiens, bin non, ou alors demain ? Plutôt que de mourir jour après jour, l'échine donnée, et le reste qui s'offre avec... Illusion, peut-être, mais pas plus que les saloperies qu'on nous sert à manger depuis des lustres, et qui font encore tourner les urnes jusqu'à preuve du contraire. Alors, eh bien... choisissons nos illusions : je choisis les miennes, et je dis que le monde tel qu'il est va se ramasser, et que nous en construirons un autre, meilleur. Et si je peux l'aider à se ramasser, je le ferai avec autant de bon coeur que j'aiderai à le reconstruire sur de meilleures bases !

J'suis pas scout, mais quand même : toujours prêt !

Pour Léo, moi aussi je l'ai connu vers les 18 ou 20 ans, par là, mais il était alors sur le déclin, lui, et on ne le voyait plus guère en concert. L'aurait-on vu, même, qu'à l'époque, je n'aurais pas eu les moyens de me payer une place. N'empêche, c'était une sacrée rencontre, une révélation, comme on dit. Le troisième de l'affiche, celui que je ne connaissais pas, ayant déjà fait connaissance avec les deux autres, ça me paraissait normal, naturel d'aller vers lui aussi. Et je n'ai pas été déçu.

Tu parles de son slam, c'est drôle de lui donner ce mot-là, ce genre-là, mais oui, c'était peut-être bien un précurseur par là aussi. "La vie d'artiste", c'était un joli morceau, je me le disais par coeur, fut un temps... C'était un de ses plus romantiques, non ? Il y en avait d'autres, parlés aussi, mais c'était celui que je préférais...

 

http://www.youtube.com/watch?v=tSe-CL6GS9k&feature=related

 

Enfin, rien qu'à sa mémoire, essayons d'y croire, ma soeur ! ;o)

Réponse de Bifane le 23/10/2010 à 15h04
Non mais je le relis ce poème est il est beau, oui ya rien à jeter. J'aime comme commence ce texte, d'une manière intime: les enfants mûris au soleil, l'esprit qui vagabonde sous la robe de la belle qu'on imagine être une de ces petites robes légères et fleuries de plein été, le vent doux, le soleil. Cette première strophe elle parle à mon côté terrien, tu y as l'esprit des vergers. La première strophe est intime c'est sans doute pour cela qu'elle me plait un peu plus. Après, on prend la société humaine dans la gueule, c'est moins agréable forcément, et ça me fait penser à un court texte sur Epi où j'écrivais la beauté des roses et du monde qui permet parfois d'oublier les cadavres au pied des arbres et que tout saigne sur les roses...c'était le même trip.

Tu sais si je parle tant de nature, d'arbres, d'oiseaux, de choses simples, c'est parce que lorsque je regarde autour de moi je suis percutée par le 38 tonnes de l'horreur. On ne peut pas être conscient de ce qui se passe, de ce que font une poignée d'hommes cupides à l'ensemble des autres hommes, sans trembler d'horreur. Je regarde, mais à petites doses, sinon je crois bien que je ne m'en relèverai pas.

(zom vient de m'appeler pour peler des châtaignes, on va faire de la crème de marron vanillée...hummmm...je te raconte pas les gâteaux qu'on fait avec...^^)

Ataleur!
Commentaire n°3 posté par Bonnemine le 23/10/2010 à 17h09

On ne peut pas, non. Sans trembler d'horreur et de colère, on ne peut pas. Et j'avoue franchement que je ne sais lequel des deux l'emporte, de l'horreur ou de la colère. Que quelques petits misérables, parvenus à se hisser au "pouvoir", n'y soient plus que pour leur profit et leur gloriole ridicule, et qu'une majorité de prétendus citoyens s'en trouvent satisfaits au point de les y remettre, mandat après mandat, balançant entre une droite et une gauche qui se donnent presque ouvertement la main, au lieu d'aller chercher ailleurs de plus dignes représentants de la république, c'est sordide et désespérant.

La colère, si juste soit-elle, est impuissante. Trop isolée, trop minoritaire. La majorité s'est mise en esclavage et consent de bonne grâce à être tondue. Que quelques uns s'y refusent suffira-t-il ? Les lâches ne sont-ils pas trop nombreux ? Si je n'espérais pas les voir se multiplier, y serais-je moi-même ? Je ne suis pourtant rien moins que convaincu par les manifestations de notre mécontentement, trop sages, trop rangées, trop gentilles. A ne plus déranger personne, à faire à peine plus de bruit qu'un défilé de carnaval, et encadrées de la même façon d'ailleurs... Pourtant, j'entends de plus en plus de voix s'élever contre cette forme de mécontentement, contre cette forme d'expression de notre mécontentement. Ceux qui descendent dans la rue commencent à réclamer autre chose, des actions plus radicales, aux répercussions plus retentissantes. J'applaudis les éboueurs de Marseille, dont l'initiative va dans le meilleur sens. J'en attends, j'en espère davantage. Tout ça reste trop frileux, trop discret. Mais la question qui me vient et me revient en boucle me porte à sourire : jusqu'à quand ?

Tu parles de nature dans ta poésie, et moi j'y parle de voyages, d'évasion. Nous sommes un peu dans une même optique... Mais le monde nous rattrape, auquel nous ne pouvons échapper. C'est aussi notre lot, que nous en voulions ou pas. J'espère sincèrement que nous verrons la fin de ce système misérable, de cette loi du plus fort, du règne du sacro-saint pognon et des jeux mensongers de pouvoir. En fait, je crois qu'il n'est rien que j'espère tant...

Bonne crème de marron, veinarde ! C'est bon cette cochonnerie-là...

A plus !

 

Réponse de Bifane le 23/10/2010 à 19h53
Dans les années 90 on les glorifiaient, à la télé on les appelait les "grands capitaines d'industries". De grands ils n'ont jamais eu que la cupidité, la rapacité, l'absence de conscience. Déjà ils volaient des vies, par milliers mais on ne le savait pas ou peu. Les délocalisations qui ruinent la France se faisaient discrètes. Aujourd'hui ils sont sûrs de l'impunité ayant les leurs au pouvoir, ils jettent les gens dehors sans se gêner. J'ai vu un reportage récemment sur Arte (ya de très bon reportages sur cette chaine) Mon dieu, les conditions de travail au Pakistan sont dantesques, l'enfer sur terre; Qu'un ouvrier-esclave meure et dans la seconde il est oublié remplacé. Ils sont des centaines à attendre sa place. Alors là-bas les êtres humains c'est pas considéré comme des êtres humains. La Chine ça devient trop "cher", pareil l'Inde, alors le Pakistan qui n'est pas regardant sur les conditions de travail. Et derrière tout ce malheur, la misère immense de ces peuples toujours les mêmes responsables: les "grands industriels". Mais c'est qui ces "grands industriels"?? une poignée de salopards qui fait saigner le monde entier. Une poignée de complices qui nous fait croire qu'ils ont tous les pouvoirs parce qu'ils ont l'argent et nous qui avalons sans broncher le mensonge. Ont-ils oubliés qu'il y a eu des révoltes, des révolutions dans ce pays? Me vient parfois des envies de meurtre, mais surtout, surtout, de l'incompréhension. Comment dis, comment peut-on vivre en se pétant la ruche au Fouquet's quand on sait que par SA faute des milliers d'hommes, de femmes, d'enfants meurent de travailler presque nus dans des poisons?? Comment possédant TANT et TANT, peut-on faire comme si de rien n'était? Comment peut-on voler des vies sans sourciller, comment est-ce qu'on peut dormir sur ses deux oreilles quand on est responsable de centaines de morts là-bas et qu'on empoisonne ici ses concitoyens avec des produits frelatés? Moi je t'avoue je ne comprends pas, et je me dis que PPM a raison: ses gens qui nous gouvernent sont de grands malades. Ils le sont forcément, sinon comment pourraient-ils continuer à faire la fête, à se féliciter les uns les autres de leur bonne fortune?

"Que vaut une couronne quand des corbeaux peuvent diner d'un roi" dit l'un des héros à juste titre dans "Le trône de fer". Une couronne, comme une place au somment c'est fragile. Je crois à la révolution douce, non violente. Les vampires de tout acabit sucent la moelle des productifs. Je pense aux grandes surfaces auxquelles en donnant notre argent nous avons aussi donné le pouvoir d'assassiner les petits producteurs, les paysans. Qu'à cela ne tienne! Allons acheter à la source, court-circuitons le système! Tout système porte ses propres failles, celui qui nous presse comme des citron en a aussi. Allons-y, coupons les vivres au système, que les edouard , michel leclerc , les carrouf' et les autres aillent se faire voir. Chez moi entre les directives européennes et la charkas on a perdu 45% de notre verger, j'ai cru que c'était foutu, ajoute à ça la volonté de gagner tjrs plus des industriels de l'agro-alimentaire et nous n'allions bientôt plus manger que des fruits venant de pays étrangers où les pauvres gens travaillent pour 1 euro par jour (le rêve de tout industriels)! Je trouve vraiment alarmant qu'un pays ne soit plus au moins un petit peu autonome question alimentation. Et puis cette année, le renouveau, les arboriculteurs ont replanté des pêchers. La joie que ça m'a fait! La solution? ce sont les chemins de traverse. Acheter moins, mais acheter des produits franco-français pour sauver nos emplois, des produits réalisés par de petites structures, des ateliers. C'est en changeant nos habitudes qu'on peut mettre à bas tout le bazar. J'en suis persuadée. Une révolution en douce.


Tiens la petite dernière. La droite ultra-libéraliste torpille les retraites, mais tous complices les voleurs en cols blancs:les futurs retraités ne vont avoir que leurs yeux pour pleurer sauf s'ils cotisent pour de plus grosses complémentaires en se serrant la ceinture toute leur vie. Il se trouve que comme par hasard le frère de Sarkosy est président du groupe médéric...une famille qui me fait penser à la gloutonnerie des Bonaparte. On sait comment ils ont finis.
Commentaire n°4 posté par Dé le 23/10/2010 à 22h25

Je me disais aussi... que tu devais bien t'emporter quelquefois dans la même humeur. Et je constate avec plaisir que nous nous défions des mêmes "ennemis". Parlant de constat, nous faisons le même, et je guette avec attention les mouvements politiques démarqués, ceux qui osent proposer une réelle alternative et qui ne donnent pas dans la rengaine selon laquelle on ne peut plus faire autrement. Ils se font rares... Mais la révolution en douceur, si elle emporte également ma préférence, me paraît pourtant peu probable : ce qui la déclenchera, si elle parvient à se déclencher, découlera d'un tel ras-le-bol, d'un tel dégoût et d'une si grande colère qu'il m'étonnerait que ça se passe en douceur...

Je ne suis pas partisan de la violence, mais en dernier recours, elle ne me rebuterait pas.

Mes bises partisanes, Désirée, en te souhaitant un bon dimanche !

Réponse de Bifane le 24/10/2010 à 07h10
j'aime bien quand tu écris l'histoire autrement, je ne parle pas de Ferré.

Ca me fait penser à un texte de Claudel dans tête d'or, il faut que je le retrouve, bien que je ne sois pas fan de cet enfoiré de Claudel...si je remets la main dessus... je ne sais même plus pourquoi...enfin bref;)...bon dimanche en montagne ?...je crois que je vais me faire un ciel pour ma part.
Commentaire n°5 posté par la vieille dame le 23/10/2010 à 22h56

Tu me parles de Claudel, Cagire me citait Supervielle... Et je me rends chaque fois compte qu'il me manque bien des lectures... Est-ce, comme je l'ai souvent entendu dire, que les autodidactes ont le gros défaut de ne pas ratisser assez large ? Ou bien ne suis-je qu'un lecteur trop dilettante ? En tout cas, ça m'engage à varier davantage mes lectures...

Ecrire l'histoire, l'Histoire... C'est une grande ambition et un espoir noble, je crois. J'aimerais beaucoup pouvoir y participer, non pour m'y faire une place, mais pour lui donner une direction plus humaine...

Le dimanche en montagne s'annonce pluvieux, mais le feu dans la cheminée nous réchauffera ! Je te le souhaite bien agréable par chez toi !

Réponse de Bifane le 24/10/2010 à 07h17
Un poème à graver sur la tour de Babel !
Bô !
Commentaire n°6 posté par Isabelle C le 24/10/2010 à 09h55

Ah ! Tant mieux ! J'ai craint un moment que ce ne soit sur le mur des lamentations ! En attendant la tour de Babel, le voici déjà sur Babel-Web ! (je la retiens, celle-là...) ^^

Réponse de Bifane le 24/10/2010 à 10h02
"Mais la révolution en douceur, si elle emporte également ma préférence, me paraît pourtant peu probable : ce qui la déclenchera, si elle parvient à se déclencher, découlera d'un tel ras-le-bol, d'un tel dégoût et d'une si grande colère qu'il m'étonnerait que ça se passe en douceur..."

Je vais te dire pourquoi je ne crois pas à une révolution sanglante. Qui aujourd'hui en France voudrait mourir pour ses idées, fussent-elles les plus nobles qui soient? Les martyrs n'ont plus la cote, à part chez Allah. Et puis ces gens-là, cette clique, tu crois qu'ils hésiteront un instant à faire canarder la foule s'ils sentent la situation leur échapper? Je pense qu'ils n'hésiteront pas une minute. Pour eux la France d'en bas comme ils disent ces connards, c'est de la fiente, et la fiente on la fait balayer par ses laquais, CRS, armée. Ces gens-là comme disait Brel, ça rêvent de gouvernement chinois, de totalitarisme.

Je crois à la ruse. A l'affrontement détourné. Au travail de sape. En gros, à leurs propres armes qui démontrent encore et encore leur efficacité. Je crois à l'intelligence face à la brutalité. A Gandhi plus qu'à Lénine.

Tu ne me connais pas sous cet angle, parce que je ne le montre pas. Mais je lis beaucoup sur le net, et ce qu'on y apprend qui ne filtre pas à la télé par exemple est plus qu'édifiant. J'y ai compris par exemple que notre cher gouvernement cherche à monter le privé contre le public en employant des manoeuvres grossières. Genre décider sans que QUICONQUE bronche (même pas les syndicats) que dans l'éventualité ou les caisses de retraite qui régissent le régime public seraient en difficulté, elles auraient le droit de piocher dans celles du privé. C'est pas merveilleux ça?? L'Ircantec a réagi immédiatement tu penses, vu que ses comptes sont déjà largement dans le rouge. Mais tout le monde a fait la sourde oreille. Que crois-tu que se disent les salariés du privé? "Salauds de fonctionnaires" "crevons le mammouth" etc etc. Pour qui a la vue basse les responsables se sont ces égoïstes de fonctionnaires. Pour qui voit un peu plus loin, ils font de fameux boucs émissaires, et quoi de plus merveilleux d'être épaulé par le peuple pour démanteler un service public indispensable et le remplacer par un service privé et donc PAYANT? Magnifique tour de passe-passe n'est-il pas...J'ai cessé de gober les infos toutes crues, désormais je cherche à qui profite "réellement" le crime. Et le crime profite toujours aux mêmes.

Je n'en parle pas dans mes poèmes parce que c'est bien assez de subir tout cela et de se faire un brave mouron pour ses enfants, et parce qu'on a besoin étant conscient de la crasse mentale de certains d'aller respirer un peu d'air et croiser du regard un peu de ciel bleu. Et surtout ne pas perdre tout espoir. Parce que de l'espoir il y en a, j'en suis persuadée, et il est entre nos mains à nous.

Bon dimanche sous la pluie mon ami ;)
Commentaire n°7 posté par Dé le 24/10/2010 à 10h09

Outre les risques que tu avances, et qui sont bien réels, évidemment, tu peux y ajouter qu'une révolution brutale aurait toutes les chances d'être menée par des groupuscules plus dangereux encore que les gangsters qui nous gouvernent. Des vampires qui se serviraient d'un mouvement de masse pour parvenir à leurs fins, sans la moindre intention d'agir autrement que ceux qu'ils remplaceraient, ou alors en pire, comme ça s'est déjà vu. Lénine en est un bon exemple : une idée qui, au départ, n'est pas si mauvaise, et qui débouche sur un état de dictature sanglante. Ils avaient choisi la bonne couleur, tiens...

Mais tu vois aussi les débordements qu'entraînent toujours les situations de crise : quand les citoyens descendent dans la rue, et particulièrement quand la situation stagne en ce sens, comme en ce moment, on ne tarde jamais à voir les premières voitures brûlées et vitrines fracturées. En l'occurence, ce n'est pas le fait des groupuscules auxquels je faisais allusion, mais d'une frange de la population plus touchée et plus malmenée que toutes les autres, dont l'expression vire presque toujours à la violence, dernier recours peut-être quand on n'a plus rien à perdre. Les crânes d'oeuf et nabots excités qui nous gouvernent ne devraient pas le prendre tellement par-dessus la jambe... Encore faudrait-il qu'ils aient la moindre conscience de l'état du pays qu'ils prétendent gouverner. Mais tout ce qu'ils y voient n'est jamais que l'intérêt qu'ils peuvent en tirer, hélas...

Quant aux boucs émissaires, fonctionnaires, chômeurs, rmistes, immigrés, non seulement ce puant procédé est vieux comme le monde mais, depuis quelques décennies, revient-il toujours sur les mêmes boucs. Je me demande comment on peut encore accorder foi à cette mascarade, s'en laisser abuser si naïvement. Mais les mouvements que je vois dans les rues commencent à réunir des groupes très différents de la population, où le public et le privé se donnent la main, loin d'être dupes des plans machiavéliques dont ils doivent être les pions.

Il faut espérer que l'expérience de ce mandat présidentiel mettra suffisamment de plomb dans la cervelle à ceux qui ont cru aux fadaises de la droite, sans pour autant leur donner envie d'accorder leur confiance à la gauche traditionnelle, qui ne se démarque plus de la droite que pour le décor, des détails de pure forme, mais avec un accord préoccupant sur les motivations et les projets de fond.

J'en parle moi-même assez peu dans mes poèmes. Il me vient quelquefois l'envie de le faire pour ne pas laisser le silence donner raison à un état de fait que certains espèrent installer de façon définitive, inébranlable, avec toutes les suites inéluctables les plus catastrophiques. Ce n'est jamais que trop peu de choses, mais à dire vrai, j'ai souvent cette impression d'être dans le trop peu. Cela dit, de trop peu en trop peu, on arrive tout de même à un petit quelque chose, et j'ose encore espérer que, mises bout à bout, ces petites choses finiront par produire leur effet.

Mes bises frisquettes et humides, Désirée !

 

 

Réponse de Bifane le 24/10/2010 à 11h17
Tout d’abord et pour finir cette projection dans un futur personnel espéré qui prolongerait le présent en conservant ce qu’il a de mieux, l’ardeur et l’envie, et se réjouirait de ce qu’il aurait été semé, travaillé puis récolté avec les enfants qui se seraient accomplis en leur âge d’hommes et de femmes.
Entre le prologue et la conclusion de ce texte, le rêve d’un monde meilleur au-delà du pire. L’âge d’Or. Une ère nouvelle. C’est mieux que de se dire comme certains que tout était mieux avant. Je crois que lorsqu’on pense cela, qu'on n'espère plus du futur, c’est qu’on commence à devenir vieux et qu'on n'a plus trop sa place dans le présent, même si on est dans la force de l’âge. Je me souviens de mon père fort chenu se relevant de son sommeil pour regarder Renaud à la télévision, le Renaud des débuts car mon père est parti dans les étoiles il y a plus de vingt ans. Comprendre ce qu’était Renaud. Je me souviens aussi d’avoir demandé à mon père s’il aimerait retrouver la jeunesse, la santé et revivre une vie et il m’avait répondu que non. J’aimais qu’il soit toujours aussi curieux, jeune et ouvert d’esprit j’ai aimé qu’il ne se sente pas indispensable et qu’il sache passer le relais aux générations suivantes.
Commentaire n°8 posté par Cergie le 25/10/2010 à 18h13

Tu prêches un converti, ma chère Cergie : je suis de ceux qui ne voient quasiment rien de mieux hier. Peut-être un environnement moins en danger ? Et encore... Une humanité encore mal dégrossie en tout cas, où l'intolérance s'imposait, où la protection de l'enfance n'était même pas dans les esprits, où la considération qu'on avait pour la femme lui accordait un statut dont même un taulard d'aujourd'hui se plaindrait... Non, ce n'était pas mieux avant. Il y a eu un progrès humain, malgré tout, auprès des progrès techniques et scientifiques. Il est juste dommage que le premier n'ait pas été le maître des autres. Mais il peut encore le devenir, et même le doit-il. C'est à ce constat qu'on doit en arriver, à voir les impasses dans lesquelles nous aboutissons aujourd'hui : la valeur humaine n'a pas été mise à sa place, en maîtresse et guide des autres. On peut espérer que ça viendra, on peut l'espérer, on doit y oeuvrer.

Le petit portrait que tu me fais de ton père me le rend infiniment sympathique. J'aurais bien aimé que le mien ait un peu de cet appêtit à vivre. C'est ce qui lui manquait le plus, je crois. Un mal qui en entraîne d'autres...

Réponse de Bifane le 25/10/2010 à 19h06
Ferré des beaux textes, les avoir en toile de fond et s'inspirer de leur musicalité, c'est une porte immense qui s'ouvre.
Commentaire n°9 posté par lutin le 25/10/2010 à 22h56

Il y en a d'autres, qui ouvrent d'autres portes, mais Ferré en ouvre une belle, en effet...

Réponse de Bifane le 26/10/2010 à 08h54
Ce monde on en rêve on voudrait y croire, on y croit parfois, on se dit qu'arrivera bien le jour où l'on sera descendu si bas qu'il n'y aura plus d'alternative si ce n'est choisir une nouvelle voie, comme une évidence -celle qui place l'humain au centre des préoccupations... l'humain pour l'humain, la vie pour la vie, oui. Ton texte est très beau Bifane, lumineux !
As-tu vu le film de Coline Serreau "solutions locales pour un désordre global" ? Parfois critiqué... mais pour ma part, j'ai aimé l'idée de partir de la base, du petit, de l'individu qui agit à son échelle dans le sens de l'humain...
Commentaire n°10 posté par Cagire le 25/10/2010 à 23h01

J'en ai beaucoup entendu parlé, j'ai même été une ou deux fois près de le regarder, qui plus est j'ajouterai que j'apprécie énormément Coline Serreau... Tout ça pour en arriver à ma réponse, complètement incompréhensible : non, je n'ai pas encore pu voir ce film d'elle, dont je suis pourtant sûr qu'il me séduirait comme tous les autres, et quoiqu'il ne soit pas du tout dans le même esprit si j'en crois ce qu'on m'en a dit.

Mon texte, que d'aucuns jugeront inutiles, prolongent d'autres actions, non moins inutiles de l'avis des mêmes. De mon propre avis parfois... Mais entre ne rien dire parce que c'est inutile et dire malgré tout même si ça ne sert à rien, j'ai finalement choisi mon camp. Celui de descendre dans les rues, d'écrire mes conneries et de participer à des mouvements dérisoires, mais qui défendent au moins quelque chose qui en vaut la peine à mes yeux, dix fois, cent fois plus que toutes les merdes pour lesquelles je plie l'échine tout le reste du temps, dans notre jolie société de gens bien sages et bien lisses, tout comme il faut pour ne pas gêner ceux qui les vampirisent...

Merci pour ton passage complice, Cagire !

Réponse de Bifane le 26/10/2010 à 09h02
C'est un grand poème, Bifane, son souffle emporte l'âme.
Ne jamais baisser les bras, je suis tellement d'accord avec toi, car le sentiment de l'inutile creuse plus profondément les tombes déjà ouvertes. L'humanité est encore en enfance; un jour, peut-être, elle sera mâture et saura vivre selon l'important.
Je t'embrasse, mon Pisteur infatigable.
Commentaire n°11 posté par Sophie le 28/10/2010 à 11h46

Comme c'est vrai, ce que tu dis là : le revers du renoncement, de ces abandons qu'on laisse se faire sans réagir, qu'on entérine par défaut, et qui empoisonne tout ce qui restait encore en vie... J'ai vu se dérouler ce cercle vicieux, et commettre ses ravages, d'abord sur l'esprit, complètement assombri et finalement éteint, puis finalement sur le corps, traduction ultime avant l'extinction complète. Une mort avant la mort.

Mes bises depuis la piste, Sophie, aux lumières de ta philosophie, entre autres talents de plume. Tu nous offres bientôt un nouvel article ? Je guette, je guette... A bientôt !

Réponse de Bifane le 28/10/2010 à 18h47
Alors viens t'en chez moi, mon ami, il y a de la lumière, de la chaleur et un nouveau texte...
Commentaire n°12 posté par Sophie le 28/10/2010 à 20h32

Chouette ! Je ne tarderai pas à venir le découvrir ! A bientôt, donc, ma chère Sophie.

Réponse de Bifane le 29/10/2010 à 09h22
Coïncidence ... ce matin sur FIP j'ai entendu une chanson de Ferré - lui que je trouvais triste et nostalgique - et j'ai adoré, j'aurais voulut l'écouter dix fois en boucle... je change d'avis sur ce chanteur poète, est-ce enfin un signe de maturité ?
Commentaire n°13 posté par Balladine le 17/11/2010 à 15h42

J'y verrais plutôt le signe d'une rencontre. On n'entre pas toujours dans l'univers d'un artiste de prime abord, il faut parfois y revenir pour y parvenir. J'ai vu ça avec Michaux, que je n'avais pas du tout aimé dans ma première lecture, qui n'avait d'ailleurs été qu'un survol tant ce qu'il écrivait me laissait froid. Puis un jour, j'ai rouvert un vieux livre qui m'attendait sur une étagère, et là, dans le même livre, aux mêmes pages, j'ai découvert l'auteur, son univers et son génie.

Il doit y avoir un temps pour tout, je suppose...

Réponse de Bifane le 17/11/2010 à 16h23
moi ça me plait bien qu'il y en ai d'autres qui aient envie de rire, qu'ils pensent que tout peut se refaire mais d'une autre manière et que tous les discours finiront par "je t'aime"; c'est bon que tu le dises et que le grand Ferré aussi le dise, ça me fait pleurer les yeux tellement j'ai envie d'y croire.
je t'embrasse mon poète
Commentaire n°14 posté par saadou le 25/11/2010 à 18h33

Chez moi aussi, il y a cette envie d'y croire, qui me le fait écrire. L'envie d'y croire, qui, remarquons-le au passage, n'est pas la foi elle-même, juste son ombre, dans le désir qu'on en a. Le monde se prête peu à y croire, les êtres humains de même, mais il y a des éclats, encore, des gestes qui semblent vouloir démontrer que le pire n'est pas sûr, pas inévitable. Alors, pourquoi ne pas s'y raccrocher, s'embringuer dans cet espoir ultime, sachant bien qu'au-delà du certaine limite, qu'on appelle le point de non-retour, ce sera foutu. Le sachant, okay, mais espérant tout de même nous arrêter avant, nous arrêter à temps.

 

Mes bises à toi aussi, Saadou, et merci de ta visite !

Réponse de Bifane le 26/11/2010 à 12h40

Présentation

L'écriture

Ce presque rien de l'écriture, ce souffle d'air dans les méandres brumeux de nos âmes. 

 

Rares sont les paroles qui ne puissent être infiniment mieux exprimées par la plume. Et il n'est pas une attention à l'autre plus entière que dans le moment de lui écrire, si ce n'est en celui de lui faire l'amour.

Nous avons encore perdu...

                    de Pablo Neruda

 

 

Nous avons encore perdu le crépuscule

Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies

pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.

 

J'ai vu de ma fenêtre

la fête du couchant sur les côteaux lointains

 

Parfois, ainsi qu'une médaille

s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.

 

Et je me souvenais de toi le coeur serré

triste de la tristesse à moi que tu connais.

 

Où étais-tu alors ?

Et parmi quelles gens ?

Quels mots prononçais-tu ?

Pourquoi peut me venir tout l'amour d'un seul coup,

lorsque je me sens triste et te connais lointaine ?

 

Le livre a chu qu'on prend toujours au crépuscule,

ma cape, chien blessé, à mes pieds a roulé.

 

Tu t'éloignes toujours et toujours dans le soir

vers où la nuit se hâte effaçant les statues.

 

Sagesse amérindienne

                    d' Oriah Mountain Dreamer (un vieil indien

 

 

Je ne m'intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,

Je veux savoir à quoi tu aspires,

Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton coeur.

 

Je ne m'intéresse pas à ton âge.

Je veux savoir si, pour la quête de l'amour et de tes rêves,

Pour l'aventure de te sentir vivre,

Tu prendras le risque d'être considéré comme fou.

 

Je ne m'intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.

Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,

Si les trahisons vécues t'ont ouvert,

Ou si tu t'es fané et renfermé par crainte de blessures ultérieures.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,

Sans t'agiter pour la cacher, l'amoindrir ou la fixer.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,

Si tu oses danser, envahi par l'extase jusqu'au bout des doigts et des orteils,

Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.

 

Je ne m'intéresse pas à la véracité de l'histoire que tu racontes.

Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même,

Si tu supportes l'accusation d'une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.

 

Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres,

Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien ou le mien,

Et malgré cela rester debout au bord du lac

Et crier : "Oui !" au disque argenté de la lune.

 

Je ne m'intéresse pas à l'endroit où tu vis, ni à la quantité d'argent que tu as.

Je veux savoir si, après une nuit de chagrin et de désespoir,

Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.

Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.

Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur, lorsque tout le reste s'écroule.

 

Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,

Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments vides.

 

Le poète...

                    de Tadeusz Rozewicz (Poète polonais)

 

 

Le poète est à la fois celui qui écrit des poèmes

et celui qui n'en écrit pas

 

Le poète est celui qui secoue les chaînes

et celui qui s'en charge

 

Le poète est celui qui croit

et celui qui ne peut croire

 

Le poète est celui qui a menti

et celui à qui on a menti

 

Le poète est celui qui mangeait dans la main

et celui qui a coupé les mains

 

Le poète est celui qui s'en va

et celui qui ne peut s'en aller

   

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés