Samedi 16 avril 2011 6 16 /04 /Avr /2011 10:42
Publié dans : Ceux qui viennent d'ailleurs
En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres
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Commentaires

Merci Bifane pour cette vidéo qui rappelle qu'effectivement il ne faut rien lâcher... et reconnaître les ennemis, les vrais : les vautours, les requins, appelont les comme on veut, ceux qui spéculent chaque jour et particulièrement sur les prix des produits alimentaires. Il faut stopper ces dérèglementations financières, car ces requins ont tout pouvoir, pour affamer les populations, jeter à la rue les plus pauvres... et creuser les écarts toujours plus grand entre les ultra riches et les miséreux. Allez j'arrête car la rage me prend...
Bon week end Bifane
Commentaire n°1 posté par balladine le 16/04/2011 à 12h19

C'est une bonne rage, Balladine, et je crois qu'il est bon de la garder bien en éveil !

La chanson, autant que les images, m'ont fait un bien fou, ce matin. C'est rassurant de voir et d'entendre autre chose que la soupe médiatique habituelle, et de rencontrer encore des artistes qui ont une idée, pour ne pas dire un idéal, de l'humanité qu'ils sont prêts à défendre, ou à tout le moins à exprimer. On se sent solidaire avec eux, et eux avec nous, c'est un bon chemin !

Bon week-end à toi aussi !

Réponse de Bifane le 16/04/2011 à 14h25
Réveillés? le sommes-nous? debout? le sommes-nous?

Prêts à se refaire entuber l'an prochain? plus que probable. Tant que la majorité des gueux a les lèvres hors de l'eau, ça pétera pas. Lâcher un Sarko pour un DSK, ça me fait un peu rigoler jaune. Hulot revient avec sa taxe carbone, faire payer les plus pauvres qui polluent avec leurs saletés de vieilles bagnoles c'est tellement une bonne idée. Et puis on peut bien encore se serrer la ceinture, on paie pas encore assez. Pas un politique qui ose proposer le seul programme valable pour l'avenir: faire raquer les vampires et les requins. Normal: ils en croquent tous sans exception.

C'est pas demain que ça change. Je te donne RV l'an prochain, tu verras.
Commentaire n°2 posté par Désirée le 17/04/2011 à 10h52

Le pire, dans notre société, étant toujours plus probable que le meilleur, tu ne prends pas de gros risques...

Rien de nouveau sous le soleil d'Occident, Désirée, et ton point de vue est si proche du mien que j'aurais pu écrire la même chose. Bref. Reste une petite chanson vivante, et un chanteur qui se paye le petit luxe d'aborder des problèmes de société sans se laisser enfermer dans un discours réduit à son église ou son combat, comme on le voit si souvent dans nos manifs, où le mot d'ordre, quoi qu'il en soit, reste quand même "chacun pour sa gueule". Aussi, quand j'entends une voix s'élever pour enfin ratisser large et faire son état des lieux en oubliant pas le voisin, ça me fait du bien.

Rien à voir avec le paysage politique français, qui reste une catastrophe sans précédent, vers quelque bord qu'on aille. Là-dessus, franchement, même plus envie d'en parler tellement ça me pète les rouleaux... Pourtant, comme un con, je continue de les écouter, quand on leur donne la parole, de voir si l'opposition ne présenterait pas quelque chose de nouveau, une idée qui change, une vraie idée. Mais nada, au bout d'un quart d'heure de langue de bois, je laisse tomber. Il n'y a que Mélenchon que j'écoute généralement jusqu'au bout, pour les bonnes idées qu'il lui arrive de jeter comme un pavé dans la mare...

Bon dimanche chez toi, et tant qu'à faire, on essaye de se croiser encore un peu avant un an ? Bises !

Réponse de Bifane le 17/04/2011 à 11h28
l'opposition, elle est dans ce qui se crée de vie en réaction. pas dans mélenchon.
nan, on lâche rien, mais p***** ce que ça fatigue.
comme t'as l'air bien crevé aussi, je t'offre toutes les assoces qui recréent ce qui se fait triquer. celle qui dénoncent, celles qui ouvrent des espaces d'accueil, celles qui refont de l'entreprise solidaire et ethique, je t'offre les partages de pauvres à pauvres, et les combats au bord de l'épuisement total pour que chacun reste debout et continue de lutter, et je t'offre les mots d'une amie enfin "se rendre compte que demain, c'est pas si mal"
Commentaire n°3 posté par ganja le 17/04/2011 à 14h21

Mélenchon balance de temps à autre un truc qui me fait plaisir, raison pour laquelle je le citais. Il est rare qu'un personnage politique me fasse encore frémir du coin du sourcil, et moins encore qu'il me donne à sourire...

Ce qui se crée de vie... Ta phrase m'interpelle. Ce qui se crée, comme ce chanteur, que je ne connaissais pas la veille, une voix qui raconte autre chose, un regard qui ne se prend pas pour un messi (tu as vu la curiosité qu'il a dans les yeux, la recherche qu'on sent dans ses regards ? J'aime bien cette humanité-là...).

Les assoces, oui... J'en connais quelques unes où il faut montrer patte blanche pour qu'on envisage de t'entrouvrir la porte, et encore. Mais j'avoue qu'une certaine misanthropie m'a pris que je combats assez peu, et peut-être de moins en moins. Je dis ça sans fierté, sachant bien que par là, je fais le jeu de tous ceux qui s'ingénient à nous diviser, nous murer dans l'isolement, et qui se régale bien, finalement, de tous les écoeurés et blazés, lesquels sont rarement les plus à craindre. Il faudrait donc que j'aille contre cette vilaine et stupide tendance.

Mais que demain ne soit pas si mal... Là, j'ai toutes les peines du monde à te suivre. Demain m'apparaît tout au rebours inquiétant pour le moins, désespérant quand je m'y attarde plus longuement, et rares sont les occasions d'y voir une lueur. Mais qui sait ? Le sursaut que ce chanteur semble espérer dans les paroles de sa chanson, peut-être aura-t-il lieu ?

Grand merci pour ton message amical, en tout cas !

Réponse de Bifane le 17/04/2011 à 19h23
tiens, en vrai, c'est ce site que je voulais te filer en écho à ta chanson. j'ai retrouvé l'adresse : http://loylphotograff.co.uk/th3.html
Commentaire n°4 posté par ganja le 17/04/2011 à 18h34

Merci. Je viens d'aller y jeter un coup d'oeil. J'y retournerai ! C'est le tien ?

Réponse de Bifane le 17/04/2011 à 19h24
Tout sauf la haine.
Commentaire n°5 posté par la vdi le 17/04/2011 à 19h37

Il y a plusieurs formes de haine, je crois : la haine de l'autre, pour laquelle je te rejoins, quel que soit l'autre, tant le sentiment se répand vite. La haine de certaines choses me paraît moins négative, et non moins réelle pour autant, je veux dire : pas seulement une façon d'employer le mot. La haine de certaines situations, de certaines obligations... Peut-être pas une solution non plus, pour ce que le sentiment sous-entend d'empoisonnement de soi, puisqu'elle ne ressort évidemment pas d'une saine et sereine réflexion, mais plutôt d'une réaction abrupte, immédiate et irréfléchie. Mais certainement pas à tout coup négative en soi. La forme est trop dans l'excès, mais le fond peut néanmoins être juste et droit.

Réponse de Bifane le 18/04/2011 à 12h46
c'est celui d'une amie qui n'a pas aimé me voir dans ton état. je sais pas non plus comment il est demain, je sais juste que le demain de mon hier a été moins mal de ses mots, et qu'ils redonnaient la force de s'attarder sur ce qu'on fait plutôt que sur ce qu'on ne fait pas, sur ce qui se construit plutôt que sur ce qui se détruit plutôt que sur l'inquiétude de la lucidité de demain.
demain c'est jamais que le résultat de ce qu'on fait aujourd'hui.
grand merci pour la chanson.....

tout sauf la haine ? non pas tout sauf la haine. tout sauf la haine, tout sauf l'indifférence, tout sauf le silence, tout sauf la desespérance, tout sauf plein de choses....
Commentaire n°6 posté par ganja le 17/04/2011 à 19h58

Oui, c'est le revers à adopter, la réponse à trouver en soi et à donner contre l'adversité. A tous les niveaux, la solution vaut. C'est la volonté d'en user, le courage de se pousser en avant, qui font parfois défaut.

J'ai plein de belles et bonnes choses à voir et à contempler. J'en ai un tas d'autres qui font obstacle et s'ingénient à me cacher les meilleures. Il y a une sagesse, dans tout ça, qui me fait défaut : l'incapacité, pour l'heure du moins, à compartimenter les choses, à ne pas laisser les mauvaises déborder sur les bonnes. Il est difficile de construire positivement dans ce contexte. Mais n'ayant pas une nature absolument pessimiste et défaitiste, je continue de croire qu'un tel contexte, une telle humeur, ne sont que des passages, à vide à l'évidence, mais qui ne constituent pas le fondement essentiel de l'être.

Reste à mettre quelque chose de plus lumineux dans cet essentiel, en effet.

De rien pour la chanson : quand je prends du plaisir, je me suis aperçu que j'en prenais encore plus à le partager. Comme le bon vin, qu'on ne saurait vraiment goûter dans un seul verre.

Réponse de Bifane le 18/04/2011 à 12h52

Présentation

L'écriture

Ce presque rien de l'écriture, ce souffle d'air dans les méandres brumeux de nos âmes. 

 

Rares sont les paroles qui ne puissent être infiniment mieux exprimées par la plume. Et il n'est pas une attention à l'autre plus entière que dans le moment de lui écrire, si ce n'est en celui de lui faire l'amour.

Nous avons encore perdu...

                    de Pablo Neruda

 

 

Nous avons encore perdu le crépuscule

Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies

pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.

 

J'ai vu de ma fenêtre

la fête du couchant sur les côteaux lointains

 

Parfois, ainsi qu'une médaille

s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.

 

Et je me souvenais de toi le coeur serré

triste de la tristesse à moi que tu connais.

 

Où étais-tu alors ?

Et parmi quelles gens ?

Quels mots prononçais-tu ?

Pourquoi peut me venir tout l'amour d'un seul coup,

lorsque je me sens triste et te connais lointaine ?

 

Le livre a chu qu'on prend toujours au crépuscule,

ma cape, chien blessé, à mes pieds a roulé.

 

Tu t'éloignes toujours et toujours dans le soir

vers où la nuit se hâte effaçant les statues.

 

Sagesse amérindienne

                    d' Oriah Mountain Dreamer (un vieil indien

 

 

Je ne m'intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,

Je veux savoir à quoi tu aspires,

Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton coeur.

 

Je ne m'intéresse pas à ton âge.

Je veux savoir si, pour la quête de l'amour et de tes rêves,

Pour l'aventure de te sentir vivre,

Tu prendras le risque d'être considéré comme fou.

 

Je ne m'intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.

Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,

Si les trahisons vécues t'ont ouvert,

Ou si tu t'es fané et renfermé par crainte de blessures ultérieures.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,

Sans t'agiter pour la cacher, l'amoindrir ou la fixer.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,

Si tu oses danser, envahi par l'extase jusqu'au bout des doigts et des orteils,

Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.

 

Je ne m'intéresse pas à la véracité de l'histoire que tu racontes.

Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même,

Si tu supportes l'accusation d'une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.

 

Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres,

Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien ou le mien,

Et malgré cela rester debout au bord du lac

Et crier : "Oui !" au disque argenté de la lune.

 

Je ne m'intéresse pas à l'endroit où tu vis, ni à la quantité d'argent que tu as.

Je veux savoir si, après une nuit de chagrin et de désespoir,

Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.

Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.

Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur, lorsque tout le reste s'écroule.

 

Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,

Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments vides.

 

Le poète...

                    de Tadeusz Rozewicz (Poète polonais)

 

 

Le poète est à la fois celui qui écrit des poèmes

et celui qui n'en écrit pas

 

Le poète est celui qui secoue les chaînes

et celui qui s'en charge

 

Le poète est celui qui croit

et celui qui ne peut croire

 

Le poète est celui qui a menti

et celui à qui on a menti

 

Le poète est celui qui mangeait dans la main

et celui qui a coupé les mains

 

Le poète est celui qui s'en va

et celui qui ne peut s'en aller

   

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