C'était en 1988. Il y avait bien deux ans que je n'avais plus eu le moindre contact avec lui. Depuis que j'étais parti en fait. Ma dernière fugue, notre dernier rapport humain. Sans un mot. J'avais fini par traverser la France, pour retrouver ma mère, de l'autre côté, après un peu plus de deux mois de fugue.
Et puis les paperasses, la garde parentale qu'elle avait reprise. Classique. Point.
J'étais en colère contre lui, évidemment. Mais je n'étais pas moins en colère contre le reste du monde, y compris ma mère et son nouvel époux. La colère voulait à la fois tout et rien dire. Elle m'était devenue naturelle, spontanée : l'approche, le premier abord, l'apparence, tout en moi vibrait sous cette humeur noire. J'aurais bouffé le monde, de rage. Il n'y avait pas d'exception, même pour ceux que j'aimais. Ils étaient peut-être davantage encore dans ma ligne de mire : trop proches, trop précieux, et je me défiais de tout attachement. En quelque sorte, j'avais beaucoup appris de la vie, mais à peu près tout compris de travers. Ce qui arrive parfois quand on apprend seul.
Outre la colère, un autre sentiment me hantait, qui ne me quittait pas non plus. La tristesse.
J'avais 17 ans, et déjà, ce sentiment d'avoir tout perdu, tout gâché, tout sali. J'en rejetais la faute partout autour de moi, quelquefois à juste titre, mais le plus souvent en composant avec la réalité, en n'en admettant qu'une partie, celle qui m'arrangeait. Ma vision des choses, je ne me donnais aucun autre point de vue. Je n'en avais pas moins une vague conscience de me tromper, mais c'était insuffisant : je me retranchais derrière ma colère dès qu'il s'agissait de me remettre en cause. Je ressortais mes bataillons de récriminations. Justes récriminations, mais de mon point de vue seul : je n'étais pas mythomane, je n'inventais rien ; ce que j'avais vécu était bien réel, ma souffrance pas moins, mais je ne me mettais jamais à la place de ceux qui l'avaient vécu avec moi, ou contre moi. Qu'avaient-ils ressenti ? Pourquoi les avais-je perdus ? Comment, à partir de quelle limite ? Ces questions-là viendraient plus tard, bien plus tard, trop tard peut-être...
C'était le printemps. J'avais écrit une lettre.
J'avais craqué. La tristesse avait dépassé la colère, grande, immense, comme une rivière qui enflerait en torrent. Mon meilleur ami me recevait souvent chez lui. C'était presque le seul ami que j'avais. Lui aussi, je l'avais malmené, bousculé, invectivé parfois. Mais sans que je sache encore aujourd'hui pourquoi ou comment, il s'était attaché à moi. Il me pardonnait mes incartades. Il mettait toute sa patience à me donner son amitié.
C'est lui qui me mit entre les mains ces premiers livres de valeur qui allaient me réconcilier avec la lecture, et de là, avec le monde. On n'en était pas encore là... Mais je lisais, je dévorais tout ce qu'il me conseillait. Voltaire, Molière, Baudelaire, Hugo... Que des noms alors inconnus pour moi. Et de merveilleuses découvertes ! Les idées que recellaient ces précieuses oeuvres commençaient de faire leur chemin en moi. C'est ce qu'avait espéré mon ami.
J'avais donc écrit une lettre. Mon premier signe depuis deux ans. J'aurais pu résumer ça en quelques mots : Papa, tu me manques... Ce fut une longue lettre, je n'en espérais rien, mais je m'y jetais tout entier. Je l'écrivis en pleurant, sous les regards inquiets et encourageants de mon ami. Il put la lire une fois achevée.
- Je ne sais pas si je dois l'envoyer, lui avouai-je...
- Bien sûr que tu dois l'envoyer. Tu verras, il te répondra.
- Je ne sais pas... Après tout ce qui s'est passé... Et puis ça fait si longtemps...
- Mais il a essayé de t'appeler, me rappela-t-il. C'est bon signe !
C'était vrai. Quelques semaines plus tôt, elle avait appelé. Sa seconde épouse, celle qui avait joué pour moi le rôle de mère, presque depuis ma naissance, et jusqu'à mon départ. Celle que je regarde aujourd'hui encore comme ma mère, ma vraie mère, celle du coeur. C'était souvent elle qui prenait le téléphone quand ils décidaient d'appeler. Lui n'aimait pas ça. Je tiens beaucoup de lui pour ce goût-là...
J'avais envoyé la lettre. Je n'ai jamais glissé une enveloppe dans une boîte aux lettres avec autant d'espoir et d'angoisse que celle-ci. J'en tremblais.
Puis, quelques jours plus tard, un après-midi, comme j'étais chez mon ami, le téléphone sonna. C'était lui. J'avais donné le numéron de mon ami dans ma lettre, plutôt que celui de ma mère et de son époux, chez lesquels je n'étais presque jamais. Je crois qu'il avait appelé plus tôt, le matin, quand je n'étais pas encore là. Mon ami lui avait dit vers quelle heure j'y serais. Yves ne m'avait rien dit quand j'étais arrivé, je crois, craignant peut-être qu'un empêchement ne remette le coup de fil à un autre jour. Mais quand le téléphone sonna, il me fit signe :
- Vas-y : c'est pour toi.
C'était lui. Pas elle : lui. Même à ce moment-là, où j'étais si peu enclin à me mettre à la place des autres, je sentais toute la force qu'il y avait dans son geste.
Ses premiers mots depuis deux ans. Je m'en souviens avec autant d'émotion qu'alors, et peut-être même plus encore :
- Fabien ? C'est Papa... Qu'est-ce que tu deviens ?
Il y a plus de vingt ans déjà... Tout ce qui s'était passé entre nous... Tout ce qui devait encore arriver jusqu'à ce qu'enfin nous nous trouvions...
C'est bête : tout le monde peut-être ressent ça un jour ou l'autre. Mais j'aimerais tellement que ce putain de téléphone sonne, et d'entendre ça, juste ça :
- Fabien ? C'est Papa... Qu'est-ce que tu deviens ?
Ce presque rien de l'écriture, ce souffle d'air dans les méandres brumeux de nos âmes.
Rares sont les paroles qui ne puissent être infiniment mieux exprimées par la plume. Et il n'est pas une attention à l'autre plus entière que dans le moment de lui écrire, si ce n'est en celui de lui faire l'amour.
de Pablo Neruda
Nous avons encore perdu le crépuscule
Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies
pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.
J'ai vu de ma fenêtre
la fête du couchant sur les côteaux lointains
Parfois, ainsi qu'une médaille
s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.
Et je me souvenais de toi le coeur serré
triste de la tristesse à moi que tu connais.
Où étais-tu alors ?
Et parmi quelles gens ?
Quels mots prononçais-tu ?
Pourquoi peut me venir tout l'amour d'un seul coup,
lorsque je me sens triste et te connais lointaine ?
Le livre a chu qu'on prend toujours au crépuscule,
ma cape, chien blessé, à mes pieds a roulé.
Tu t'éloignes toujours et toujours dans le soir
vers où la nuit se hâte effaçant les statues.
d' Oriah Mountain Dreamer (un vieil indien)
Je ne m'intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,
Je veux savoir à quoi tu aspires,
Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton coeur.
Je ne m'intéresse pas à ton âge.
Je veux savoir si, pour la quête de l'amour et de tes rêves,
Pour l'aventure de te sentir vivre,
Tu prendras le risque d'être considéré comme fou.
Je ne m'intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.
Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,
Si les trahisons vécues t'ont ouvert,
Ou si tu t'es fané et renfermé par crainte de blessures ultérieures.
Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,
Sans t'agiter pour la cacher, l'amoindrir ou la fixer.
Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,
Si tu oses danser, envahi par l'extase jusqu'au bout des doigts et des orteils,
Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.
Je ne m'intéresse pas à la véracité de l'histoire que tu racontes.
Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même,
Si tu supportes l'accusation d'une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.
Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres,
Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.
Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien ou le mien,
Et malgré cela rester debout au bord du lac
Et crier : "Oui !" au disque argenté de la lune.
Je ne m'intéresse pas à l'endroit où tu vis, ni à la quantité d'argent que tu as.
Je veux savoir si, après une nuit de chagrin et de désespoir,
Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.
Je ne m'intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.
Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.
Je ne m'intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.
Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur, lorsque tout le reste s'écroule.
Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,
Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments vides.
de Tadeusz Rozewicz (Poète polonais)
Le poète est à la fois celui qui écrit des poèmes
et celui qui n'en écrit pas
Le poète est celui qui secoue les chaînes
et celui qui s'en charge
Le poète est celui qui croit
et celui qui ne peut croire
Le poète est celui qui a menti
et celui à qui on a menti
Le poète est celui qui mangeait dans la main
et celui qui a coupé les mains
Le poète est celui qui s'en va
et celui qui ne peut s'en aller
A votre place (cette phrase est d'une idiotie sans nom, pardon) j'en ferais le premier chapitre d'un roman. Le reste n'est pas obligé d'être autobio... lancez vous!
Merci Aléna, c'est vraiment un beau compliment !
L'idée est déjà en cours, mais pour un projet encore lointain pour le moment, d'un livre en hommage, où j'ai réuni plusieurs textes et poèmes autour de cet homme, mon père, qui fut tant et qui me manque à la mesure de ce qu'il fut...
Je t'embrasse, tendre Pisteur.
Il n'y a pas si longtemps, je te disais que je ne ressentais plus le besoin, moins encore l'envie, de retourner trop loin en arrière, fouiller le passé. Pourtant, à écrire ce texte aujourd'hui, je m'y suis replongé sans mal, une envie de retrouver ces mots - "qu'est-ce que tu deviens ?" - qui me revenaient de loin...
Ma mère, mes mères, comme tu le précises très justement entre parenthèses, c'est une autre histoire. Je suis toujours très lié à celle qui a partagé la vie de mon père jusqu'au bout, et qui a toujours été la meilleure mère possible pour moi. L'autre poursuit sa route, qui n'est plus la mienne depuis des années. C'est mieux comme ça.
Mes bises à toi aussi, Sophie !
Ta mère... c'est triste quand même. Peut-être n'est-ce pas définitif... Pour en revenir à la phrase de ton père, au-delà de sa simplicité, elle est vraiment belle et riche de sens : on n'est pas; on devient; sans cesse, sans s'arrêter, jusqu'au bout. Il voulait connaître quelle portion du chemin tu avais accompli sans lui, et te retrouver à ce croisement-là.
A bientôt, très cher Bifane.
Un apaisement, en effet. La colère est toujours présente ; il me semble parfois qu'elle ne s'éteint plus jamais, quand elle s'est allumée trop fort. Mais elle est en cage, et je la veille pour ce qu'elle est : une part du tout, dangereuse, mais contrôlable, et je me dis qu'il est peut-être possible, après tout, de la vaincre tout à fait. Pour le moment, je ne sais pas...
Quant à la séparation, une chose que tu dis est certainement vraie : elle est parfois incontournable. Chaque séparation procède de son histoire, unique et singulière, on peut faire des recoupements, mais aucune ne peut servir de modèle à l'autre. Ce qu'il en découle pour les enfants, c'est une question qui m'a longtemps convaincu que je n'en aurais jamais, pour ne pas prendre le risque. Mais vivre, c'est justement risquer. Et puis c'est aussi se tromper. On s'en relève, on s'en sort, un peu balafré, plus ou moins selon les ententes intelligentes ou les haines tenaces. Surtout, il y a parfois des non-dits, voire des mensonges, qui se posent en travers de notre compréhension, et qui peuvent avoir la peau dure. Sans compter le nombre d'illusions qu'on peut se faire aussi, de celles de l'enfance à celles de l'adulte, qui s'abuse lui-même de choses qu'il a voulu croire et dont il a fini par se convaincre. Jusqu'à ce que la vie lui démontre son erreur... Soi-même, on use d'une dose incroyable de mauvaise foi, pour se convaincre d'un impossible meilleur, ou pour se justifier de ses erreurs comme de celles des autres. On joue un jeu étrange, qui finit par nous étrangler. Puis on décide de respirer, d'arracher le collier des hypocrisies commodes, de remettre tout à plat et de faire la juste part des choses, sans s'oublier soi-même dans le jeu des accusations, des torts et des raisons. Ma rupture avec ma mère a été la conclusion de ce choix d'y voir clair, de ne plus faire semblant, et je ne le regrette pas. J'ai rompu avec du faux, et j'y ai retrouvé du vrai. C'est une des meilleures choses que j'aie faites...
Peut-être ton propre choix résultait-il du même impératif ? Personne ne saurait le dire à ta place, et qu'importe à présent ? Je crois sincèrement qu'il faut se débarrasser du faux tant qu'on peut, et garder le vrai pour continuer de devenir.
On aimerait tous et toutes encore entendre leurs voix, ailleurs que dans nos foutues têtes...oui, moi aussi j'aimerais.
Dans nos foutues têtes reste leur souvenir, aussi. Le manque, certes, mais comme un prix à payer pour quelque chose qu'on n'accepterait de perdre pour rien au monde. C'est quand il n'a plus été là que j'ai ressenti ce terrible équilibre en nous, entre l'étendue de la douleur et la grandeur de sa cause, infiniment liés. Et c'était une consolation, chaque fois que j'avais mal, c'en est toujours une d'ailleurs, de penser que je n'ai si mal qu'à mesure de ce que j'ai vécu avec lui, de tout ce que nous avons réussi à nous donner. Pour le dire plus simplement : on les pleure autant qu'on les aimait...
Je suis encore d'être devenu autant que je le souhaite. J'ai perdu des couches en chemin, des cuirasses inutiles aux déguisements de circonstances, et à l'inverse, j'ai creusé plus au fond à mesure que j'apprenais. Mais dans un sens comme dans l'autre, je sais qu'il reste un bon bout de chemin encore, avec tous les écueils que ça peut sous-entendre.
En te disant ça, je songe que la chose la plus précieuse que j'ai apprise, c'est d'oser regarder ma poutre, et d'y voir bien souvent le reflet de la paille dans l'oeil de l'autre. A partir de ça, le reste s'enchaîne, pas besoin d'étaler les poncifs du genre... Mais ça fait du chemin, beaucoup...
Merci de ton passage, Frédérique.
Et comme un geste peut se transformer en acte et marquer plusieurs vies... Pour moi c'est vraiment l'humain dans toute sa splendeur ! Un mélange de souffrance, d'incompréhension, de bêtise, de lâcheté... et d'amour qui finit souvent par avoir le dernier mot malgré tout. Ce serait presque des coups à devenir optimiste !
Et c'est très beau en tout cas.
C'est joli, cette "branche qui se casse au fond du coeur", et ça en dit beaucoup, je trouve. Il y a quelques occasions où je l'ai entendue aussi... Les choses fortes, intenses, quand on les pose par écrit, je ne crois pas qu'elles nous fassent perdre la tête ; au contraire, j'ai le sentiment qu'elles nous aident à poser notre pensée, nos sentiments. Evidemment, ça ne se fait pas sans émotion, est-il besoin de dire à quel point certains mots nous bouleversent nous-mêmes, rien qu'à les tracer, puis à les relire... Mais c'est quelque chose qui se trouve en-dedans et qui voulait sortir, et qu'on parvient à dire, à exprimer tel qu'on l'a vécu, ressenti. Et ça, ça fait du bien, même avec la peine que ça réveille.
Comme elles sont dures, exacerbées, les souffrances de la jeunesse, comme elles marquent, et ne savent pas faire la part des choses.
Il y a la douleur, mais il y a aussi ces touches positives dans ton histoire, l'ami qui aide à avancer, ton père qui fait dire que tout est toujours possible, suffit de quelques mots, parfois...
Puissions-nous garder à portée de mémoire ces histoires-là, aujourd'hui que nous sommes de l'autre côté, je veux dire du côté des adultes qui ont des jeunes à faire grandir...
Oui, les garder en mémoire, jusqu'au bout ! Le plus horrible qui puisse nous arriver, à mon sens, est de la perdre, cette mémoire. C'est par elle que nous devenons, et par elle que nous pouvons aussi aider à devenir. Moins peut-être, parce que l'expérience, comme disait je ne sais qui, est une lanterne qu'on porte dans le dos, et qui n'éclaire que le chemin déjà parcouru. Il est presque toujours impossible de la donner pour qu'elle resserve. Mais elle nous enseigne à plus d'humanité, de patience, de compréhension, et ce sont de bonnes voies que ces voies-là...
Je commence à piger où on a des accointances. Il y a des choses que l'on ressent instinctivement, que les lignes de mots transportent à l'insu de notre plein gré comme dirait l'autre. Tout ce qu'on ne veut pas dire on le dit quand même quand on écrit sans fioriture. D'une manière authentique, brute. Y avait tous ces effluves que ton écriture portait, mais tu sais comme on peut être soudain frileux face à la souffrance devinée de l'autre. Cette peur comme d'être contaminé par le chagrin et de s'écrouler à son tour. J'ai jamais eu ni le courage ni l'audace de te poser des questions sur ton passé, ta vie avant. J'avais l'impression que ça raclait encore sec cet alcool-là. Pourtant non, je crois que tu en es au même stade que moi, tu as décanté. Ta colère monstrueuse figures-toi que j'avais sa ptite jumelle dans le fond du ventre, et ça carburait dur. M'en reste une braise que je sais dangereuse, surtout pas y souffler dessus, que ça pourrait repartir et faire des grands brûlés. Et j'ai plus envie, si jamais je l'ai eu, de faire souffrir qui que ce soit. A quoi ça sert tout ça? toute cette souffrance inutile, mais quelle perte de temps...bon je sais à quoi m'en tenir sur les miens, ils sont comme ils sont, bien amochés eux aussi finalement, mon père a eu un père que la vie avait totalement déshumanisé, alors l'amour il a pas appris. Nos vieux on leur en veut sans leur en vouloir, comment pourrait-on être nous-mêmes de meilleurs humains si on ne pigeait pas le pourquoi de leur trajectoire? Et surtout si nous n'étions pas capables de passer l'éponge, d'avoir pour eux seulement la moitié de l'indulgence que l'on a pour soi-même?
Ton père, il est émouvant. Dans sa simplicité, cette gaucherie face à la tendresse. Je crois que les personnes de cette génération n'avaient tout bonnement pas les moyens de leur amour vis à vis de leurs enfants. Je le vois bien avec mes parents, mes oncles et tantes, et plus loin, mes grand-mères. Question d'éducation.
Mais comme tu le dis souvent, tu l'as un peu trouvé, ou retrouvé, juste avant que ça ne soit trop tard. C'est peut-être pas beaucoup mais c'est mieux que le rien que j'aurai...
Bises Fabien, je peux te dire maintenant que tu as un très beau prénom. :)
Oui, j'ai réussi à le trouver, en dernière limite, et à le lui dire, juste avant que ce soit trop tard. On aurait eu bien des choses à se dire, au-delà de cet essentiel quasi-miraculeux, on aurait pu revenir sur les années perdues, essayer de comprendre où nos mains s'étaient lâchées, où nos coeurs s'étaient trompés. Peut-être que ça n'avait pas d'importance, je ne sais pas. J'aurais aimé pousser nos "retrouvailles" plus loin. En même temps, il était, comme tu le dépeins assez justement, mal à l'aise avec ses sentiments, forts, et sans doute plus encore que je l'imagine, mais cachés, coincés sous le bras, retenus, toujours. Peut-être qu'on aurait pu ouvrir des portes. Peut-être...
La vie n'a pas voulu, le temps, les distances, la maladie... Le temps, je crois qu'on a toujours su, lui et moi, qu'on n'en avait pas beaucoup. Enfin, on l'a su assez vite en tout cas, avant, bien avant que ça ne commence à se fissurer sérieusement... C'est comme ces vagues de sentiments qui nous submergeaient chaque fois qu'on se retrouvait, avec autant d'espoir, j'en suis convaincu, de son côté que du mien. L'espoir qu'on allait se dire quelque chose, qu'on allait casser des murs, passer les barrières. Et on y arrivait, mais chaque fois, c'était si peu. Pas assez de temps... Je repartais, j'avais le coeur gonflé de peine, et lui, à sa fenêtre, les yeux des grandes marées... On se comprenait, on avançait l'un vers l'autre, mais c'était pas la porte à côté, on s'était longtemps planté de voie, il fallait revenir de loin. On savait qu'on n'aurait pas le temps.
Alors ce mot, cette carte que je lui ai laissée, la toute dernière fois. C'était notre dernier pas. On cramait les étapes, tant pis, on bousculait tout, fallait passer en force. On n'avait plus le temps. Je lui ai dit au revoir, je savais que c'était adieu, et je lui ai donné ma petite carte. Un condensé d'essentiel. Moi qui suis si mauvais en concision, j'ai réuni le tout en quoi ? six ou sept lignes. C'était plus l'heure d'un roman-fleuve. Il y avait deux ou trois choses primordiales. Tout le reste cabanait avec. On n'avait plus le temps, mais on s'était compris, retrouvé.
C'était pas assez, évidemment. Est-ce que c'est jamais assez ?
Mes bises à toi aussi, Désirée.
Vous avez indéniablement cette capacité, je veux dire, celle a créer du lien et l'enrichir.
Pour finir, je dirais, qu'il est préférable de souffrir d'un lien perdu ou fracturé, que de ne pas avoir eu à en souffrir, parce que si pauvre, voire inexistant. L'abîme gît alors dans l' innommable.
Faire présence, dans l'écriture, est un acte de résistance fabuleux. La votre est vivante et nous parle.
Merci
Je vous remercie en retour, Isabelle. Je ne sais si ma résistance se situe réellement dans l'écriture. Elle est une expression forte, la plus proche de ce que je suis, la plus fidèle, mais si elle résiste, je n'en sais trop rien. Mon quotidien est davantage dans cette humeur-là, de tant de manières qu'il est difficile de les résumer en peu de mots.
Mais pour ce qui est de la souffrance attachée à nos pertes, je vous rejoins là entièrement. Ce que les plus grandes peines nous enseignent, en fait, malgré le manque, l'absence, la perte : ce bonheur d'avoir connu ça, de l'avoir vécu, d'en avoir joui.
A bientôt, Isabelle !
"(....) les voix
Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens
Ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid"
Ah... ce vieux titre de Léo, comme il disait justement les choses... C'est une chanson comme une révélation, à ranger parmi les immortelles, une chanson qui ne perdra jamais sa dimension, même avec le temps...
Et c'est un grand compliment que de la placer ici, comme en écho. Merci.
Le chemin est long, mais j'espère qu'il est possible d'y trouver une issue qui ne soit pas une défaite. La fin ne sera sans doute jamais une victoire (quoique... elle garde sa part de mystère...), mais au moins pouvons-nous espérer l'aborder d'une âme apaisée.
Et puis ce n'est pas moi qui vais nier l'importance des lâchers-prises ! Et des mots chantants sur le tréfonds de nos âmes et de nos douleurs.
Je ressens tout ce qui existe dans cette phrase et surtout dans le souvenir de cette phrase qui symbolise non pas ce qu'il n'y avait plus ! Mais ce qui restait encore...
Et puis bien sûr, je prends ma part dans ce texte en pensant à la souffrance de mon propre fils... et à nos retrouvailles il y a peu... à ses yeux tristes et ses gestes tendres... et aux remparts que je n'arrive toujours pas à laisser s'effondrer... cette crainte de souffrir à nouveau... qui me laisse sur mes gardes.
Nous devons regarder droit en nous ! Ne pas nous croire ni pire ni meilleurs ! Nous devons juste être honnêtes et le plus courageux possible.
Ensuite... la vie... la mort... le grand jeu quoi !
Tu peux bien en prendre ta part, en effet, Pakita : ce que je t'avais dit, il y a peu de temps, sur tes relations avec ton fils, sur sa colère et les implications qu'elle allait avoir dans sa vie, n'est pas du tout étranger à ce que j'ai moi-même voulu exprimer ici, en parallèle à l'essentiel qui, s'il était ailleurs, n'en découlait pas moins de ce mauvais feu.
Regarder droit en nous, en effet, et dans ce regard, oser remettre en question ce qui semble acquis, sûr, inébranlable. On a tout intérêt à le faire : si ce qu'on remue est vrai, si ça repose sur des bases saines et justes, ça ne bouge pas, mais en revanche, chaque fois qu'on s'est fait illusion (et on fait ça très bien !), ce genre d'exercice entraîne toujours un sacré bordel, mais salutaire !
Ensuite, comme tu dis, ce grand jeu auquel nous ne pouvons rien, si ce n'est de l'encaisser et de tenter de poursuivre notre route avec. C'est un peu une autre question, où nous n'avons que peu de marge de manoeuvre. Des revers contre lesquels nous sommes impuissants, et qu'il vaut peut-être mieux laisser couler comme ils peuvent, en évitant d'en faire des obsessions, qui ne nous aident pas à avancer, ni à comprendre. Qui ne sont que des questions dont les réponses, par essence, sont injustes. Autant les laisser à leur néant...
Mes bises chez toi, Paki' !
Alors le blog attendra !
Cependant je voulais te dire que j'ai bien reçu la petite lettre que tu as glissée sous ma porte et que je m'en servirai pour mon prochain message, merci.
Des constatations, une description des changements, dits à ta façon et au début de la deuxième strophe ces mots qui rompent le rythme :
"Vienne l'automne..."
Un désir, une acceptation... Oui, que "vienne l'automne" après l'été, nous sommes prêts à l'accueillir pour tout ce qu’il nous promet.
Profite bien des tiens, Cergie. Quand ils se font rares, il faut savoir jouir de ces moments qu'on réussit à passer ensemble. Je suis assez bien placé pour connaître ça. Le temps est toujours trop court, et nos paroles ont tellement de mal à exprimer ce que nous ressentons. Plus encore, il me semble, quand on est longtemps séparé. Il y a cette période d'observation, de retenue, où l'on cherche l'autre, où l'on se cherche soi-même dans ses yeux, comme si tout était devenu moins sûr, et moins simple. Puis le courant passe, comme si l'on s'ouvrait vraiment, enfin. Et déjà, il est temps de repartir chacun de son côté...
Ne perds donc pas de temps avec les blogs pour ces quelques jours à passer avec elles, les blogs seront toujours là plus tard. Je te souhaite de bons moments, de beaux regards, des mots précieux à conserver et quelques caresses de vie à ressentir.
A bientôt, Cergie !
Ceci dit même quand ça se passe bien, j'ai toujours l'impression que les rapports père fils sont chargés de non-dits (enfin, mon vécu n'est pas une généralité).
En attendant, j'ai l'impression que depuis quelques temps tu fait un gros travail d'introspection qui portera forcément ses fruits dans la voie de l'expression que tu as choisie, même si tu as encore quelques aigreurs à faire passer que je comprends mieux à la lueur de tes 17 ans.
Ne nous en reste-t-il pas toujours quelques unes ? Ce qu'il faudrait apprendre, si l'on pouvait, ce serait à les dépouiller jusqu'à leur faire perdre ce poison d'aigreur, qu'elles ne soient plus qu'une explication des choses, un point révélateur qui, ayant donné son sens, perdrait son acrimonie...
Pour l'ami Yves, je dois bien avouer que je n'en ai pas croisé beaucoup comme lui. C'était, et c'est toujours, un être à part, quelque chose d'un extra-terrestre qui n'aurait pas saisi toutes les subtilités de la vie à notre époque, particulièrement des avanies qu'elle doit nous servir, et qui ne s'intéresserait qu'à sa part d'humanité, la plus essentielle sans doute, mais que nous nous appliquons le plus souvent à oublier. Il est resté mon ami, comme on aurait pu s'en douter, mon meilleur ami, un des piliers sur lesquels je me suis appuyé pour devenir, et sans lui, je songe parfois à l'espèce de petite frappe que je promettais de devenir...
Merci de ton passage, Vieux Marmot. J'espère que j'arriverai à produire un jour quelque chose d'agréable à lire, et j'y travaille toujours, quoique je fasse passer autre chose en priorité pour le moment, mais qui ne devrait plus m'occuper très longtemps...
La souffrance des séparations, cette sorte d'arrachement à soi même et ces liens indestructibles mais qui tardent à se révéler, comme tu l'as bien exprimé et extirpé.
Il faut que ça sorte et dans un besoin impérieux on peut faire ce retour sur soi pour calmer le jeu et faire le point, après la croix et la bannière on peut laisser flotter ses couleurs ; celles de la sincérité et del'authenticité qui nous rapprochent un peu de la vérité.
Hypnotique ce texte qui vous prend et vous amène au bout.
Merci c'est fort, c'est beau
"Après la croix et la bannière, laisser flotter les couleurs"... Thierry, tu as quelquefois un art de la formule joliment inspiré !
Pour la confiance, je ne sais pas si l'on doit parler de ça. J'ai juste ressenti l'envie d'exprimer quelque chose qui me poursuivait depuis quelques temps, et que la formule "qu'est-ce que tu deviens ?" soulignait à la manière d'un symbole. Je m'y suis juste laissé aller, et ça m'a fait du bien.
Merci à toi, de ta lecture !
"je deviens ce que je suis"
mais j'aurais tout aussi bien pu te dire
je suis qui je suis
je suis ce que je suis
je suis
nous sommes tous en devenir
notre avenir dépend du passé
nos souvenirs nous suivent
nous avons à construire
Parlant d'art de la formule, tiens... Mais quant à devenir ce que l'on est, je ne sais pas, c'est assez discutable, je trouve. On devient plutôt, du moins si l'on y réussit, ce qu'on devrait être, ou sans le devenir, du moins en approche-t-on. Il n'y a peut-être pas de réussite accomplie, sur ce chemin-là, juste l'effort d'aller vers l'objectif, de devenir, sans pouvoir jamais affirmer que ça y est, qu'on est devenu. Dans mon idée, le seul moment où l'on peut dire d'un être qu'il est devenu, qu'il a achevé son devenir, c'est quand il s'éteint pour de bon. Alors oui, on peut en tirer quelque chose comme un bilan, mais dont je ne vois pas trop l'utilité, finalement...
"Nous sommes tous en devenir", c'est ce que je retiendrais de plus beau, dans cette réfléxion-là. Mais il serait dommage de ne pas la prendre dans son ensemble, cela dit...
J'ai lancé le mouvement, ce qui était en soi une réussite : il y avait des mois que je ne savais par quel côté attaquer l'affaire. Mais je dois en ce moment me concentrer un peu sur un court apprentissage (la moto, pour tout dire : je passe le permis grosse cylindrée), et je ne reprendrai mon projet qu'après.
Je me demandais, en te lisant... Je t'ai donné l'impression de prendre quelque chose en mauvaise part ? Parce que ce n'était pas du tout le cas. Pour ce qui est d'y arriver ou pas, j'ai dépassé de loin l'orgueil de quoi que ce soit. Je ne sais pas, sincèrement, si je vais réussir à mener le truc au bout. Ce serait tout nouveau, si j'y arrivais. Mais je n'en désespère pas non plus. Quand je réponds un peu dans le vague à ce sujet, ce n'est en fait que le reflet de ce qu'il m'inspire... Mais je ne t'avais pas trouvé péremptoire (le mot me fait chaque fois marrer, depuis un certain épisode de Kaamelott). Je te trouve plutôt sympathique, au contraire.
Bien amicalement, M'sieur ! Et en te souhaitant une chouette journée. La mienne va être longue, je suis crevé... ce que c'est que de lire jusqu'à des deux ou trois heures du mat'...
T'inquiètes ! Les cols, ça va, j'adore ça, mes virées passent toujours par la montagne. C'est l'endroit où j'apprécie le plus la moto, je crois. Ma bête noire, c'est plutôt le gravier, en particulier les plaques perdues, tu sais, genre qui a versé sur la chaussée dans un virage, et que tu vois au moment où tu arrives dessus. C'est comme ça que j'ai pris ma luge, l'an dernier, mon épaule a bien aimé...
Sinon, le plus sympa, dans les montagnes, c'est le chevaux en liberté. Des fois, ça leur prend, ils se tapent à six ou huit en file indienne un galop d'enfer à travers la route. Quand tu les vois débouler, c'est impressionnant ! Surtout que c'est plutôt le genre percheron que cheval de course, tu le sens bien dans les vibrations que ça balance sur les routes. A voir, un truc génial, une beauté brute et sauvage, tu en restes comme deux ronds de flanc encore un quart d'heure après qu'ils sont passés...
Je ne crois pas que l'ours soit l'animal le plus à craindre dans nos montagnes. D'abord parce qu'il vit dans des zones assez reculées, ensuite parce qu'il faudrait jouer de malchance, l'ours nous sentant arriver de loin. On peut toujours avoir la malchance d'un vent contraire qui masque notre approche, mais il reste que la rencontre avec le gros nounours est assez rare.
En revanche, ce qu'on rencontre plus couramment, et qui n'est pas très aimable, ce sont les vaches. Il vaut mieux les contourner de loin : elles ont en effet une fâcheuse tendance à charger les importuns ! Le mieux étant de se munir d'un grand bâton, pour le cas où !
Oui, ce texte peut être une base pour un livre, je le verrais plutôt comme un reciuil de nouvelles et il te faudrait élaguer car les romans à base autobiographique (les meilleurs à mon sens) ne sont pas forcément d'un respect absolu pour la réalité "historique" il leur faut gagner en force et devenir "pêchus"
Cette voix que tu aimerais entendre, Fabien, tu la portes en toi, tu as les gênes de ton père. Lorsque mon plus jeune frère me téléphone en étant exalté (c'est arrivé deux fois), en décrochant j'entends la voix de notre petit frère décédé...
Je reconnais ça depuis quelques temps déjà. Au fait, je ne sais même plus quand je m'en suis aperçu pour la première fois. Je me souviens de l'effet très étrange que ça m'avait fait, et du petit bonheur que j'en avais ressenti ensuite... Jeune, très jeune, on se croit singulier, on se veut unique, on ne s'imagine bâti autrement qu'à partir de soi et pour soi. Puis un jour, on surprend quelque chose dans son attitude, dans une réaction, dans une humeur, qui est comme une répétition d'un déjà-vu, mais dans quelque chose qu'on est bien sûr de n'avoir jamais fait soi-même. Et la réalité s'impose : c'est exactement ainsi qu'aurait été, ou qu'aurait fait, ou qu'aurait dit mon père. Et depuis, il m'est arrivé bien des fois de le reconnaître en certaines petites choses de moi, en des gestes, des attitudes, des réactions, que sais-je...
L'idée d'intégrer ce récit à quelque chose de plus vaste m'est déjà venue. Mais pas pour un recueil de nouvelles, oeuvre pour laquelle je ne me sens pas encore prêt. En fait, j'ai déjà réuni beaucoup de choses, des textes et des poèmes, sur mon père, à propos de nous, d'une histoire que j'ai mis du temps à me raconter, à comprendre, à admettre... J'aimerais en faire quelque chose, mais c'est encore assez vague. Quelquefois, me vient un besoin d'en parler, de raconter quelque chose de nous, de notre cheminement à tous deux, et cette fois, ce fut cet épisode-là, dont j'ai été moi-même surpris d'avoir conservé une mémoire si fidèle. J'ai d'autres histoires, d'autres souvenirs, des images vives qui me restent, des choses autour desquelles je n'ai pas encore mis de mots. Je ne sais si je le ferai pour toutes, mais certaines remonteront sans doute à la surface, au hasard du temps... Et un de ces jours, pourquoi pas, je réunirai tout ça... J'aimerais bien, parce que j'aurais aimé qu'il sache ce que j'aimais tant dans l'écriture, et que là-dessus, j'ai certainement manqué l'occasion de lui en parler. Je le regrette...
Une histoire de taiseux, oui. Je crois n'avoir jamais rencontré personne qui répondait mieux à cette définition. Chez lui, les choses essentielles existaient, il le ressentait, se les tournait en pensées infinies, mais il n'en soufflait mot. Le silence était son domaine, mais ce silence n'était pas vide. Il m'a fallu du temps pour le comprendre... Quelquefois pourtant, il lui arrivait de sortir de cette habitude, et ce qu'il disait me marquait alors comme peut-être à certains croyants les paroles d'évangile...
Les écrits comme une délivrance, oui, à n'en pas douter. Je crois n'avoir jamais écrit que pour ça... Quant à mon pseudo, c'était de ne pas aimer mon prénom qui m'a donné envie d'en chambouler les lettres. Et au final, le résultat me plaît davantage que l'original !