Vendredi 1 juillet 2011 5 01 /07 /Juil /2011 09:47

Je m'étais perdu sur les voies,

          locomotive sans charbon,

          où les rails se mélangent

          dans les brouillards,

          on avance au nez, on louvoie

          du rêve à la raison

          jusqu'aux vallées étranges

          de l'autre part...

 

Sans doute, on n'a pas l'innocence,

          le hasard des choses pour rien,

          sur les voies de garage

          des échoués.

Je laisse prendre ma défense

          aux tendres failles de l'humain,

          sa faiblesse en partage

          à avouer...

 

J'étais là, comme dans l'attente,

          et qui sait si ça doit venir

          de quelqu'un qui nous cherche

          ou bien de soi ?

On ne trouve plus dans la pente

          une branche où se retenir,

          une main, une perche,

          ou rien, ou quoi...

 

D'une lâcheté qui s'ignore,

          qui rechigne à se regarder

          et refuse d'entendre,

          ça dure un temps...

L'ennui, c'est qu'on en veut encore,

          les murs sont déjà lézardés

          et la carte du tendre

          qui nous attend...

 

Finalement, de la chaudière

          qu'on se rallume en grondements,

          ça siffle ses fumées

          de cauchemar.

Ce désir en nous, nécessaire,

          de jeter encore, autrement,

          notre âme ranimée

          sur le départ !

 

 

Publié dans : Ceux qui espèrent des nuages
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Commentaires

Oui la carte du tendre nous attend, gardons-nous de la lasser. Le désir cette petite étincelle qui allume de si grands incendies parfois, mais qui aussi fait de la bonne chaleur quand on a eu trop longtemps froid. "notre âme ranimée" qui retrouve des couleurs même, et une esquisse de sourire, en tout cas on sent bien la tienne qui retrouve la pêche même si encore un peu hésitante sur ses jambes.

Allez: Anda!

Un beau week end mon grand :)

ps et à propos de tes premiers cheveux blancs, je suis sûre que ça va t'aller comme un gant! ;)
Commentaire n°1 posté par le 01/07/2011 à 19h23

Pas blanc, pas encore, juste gris, et rares, j'insiste ! C'est pour ça que je me laisse pousser la barbe, faut assortir les genres...

Le week-end devrait être très sympa : demain, on part pour Murillo de Gallego, en Espagne, Valérie et une copine avec la voiture, l'outillage à bord pour un petit bricolage chez la copine, et moi... avé la moto ! Tu imagines si je suis content... Les gamines sont en séjour chez les grands-parents, Madame est de sortie ce soir pour une chouille avec ses collègues, et je fais un petit tour des blogs, en passant par le mien pour te répondre.

Je t'en souhaite un agréable de ton côté aussi, et je t'envoie mes bises pyrénéennes !

Réponse de Bifane le 01/07/2011 à 23h37
Comme je le ressens,ton poème... effet de miroir, parfaite harmonie avec mon propre sentiment de ces derniers temps... perdue sur les voies... de garage des échoués où les rails se mélangent dans les brouillards... m'en vais essayer de rallumer, de faire gronder la chaudière...
Commentaire n°2 posté par Cagire le 01/07/2011 à 23h45

Oui, on se découvre de temps en temps de drôles diapasons, entre les blogs qu'on fréquente. Serait-ce qu'on rejaillit un peu les uns sur les autres ? Pas impossible : il y a des poèmes sur lesquels je reste planté de longs moments, comme ton dernier, ou celui de Désirée, comme ceux de la Vieille Dame Indigne aussi, qui est si loin de l'être, indigne, à mon avis...

Rallume tant que tu peux, c'est ce que je me répète moi-même. Peut-être qu'il viendra un temps où l'on n'aura plus de quoi ? En attendant, rallumons, rallumons...

Réponse de Bifane le 02/07/2011 à 07h27
Un petit coucou, tu vas bien? Bientôt les vacances Bifane? :)
Commentaire n°3 posté par Dé le 06/07/2011 à 10h34

Ouais, bientôt ! Milieu de semaine prochaine. Et depuis lundi, en arrêt maladie, pour se préparer un peu. Rien de grave, mais grosse fatigue en début de semaine, fallait pas abîmer le matériel, tu vois...

Bises chez toi, Désirée, et à bientôt !

Réponse de Bifane le 06/07/2011 à 11h28
La carte du tendre, je prends.
Bel été, bon repos, bon repos, bel été.
Commentaire n°4 posté par Maria-D le 08/07/2011 à 10h35

Merci Maria. La carte du tendre, je l'ai prise moi-même. Vu un jour, en affiche, elle m'est restée dans le souvenir.

Je te souhaite de très bonnes vacances à toi aussi ! Merci de ta visite.

Réponse de Bifane le 08/07/2011 à 10h43
je l'aime beaucoup bifane pour ses "failles humaines en partage", et ce désir au fond, dont on ne sait d'où il vient, qui toujours et encore nous ranime...
bises tendres
Commentaire n°5 posté par erell le 23/08/2011 à 23h49

Parfois, on sait, et ça n'avance pas plus loin dans notre cheminement...

Mes bises à toi aussi, Erell !

Réponse de Bifane le 24/08/2011 à 12h28

Présentation

L'écriture

Ce presque rien de l'écriture, ce souffle d'air dans les méandres brumeux de nos âmes. 

 

Rares sont les paroles qui ne puissent être infiniment mieux exprimées par la plume. Et il n'est pas une attention à l'autre plus entière que dans le moment de lui écrire, si ce n'est en celui de lui faire l'amour.

Nous avons encore perdu...

                    de Pablo Neruda

 

 

Nous avons encore perdu le crépuscule

Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies

pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.

 

J'ai vu de ma fenêtre

la fête du couchant sur les côteaux lointains

 

Parfois, ainsi qu'une médaille

s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.

 

Et je me souvenais de toi le coeur serré

triste de la tristesse à moi que tu connais.

 

Où étais-tu alors ?

Et parmi quelles gens ?

Quels mots prononçais-tu ?

Pourquoi peut me venir tout l'amour d'un seul coup,

lorsque je me sens triste et te connais lointaine ?

 

Le livre a chu qu'on prend toujours au crépuscule,

ma cape, chien blessé, à mes pieds a roulé.

 

Tu t'éloignes toujours et toujours dans le soir

vers où la nuit se hâte effaçant les statues.

 

Sagesse amérindienne

                    d' Oriah Mountain Dreamer (un vieil indien

 

 

Je ne m'intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,

Je veux savoir à quoi tu aspires,

Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton coeur.

 

Je ne m'intéresse pas à ton âge.

Je veux savoir si, pour la quête de l'amour et de tes rêves,

Pour l'aventure de te sentir vivre,

Tu prendras le risque d'être considéré comme fou.

 

Je ne m'intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.

Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,

Si les trahisons vécues t'ont ouvert,

Ou si tu t'es fané et renfermé par crainte de blessures ultérieures.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,

Sans t'agiter pour la cacher, l'amoindrir ou la fixer.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,

Si tu oses danser, envahi par l'extase jusqu'au bout des doigts et des orteils,

Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.

 

Je ne m'intéresse pas à la véracité de l'histoire que tu racontes.

Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même,

Si tu supportes l'accusation d'une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.

 

Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres,

Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien ou le mien,

Et malgré cela rester debout au bord du lac

Et crier : "Oui !" au disque argenté de la lune.

 

Je ne m'intéresse pas à l'endroit où tu vis, ni à la quantité d'argent que tu as.

Je veux savoir si, après une nuit de chagrin et de désespoir,

Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.

Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.

Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur, lorsque tout le reste s'écroule.

 

Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,

Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments vides.

 

Le poète...

                    de Tadeusz Rozewicz (Poète polonais)

 

 

Le poète est à la fois celui qui écrit des poèmes

et celui qui n'en écrit pas

 

Le poète est celui qui secoue les chaînes

et celui qui s'en charge

 

Le poète est celui qui croit

et celui qui ne peut croire

 

Le poète est celui qui a menti

et celui à qui on a menti

 

Le poète est celui qui mangeait dans la main

et celui qui a coupé les mains

 

Le poète est celui qui s'en va

et celui qui ne peut s'en aller

   

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