Je raconte une histoire,
ou bien la mienne ou non.
Me vient comme l'ombre d'un doute :
valons-nous mieux que nos récits ?
Les miens ont l'odeur noir
de regrets lourds et longs,
comme il en meurt au bord des routes
d'espoirs anéantis...
Je ne ris ni ne pleure,
je ne tends plus la main ;
est-ce que j'attends quelque chose
du jour d'après les autres jours ?
Faut-il, l'heure après l'heure,
cette patience en vain,
l'absence de l'âme à sa cause,
hurlant parmi les sourds ?
J'ai laissé venir les marées,
noyer les sables d'or,
des châteaux que les vagues ruinent,
gloires et remparts dissolus...
Les laisser pénétrer
d'ennemis et de mort
et d'amours qui nous assassinent
en désirs éperdus...
Et briser nos dérives !
Et fausser nos compas !
Que valent ces grandes voilures
aux mâts des navires crevés ?
Il n'est âme qui vive
heureuse d'être là,
réduite au silence, aux murmures
dans l'azur délavé.
Le reste d'une vie ?
Quelques aubes de feu...
La beauté immortelle et triste
qui soupire au secret du soir...
Une parole amie
quand on baisse les yeux...
Un baiser, comme en fausse piste
d'adieu ou d'au revoir...
Est-il vrai qu'on espère
et qu'on demande trop ?
Est-il ailleurs, en d'autres vies,
des chemins à suivre, à aimer ?
Ou bien faut-il se taire
et défendre sa peau
dans la solitude ennemie
des horizons fermés ?
Mais quelquefois, tout l'être
n'est qu'une grande erreur :
le cri d'une ébauche avortée,
et toute l'ironie du sort...
Alors, pour se connaître,
l'âme en apesanteur,
combien de saisons entêtées ?
Combien de vains efforts ?
Puis cette transparence,
ces faux-semblants de soi
qui cicatrisent nos défaites,
nos abandons par lâcheté...
N'importe ce qu'on pense,
ce qu'on veut, ce qu'on doit,
ce qu'on s'est vissé dans la tête
à force d'exister...
Au ventre et à la bouche,
du vent, rien que du vent,
l'âme penchée sur la mémoire,
sur toute l'eau dessous les ponts...
qui nous a fait... comme on se couche...
comme on laisse... on descend
le long des calices à boire
de regrets lourds et longs...
Ce presque rien de l'écriture, ce souffle d'air dans les méandres brumeux de nos âmes.
Rares sont les paroles qui ne puissent être infiniment mieux exprimées par la plume. Et il n'est pas une attention à l'autre plus entière que dans le moment de lui écrire, si ce n'est en celui de lui faire l'amour.
de Pablo Neruda
Nous avons encore perdu le crépuscule
Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies
pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.
J'ai vu de ma fenêtre
la fête du couchant sur les côteaux lointains
Parfois, ainsi qu'une médaille
s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.
Et je me souvenais de toi le coeur serré
triste de la tristesse à moi que tu connais.
Où étais-tu alors ?
Et parmi quelles gens ?
Quels mots prononçais-tu ?
Pourquoi peut me venir tout l'amour d'un seul coup,
lorsque je me sens triste et te connais lointaine ?
Le livre a chu qu'on prend toujours au crépuscule,
ma cape, chien blessé, à mes pieds a roulé.
Tu t'éloignes toujours et toujours dans le soir
vers où la nuit se hâte effaçant les statues.
d' Oriah Mountain Dreamer (un vieil indien)
Je ne m'intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,
Je veux savoir à quoi tu aspires,
Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton coeur.
Je ne m'intéresse pas à ton âge.
Je veux savoir si, pour la quête de l'amour et de tes rêves,
Pour l'aventure de te sentir vivre,
Tu prendras le risque d'être considéré comme fou.
Je ne m'intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.
Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,
Si les trahisons vécues t'ont ouvert,
Ou si tu t'es fané et renfermé par crainte de blessures ultérieures.
Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,
Sans t'agiter pour la cacher, l'amoindrir ou la fixer.
Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,
Si tu oses danser, envahi par l'extase jusqu'au bout des doigts et des orteils,
Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.
Je ne m'intéresse pas à la véracité de l'histoire que tu racontes.
Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même,
Si tu supportes l'accusation d'une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.
Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres,
Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.
Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien ou le mien,
Et malgré cela rester debout au bord du lac
Et crier : "Oui !" au disque argenté de la lune.
Je ne m'intéresse pas à l'endroit où tu vis, ni à la quantité d'argent que tu as.
Je veux savoir si, après une nuit de chagrin et de désespoir,
Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.
Je ne m'intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.
Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.
Je ne m'intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.
Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur, lorsque tout le reste s'écroule.
Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,
Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments vides.
de Tadeusz Rozewicz (Poète polonais)
Le poète est à la fois celui qui écrit des poèmes
et celui qui n'en écrit pas
Le poète est celui qui secoue les chaînes
et celui qui s'en charge
Le poète est celui qui croit
et celui qui ne peut croire
Le poète est celui qui a menti
et celui à qui on a menti
Le poète est celui qui mangeait dans la main
et celui qui a coupé les mains
Le poète est celui qui s'en va
et celui qui ne peut s'en aller
Nous ne valons pas mieux que nos récits, puisque nous sommes nos récits... Nous en sommes pétris, car notre vie ne peut trouver un sens, quelque soit sa couleur, qu'à la lumière de l'histoire dont nous sommes le matériau même. Nous n'avons qu'une peau, pour les caresses comme pour les coups de fouet. Par conséquent, nous n'en avons qu'une aussi pour les regrets de tout ce à quoi nous avons renoncé, et pour les remords du mal que l'on s'est fait à autrui comme à soi-même...
Mais bon, aussi amer soit parfois le calice, je me dis qu'à la fin, nous le trouverons toujours assez doux pour le boire jusqu'à la dernière goutte...
Je t'embrasse, ami Bifane.
Je ne sais si nous sommes vraiment ce que nous prétendons, même de bonne foi. Il est rare qu'on nous mette réellement à l'épreuve, qu'on nous impose de choisir un camp, de prendre un cap définitif... Nos récits, d'ailleurs, ne résultent que de notre seul point de vue et du recul que nous avons su prendre (ou pas) sur les événements. Nous interprétons, et cette interprétation n'est jamais la vérité vraie. Il y a tant que nous ne disons pas, et tant aussi que nous ressentons sans trouver le moyen de l'exprimer, voire même seulement de nous l'expliquer...
Valons-nous mieux, donc, ou valons-nous simplement autant ?
C'est une encre un peu sombre, oui, mais je n'ai pas d'autre couleur en ce moment. J'en attends une, un arc-en-ciel en fait, mais j'ignore s'il viendra...
Mes bises aussi, Sophie, et mes excuses pour mon absence chez toi, en ce moment. Je suis peu assidu ces temps-ci, mais les soucis s'apaisant, ça reviendra. Il faut juste qu'ils s'apaisent...
A bientôt, mon amie philosophe !
Et je ne sais moi-même que répondre la même chose : je sais bien... A ceci près que mon instant présent, en ce moment, ressemble à un cauchemar, et que je cherche le moyen de m'en réveiller... Avec ce défaut tenace et terrible : l'incapacité chronique à relativiser les choses, surtout quand les choses ont cette odeur, et qu'on a le nez dedans...
Mais ça n'enlève rien à la vérité de tes propos, Cergie, et je te remercie de me les rappeler. Certaines choses que nous répétons sont parfois précisément celles dont l'autre avait besoin. Tu sais, comme chantait Ferré : "Ne rentre pas trop tard... Surtout, ne prends pas froid...". Simple, mais essentiel.
sur toute l'eau dessous les ponts..."
Et : "se raconter nos vies"...
J’ai retrouvé ce message que j’ai publié il y a cinq ans déjà, après la venue de notre cousine, française mariée à un californien depuis tant d’année. Elle est revenue la semaine dernière mais avec son mari cette fois. Lors de son séjour de 2007, nous nous sommes penchées sur nos vies qui chez elle passe par la langue, puisqu’elle ne pratique que rarement le français ; nous avons échangé des expressions. Comme je lui parlais d’une déception que je n’arrivais pas à surmonter, elle m’a offert ces mots : "it’s water under the bridge", de l’eau sous le pont qui passe donc et à laquelle il ne faut pas prêter plus d’attention que cela. La sagesse des peuples pour arriver à faire la part des choses.
Depuis 2007, je n’ai toujours pas tout à fait surmonté ma déception mais je fais avec et en suis moins ulcérée.
http://cergipontin.blogspot.com/2007/03/paris-vime-le-jardin-du-luxembourg.html
Pourtant, la beauté d'un geste, d'un ciel ou d'une rose ... toujours nous raconte l'espérance ...
Oui, j'abonde dans ton sens, Veronica : les beautés du monde, celles de la vie, ne sont pas qu'une vue irréaliste d'un optimisme béat. Mais d'un autre côté, ses laideurs, son manque d'humanité, et toute la difficulté qu'il peut y avoir à être et à devenir, ne sont pas moins réels. Ces deux faces d'une même pièce résument le monde et nos existences. Les plus sages savent faire la part des choses, relativiser et ne perdre de vue ni le bon, ni le mauvais. Les plus sages, les plus équilibrés, peut-être les plus forts aussi... Pour d'autres, les épreuves finissent par miner le moral et nous obscurcir la vue, au point de ne plus voir que l'ombre et ses douleurs. Passages à vide, traversées du désert, appelons ça comme on veut, certaines saisons de nos vies sont des épreuves où il est difficile de garder l'espoir, de ne pas se laisser abattre. L'important alors, à mon sens, est d'avoir du moins la ressource de rebondir, de se relever après s'être effondré, et de rallumer la lumière quand elle s'était éteinte. Ce qui me donne de la vie l'image d'un grand combat, où la victoire appartiendrait à ceux qui parviennent à résister sans se perdre ou se trahir, sans renoncer non plus aux "valeurs" essentielles que sont l'honnêteté, le goût de la paix, l'aspiration à l'amour et la volonté de devenir meilleur, jusqu'au dernier pas sur le chemin...
Je te remercie de ta visite et te souhaite une bonne journée, de celles qui nous donnent de ces belles choses à voir, à sentir et à retenir.
Sage ou simplement lucide sans que ça s'accompagne d'amertume ou de désespoir (pas facile), il y a mille fonds à toucher souvent avant d'être comme transformé, ou transmuté. J'écoute et je vois, j'entends et je vois des douleurs si terribles que je me dis que j'ai bien de la chance même en étant mise sans cesse au supplice à travers mon enfant. Parce que cette enfant, je pourrai la perdre et ça, ça me fait relativiser à toute vitesse.
Tu vis un cauchemar doux ami, mais tu peux encore t'en réveiller, sois en sûr.
Bises ♥
Merci du compliment, Désirée !
C'en est un que j'ai écrit sur plusieurs jours, un peu comme un journal, par petites touches successives, ce qui l'a fait un peu long, je crois, mais qui lui a donné en même temps un reflet assez fidèle de mes états d'âme du moment, qui n'ont sans doute d'autre intérêt que d'en croiser d'autres, similaires, proches, ou qui entendent et ressentent un peu la même chose...
Quant au cauchemar, je l'affronte dans cette idée-là, oui : qu'il va prendre fin, puisqu'il n'y a pas d'autre issue raisonnable.
A bientôt, Désirée. Je t'envoie mes bises du week-end, qui sont, comme tu sais, toujours plus joyeuses et ensoleillées que celles des autres jours... Pour le moment en tout cas !
Mais les choses sont assez bien faites tout de même:
Si la feuille est blanche et l'encre noire c'est pour que
soient réparties l'ombre et la lumière,nos ombres et nos
lumières...
Amitié
C'est une belle pensée, une belle vision de l'existence, Renaud. L'ombre et la lumière, nos insondables composants, notre essentiel...
Amicalement à toi
Je ne vois pas vraiment les choses ainsi, Lutin. Il me semble que nous écrivons à la fois pour nous raconter et nous souvenir, et certaines choses couchées il y a longtemps sur le papier, quand il m'arrive de les relire, m'aident à comprendre les raisons de certains choix, l'origine de certaines épreuves. Il y a sans doute un fil qui relie nos écrits entre eux, tu sais, une trame invisible par laquelle nous nous sommes à la fois révélés aux autres et à nous-mêmes, et si je vais rarement fouiller dans mes tiroirs, si même j'ai jeté et un peu renié pas mal de choses écrites, il m'est arrivé, en des situations plus pénibles que d'autres, en des périodes plus sombres ou plus incompréhensibles, de tirer quelque chose d'une relecture.
Nos lignes ne sont pas mortes. Pour autant que nous les avons écrites dans le sens d'une certaine quête de soi, elles témoignent de ce que nous devenons, pourquoi, comment, et même me suis-je aperçu que partout où je me suis fourvoyé, abusé, illusionné, c'est à me relire un jour, au hasard d'un de ces retours sur soi, que j'ai le mieux compris mes erreurs et saisi comme un sens caché aux épreuves que nous affrontons tous.
C'est un peu compliqué à exprimer : cela procède de beaucoup de souvenirs intimes, certains aussi précieux que douloureux, de longs cheminements dans l'incompréhension, dans la fausse interprétation que nous faisons de nos expériences au moment de les vivre, et qui s'éclaire de tant d'autres sens avec le recul, avec parfois le regard, l'avis des autres, que nous n'avions pas entendus ou partagés, et qui font parfois danser le voile d'Isis.
Le meilleur exemple qu'il m'en vient est le souvenir de mon père, de ses silences qui me furent si douloureux, et dont je mis tant d'années à comprendre ce qu'ils recellaient, d'un amour qui ne se disait pas, mais qui n'en existait pas moins, d'une histoire tronquée de tant de détails, comme les pièces manquantes d'un puzzle. Et de tout ce que j'ai pu écrire là-dessus, mêlant le vrai et le faux, non par mensonge, mais par erreur, et l'erreur se découvrant finalement au fil des lignes et de ce qui se glissait entre elles. Je crois que c'est par l'écriture que je suis parvenu à le retrouver avant de le perdre, et par elle aussi que j'ai continué de mieux le comprendre, de mieux nous comprendre après sa mort. Il m'en reste d'infinis regrets, et ce chagrin qui se réveille parfois "bêtement", à voir par exemple une scène dans un film, d'un père et d'un fils ou d'une fille se retrouvant, et cette consolation d'avoir eu juste le temps de lui dire, avant qu'il ne s'en aille. D'ailleurs non, pas de lui dire : de lui écrire. Un petit mot, humble et discret, à l'image de nous, qui disait l'essentiel. Ces lignes-là, aujourd'hui encore, m'étranglent à les relire, et même seulement à les évoquer, d'une émotion intacte. Et d'autres, écrites après, écrites il y a déjà "longtemps" maintenant, qui le racontent, me le racontent... La seule mort que j'y trouve, Lutin, c'est la sienne, celle de l'homme, mais son souvenir, son coeur, ses regards silencieux, son visage, tout est resté dans ces lignes, que j'emporte sur le chemin, sans doute jusqu'au bout, et auxquelles s'en ajouteront d'autres.
Ce n'est sans doute pas le cas pour tout ce que nous écrivons, mais aussi, je crois qu'il vient un moment où nos écrits nous dépassent, où d'autres peuvent y trouver un sens qui n'appartiendra qu'à eux. Et là non plus, je ne sens pas de mort, non plus que je ne trouve ce passé figé : il évolue avec nous, nous enseigne et nous révèle...
Pardon, je suis bien long. Comme on l'est quand on échoue à exprimer clairement ce qu'on ressent.
Merci de ta visite, Lutin, et à bientôt.
Figées mais pas mortes Lutin, les vieux textes crient encore, il suffit de s’immerger entre nos lignes. Je suis frappée parfois par ce qui se dégage encore de vivant, de vibrant de textes qui ont déjà sept ou huit ans. Les émotions s'amoindrissent mais je ne pense pas qu'elles disparaissent complètement...il en reste un étrange écho. :)
Puisse-t-il ne pas être désespérement vrai.
Je me pose des questions aussi par rapport au sens profond de ce qu'on n'écrit, pseudo-fictions ou témoignages filtrés.
Ma fille, l'autre jour, m'a dit : "tu écris toujours la même chose, tes textes sont une chronique de l'abandon."
Je n'en ai pas conscience ou je n'ai pas envie d'en avoir conscience. Je comptais sur l'imagination pure pour me dédouaner de la noirceur !
C'est un peu comme une illusion d'optique, ce qui ressort de l'avis de ta fille, Saravati. Tu sais, comme ces gens que nous voyons tous les jours, et qui finissent par bien nous connaître, au point d'être capables parfois de prévoir comment nous allons réagir, à quel avis nous allons nous ranger, etc... Et puis, ces mêmes personnes, quand on les perd de vue, finissent par ne plus nous connaître, ne plus savoir ce qu'elles savaient. Ce qui se passe par là, je crois que c'est la lenteur de notre évolution, de nos changements : invisibles au quotidien, mais non moins réels.
Toi-même, je pense que tu peux t'en rendre compte : tes poèmes des dernières semaines, des derniers mois, tournent peut-être autour d'un même thème, comme l'observait ta fille, mais il n'est qu'à prendre ceux que tu écrivais il y a deux, trois ou quatre ans, et déjà, tu t'aperçois que le thème était autre, tes préoccupations différentes, tes craintes d'une autre essence...
Personne ne change au jour le jour, personne n'évolue au point d'ébranler son entourage à chaque pas. Et pourtant, nous marchons, nous changeons. Par là, nous ressemblons aux arbres : immobiles, pareils, aujourd'hui identiques à ce qu'ils étaient hier, au point qu'on pourrait s'en laisser abuser, et les croire figés. Mais d'une année sur l'autre, mais d'une décennie jusqu'à la suivante, ils changent, ils évoluent... Nous aussi, je crois, et peut-être pas plus vite que les arbres, sauf événements imprévus qui nous obligent à réagir violemment, à changer tout à coup radicalement de cap. Situations exceptionnelles, auxquelles nous ne résisterions certainement pas si elles devaient être quotidiennes...
Merci de ta visite, Saravati, et mes excuses pour le temps que je mets à répondre. Je tourne au ralenti ces jours-ci, à l'image des arbres plus que jamais... Mais ça ne signifie pas que tout soit perdu. Pas encore...
le prend pas mal, mais ça faisait un bail que j'avais pas lu un texte comme ça, venant de toi. C'est sidérant et comme je dirai dans mon jargon "c'est du bifane de la grande époque" où ce genre de poésie tombait comme les feuilles en automne. Des écrits qui coulaient tout seuls, tellement limpides qu'on les attrapait que dans et pour le plaisir.
Celui là, c'est pareil, tout simple, tout clair, tout sonnant, tout profond, tout tout quoi. Y'a surtout un côté épique absolument fantastique. Avec une de ces envolées façon lyrique à tomber sur le derrière. Tu t'imagines pas déclamant ça, piqué sur un rocher, face aux feux du soleil et au vent d'la mer ? bin moi si. Grandiose que ça serait le truc, les galets tout tremblotants sous les vagues de mots, les piafs, au dessus, criant comme des piafs... bon bref j'te dis pas la suite, t'aurais du mal à l'croire.
Il est parfait ce texte. Si en plus c'est des ressentis que tu as en c'moment, ils sont parfaits aussi. Ca te fait écrire zen, dans l'sombre peut-être, mais zen. Y'a pas l'côté plus torturé que tu développes des fois, et qui fait perdre de sa force au contenu. Juste un cheminement. C'est absolument fou d'arriver à ce point, qu'on dirait d'la maturité et en même temps du suc de soupirs, le truc tellement improbable qu'on n'imagine même pas que qq'un peut le faire. Et bien toi si.
Bon j'ai fini (c'est pas vrai mais bon)et j'vais voir ce que les autres en disent.
Bizz
Qu'est-ce que tu veux que je réponde à ça ? A part les remerciements, je ne vois pas...
Déclamer, sinon, je ne sais pas : jamais essayé. Mais autant j'arrive à donner corps à des poèmes d'autres auteurs, autant il s'installe une gène qui m'empêche de bien lire les miens, aussi l'expérience serait-elle sans doute décevante...
Bises !
Du coup j'me dis que j'ai bien fait de pas lire avant, ça m'aurait forcément coupé l'sifflet. Alors que là j'peux encore te le dire : c'est beau. B O.
Bon ok je sors
a+++ un jour où l'aube sera en feu
Ca fait plusieurs fois que je lis ton texte etj'y retrouve presque toute la thématique que tu développes ici depuis tout ce temps.
Ce qui me frappe toujours chez toi c'est cette lutte (désespérée) pour maîtriser tout ton "moi", car il me semble (si j'ai bien compris) que tu vises à être pleinement qui tu es.
L'écriture pour moi agit comme un révélateur. La plupart du temps je ne cherche à en maîtriser ni la forme ni le contenu, contrairement à ce que tu tentes de faire..je crois ;)
L'écriture chez moi est un trop plein, un déversoir.
Chez toi, j'ai le sentiment qu'elle te sert à mettre de l'ordre et de la cohérence dans ce que tu ressens.
Parfois elle est aussi une espèce de rappel à l'ordre...qui suis-je ? quel homme est-ce que je veux être ? voulais-je être ? quel homme suis-je devenu ? me suis- je perdu ? est-ce que l'homme que je croyais être existe ou n'existe pas ? a-t-il existé ou n'était-il qu'illusion? ..
Il y a en nous effectivement une part d'ombre, plus ou moins vaste. Selon l'humeur, et l'éclairage (comme en peinture ;), cette part nous apparait monstrueuse ou juste à sa place. On la traîne avec nous comme un vieux manteau mité.
Ce n'est pas un hasard si dans Peter Pan, Peter a une ombre vagabonde..
Cette ombre c'est en partie notre passé, notre inconsceint aussi. C'est la partie qu'on ne peut maîtriser en nous. Un ami alcoolique qui travaille beaucoup sur lui, m'expliquait l'autre jour que c'est ce foutu cortex qui nous distingue des animaux, nous fait perdre nos instincts et tout mélanger.
Nous sommes un prototype défectueux.
Il faut vivre avec ça et ce n'est pas toujours facile.
j'ai renoncé pour ma part à comprendre et à maîtriser tout ce que je porte en moi. J'essaye de garder un regard le plus amusé possible sur mes travers et ce qui pourrait me ravager de honte dans mes actes.
C'est notre humanité qui se joue la dedans. Il y a tant à accepter...ca ne veut pas dire qu'il faille renoncer à être "quelqu'un de bien"...je crois que les regrets sont des poisons qui nous tuent à petit feu. Se dire une fois pour toute, oui, j'ai fait ça, je n'ai pas réussi à ... je n'ai pas su prendre une autre décision...oui. C'est comme ça et nous n'y pouvons plus rien. Tirons les conséquences, même si plus jamais aucune circonstance de la vie ne permettra aucun rachat.
Mais rien ne sert non plus de se détruire, ou alors, vite, et bien...ou choisir de vivre, une autre vie, la même qui se prolonge et assumer ses choix, sans auto destruction ni auto flagellation.
Se nourrir des petits bonheurs, en offrir le plus possible aux gens qu'on aime ou qu'on a envie d'aider. Le début de la sagesse.
Nous cumulons les raretés, ici, ma chère VDI (j'appelle rarement les gens par leurs initiales, mais j'avoue que ton nom complet me semble si loin de la réalité que j'ai du mal...) : tes commentaires sont rarement si riches, et les choses qu'on peut me dire sur ce que j'écris touche rarement de si près à ce que je suis en effet, quand bien même certains regards me surprennent régulièrement par leur perspicacité. Mais à ce point...
Or oui, mes raisons d'écrire sont certainement tout à fait celles que tu dis, avec sans doute aussi cette petite recherche de reconnaissance, futile peut-être, je ne sais pas, mais que je sens bien toujours présente, de quelque mépris que j'essaye de la gratifier...
Quant au reste... Cesser de chercher à comprendre et à maîtriser, par exemple... La grande affaire ! D'abord, je ne m'y sens pas disposé, pas encore. Est-ce que trop de choses restent incomprises ? Je n'en sais rien au juste, mais en tout cas assez pour je ne puisse me satisfaire du constat des effets, sans chercher en à cerner les causes. J'avoue aussi que je ne me demande pas vraiment à quoi ça m'avance, mais j'ai l'impression de mieux respirer quand j'ai pu faire le tour d'un point de détail longtemps resté dans son mystère. Quant à la maîtrise, en ce qui me concerne, elle est une des grandes affaires de ma vie, avec pour première raison de n'être pas du tout acquise, et loin s'en faut ! Mais si je ne sais pas bien au juste pourquoi je m'efforce de comprendre le pourquoi du comment à tort et à travers, et qu'il est bien possible que ça n'ait finalement aucun intérêt, en revanche, pour ce qui est de la maîtrise, elle a des vertus essentielles desquelles je ne peux me détourner, du moins tant qu'elles resteront si loin de moi. Parce que dans la sagesse sur laquelle tu conclues, et dans le sens de laquelle j'abonde pleinement, il y a cette maîtrise en condition siné qua non pour ce qui me concerne. Je vais te faire de la psycho à la Zola, ce qui ne veut pas dire que je suis pleinement d'accord avec lui, mais sur certains points, il voyait peut-être juste : je descends d'une lignée de violents, dont j'ai moi-même pâti en mon temps, et qui sans doute en avaient pâti eux-mêmes. Dans mon idée, s'il y a une chose que je dois réussir dans ma modeste vie, c'est de briser le cercle vicieux : être le dernier à pâtir, et que cette violence trouve le terme de son histoire au fond de moi, crevée pour de bon. Ce sera par la maîtrise, aboutie ou non, c'est-à-dire par une violence finalement vaincue pour de bon, ou seulement muselée jusqu'au bout, mais quoi qu'il en soit, elle n'a plus droit de cité, et je suis le gardien de sa geôle, d'où l'importance de la chose.
En tout cas, merci beaucoup pour ce commentaire, sa beauté et son humanité. J'en ai été très touché. Je ne sais si j'ai su y répondre aussi bien que j'aurais voulu, mais je ne voulais pas remettre plus longtemps ma réponse. Merci donc, chère VDI, si mal nommée !
Et à bientôt !
Mais ce savoir sert aussi à éviter l'impuissance et la vanité, en avoir conscience n'est pas uniquement démoralisant, c'est aussi protecteur.
Exister n'est pas subjectif, se complaire dans la croyance n'est pas préférable à souffrir dans la connaissance, car in fine la croyance béatifiante mène à la misère de manière déterministe, avec le juste accompagnement de la croyance en la fatalité immanente.
Cela étant dit, réjouissons nous d'être encore vivants :)
En effet, oui, il faudrait s'en réjouir. Quelquefois, j'avoue ne pas trouver la réjouissance facile, mais sans doute suis-je comme le vieux bûcheron qui appelait la mort ? C'est drôle comme il me revient souvent à l'esprit, celui-là, dans les moments difficiles. Un genre de leçon en leitmotiv, je dirais...
Tu sais, en lisant ce que tu écrivais de la croyance et de la connaissance, je trouvais les verbes que tu leur accoles infiniment bien choisi. Se complaire dans la croyance, de même que souffrir dans la connaissance. Je n'arrive pas à voir la foi autrement que comme une complaisance avec la propre naïveté de celui qui la nourrit. De même que la connaissance ne me paraît pas pouvoir éviter la souffrance, en ce qu'elle ne peut grandir qu'en prenant conscience de ses limites, de même qu'elle nous blesse nécessairement en nous enseignant ce que nous sommes... Bon, de là à les limiter l'une ou l'autre dans ces carcans réducteurs, c'est sans doute refuser de lever les yeux un peu plus loin...
Merci de ta visite ppm !
Je ne souhaite pas être détruit par une chimiothérapie après un dépistage providentiel d'un cancer qui n'en est pas un. Je n'ai pas envie de crever à petit feu de maladies auto-immunes comme la sclérose en plaque, de crever dans le métro d'une bombe posée par nos propres soldats.
Le parallèle n'est-il pas surprenant entre un corps sur vacciné et une nation sur développée ? la sur puissance se retourne contre elle-même. De même le spartiate sur entraîné se détruirait par la drogue si par malheur il échouait en Eldorado.
Nous avons nous-même reçu ce conditionnement de spartiate, il nous est parfois difficile de jouir sans culpabilité du désœuvrement, de profiter du silence ou de l'absence. Peut-être le malaise de savoir est-il lié à cette impuissance de ne pas transformer le monde malgré la conscience.
Je n'estime pas être responsable de tout ce bordel, je ne culpabilise pas, j'essaie à chaque geste de ne pas le cautionner, et je popularise ses mécanismes à mon niveau, l'action rassure, et quand le malaise revient j'agis plus, dans le jardin par exemple ;-)
Laisser retomber la fièvre, oui... Retomber, tomber...
J'ai des envies plagiaires, tiens : je te recopierais bien le petit dernier de Kodama, qui ferait une belle réponse. Mais allez, c'est un vice que je n'ai pas, je ne vais pas l'ajouter aux autres. Tu n'auras qu'à aller la lire, à l'occasion.
Et merci de ton passage, Marmot !
Tu sais ce qui arrive aux bouteilles qu'on jette à la mer ? Le plus souvent, elles reviennent sur le rivage...
Merci de ta visite, Balladine.
Quel que soit notre choix de vie, il y aura d'autres chemins que nous aurions aimé prendre, quelque horizon grand ouvert dans lequel joyeux nous aimerions nous baigner, éclaboussant les nuages d'étoiles, ces princesses de la nuit éclairant nos mélancolies...
Je ne crois pas que l'on demande trop. L'humain est ainsi fait qu'il grandit chaque jour, et chaque jour produit son lot de désirs, d'envies, et donc de frustrations, de regrets, d'avoir fait un choix à un moment donné. A un moment donné où le temps s'est arrêté, où les chemins se sont fermés à d'autres voies possibles. L'effort est sans doute de rester droit sur ce chemin, car effort il y a quand il y a tant à explorer aux alentours puisque nous n'avons jamais fini d'apprendre, de ressentir, de vivre, tout simplement. Alors oui il devient difficile de ne pas basculer sous le poids des regrets et remords quand ils deviennent fardeau. Il faudrait que nous n'ayons aucune mémoire pour vivre léger, il faudrait que la vie n'ait de sens que le présent pour n'avoir aucun ressentiment. Sans doute certains se contentent du choix qu'ils ont fait, ou trouvent-ils alors d'autres voies d'exploration qui ne les font pas dévier. Pourtant, la déviance est humaine me semble-t-il, que serions-nous figés, qui serions-nous ainsi tenus à n'être qu'immobiles devant tant de mouvements extérieurs que l'on inspire, ou auxquels on aspire, malgré nous quelquefois, avec avidité d'autres fois, parce que nous aurons toujours faim et soif de découvertes et d'inconnu.
Valons nous mieux que nos récits ? Tout dépend de l'honnêteté que nous y mettons, de la sincérité des mots que nous employons, et des tourments qui les animent. Je pense que valoir n'est pas le bon mot. On pourrait se demander surtout s'ils sont le reflet exact de ce que nous sommes, de ce que nous vivons, avons vécu. C'est une question de fidélité à mon sens, et non de valeur. Le récit se fige à un moment donné, celui qui correspond exactement à ce que nous vivons au moment où il s'écrit, s'inscrit dans le temps. Quelques heures, jours, années plus tard, il serait retranscrit différemment parce nous ne sommes pas, en tant qu'humain, figés dans le temps alors que le récit l'est, lui.
J'espère ne pas être trop confuse dans ce que j'exprime, mais les questionnements de ton poème appellent l'exploration, ces gouffres dans lesquels, ivres d'incertitudes, nous tentons de repérer une lumière qui puisse éclairer le ciel, nous offrant l'accalmie...
Nos choix de vie... ce soi-disant libre-arbitre qui détermine notre chemin, cette liberté si discutable à la réflexion... Car au juste, que décidons-nous vraiment ? Quelle latitude avons-nous sur ces événements qui surviennent dans notre existence, et contre lesquels nous sommes toujours ou presque amenés à réagir dans l'immédiat ?
Il nous reste nos efforts constants, ceux que nous acceptons de livrer, jour après jour, capables de quelques lentes constructions, qu'elles soient de matière ou d'esprit. Il nous reste notre volonté, son opiniâtreté, sa capacité à se maintenir malgré les revers et leurs découragements. Il nous reste, en somme, cet héroïsme du combattant livrant sa bataille sans savoir s'il sauvera sa peau, mais la livrant quand même, refusant de baisser les bras, insistant, quel qu'en soit le prix. Mais c'est là une bravoure que nous n'avons pas tous, et pas toujours...
Quant aux choix, ils sont d'abord déterminés par ce que nous savons à l'instant T, par notre vision immédiate d'une situation donnée. Vision rarement aussi exacte qu'elle devrait l'être pour donner à ces choix la direction que nous leur souhaitons. Ce qui me porte à croire que, le plus souvent, nous sommes les jouets de nos propres illusions, de nos naïvetés, de nos élans intimes, qui nous poussent et nous portent, mais ne savent généralement pas le moins du monde à quoi elles s'exposent.
L'aventure d'une vie... et son infinie déroute... Cette phrase qui revient sur nos lèvres, de loin en loin : "Si j'avais su...". Tout ce que nous sommes impuissants à prévoir, à comprendre, à peser dans notre fragile balance de justice... Et tout ce qui découle de cette ignorance et de ces faiblesses... Or, où se cache la liberté, dans ce jeu de dupe ? Je me le demande...
Merci de ton passage et de tes réflexions, Gavarnie...
J'espère que tu vas...
Aussi bien qu'il est possible, dirons-nous...
En tout cas, merci de ton passage. Je t'envoie mes bises en retour. A bientôt !
J'espère que tu vas "bien"?
Bises en attendant
Je vais, ma chère Désirée, je vais... Et rien à écrire, non. C'est une période spirale, comme j'en ai connu une il y a quelques années, où le serpent se mord la queue et où l'écriture, au lieu de tenir son rôle d'éxutoire, prend celui de couteau dans la plaie. Il n'en ressort qu'une fâcheuse tendance à ressasser, qui focalise l'attention sur un même problème, sans même y chercher vraiment d'issue. Et l'on s'enfonce, comme dans les sables mouvants, presque à donner de soi-même pour s'enfoncer mieux.
La dernière fois, j'en étais ressorti en rangeant ma plume quelques temps. J'espère que ce ne sera pas aussi long, mais il me semble que c'est la seule solution dans l'immédiat. Je mets ma tête entre parenthèse, mon âme dans les nuages, mon espoir en sommeil, je remonte les épaules, pique du nez sur mes godasses et poursuis mon chemin à la va-comme-je-te-pousse. Rien de mieux à faire.
J'ai eu l'idée de supprimer ce blog, aussi. Mais c'est une chose que j'ai déjà faite par deux fois, et chaque fois je l'ai regretté. Je le laisse donc voguer dans les mers d'oubli, le temps que ma boussole et mon sextant me redonnent le bon cap.
Je te remercie de ton attention, et je t'envoie mes bises, en attendant aussi...
A te lire bientôt.
Ce n'est pas moi qui ai raison, je crois, mais certains auteurs dont les regards nourrissent parfois le mien, sur les écueils inévitables de l'existence, sur nos échecs et leurs multiples raisons, sur nos victoires et leur dérision.
Je me demande parfois si quelqu'un, dans ce monde, se sent sur "son" chemin...
Merci d'être repassée par là. Je reviendrai sans doute un de ces jours. En ce moment, c'est une saison de silence...
A bientôt
Moi j'y mets un p'tit rond, pour le pif, j'le trouve plus rigolo...
;o)
Bise.
C'est vrai, la nouveauté fait défaut depuis quelques temps déjà. Et sans doute pour quelques temps encore... Reste quelques pages anciennes, et ça me fait plaisir que tu y trouves à t'attarder, Cagire.
Mes bises en retour, en te souhaitant de belles journées aussi.
Bonnes fêtes de fin d'année !
Merci, Saravati, pour le coucou et pour les voeux.
Le blog hiberne, oui, comme moi. On verra si le printemps nous dit quelque chose...
Passe une belle fin d'année, toi aussi !
Merci Isabelle. Je prends le bisou, je garde le panier, et en échange, t'adresse mes meilleurs voeux.
A bientôt !
Les chemins à suivre, en ce moment, je ne sais plus. Non plus qu'un sens à la vie. Ce que je vis en manque cruellement, et le beau même, tout autour, s'en fatigue et se fane.
Ce qui me semble bon ne le serait qu'un temps, et quant à me trouver bien quelque part, je finis par me demander si j'en ai seulement la notion ?
J'ai entendu ce mot un jour : "pas doué pour le bonheur"... Peut-être ça au fond...
Mais inversement, comment pourrait-on manquer de ce que l'on ne connaît pas ?
L'âge d'or est un mythe, même si parfois on a l'intuition de ce qui pourrait être et que l'on a jamais connu.
Le destin n'a pas davantage d'épaisseur, il permet de disculper les véritables coupables, parents ou autre : ce n'est de la faute de personne. Trop facile.
Je pense que nous sommes acteur de notre malheur, comme dans les films à suspense où l'on voit la victime se rapprocher du lieu de sa mort.
Nous avons été conditionnés, bernés, et chaque atome de cette société marchande nous a vendu le bonheur emballé dans le mensonge. Plus j'y réfléchis, moins je crois au hasard ou au destin, la manipulation est omniprésente, notre outil de production est devenu si puissant que la quasi totalité des ressources humaines est consacrée à faire croire ce qui n'est pas. Quand on réalise à quel point tout discours humain est perverti, il en reste rien que la misère.
Je me retrouve bien seul, mais je ne souffre plus de rien :)