L'être si loin parfois
de sentir ce qu'il pense,
à son propre coeur étranger,
qui ne sait dire
le doute ni l'émoi.
Je m'assieds près du feu
à vouloir ce silence
qui aide à nous interroger,
qui sait le pire
et peut vouloir le mieux...
Ce qu'on ne dit jamais,
la douceur, la souffrance,
ces sentiments trop partagés
pour les écrire,
tous ces livres fermés...
Et toujours cette main
au creux d'un vide immense,
ces remords jamais soulagés,
et ce sourire
en faux-semblant de rien.
Ce presque rien de l'écriture, ce souffle d'air dans les méandres brumeux de nos âmes.
Rares sont les paroles qui ne puissent être infiniment mieux exprimées par la plume. Et il n'est pas une attention à l'autre plus entière que dans le moment de lui écrire, si ce n'est en celui de lui faire l'amour.
de Pablo Neruda
Nous avons encore perdu le crépuscule
Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies
pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.
J'ai vu de ma fenêtre
la fête du couchant sur les côteaux lointains
Parfois, ainsi qu'une médaille
s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.
Et je me souvenais de toi le coeur serré
triste de la tristesse à moi que tu connais.
Où étais-tu alors ?
Et parmi quelles gens ?
Quels mots prononçais-tu ?
Pourquoi peut me venir tout l'amour d'un seul coup,
lorsque je me sens triste et te connais lointaine ?
Le livre a chu qu'on prend toujours au crépuscule,
ma cape, chien blessé, à mes pieds a roulé.
Tu t'éloignes toujours et toujours dans le soir
vers où la nuit se hâte effaçant les statues.
d' Oriah Mountain Dreamer (un vieil indien)
Je ne m'intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,
Je veux savoir à quoi tu aspires,
Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton coeur.
Je ne m'intéresse pas à ton âge.
Je veux savoir si, pour la quête de l'amour et de tes rêves,
Pour l'aventure de te sentir vivre,
Tu prendras le risque d'être considéré comme fou.
Je ne m'intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.
Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,
Si les trahisons vécues t'ont ouvert,
Ou si tu t'es fané et renfermé par crainte de blessures ultérieures.
Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,
Sans t'agiter pour la cacher, l'amoindrir ou la fixer.
Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,
Si tu oses danser, envahi par l'extase jusqu'au bout des doigts et des orteils,
Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.
Je ne m'intéresse pas à la véracité de l'histoire que tu racontes.
Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même,
Si tu supportes l'accusation d'une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.
Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres,
Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.
Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien ou le mien,
Et malgré cela rester debout au bord du lac
Et crier : "Oui !" au disque argenté de la lune.
Je ne m'intéresse pas à l'endroit où tu vis, ni à la quantité d'argent que tu as.
Je veux savoir si, après une nuit de chagrin et de désespoir,
Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.
Je ne m'intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.
Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.
Je ne m'intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.
Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur, lorsque tout le reste s'écroule.
Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,
Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments vides.
de Tadeusz Rozewicz (Poète polonais)
Le poète est à la fois celui qui écrit des poèmes
et celui qui n'en écrit pas
Le poète est celui qui secoue les chaînes
et celui qui s'en charge
Le poète est celui qui croit
et celui qui ne peut croire
Le poète est celui qui a menti
et celui à qui on a menti
Le poète est celui qui mangeait dans la main
et celui qui a coupé les mains
Le poète est celui qui s'en va
et celui qui ne peut s'en aller
Je passe, je te lis, pardon si je ne laisse pas souvent de trace mais ce texte me parle, très fort.
Je t'embrasse, Ami !
Ne t'excuse pas de si peu : moi non plus, je ne me manifeste plus autant qu'avant. Avec l'impression, ces temps-ci, quand il m'arrive de le faire, d'être un peu à côté de la plaque. L'hiver, peut-être, nous endort les mérangeoises ?
C'est assez juste, ce que tu dis, ces pensées si loin perdues qu'on ne saurait plus bien les articuler, ou qu'on n'en a plus l'envie, le courage... Et cette réponse toute faite, que tout va bien, tant il devient difficile de répondre aux questions les plus simples. "A quoi tu penses ?", "Comment tu vas ?"... On se fait peut-être aussi quelques noeuds, là où il ne devrait pas y en avoir, animaux compliqués que nous sommes.
Je t'envoie mes bises, Faël, et mon amitié avec elles. A bientôt !
J'aime bien mes "humbles petits cailloux", ça sonne comme quelque chose qui me ressemblerait, quoi que je ne sois pas bien sûr d'être toujours aussi humble qu'il faudrait. Il y a quelque chose, dans nos insatisfactions, surtout quand elles tournent au leitmotiv, qui relèvent de l'orgueil, à coup sûr. On serait mieux avisé d'oublier ce qu'on désire de ne pas l'avoir, et de se réjouir de ce qu'on a. Mais pour l'heure, j'ai beau rechercher cette sagesse, je suis encore loin de l'avoir acquise...
Je te souhaite une bonne semaine, Vieux Marmot !
Je me pose la question aussi, Lutin. La pudeur y entre pour quelque chose, oui, mais elle n'est pas seule, je crois. La peur traîne quelque part aux alentours, peut-être. Les courages essoufflés, les mots poussés trop loin naguère, les regards trop durs qu'on regrette, les silences qu'on a pris à défaut de savoir dire ce qu'il fallait... Et puis tant de traces auxquelles on ne peut plus rien changer, et qui nous reviennent en flashs, entre le non-dit et le trop-dit, ces écarts hors de nous qui ne nous ressemblaient pas, mais qui ont écrit notre histoire, bon gré, mal gré... Même les livres fermés, refermés, continuent parfois de se raconter.
Les remords, tu cisèles souvent autour, il me semble, et cela me parle. Je porte mes remords, comme nous tous, et comme chacun aussi j'ai l'impression que les miens sont toujours les plus gros... Mais une vie sans erreurs, sans illusions ou et sans cagades n'est sûrement pas une vie humaine.
Je t'embrasse, ami Bifane, porte toi bien.
Non, je ne les vois pas plus gros que ceux des autres, ou peut-être que je ne les vois plus ainsi, avec le temps, à force de croiser d'autres souffrances, d'autres misères, et de voir le monde tel qu'il est. Je crois plutôt que j'ai parfois les épaules moins bien taillées pour les supporter comme il faudrait, comme d'autres parviennent apparemment à les supporter mieux, encore que je me doute qu'il y ait là beaucoup de jeux d'apparences, les unes plus trompeuses que les autres...
Une vie sans erreur, pourtant, tu as raison, n'aurait rien d'une vie humaine. Nous le savons. Nous y acquiesçons. Et néanmoins, certaines de nos erreurs, parfois bien futiles, bien bêtes, nous reviennent en boucle. C'est une silhouette découpée dans le cadre d'une porte, et cette porte que nous avons alors refermée. Et il ne fallait pas. Mais la silhouette s'en est allée, si loin que les horizons ne la connaissent plus maintenant, et la porte grande ouverte reste vide, à jamais. Et quelque geste qu'on ait pu faire pour rattraper, quelque mot qu'on ait pu dire pour réparer, n'empêchent pas ce souvenir et son immobilité définitive.
Restent les pas plus loin, ceux qui nous mèneront au bord d'autres écueils. J'y songe, et j'espère que je saurai les passer autrement, mieux, d'une âme plus belle. Et quelqu'un me dira peut-être que c'était un beau geste, et je répondrai qu'il n'était que le fils d'un geste laid, né pour le réparer.
Bien des bises, Sophie, et à bientôt chez toi, pour la lecture de ton nouveau texte.
La question n'est peut-être pas là, tu sais. Ce qu'il faut, c'est quelque chose qui se passe le plus souvent au-devant de nous. Il faut, nous allons vers ce devoir, nous l'accomplissons ou non. Ce qui nous suit me semble découler d'autre chose. Il suffit de mettre ce verbe si impératif au passé pour le sentir : le fallait-il ? Et déjà, il sonne d'une autre manière, comme bercé d'un regret, et plus encore, les sentiments qui lui font escorte ne nous laissent plus la moindre alternative : le fallait-il ? et ce sont tous les rendez-vous manqués, toutes les erreurs commises, qui viennent se poser devant nous et planter leur aiguillon dans notre conscience.
Or, le silence... Le silence sur ce qui viendra, voilà celui contre lequel je me sens de taille à lutter. Le silence sur ce qui a été, sur qui s'est passé et ne peut plus être changé, celui-là s'impose. Du moins est-ce ainsi que je le ressens. Il s'impose par le poids que prennent les mots, par l'étranglement dont ils serrent la gorge, et par le refus de laisser échapper un moindre mot, non pour la honte qu'il cause et qu'on porte, mais pour la consolation qu'il appelle, et qu'on ne croit pas mériter.
J'ai lu un jour cette phrase qui m'avait bien plu, et dont la vie m'enseigne la réalité : "On oublie quelquefois le mal qu'on nous a fait, jamais celui qu'on a causé".
Et je suis d'accord avec la phrase que tu cites en dessus. J'avais écrit un truc dans ce sens-là qui disait que souvent quand on blesse l'autre c'est notre coeur qui saigne. Mais on s'en rends compte trop tard pour rectifier le tir.
Parfois, on avance d'une manière qu'on peut observer. Sans se jeter des fleurs, on sent bien qu'on est en train de faire du chemin, que des choses s'éclairent qui étaient encore dans l'ombre, que d'autres s'expliquent qui restaient mystérieuses. C'est un passage assez agréable, apaisant, rassurant. Me semble d'ailleurs, à la réflexion, qu'on le fait plutôt a posteriori... Sur le coup, je ne sais pas. Peut-être qu'on ne sait jamais qu'on avance, quand on avance ?
Parce que d'autres fois, en tout cas, on est paumé dans une sorte de brouillard. On y flaire des fausses pistes, des erreurs commises, on en distingue certaines assez nettement, mais il manque des pièces au puzzle, on ne saisit pas les raisons, les cheminements. Ce sont comme des sursauts qu'on ne sait pas justifier, mais dont on sent bien toute l'importance. Des tristesses sur un détail, apparemment anodin, mais dont on pressent qu'il a une signification plus profonde que celle qu'on arrive à observer sur le moment. On avance peut-être alors, oui, mais on n'oserait pas l'affirmer et on serait bien en peine de dire comment ou vers quoi...
Et puis les regrets, quand ils viennent du fond, je n'en connais pas qui ne soient pas à leur place. Ceux-là ont été posés sur un ciment trop ancien pour qu'on les puisse desceller : même quand le temps paraît les rendre obsolète, leur raison première, leur essence, continue de les justifier en-dehors du temps, en-dehors du reste. Ils font partie de ce mal commis, parmi un grand mélange de choses et d'autres, notre creuset d'être, notre humus, depuis lequel nous avons poussé nos branches et nos racines. Comme toujours, et selon la formule consacrée, pour le meilleur et pour le pire...
De ta douceur ou de ta souffrance
Attendre au coin du feu
Que les livres fermés s’éveillent en cicatrices.
Etranger dans le coeur, ce n'est pas vraiment ce que je voulais exprimer, ce que j'avais à l'esprit en écrivant "l'être, à son coeur, étranger...", mais l'explication de texte n'est pas mon fort, et la liberté de lecture, de surcroît, est un privilège que ne doit pas se discuter, et encore moins en poésie, il me semble... D'ailleurs, il n'est jamais sans intérêt d'entendre ce que d'autres regards ont perçu dans ce qu'on écrit.
"Etranger dans le coeur", la formule est étrange, peut-être plus lointaine de soi encore, avec quelque parfum de trahison, qui va bien avec la vie, avec son train et notre art, plus ou moins aboutie, de le suivre...
Quant aux livres fermés... Quelle image, n'est-ce pas ? Les livres, notre rapport à eux, leur symbolisme, de même que les chemins, dans une autre façon, une autre approche. On peut y mettre tant de choses, dans ces livres, tant d'histoires singulières... Pas étonnant qu'elles recellent toujours leurs cicatrices !
C'est pourquoi il faut des plages de solitude pour mieux se connaitre et ce faisant mieux s'ouvrir vers les autres.J'aime beaucoup tes écrits parce qu'ils poussent à la réflexion dans ce monde aux encéphalogrammes plats
Il y a comme un peu de bouddhisme dans ce que tu dis, Renaud, non ? La qualité du rapport de l'être avec lui-même, l'entente qu'il parvient à acquérir de sa propre dimension... J'étais dans une idée plus sensitive, plus intimiste, de pensées entendues mais inexprimables. Et sans doute notre éloignement de l'essence y est-il pour quelque chose, en effet, si tant est que l'essence soit bonne.
Les encéphalogrammes plats, c'est un jugement rude, sévère, vaguement orgueilleux aussi, mais je t'avoue que je le partage. Peut-être même trop souvent à mon goût. Parfois, quand il me semble l'éprouver trop régulièrement, je m'oppose la question de mon propre état, de ma propre évolution, de quel exploit si extraordinaire j'ai pu accomplir qui me permette de jeter des regards si définitifs sur les autres. Alors, je vois mes propres mochetés, mes lâchetés, mes petits arrangements à moi, comme nous en avons presque tous.
Et je songe qu'il est long, le chemin...
Tu sais, pour avoir fréquenté quelques poètes, et certains doués d'une jolie, très-jolie plume, j'ai juste envie de te répondre qu'il ne faut pas se leurrer : 'sont exactement comme les autres, à deux poils près, qui s'appellent la personnalité et la singularité de l'être, et qui ne leur appartiennent pas plus qu'à d'autres.
A deux ou trois génies près, d'exceptions qui, comme le veut l'adage, confirment la règle, le talent ne fait pas la vertu, et l'inspiration poétique ne donne pas une plus belle humanité, je crois, pas plus que la culture philosophique ne donne forcément la sagesse.
Reste ce que nous écrivons, et qui donne parfois à méditer, à ressentir. C'est le beau de l'histoire, le petit privilège. Mais n'est-ce pas pour beaucoup du grand beau rêve ? Et derrière le rêve, qui est le rêveur ? Tout ça n'enlève rien au fait que je sois ravi que mes petites inspirations soient quelquefois partagées par quelques lecteurs, c'est un plaisir réel, que je suis loin de bouder ou de mépriser. S'il n'y avait pas ça, finalement, quelle raison aurait-on d'écrire ?
Bon week-end chez toi, Vieux Marmot !
Il faudrait que je te retrouve cette belle lettre d'un directeur d'école, au lendemain de la seconde guerre mondiale, lequel directeur, survivant des camps, avait une idée très claire de ce qu'est l'intelligence, et combien la vertu est ailleurs... Un de ces jours, je la publierai ici, peut-être dans la colonne de droite, où les textes demeurent...
Bien à toi, Vieux Marmot !
Un souffle de la vie, ou son souvenir...
Résumons, résumons. D’abord j’ai eu l’impression que ça racontait (et de rencontrer du coup) une sorte de stase, un blanc, entre un état d’être et un état d’âme. Une de ces situations vagues, qu’on connait et qu’on reconnait implicitement ; et où on se reconnait aussi, comme si on était à la fois acteur et spectateur de soi-même.
Le « je m’assieds près du feu », ça m’a fait penser à ce truc qui arrive qd on regarde un peu trop longtemps les flammes qui giguent, qu’on s’en hypnotise dessus à fond au point qu’on peut plus vraiment en sortir. On se fige quoi, tout en tournant en rond dans le vide (euh … ?).
Et la suite c’est aussi du vide, mais rempli de sens jusqu’à la gueule, un faux semblant de rien quoi, qui ramène d'une certaine façon à la stase du départ.
Ou alors... t’as fait l’portrait d’un mec qu’est à la frontière d’Alzheimer, que tu décris, tout à plat, un peu du dehors et un peu du dedans. Juste l’œil qui regarde.
Ou bien … ? bon, j’m’arrête. Mais crois bien que c’est presque à contre cœur. Ce texte, l’est capable de me faire parler du clavier pendant des plombes. Surtout que j’suis pas trop dans l’feeling des autres qui sont passés avant. Je trouve qu’ils ont emprunté une démarche plus sombre que celle que j’ai cru voir en lisant.
En fait j’veux dire que c’est superbe, du tout immédiat, de l'impalpable, salvateur comme de l’eau qui coule dans la gorge qd on est planté au milieu du désert. Et la belle phrase que cette main au creux d’un vide immense … !
Pas facile de te répondre, Kodama : tu te lances dans plusieurs pistes, et pour t'en brosser une qui ressemblerait à ce que je ressentais à l'écrire, il faudrait que j'en prenne un bout de chaque, sans certitude d'en avoir fait le tour.
C'était un blanc, d'une certaine façon, mais comme tu dis, rempli de sens. La pensée n'en était pas absente, moins encore le souvenir (ça, c'est pour l'Alzheimer, qui n'était pas du tout à l'ordre du jour, non...) et ce n'était pas non plus, à proprement parler, une situation vague. Ce qui était vague, c'étaient les mots pour le dire, c'était l'expression en tant que traductrice du sentiment, trop infidèle, trop étriquée entre les obligations et les interdits, entre le non-dit et le trop-dit...
Je sens qu'on va s'entendre, à parler chinois...
C'est un état rentré, où très certainement l'apparence et l'être sont très dissociés. Sans aller chercher de longues et fumeuses explications psycho-quelque-chose, je le résumerais en une somme de sentiments intérieurs qui ne peuvent et ne veulent sortir ni se montrer, mais qui ont une part essentielle à l'être.
Ce serait plus clair de donner les raisons, les trames de fond, mais évidemment, il n'en est pas question...
Content qu'il t'ait plu, en tout cas. Celui-là, je ne sais s'il était inspiré, mais il était en tout cas profondément ressenti.
Le plus juste parmi tous !? Diable ! c'est d'une humeur si définitive !
Je plaisante, évidemment... C'est très aimable, merci.
Cette étrangeté à soi-même, oui, c'est une très jolie façon de le résumer, très jolie et très juste.
A part ça j'aime décidément bien regrouper tes titres. Ils ont en eux une sorte de beauté et de cohérence qui me frappent à chaque fois. Je me demande comment ils te viennent. C'est fort.
"Gris,
Passeur de brune,
Je vais
Comme on finit
A tant aller si loin de soi."
Inénarrables... J'aurais dû l'insérer quelque part, tant il est dans l'idée, ce mot-là ! C'est un état très particulier, je trouve, très singulier. Et le plus étrange reste qu'il puisse être inspiré par des choses très diverses.
Pour les titres, c'est drôle, je n'avais pas fait de lien entre eux, et c'est vrai que ça donne quelque chose d'où ressort bien l'humeur d'ensemble, l'idée maîtresse d'une période. Comment ils me viennent ? A vrai dire, très mal : je bute souvent longuement sur le titre, le premier, quand j'en mettais un au départ, ne répondant souvent plus au résultat final, tant l'idée de départ se laisse modifier au fil des vers, jusqu'à passer parfois complètement à autre chose. L'idée qui appelle l'idée... Depuis quelques temps, je vais directement au texte, et je cherche le titre après. Ce qui ne rend pas le choix plus simple... Tu imagines donc bien comme, si j'ai déjà du mal à trouver un titre pour un texte, je ne vais pas me compliquer la tâche à lui trouver un lien avec les titres précédents. Je me borne à regarder si je ne m'en suis pas déjà servi, ce qui m'arrive aussi... Aussi peut-on dire que, si c'est fort, ça n'en est pas moins le fruit du hasard. Mais j'aime bien ton idée, et ce qu'elle fait ressortir !
Merci de ta visite, Spyrall !
Personnellement, j'ai un petit souci avec "cette main au creux d'un vide immense", je ne sais trop comment la voir, j'ai deux visions, la pessimiste et l'optimiste. S'agit-il de sa propre main cherchant désespéremment à s'accrocher dans le vide ? A moins qu'elle ne soit la main d'un autre tendue vers soi...
J'aurais bien aimé que ce sourire résulte d'un mouvement si positif que celui que tu dépeins, Cagire. Le mien avait plutôt quelque chose de désabusé, voire de triste. Les choses qui s'éclairent, paradoxalement, engendrent quelquefois des zones d'ombre, et les choses qui s'y dérobent ne sont pas nécessairement incomprises. Parfois, c'est même de les comprendre qui fait que nous les repoussons dans l'ombre.
Comme un souvenir pénible qui n'a plus d'autre dimension que son passé, la chose écrite, définitive, que ni le regret ni la compréhension ne rendent moins douloureuse. Comme cette main dans le vide, sa quête perdue d'avance, la conscience de son impossible, et le désir pourtant qui continue de la tendre. La logique ni le bon sens n'ont rien à y voir. Nous avons tous des parts essentielles, presque des parts vitales, qui nous échappent et nous manqueront pour le reste du temps. C'est le côté cruel de la vie, cruel et injuste. C'est cette main qui aurait pu, et qui même, au moment de pouvoir, aurait voulu, et ni le pouvoir ni la volonté ni le désir n'ont suffi. Plus loin, le pouvoir s'est perdu, ne sont restés que le désir et la volonté, qui sont aussi absolument stériles qu'immortels.
Je ne sais pas si c'est plus clair comme ça, Cagire, mais je ne vois guère comment je pourrais le dire mieux...
Merci de ta lecture sensible.
Je ne sais plus qui disait que "les peuples ont les maîtres qu'ils méritent". Je pencherais pour Hugo ou Baudelaire, ce dernier ayant exprimé par ailleurs une certaine idée de la liberté, très forte et très juste à mon sens, mais peu admise et moins encore répandue, selon laquelle elle n'est pas un dû mais doit se mériter...
J'y ajouterais, pour l'heure, que les peuples ont aussi les sociétés qu'ils se construisent, les valeurs qu'ils cultivent, et finalement l'humanité qu'ils défendent. Sont-ils trahis ? Ils le sont, certes, mais depuis quand ? Ne l'ont-ils pas été suffisamment pour qu'à la fin, on doive admettre qu'ils le sont de bon gré ? Qu'on nous trompe par surprise, personne ne saurait nous le reprocher, mais qu'on soit le dindon de la farce depuis plus de cinquante ans, qu'on nous ait grugé et abusé et menti, de toute part et de tous horizons, n'est-ce pas à la fin que nous y prêtons gentiment le flanc ?
Ce qu'on partage dépend beaucoup plus de nos choix individuels, quoique je tienne pour valable aussi, à titre individuel, ce que je viens de dire plus avant... Mais dans ceux qui ne partagent pas assez, et ceux qui partagent trop, il y a pourtant là davantage de nuance : il s'agirait de partager opportunément, et que cette opportunité même soit à compter dans le partage. Il y a souvent deux poids et deux mesures entre ce que nous sommes disposés à partager de nous avec autrui, et ce que nous serions disposés à partager en retour, d'autrui vers nous-mêmes. Il y a nos centres d'intérêt intimes, nos goûts particuliers, et ceux d'autrui qui ne s'y accordent pas nécessairement. Comme on en voit parfois nous tenir la jambe sans vergogne, une éternité durant, sur tel sujet qui nous semble le plus rébarbatif du monde, mais qui ne laisse pas de les passionner quant à eux. Passé l'intérêt poli que nous leur devons concéder, le reste n'est plus qu'une épreuve de patience et d'abnégation, où se glisse bien à la fin quelque hypocrisie commode... Où est l'échange ?
Celui dont tu parles quant aux situations exceptionnelles est tout différent. C'est un tout autre monde, un univers à part. Je dirais une explosion, une illumination dans l'univers morne et blafard du quotidien. Et tant on en est ébloui et transporté par cet état exceptionnel qu'on voudrait pouvoir le continuer, le transposer à tout et à tous, le vivre en lieu et place de ce quotidien grisâtre. Je connais cet engouement, cette fièvre subite et illogique. Elle se heurte vite à l'impossible, au mur inébranlable du réel. Ces situations exceptionnelles le sont vraiment, par nature et par définition : elles ne se peuvent vivre que de façon exceptionnelle. Tel être avec lequel nous avons vécu cette exception n'est pas n'importe qui, son âme n'est pas celle du premier venu, ni son tempérament celui de tout un chacun : cet être-là avait quelque chose d'une âme soeur, pour l'exprimer d'une image que nous connaissons tous. Et seule une âme soeur pouvait nous donner une situation si exceptionnelle.
Il est dommage que nous ne puissions échanger de façon si limpide et si belle, si envoutante, avec n'importe qui et n'importe quand. Mais les murs sont bâtis depuis longtemps, les âmes y sont enfermées et s'y rencognent férocement. Quiconque les approche reçoit sa volée de bois vert, de même que nous distribuerions la nôtre si nous sentions qu'on viole notre intimité. Les rapports humains sont ainsi faits qu'ils se refusent à paraître à découvert, sauf... sauf exception.
Mais convenons-en : ces exceptions sont une chose absolument enivrante à vivre... Chaque fois, je me suis laissé prendre, au lendemain de les avoir vécues, par cette fièvre un peu folle de vouloir les transposer dans tous mes rapports, de recréer cette qualité d'authenticité quasi absolue avec tout un chacun. Et chaque fois, la même fin de non recevoir a stoppé mon élan. Peut-être as-tu pu observer, si tu t'y es toi-même essayé, ce regard qu'on te lance, dans lequel on pourrait presque lire "Mais qu'est-ce qu'il veut ? Mais il est fou ?", en même temps qu'une réelle inquiétude. Et plus l'on pousse en ce sens, plus l'autre se referme et se claquemure pour nous refouler. Au bout du compte, si l'on n'en venait pas à se raisonner et adopter finalement la même attitude, sans doute finirait-on par nous enfermer...
C'est amusant, cette mauvaise humeur capable de s'exprimer contre les conventions. J'en ai quelquefois usé aussi. Mais au fond, je m'apercevais qu'il n'y avait pas lieu d'en user. La réaction de surprise de la personne, voire pis, était justitifiée : à une politesse, puisqu'il ne s'agit évidemment de rien d'autre, on lui répondait par une agression. Comme si au salut de quelqu'un, on répondait qu'on ne salue pas en retour.
La convention est grotesque, soit, mais n'est qu'une forme de politesse. Et sans politesse, la vie serait-elle supportable ? Apprécierions-nous que le moindre quidam de mauvaise humeur, sous prétexte de se refuser à mentir, nous déverse ses injures et sa colère parce qu'elles lui viennent dans le moment qu'il nous croise ?
Une collègue avec laquelle j'ai de bons rapports essuya un jour une réponse négative de ma part, à sa fameuse question "ça va bien ?". En effet, ça n'allait pas, à tel point que l'humeur m'est venue de l'exprimer : "non". Ce simple "non" a eu un effet inattendu. La collègue s'est immobilisée, interloquée, presque choquée, et à la voir, suspendue dans l'instant, on aurait pu croire que je lui avais craché au visage. Et certes, si je l'avais fait, elle n'aurait pas réagi autrement. Sur l'instant même, j'ai senti comme j'avais eu tort de me laisser aller à exprimer sincèrement ma réponse, c'était effectivement perçu comme une insulte en réponse à une politesse. La collègue étant une personne aussi fine qu'aimable a finalement tourné la chose à la plaisanterie, poussant là sa politesse jusqu'à m'épargner un embarras que j'avais moi-même créé. C'est une belle attitude, je trouve. Et la mienne était bien infantile.
Je n'ai plus jamais répondu "non" depuis. Quelquefois, j'esquive la question, rarement. Autant esquiver le "bonjour". On se croise, on a la politesse de se témoigner ce minimum de reconnaissance, et en effet, c'est un minimum. L'effort que l'on consent parfois de passer par-dessus son humeur.
Toujours autant de délicatesses de jolis mots.
j'espère revenir plus régulièrement maintenant et een attendant te fais des bises amicales..
Tandis que tu reviens, Renée, c'est moi, ces temps-ci, qui m'éloigne un peu. D'autres occupations, d'autres envies, et peut-être un peu de lassitude.
Je te retourne tes bises, et te remercie de ta visite.
La quiétude de la solitude.
Merci.
La quiétude, je ne sais. Je voudrais bien, parfois, mais j'opine qu'il n'est pas encore temps.
Merci à toi, Victordali.
N'ai pas pu lire ce texte autrement que comme une lettre adressée.
Ne suis pas parvenue à entendre "l'étranger à soi-même" mais bien plutôt, l'autre, comme inaccessible, manquant, sujet de tous les remords ... d'une rencontre perdue.
Tout comme "ces sentiments trop partagés"... dont le double sens est venu rejoindre mon sentiment de lettre adressée.
Partagés, les sentiments peuvent l'être à deux ou à plusieurs, impliquant une relation à l'autre, mais ils peuvent dire également leur ambivalence, voire leur clivage du: "je suis partagée".
Ta question sur ces sentiments trop partagés pour être écrits, je ne la comprends pas. Si ce n'est qu'elle partirait d'un désir de vérité à la dire toute.
Je crois que la poésie nous permet de la transpirer, de la trans ... porter parce qu'elle échappe de toute façon, et c'est ça son fondement. Elle échappe et on lui court après, elle nous met en mouvement, on la veut.
Nous disons tant de choses ... tant de choses qu'on ne sait pas, elles parlent toutes seules, en creux, parfois des oreilles fines entendent, et ça nous revient comme un cadeau ou une bombe, tout dépend de l'ampleur de notre résistance à les voir.
Faire quelque chose de notre souffrance ... c'est je crois, un vrai chantier, une oeuvre. Certains s'y risquent.
A chaque fois que je te lis, je sens que tu t'y risques et j'aime bien. Ca me touche et me parle et te remercie pour ça.
Se tutoyer ? A la bonne heure ! Le vouvoiement me fatigue, surtout sur Internet, où je fréquente (assez peu en ce moment, il est vrai...) des personnes dont je partage peu ou prou les goûts et passions, et avec lesquelles j'apprécie d'entretenir des relations plus amicales que conventionnelles.
Mais parlant de partage, comme il en est un peu question, et comme j'y songe beaucoup en ce moment, et peut-être d'une manière plus tenace dans le temps même, je dirais que cet élan procède davantage d'un idéal que d'une réalité. Dans le réel, le partage se heurte à tant de contradictions qui l'interdisent, le minimisent ou le brident qu'au final, il n'en reste souvent qu'une apparence et un vague sentiment de gâchis. Et c'est par là que l'on devient quelque peu "étranger à soi-même", à force de ne laisser échapper de soi que ce qu'il est convenu d'échanger, voire de le mettre en forme suivant les mêmes conventions, quitte à n'en laisser pour finir qu'un étrange erzats de ce que nous avions à donner. C'est un jeu auquel nous nous livrons au quotidien, une habitude si familière, une coutume qui nous devient si naturelle, qu'il vient un temps où, lorsqu'un essentiel de grande importance se prend au filet du désir d'expression, il nous apparaît que nous ne pouvons plus lui donner libre cours, incapables que seraient les autres à le recevoir, et pis même, incapables que nous sommes nous-mêmes à l'articuler sincèrement.
A observer les choses sous cet angle, il n'est pas étonnant que nous puissions ressentir quelquefois une telle solitude d'âme. Et pas étonnant non plus que, lorsque par extraordinaire nous vivons un moment, forcément éphémère, de partage réel, nous soyons comme emportés par l'enthousiasme passionné qu'il nous procure. Nous touchons là du doigt quelque chose comme un paradis perdu, conscients soudain que nous pourrions, que nous savons, que nous en sommes capables, au point de croire possible de l'étendre à tous, d'en faire un principe de vie. Jusqu'à ce que nous nous heurtions à nouveau aux limites de la réalité, qui s'y refuse définitivement. Et la tristesse profonde qui découle de ce constat. La joie d'avoir pu vivre autre chose, fut-ce pour un instant, et l'extrême déception de ne pouvoir le vivre toujours.
Reste en effet notre capacité à entendre dans le silence. Ce n'est pas rien, et j'ai vécu de quoi le savoir, sans qu'il y ait à s'en vanter. Mais même cela, c'était d'abord une souffrance, issue du non-dit et des doutes qui s'y attachent. La révélation ne change rien au vécu : on peut bien un jour entendre ce qu'il fallait entendre, comprendre que, là où nous ne discernions que du vide, il y avait beaucoup à prendre et à apprendre, certes la découverte nous enrichit, mais en même temps, elle nous est à charge : nous n'avions pas vu, pas senti, les choses sont passées sans que nous les appréhendions. Temps perdu, peines vaines, et quand le temps s'arrête quelque part, pour quelqu'un, ces périodes d'incompréhension n'en devienne que d'autant plus longues et douloureuses.
Il y aurait tant à dire encore... Mais je ne veux pas être trop long. Je pense l'être déjà... sans être bien sûr d'avoir la clarté qu'il y faudrait, en plus...
Merci d'être venue me lire, Isabelle, et à bientôt !
Bonjour Balladine, excuse le retard de ma réponse. Je ne suis pas très assidu, ces temps-ci...
En lisant ton commentaire, m'est venue cette pensée que, parfois, la paix avec soi ne passe pas par l'apaisement. Elle y aboutit, sans doute, nécessairement peut-être, mais il se peut qu'elle passe d'abord par un grand remuement des choses...
Ne te sens pas obligé par une réponse, je n'y vois aucun inconvénient dans la mesure où le silence est très respectable. J'ai pris pour habitude, avec les années, de ne rien attendre ... (mais tes réponses sont toujours très appréciées bien sur)
Bonne journée à toi
Sauf à voir s'envenimer un échange ou qu'un commentaire en fasse la conclusion, rendant une réponse inutile et redondante, je m'efforce de répondre toujours, ne serait-ce que par politesse. Personnellement, je trouve désagréable de m'adresser à quelqu'un qui ne me répond pas, je ne me verrais vraiment pas en faire autant ici, de quoi aurais-je l'air ?
Bonne journée chez toi, Balladine !
Bon week-end, plein de bises amicales.
Bonjour Sophie ! Merci de prendre de mes nouvelles. Je vais bien, oui, mais très peu inspiré ces temps-ci par l'écriture. Je continue de me cantonner à la lecture, et davantage sur papier que sur écran. Je ne t'ai pas oubliée pour ce qui concerne ton oeuvre, et j'ai même un peu avancé là-dessus, mais sans trouver quelque chose qui puisse vraiment me satisfaire.
Je bichonnerai ma plume un de ces jours, quand l'envie m'en reviendra. En attendant, je t'envoie mes bises du lundi, qui est, comme tu sais, une journée toujours un peu grise, d'autant qu'en l'occurrence, le temps a décidé de se mettre au diapason...
C'est gentil à toi, Désirée.
J'aimerais bien te répondre que je reviens bientôt, mais en vérité, l'inspiration ni l'envie n'y sont plus, et j'avoue ne pas seulement chercher à leur courir après. Les rares élans qui me prennent s'épuisent d'eux-mêmes, peu portés par les rêves ou les idéaux, et seuls quelques vers gris se sont encore posés de-ci de-là, qui sont des redites et n'amènent rien de nouveau.
Il faut, je crois, que l'humeur change, et peut-être que les beaux jours y aideront.
Je te remercie d'être passée.
En attendant ton éventuel retour, bin, tu manques.
walla
et je te bise aussi ;)
Amicales bises.
Ce que j'en ai écrit à Thierry ne saurait s'appliquer à tous, non plus qu'on ne le vit au quotidien et sans en épargner un jour. Il y a des "ça va ?" qui sentent bon l'humanité, l'amitié, la tendresse, et ceux-là, tournerais-je cent ans encore sur ce monde que je ne voudrais pas en être lassé.
Ce sont les mêmes mots pourtant, mais ils sonnent comme d'une autre musique, ils sont d'ailleurs portés par une autre voix, épaulés d'un autre regard, soulignés d'un autre sourire. Je les aime, ces "ça va ?", d'autant qu'à ceux-là, je sais aussi que si ça ne va pas, j'ai le droit insigne de le dire, et de requérir un peu de chaleur humaine en retour, comme j'en donnerai moi-même une autre fois.
Heureusement qu'on les a, ma chère Cagire, ces "ça va", ceux-là, ceux-là seuls, pour lesquels et par lesquels on se fait fort de tenir debout pour un bout de temps encore.
Et je te réponds, Cagire : moi, ça va à peu près, comme dans une période un peu grise mais pas trop, un genre d'entre-deux qui attendrait le matin, mais qui garde confiance. Et j'espère sincèrement que toi aussi, ça va. Je passe peu de temps sur le Net ces dernières semaines, mais je n'oublie pas mes meilleures adresses, pas plus la tienne que d'autres. Mettons que c'est une petite pause, et peut-être pour mieux revenir.
Mes bises à toi, Cagire, en te souhaitant un bon week-end !