Mardi 7 juin 2011 2 07 /06 /Juin /2011 11:23

Ce ne seraient plus les regrets

          des longs soirs de silence

          en filigrane, où j'attendais

          sous des voiles de doute,

          d'un reste de soi, dénigré,

          tant le monde est immense

          et de mensonge échaffaudé,

          à y perdre sa route.

 

Ce serait simple, comme au goût,

          au sucre d'un peut-être,

          telle une légende en projet

          ignorant ses frontières.

Et tes beaux yeux seraient si doux

          aux miens, à leur promettre

          les illusions à s'échanger

          d'une nouvelle terre.

 

Pour laisser parler la beauté

          d'un matin clair et vide

          au monde des premières fois,

          l'ébauche des errances,

          où n'étaient ni les vérités

          ni le regard humide

          d'une âme d'amour aux abois,

          un désir d'évidence...

 

 

Publié dans : Ceux qui espèrent des nuages
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Commentaires

Il faut faire plus qu'y croire à la nouvelle terre: il faut la créer. Lui donner vie.Et laisse parler le matin clair, il est vide comme une page blanche: tout est à re-créer.

Vas-y, lâche-toi.

Tendresse
Commentaire n°1 posté par le 08/06/2011 à 08h14

Comme aurait dit le petit sage aux grandes oreilles, assis sur sa pierre : "Si tu ne fixes ton attention que sur le but, tu pourrais y perdre tout ce que le chemin peut t'enseigner !".

Me semble bien qu'on en revient à cette question à échanger, tu sais, je crois que je t'en avais parlé : l'essentielle question du "pourquoi-vivre ?", à laquelle n'existe pas de réponse au bout du compte, à remplacer par celle du "comment-vivre ?", pour laquelle les perspectives sont tout à l'inverse sans limite... C'est drôle comme je suis souvent sur cette idée, ces jours-ci...

Mes bises, Désirée !

Réponse de Bifane le 08/06/2011 à 10h41
Bifane, l'aube est une promesse dont le respect nous incombe.
Les ingrédients nous sont offerts mais il nous appartient de
dresser la table,établir le menu ou la carte et préparer la
venue de ceux que l'on espère ou que l'on n'attend pas.
Bien à toi
Commentaire n°2 posté par renaud le 08/06/2011 à 22h14

Il y a tant à dire et à chanter sur l'aube... J'en garde quelques unes en souvenir, rares et précieuses, attachées à des périodes marquantes, à des personnes et des rêves...

Amicalement à toi

Réponse de Bifane le 09/06/2011 à 08h46

Présentation

L'écriture

Ce presque rien de l'écriture, ce souffle d'air dans les méandres brumeux de nos âmes. 

 

Rares sont les paroles qui ne puissent être infiniment mieux exprimées par la plume. Et il n'est pas une attention à l'autre plus entière que dans le moment de lui écrire, si ce n'est en celui de lui faire l'amour.

Nous avons encore perdu...

                    de Pablo Neruda

 

 

Nous avons encore perdu le crépuscule

Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies

pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.

 

J'ai vu de ma fenêtre

la fête du couchant sur les côteaux lointains

 

Parfois, ainsi qu'une médaille

s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.

 

Et je me souvenais de toi le coeur serré

triste de la tristesse à moi que tu connais.

 

Où étais-tu alors ?

Et parmi quelles gens ?

Quels mots prononçais-tu ?

Pourquoi peut me venir tout l'amour d'un seul coup,

lorsque je me sens triste et te connais lointaine ?

 

Le livre a chu qu'on prend toujours au crépuscule,

ma cape, chien blessé, à mes pieds a roulé.

 

Tu t'éloignes toujours et toujours dans le soir

vers où la nuit se hâte effaçant les statues.

 

Sagesse amérindienne

                    d' Oriah Mountain Dreamer (un vieil indien

 

 

Je ne m'intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,

Je veux savoir à quoi tu aspires,

Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton coeur.

 

Je ne m'intéresse pas à ton âge.

Je veux savoir si, pour la quête de l'amour et de tes rêves,

Pour l'aventure de te sentir vivre,

Tu prendras le risque d'être considéré comme fou.

 

Je ne m'intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.

Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,

Si les trahisons vécues t'ont ouvert,

Ou si tu t'es fané et renfermé par crainte de blessures ultérieures.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,

Sans t'agiter pour la cacher, l'amoindrir ou la fixer.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,

Si tu oses danser, envahi par l'extase jusqu'au bout des doigts et des orteils,

Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.

 

Je ne m'intéresse pas à la véracité de l'histoire que tu racontes.

Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même,

Si tu supportes l'accusation d'une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.

 

Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres,

Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien ou le mien,

Et malgré cela rester debout au bord du lac

Et crier : "Oui !" au disque argenté de la lune.

 

Je ne m'intéresse pas à l'endroit où tu vis, ni à la quantité d'argent que tu as.

Je veux savoir si, après une nuit de chagrin et de désespoir,

Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.

Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.

Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur, lorsque tout le reste s'écroule.

 

Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,

Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments vides.

 

Le poète...

                    de Tadeusz Rozewicz (Poète polonais)

 

 

Le poète est à la fois celui qui écrit des poèmes

et celui qui n'en écrit pas

 

Le poète est celui qui secoue les chaînes

et celui qui s'en charge

 

Le poète est celui qui croit

et celui qui ne peut croire

 

Le poète est celui qui a menti

et celui à qui on a menti

 

Le poète est celui qui mangeait dans la main

et celui qui a coupé les mains

 

Le poète est celui qui s'en va

et celui qui ne peut s'en aller

   

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