Ceux qui espèrent des nuages

Lundi 12 septembre 2011 1 12 /09 /Sep /2011 13:07

C'est du liquide en mouvement

          que d'autres voient sans regarder,

          comme on fait dans les rues

          des trous-du-cul du monde...

Comme on se ment,

          comme on croit retarder

          l'heure venue

          de sortir de la ronde...

 

Et puis ça bouge lentement,

          sable des oublis attardés

          qui de même nous tue

          en amnésie profonde...

Quelques instants,

          je me suis lézardé,

          à ma peau nue,

          la tienne comme l'onde...

 

Cette vieille ruse toujours

          pour mieux tromper nos vieilles peurs,

          mensonge de survie

          ou miracle peut-être ?

Un autre jour,

          je croirai en mon coeur,

          une infinie

          tendresse à me promettre...

 

On prétend qu'on a fait le tour

          de tous les possibles ailleurs,

          qu'il n'y a plus d'envie,

          plus rien à reconnaître

          d'un monde sourd

          et perclus de douleurs...

Et puis la vie...

                    La passion de renaître...

 

 

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En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres
Vendredi 8 juillet 2011 5 08 /07 /Juil /2011 10:38

C'est à toi que je pense,

          au chemin sous nos pas,

          puisqu'il en est tant que j'oublie

          et pas le tien.

Mais le coeur est immense

          au secret de nos bras,

          où tout le souvenir nous lie

          et nous retient...

 

C'est cela, ma rivière

          sous le ciel indolent,

          l'eau lumineuse où je m'abreuve :

          c'est cet amour,

          son désir, sa prière,

          l'animal battement

          et de l'âme même la preuve

          mise au grand jour.

 

C'est là aussi qu'on brave

          les humeurs d'abandon,

          où revoir comme un jour se lève

          après la nuit ;

          cette chair où je grave

          ton visage et ton nom,

          où rien ne meurt ni ne s'achève,

          où rien ne fuit.

 

Et je ressens l'ivresse

          de me savoir vivant,

          et d'avoir encore une chance,

          ici, plus loin,

          n'importe à quelle adresse,

          quelle saison devant...

Un jour où la vie recommence

          dessous ton sein.

 

On peut vivre et revivre :

          il reste du chemin

          et des espoirs qui s'y promènent,

          d'autres regards...

L'horizon nous délivre

          qui sait le ciel sans fin,

          la beauté des vies incertaines

          comme un hasard.

 

 

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En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres
Vendredi 1 juillet 2011 5 01 /07 /Juil /2011 09:47

Je m'étais perdu sur les voies,

          locomotive sans charbon,

          où les rails se mélangent

          dans les brouillards,

          on avance au nez, on louvoie

          du rêve à la raison

          jusqu'aux vallées étranges

          de l'autre part...

 

Sans doute, on n'a pas l'innocence,

          le hasard des choses pour rien,

          sur les voies de garage

          des échoués.

Je laisse prendre ma défense

          aux tendres failles de l'humain,

          sa faiblesse en partage

          à avouer...

 

J'étais là, comme dans l'attente,

          et qui sait si ça doit venir

          de quelqu'un qui nous cherche

          ou bien de soi ?

On ne trouve plus dans la pente

          une branche où se retenir,

          une main, une perche,

          ou rien, ou quoi...

 

D'une lâcheté qui s'ignore,

          qui rechigne à se regarder

          et refuse d'entendre,

          ça dure un temps...

L'ennui, c'est qu'on en veut encore,

          les murs sont déjà lézardés

          et la carte du tendre

          qui nous attend...

 

Finalement, de la chaudière

          qu'on se rallume en grondements,

          ça siffle ses fumées

          de cauchemar.

Ce désir en nous, nécessaire,

          de jeter encore, autrement,

          notre âme ranimée

          sur le départ !

 

 

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En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres
Mardi 7 juin 2011 2 07 /06 /Juin /2011 11:23

Ce ne seraient plus les regrets

          des longs soirs de silence

          en filigrane, où j'attendais

          sous des voiles de doute,

          d'un reste de soi, dénigré,

          tant le monde est immense

          et de mensonge échaffaudé,

          à y perdre sa route.

 

Ce serait simple, comme au goût,

          au sucre d'un peut-être,

          telle une légende en projet

          ignorant ses frontières.

Et tes beaux yeux seraient si doux

          aux miens, à leur promettre

          les illusions à s'échanger

          d'une nouvelle terre.

 

Pour laisser parler la beauté

          d'un matin clair et vide

          au monde des premières fois,

          l'ébauche des errances,

          où n'étaient ni les vérités

          ni le regard humide

          d'une âme d'amour aux abois,

          un désir d'évidence...

 

 

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En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres
Jeudi 19 mai 2011 4 19 /05 /Mai /2011 13:47

Je me désole à tant attendre,

          à tant vouloir,

          tant demander à cette vie,

          de toi et moi.

J'ai l'oeil à la carte du tendre

          et de l'espoir,

          la face barbouillée de suie,

          le coeur en croix.

 

Je ne prise pas ce mélange

          de gris et noir,

          de teintes toujours indécises,

          où l'être, en soi,

          n'est plus qu'un amalgame étrange

          de désespoirs

          et d'enthousiasmes qui le grisent,

          bête aux abois.

 

Je suis du monde sans en être,

          son ciel est noir,

          son mal est vieux comme la terre,

          son coeur est froid.

J'aurais voulu ne pas y naître,

          ne rien en voir,

          n'être que de sable ou de pierre,

          le vide en moi.

 

Mais je suis né de chair humaine,

          d'âme et d'amour,

          et d'une impossible espérance

          en l'avenir.

Notre douleur est si ancienne,

          nos fronts si lourds,

          tout de regrets et de souffrances

          à n'en finir...

 

Je rêve un monde aux mains ouvertes,

          un monde autour,

          et sans tyran et sans apôtres

          à craindre, à fuir.

Je rêve un monde aux joies offertes,

          un monde pour,

          de l'autre à l'un et l'un pour l'autre,

          un monde à jouir.

 

Mais la plaine est morne et déserte,

          chacun sa tour

          où l'élan s'enferme et se bride

          à se trahir.

Nos âmes sont-elles inertes

          et nos amours

          corrompues dans la peur acide

          de nous unir ?

 

 

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En dire quelque chose - Ce qu'en disent les autres

Présentation

L'écriture

Ce presque rien de l'écriture, ce souffle d'air dans les méandres brumeux de nos âmes. 

 

Rares sont les paroles qui ne puissent être infiniment mieux exprimées par la plume. Et il n'est pas une attention à l'autre plus entière que dans le moment de lui écrire, si ce n'est en celui de lui faire l'amour.

Nous avons encore perdu...

                    de Pablo Neruda

 

 

Nous avons encore perdu le crépuscule

Et nul ne nous a vus ce soir les mains unies

pendant que la nuit bleue descendait sur le monde.

 

J'ai vu de ma fenêtre

la fête du couchant sur les côteaux lointains

 

Parfois, ainsi qu'une médaille

s'allumait un morceau de soleil dans mes mains.

 

Et je me souvenais de toi le coeur serré

triste de la tristesse à moi que tu connais.

 

Où étais-tu alors ?

Et parmi quelles gens ?

Quels mots prononçais-tu ?

Pourquoi peut me venir tout l'amour d'un seul coup,

lorsque je me sens triste et te connais lointaine ?

 

Le livre a chu qu'on prend toujours au crépuscule,

ma cape, chien blessé, à mes pieds a roulé.

 

Tu t'éloignes toujours et toujours dans le soir

vers où la nuit se hâte effaçant les statues.

 

Sagesse amérindienne

                    d' Oriah Mountain Dreamer (un vieil indien

 

 

Je ne m'intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,

Je veux savoir à quoi tu aspires,

Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton coeur.

 

Je ne m'intéresse pas à ton âge.

Je veux savoir si, pour la quête de l'amour et de tes rêves,

Pour l'aventure de te sentir vivre,

Tu prendras le risque d'être considéré comme fou.

 

Je ne m'intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.

Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,

Si les trahisons vécues t'ont ouvert,

Ou si tu t'es fané et renfermé par crainte de blessures ultérieures.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,

Sans t'agiter pour la cacher, l'amoindrir ou la fixer.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,

Si tu oses danser, envahi par l'extase jusqu'au bout des doigts et des orteils,

Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.

 

Je ne m'intéresse pas à la véracité de l'histoire que tu racontes.

Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu'un pour rester fidèle à toi-même,

Si tu supportes l'accusation d'une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.

 

Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres,

Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.

 

Je veux savoir si tu peux vivre avec l'échec, le tien ou le mien,

Et malgré cela rester debout au bord du lac

Et crier : "Oui !" au disque argenté de la lune.

 

Je ne m'intéresse pas à l'endroit où tu vis, ni à la quantité d'argent que tu as.

Je veux savoir si, après une nuit de chagrin et de désespoir,

Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.

Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.

 

Je ne m'intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où, ni avec qui.

Je veux savoir ce qui te soutient à l'intérieur, lorsque tout le reste s'écroule.

 

Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,

Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments vides.

 

Le poète...

                    de Tadeusz Rozewicz (Poète polonais)

 

 

Le poète est à la fois celui qui écrit des poèmes

et celui qui n'en écrit pas

 

Le poète est celui qui secoue les chaînes

et celui qui s'en charge

 

Le poète est celui qui croit

et celui qui ne peut croire

 

Le poète est celui qui a menti

et celui à qui on a menti

 

Le poète est celui qui mangeait dans la main

et celui qui a coupé les mains

 

Le poète est celui qui s'en va

et celui qui ne peut s'en aller

   

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